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Le point Macroéconomique par Laurent PUGET, Président d’OTEA Capital

Juillet 2019

Le scepticisme qui entoure encore la performance boursière de l’année 2019 continue de surprendre et de pousser les indices à la hausse. Il est étonnant de constater que le sentiment positif n’arrive pas à s’imposer durablement. Chaque avancée significative du moral des investisseurs est suivie presque immédiatement par un tassement important. Cette semaine ne fait pas exception. Prenez le HSNSI qui flirtait avec des points hauts la semaine dernière à la faveur de l’apaisement des tensions US CHINE, le voilà cette semaine en fort repli (-20%) à la veille des publications des géants de la techno américaine. Les investisseurs sont prudents sur les résultats à venir et c’est le même mouvement que l’on constate sur le Fear and Greed index qui marque un recul important cette semaine autour de 44. Les flux commencent à peine à contredire cette prudence. Les souscriptions dans les fonds obligataires et monétaires sont moins importantes et on commence à revoir des collectes positives dans les fonds actions. Ce mouvement ne concerne pas toutes les zones géographiques, l’Europe reste en décollecte même si les flux sortants commencent à se tarir. En revanche, les fonds globaux et US ont recommencé à collecter et affichent des collectes nettes franchement positives. Cette timidité des investisseurs financiers contraste avec l’euphorie du private equity, de l’immobilier et des autres actifs « réels » par opposition aux actions cotées en général. Ces classes d’actifs recyclent la liquidité offerte par les banquiers centraux sans complexe. Les actifs « réels » ont la cote, trop peut-être, il nous semble qu’ils représentent un risque de liquidité grandissant. Comme souvent, concentrés sur la performance passée les investisseurs négligent certains aspects du risque, la liquidité nous semble en faire partie.
A ce titre nous gardons un œil inquiet sur la situation de la Deutsche Bank. La situation catastrophique de la banque qui porte 49 trilliards de contrepartie de dérivés ne manque pas d’inquiéter. Le moral hasard est à son paroxysme : la Deutsche Bank est trop importante et systémique pour faire défaut et l’exposition des banques globales notamment américaines à son bilan est colossal. Pour paraphraser les caciques : une faillite de la DB ferait passer la faillite de Lehmann Brothers pour une promenade de santé. Donc la BCE ne la laissera jamais tomber, pas plus que la Réserve Fédérale ne laissera tomber Goldman, Wells Fargo, BoAML qui sont très exposées à la Deutsche Bank. Est-ce cela qui pèse sur le sentiment qui s’il s’améliore ne passe pas franchement en territoire positif. Les tensions géopolitiques dans le détroit d’Ormouz n’arrangent surement rien d’autant que l’on sent une grande gêne de la part des alliés sur ce dossier. L’épisode de la saisie du tanker britannique est assez symbolique avec un pas en arrière des US qui finissent par déclarer que les anglais doivent protéger et s’occuper de leurs navires… Ce qu’ils font en demandant l’aide… de l’Europe !! On reste fasciné par cette capacité des anglais à adopter des postures dignes des meilleurs équilibristes. Boris Johnson est sur le point de devenir le prochain locataire du 10 Downing Street, après avoir mené une campagne anti Brexit tout à fait contestable au point de ne pas l’assumer lui-même au lendemain de la victoire du « Non », il revient aujourd’hui auréolé du soutien de Trump prêt à gérer un « no deal Brexit » ce que le parlement, qui est sur le point de l’élire veut éviter à tout prix… difficile de ne pas se sentir un peu perdu !
Du strict point de vue de nos allocations, cette situation n’est pas pour nous déplaire nous permettant de maintenir une exposition raisonnable au risque actions. Toujours autour d’une 40aine de % nous attendons un signe clair des investisseurs pour bouger significativement nos expositions dans un sens ou dans l’autre.
Exposition OTEA 1 : 40% neutre

Redécouvrez le 6ème épisode de La Martingale avec Férédric Zablocki

Juillet 2019

Dans La Martingale, Matthieu Stefani reçoit des experts de la finance – chefs d’entreprise, investisseurs, consultants – qui partagent leur expérience et leurs conseils avisés en matière d’épargne, de patrimoine et de gestion des finances personnelles. Ce nouvel épisode de La Martingale, soutenu par OTEA Capital et présenté par Matthieu Stefani vous aidera à voir à travers.
Notre invité du jour : Frédéric Zablocki de @EntVenture répond à @Mattintouch dans le nouvel épisode de @MartingaleLa : http://bit.ly/2Y0Hai8
“Comment trouver les licornes de demain ?”
Au programme de ce sixième épisode :
Il faut bien réussir son premier tour d'investisseur. Ensuite, une fois que tu es rentable, tu es beaucoup plus fort et serein dans la négociation.
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Monde : Fed et publications d’entreprises maintiennent la Bourse sur ses gardes

Juillet 2019

La Bourse de Paris est attendue stable, voire en léger repli, dans un marché qui a revu en baisse ses anticipations sur l’ampleur de la prochaine baisse des taux de la Fed. La semaine sera chargée en publications d’entreprises.
La séance de lundi s’annonce calme, voire apathique, à la Bourse de Paris alors que les investisseurs ont revu à la baisse leurs anticipations quant à l’ampleur de la prochaine baisse des taux de la Fed, d’autant que les tensions géopolitiques restent vives après la saisie d’un pétrolier britannique par les Gardes de la révolution iraniens.
Les intervenants devraient d’autant plus limiter les initiatives que 17 entreprises du Cac 40 doivent présenter leurs résultats ou chiffres d’affaires du deuxième trimestre cette semaine, ainsi que plus d’une centaine de sociétés du S&P 500 dont les composantes du Dow Jones Caterpillar, Coca-Cola, Boeing ou McDonald’s, sans oublier les Gafa Alphabet (Google) et Amazon.
Fed : le marché dit adieu aux 50 points de base
Si le marché considère comme acquis une baisse des taux de la Réserve fédérale le 31 juillet, la probabilité d’une détente de 50 points de base n’est plus estimée qu’à 22,5%, selon le baromètre FedWatch de CME Group, alors qu'elle était montée à plus de 70% vendredi matin après les commentaires accommodants du président de la Fed de New York, John Williams.
Une mise au point de la Fed de New York avait rapidement fait retomber les attentes, lesquelles ont été totalement douchées par un article du Wall Street Journal selon lequel la banque centrale américaine devrait abaisser ses taux d’un quart de point de pourcentage à la fin du mois. James Bullard, le très « dovish » président de la Fed de St. Louis, a confirmé au quotidien qu’il se prononcera pour une détente de 25 points de base du taux des Fed funds le 31 juillet. James Bullard avait été le seul membre du FOMC à voter en faveur d’une baisse des taux lors de la réunion de juin.
La tension monte entre Londres et Téhéran
Mais avant la Fed, la Banque centrale européenne annoncera sa décision monétaire jeudi. Son président Mario Draghi pourrait à cette occasion préparer les marchés à une baisse du taux de dépôt, probablement en septembre, ainsi qu’à un nouveau programme de rachat d’actifs.
Sur le front des matières premières, le baril de Brent de la mer du Nord progresse de 1,5% à 63,45 dollars en réaction à la saisie d’un pétrolier britannique, le Stena Impero, dans le détroit d’Ormuz. La Première ministre Theresa May a présidé dimanche une réunion d’urgence et averti le chargé d’Affaires iranien des « conséquences sérieuses » qui pourraient découler de cet arraisonnement.
Coface visé par un fonds d'investissement
Du côté des valeurs, le fonds Apollo Global a contacté Coface en vue de faire une offre sur l’assureur-crédit, filiale de Natixis, rapporte Reuters en citant des sources du dossier.
Le secteur de la métallurgie, et notamment ArcelorMittal, sera surveillé alors que Pékin a annoncé qu’il allait imposer, à compter du 23 juillet, des taxes sur certains produits en acier inoxydable en provenance de l’Union européenne et de trois pays d’Asie : le Japon, la Corée du Sud et l’Indonésie.
Maurel & Prom a annoncé avoir présenté une offre de rachat initiale de quelque 210 millions de livres au groupe pétrolier britannique Amerisur portant sur la totalité des actions émises et à émettre.
(Les Echos Investir 22/07/2019)

Institutions de Bretton Woods : la réforme pour survivre

Juillet 2019

Sous les coups de boutoir du protectionnisme et du nationalisme, les institutions économiques et financières créées par les accords de Bretton Woods il y a soixante-quinze ans pour organiser le système international sont plus ou moins fragilisées, et toutes contraintes à se réformer. Au même titre que l'OMC, née 50 ans plus tard.
Au regard d'un XXIe siècle où le chacun pour soi règne en maître sur la scène économique internationale, les accords de Bretton Woods , qui ont donné naissance au Fonds monétaire international (FMI) et à la Banque mondiale, sont devenus le symbole d'un « âge d'or du multilatéralisme ». C'est le constat établi la semaine dernière par François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, lors d'un symposium organisé par la banque centrale à l'occasion du soixante-quinzième anniversaire de la célèbre conférence internationale qui s'est tenue dans le New Hampshire du 1er au 22 juillet 1944. Les délégués de 44 pays étaient alors parvenus à mettre d'accord des nations encore engagées dans la Seconde guerre mondiale afin de réguler le système monétaire mondial et reconstruire les pays dévastés. Certes, ce système a d'abord profité au dollar, dont la suprématie est toujours intacte, mais il a aussi donné une dynamique à une nouvelle gouvernance économique mondiale.
Résilience ?
Force est de constater que la résilience des institutions créées à cette occasion est aujourd'hui de plus en plus testée tandis que la coopération économique internationale est freinée, empêchée par certaines nations qui ne veulent plus jouer les règles du jeu choisies en 1944 pour préparer la paix. « La plus grande nation commerciale [les Etats-Unis] est devenue crapule », observe, sans mâcher ses mots, l'Américaine Anne Krueger, ancienne numéro deux du FMI. « Le commerce et la globalisation - ainsi que la technologie - ont redessiné la carte économique, et les retombées s'en font sentir en Europe comme aux Etats-Unis : montée de la colère, polarisation politique et populisme. On risque ce qu'on pourrait appeler un Bretton Woods inversé », estime David Lipton, directeur général par intérim du Fonds monétaire .
Crise profonde à l'OMC
De l'ordre nouveau qui avait émergé, après la Seconde Guerre mondiale, avec la création du Fonds monétaire international ou de la Banque mondiale, c'est l'Organisation mondiale du commerce (OMC) qui traverse la crise la plus profonde, a souligné à Paris Cecilia Malmström, commissaire européen au Commerce.
A commencer par la défaillance de son organe de règlement des différends. « La réforme de l'OMC doit être notre priorité […]. Le libre-échange ne doit pas être réduit à du laisser-faire, du laisser-aller », a souligné Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, alors que la guerre commerciale fait rage entre Washington et Pékin.
De son côté, « le FMI est dans une phase de transition », constate David Lipton. S'il veut conserver le système des quotas pour la gouvernance, « on ne peut espérer maintenir notre portée mondiale et les ressources dont nous avons besoin que si les pays, qui gagnent en importance économique et qui sont prêts à prendre leur responsabilité, gagnent davantage de poids dans le Fonds ».
Nouveaux défis
Institutionnelle et politique, la crise traversée par les institutions de Bretton Woods menace la stabilité du système financier et appelle à la recherche de solutions nouvelles.
Non seulement pour améliorer la gouvernance et l'efficacité des organisations, mais aussi pour répondre aux défis posés à ces dernières par de nouvelles problématiques : réchauffement climatique, numérisation de l'économie et montée des inégalités. « Le bilatéralisme ne pourra pas répondre aux grands déséquilibres », assure François Villeroy de Galhau. Au contraire, le gouverneur de la Banque de France appelle à toujours davantage de multilatéralisme, en rapprochant notamment les institutions de Bretton Woods de celles des Nations unies. Un moyen d'offrir un nouveau cadre financier comme avec le NGFS (« Network for greening the financial system »).
Une partie de la réponse peut aussi se trouver dans un nouveau jeu d'alliances. Face aux hégémonistes que sont les Etats-Unis et la Chine, d'autres pays peuvent s'accorder sur des règles de compétition et de coopération communes. C'est le cas du Japon, qui sort de son isolationnisme, affirme Takatoshi Ito, professeur à Columbia University. Coup sur coup, le pays a signé un accord de libre-échange avec l'Union européenne et avec onze pays membres du Trans Pacific Partnership. « Si jamais la Chine mène à bien ses réformes, on finira par l'accepter au sein du TPP avant les Etats-Unis. Voilà l'étrange monde dans lequel nous vivons ! »
(Les Echos 22/07/2019)

Europe : Boris Johnson se prépare à rejoindre Downing Street

Juillet 2019

L'ex-ministre des Affaires étrangères devrait faire son entrée à Downing Street dès mercredi, après avoir été choisi mardi par les 160.000 militants du parti. Sa position a priori plus ferme que Theresa May sur le Brexit suscite de nombreuses critiques dans son propre camp.
En plein Brexit, le Royaume-Uni s'apprête à changer de capitaine cette semaine. Et sauf énorme surprise, c'est Boris Johnson qui devrait être choisi, mardi, par les 160.000 militants du parti conservateur pour devenir leur nouveau leader, au terme d'un duel avec Jeremy Hunt où ce dernier n'aura jamais réussi à combler son retard sur le grand favori. L'ex-ministre des Affaires étrangères devrait faire son entrée à Downing Street dès mercredi, après avoir rencontré la Reine dans l'après-midi, et prononcer dans la foulée son premier discours de Premier ministre.
Contrainte à la démission fin mai , Theresa May avait quitté son poste de chef du parti mais conservé celui de Premier ministre par intérim. Elle répondra mercredi midi à sa dernière séance de questions au gouvernement, avant de filer à Buckingham pour un dernier entretien avec Elizabeth II.
Un chemin encore incertain
C'est pour l'ex-maire de Londres l'aboutissement de toute une vie d'ambition politique mais aussi, pour le pays, la fin d'un « Beauty contest » qui, pendant plus de huit semaines, aura mis le Brexit en suspens. Il faudra encore quelques jours au nouveau Premier ministre pour désigner, sans doute d'ici à la fin de la semaine, les membres de son gouvernement.
La feuille de route de Boris Johnson est claire : il s'agit, trois ans après le référendum sur le Brexit de juin 2016, d'appliquer enfin la décision souveraine du peuple en sortant effectivement de l'UE. Mais le chemin qu'il empruntera reste incertain. Pendant toute la campagne, il a promis de sortir au 31 octobre, avec ou sans accord . De quoi caresser les militants « tory » dans le sens du poil, et se redonner du pouvoir de négociation à Bruxelles. Avec l'espoir affiché de décrocher ainsi un meilleur accord que Theresa May.
Une partie des conservateurs déjà braquée
Peut-il y parvenir ? Selon le « Sunday Telegraph », les gouvernements belge et néerlandais ainsi que des responsables français, allemands et irlandais auraient déjà pris contact avec l'entourage du futur Premier ministre pour éviter un « no deal ». Et Boris Johnson réfléchirait à inviter Emmanuel Macron et Angela Merkel dans la maison de campagne des Premiers ministres, à Chequers, pour en discuter.
Une chose est sûre : en adoptant une position a priori plus ferme que Theresa May, Boris Johnson a aussi braqué à l'avance toute une partie de son propre camp. De nombreux élus conservateurs ne sont en effet pas prêts à partir sans accord de divorce à l'amiable avec l'UE. Dix-sept d'entre eux ont défié jeudi les consignes de vote du parti et fait adopter un amendement travailliste requérant que les députés siègent de manière régulière, sans suspension, pour veiller à la restauration d'un pouvoir local en Irlande du Nord. Le but de la manoeuvre : empêcher Boris Johnson de suspendre les travaux de l'actuelle session parlementaire, fin octobre, pour éviter que les députés aient voix au chapitre et passer en force sur un « no deal » qui reste, à ce jour, l'option par défaut.
Signe de l'ambiance qui règne au sein du parti, plusieurs ministres du gouvernement May ont aussi averti qu'ils démissionneraient avant même d'être remerciés, pour bien montrer qu'ils ne souhaitaient pas cautionner un « no deal » et qu'ils étaient prêts à le combattre bec et ongles depuis le Parlement. A commencer par Philip Hammond. Le ministre des Finances s'est livré la semaine dernière à une violente controverse avec Jacob Rees-Mogg, en soulignant qu'un Brexit sans accord risquait de coûter 90 milliards de livres à l'économie britannique… là où le chef de file des députés « tory » hard Brexiters jugeait qu'un tel scénario pourrait, au contraire, la booster de 80 milliards.
(Les Echos 21/07/2019)

France : Bercy réclame une amende record de 117 millions d'euros contre Leclerc

Juillet 2019

Bercy exige 117 millions d'euros, une amende record dans la grande distribution, du géant E.Leclerc. Le ministère a assigné quatre entités du mouvement E.Leclerc (Eurelec Trading, Scabel, Galec et Acdlec) pour les pratiques commerciales abusives commises par la centrale d'achat du mouvement implantée en Belgique, « Eurelec Trading ».
Amende record dans la distribution. Le ministère français de l'Economie et des Finances a demandé à la justice d'infliger une amende de 117,3 millions d'euros au distributeur Leclerc pour des pratiques commerciales jugées abusives, a-t-on appris dimanche auprès de Bercy.
Le ministre Bruno Le Maire et sa secrétaire d'Etat Agnès Pannier-Runacher ont assigné l'enseigne vendredi devant le tribunal de commerce de Paris, précise-t-on de même source, confirmant des informations du « Figaro ».
Leclerc est accusé d'avoir fait pression sur ses fournisseurs lors de négociations commerciales l'an dernier via une centrale d'achat en Belgique, Eurelec, afin de contourner la législation française. Le ministère parle également d'un « déséquilibre significatif » dans les négociations et de « mesures de rétorsion fortes » auxquelles Eurelec aurait eu recours pour imposer ses conditions. Leclerc a fait l'objet de sept assignations des pouvoirs publics au cours des 14 dernières années », a rappelé lundi matin Agnès Pannier-Runacher.
Quatre entités visées
L'assignation vise plus précisément quatre entités chapeautées par Leclerc - Eurelec Trading, Scabel, Galec et ACDLec - pour lesquelles Bercy demande une sanction « proportionnée au montant des sommes indûment perçues par l'enseigne auprès de ses fournisseurs ».
Dans un communiqué, Leclerc confirme l'assignation, assure qu'il respecte la loi et le fera valoir devant les juridictions compétentes. « Le gouvernement français reproche au mouvement E.Leclerc d'avoir créé une alliance avec un partenaire allemand pour obtenir de meilleures conditions dans la négociation commerciale avec les sociétés multinationales », explique le groupe.
Le recours en justice est le fruit d'une longue enquête menée par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Ce n'est pas le premier litige entre le distributeur et le ministère, qui réclame depuis plusieurs mois une sanction de 108 millions d'euros dans un autre dossier, concernant cette fois des remises exigées aux fournisseurs alors même qu'elles seraient contraires au code du commerce.
(Les Echos 21/07/2019)

Émergents : Pékin lance son « Nasdaq chinois » en pleine guerre technologique avec Washington

Juillet 2019

Annoncé en novembre par le président chinois Xi Jinping, le marché « Star », rival du Nasdaq américain, a fait ses grands débuts ce lundi à Shanghai. La plupart des titres des 25 sociétés référencées se sont d'emblée envolés. Pékin veut persuader ses futurs champions technologiques de rester en Chine pour financer leur développement.
Annoncé en novembre par le président chinois Xi Jinping en personne, le marché Star, rival du Nasdaq américain, a fait ses grands débuts ce lundi à Shanghai. Et pour cette première journée, l'enthousiasme des investisseurs a été au rendez-vous. La plupart des titres des 25 sociétés high-tech chinoises se sont d'emblée envolés, la palme revenant au fabricant de composants Anji Microelectronics Technology avec un cours flambant jusqu'à 410 % dans les premiers échanges. D'ores et déjà, 120 entreprises se sont mises sur les rangs pour être cotées sur ce nouveau marché, considéré comme la tentative la plus audacieuse de la Chine de réformer ses marchés boursiers.
Créé sur le modèle du Nasdaq, le « Star Market » reflète la volonté de Pékin de persuader ses futurs champions technologiques de rester en Chine pour financer leur développement. Si la Chine a fait émerger, ces dernières années, des mastodontes mettant à mal la domination de la high-tech américaine, aucun n'a choisi Shanghai ou Shenzhen comme place de cotation. Alibaba , Baidu, JD. com sont à Wall Street tandis que Tencent et Xiaomi se sont introduits à Hong Kong.
Compte tenu des importantes restrictions sur les sorties de capitaux, il est quasiment impossible pour les investisseurs chinois de prendre position sur ces entreprises. « La guerre commerciale et technologique entre les Etats-Unis et la Chine a convaincu Pékin d'accélérer le lancement de cette nouvelle place », indique François Perrin, gestionnaire de portefeuilles chez East Capital, à Hong Kong.
Des IPO plus rapides
Alors que les entreprises chinoises doivent attendre, en moyenne, deux ans et demi, pour pourvoir s'introduire à Shanghai et Shenzhen, le système d'enregistrement du marché Star s'affranchit des lourdes règles sur le calendrier et le prix d'introduction imposées actuellement par le régulateur. Calqué sur le modèle des marchés développés (Nasdaq, Hong Kong…), l'ensemble du processus d'introduction est ainsi raccourci à environ 70 jours.
Parmi les nouveautés, les sociétés déficitaires pourront se faire coter sur Star, ce qui est inédit en Chine et constitue un atout pour les start-up. Star laisse également toute latitude ou presque aux forces de marché pour déterminer les prix : il n'existe aucune limite sur les variations de cours dans les cinq premiers jours de transactions, après quoi leurs fluctuations seront limitées à 20 % sur une journée. Sur les autres marchés chinois, les hausses de prix sont plafonnées à 44 % le premier jour puis à 10 %.
Risque de volatilité
« Si ce marché visant à diriger les flux de capitaux chinois vers les sociétés technologiques a un intérêt stratégique évident, sa mise en oeuvre ouvre la porte à des risques de volatilité extrêmement élevés et à des niveaux de valorisation qui ne sont pas raisonnables », met en garde François Perrin.
Autant le Nasdaq est dominé par des investisseurs professionnels, autant les marchés boursiers chinois font la part belle aux parieurs et spéculateurs particuliers, rendant les séances particulièrement volatiles. Le phénomène risque encore de s'amplifier sur le marché Star en l'absence d'encadrement des prix.
Avant même la première cotation, les 25 premières entreprises inscrites ont rencontré une demande folle : elles se sont introduites, en moyenne, à un prix les valorisant 171 fois leurs bénéfices de 2018, ce qui nettement supérieur à la règle informelle limitant le ratio à 53 fois les bénéfices sur les marchés chinois actuels.
Pékin joue aussi gros car ses précédentes tentatives pour créer un nouveau marché chinois ont toutes échoué. Le marché ChiNext de Shenzhen, lancé il y a 10 ans avec l'ambition de promouvoir les sociétés innovantes, a vite vu son blason terni par des spéculations et manipulations, pour finalement disparaître pendant la crise boursière de 2015. Le New Third Board, un marché non réglementé, a connu le même sort.
(Les Echos 22/07/2019)

Le point Energies et Efficacité Énergétique par Sandrine CAUVIN, Analyste-Gérante chez OTEA Capital.

Juillet 2019

Les prix du pétrole étaient orientés à la baisse (-6,4% à 62,47$ pour le Brent et -7,6% à 55,63$ pour le WTI) sur la semaine alors que le marché reste toujours pris entre deux feux, d’un côté les inquiétudes sur le niveau de la demande en raison du ralentissement de la croissance mondiale et de l’autre, les risques sur l’approvisionnement mondial que font courir les tensions au Moyen Orient, en particulier entre les Etats-Unis et l’Iran. Sur ce point, la multiplication d’incidents depuis deux mois accroit les tensions dans la région et fait redouter un conflit armé. Dernier incident en date, la saisie d’un pétrolier britannique vendredi par les Gardiens de la Révolutions iraniens dans le détroit d’Ormuz. Ce dernier, scène de tensions depuis quelques semaines, est un lieu stratégique dans l'acheminement de pétrole puisqu'un cinquième de la consommation mondiale et un tiers du brut transporté par voie maritime y transitent. L’évolution de la situation sera donc surveillée de près par les intervenants du marché. Mais ces derniers demeurent néanmoins préoccupés par un éventuel ralentissement de la demande alors que les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine ont connu une nouvelle escalade, Donald Trump, menaçant à nouveau d’augmenter les tarifs douaniers sur 325 Md$ de produits chinois si la Chine n’opte pas pour plus d’achats de produits agricoles américains. A cela s’est ajouté l’impact des premières publications des résultats des entreprises qui ont été plutôt mitigées. En revanche, du côté des statistiques, les nouvelles étaient plutôt favorables avec des stocks de brut en baisse aux Etats-Unis pour la cinquième semaine consécutive et un recul du nombre de rigs de forage, qui là aussi s’observe depuis plusieurs semaines. Depuis le début de l’année, les rigs de forage onshore aux Etats-Unis affichent un recul de 12% par rapport à 2018, les producteurs de schiste rognant sur leurs dépenses d’investissements dans un contexte de baisse des prix mais aussi de pression exercée par les actionnaires qui demandent des comptes après des années d’investissements massifs et d’un énorme recours à l’endettement de ces producteurs.

Monde : Des indicateurs chinois rassurants en attendant les résultats de Citigroup

Juillet 2019

La Bourse de Paris est attendue sur une note stable, voire en légère hausse, à la suite d’indicateurs reflétant une stabilisation de l’économie chinoise. Citigroup ouvrira cet après-midi le bal des trimestriels aux Etats-Unis.
La Bourse de Paris devrait entamer la semaine sur une note positive dans le sillage des marchés asiatiques après une série d’indicateurs signalant une stabilisation de l’économie chinoise. Une amorce d’amélioration portée au crédit des mesures de relance mises en œuvre par Pékin.
Si la croissance de l’économie chinoise a ralenti, comme prévu, à 6,2% en rythme annualisé au deuxième trimestre, sa pire performance depuis 1992, la production industrielle a en revanche accéléré plus nettement que prévu à 6,3% et les ventes au détail au détail ont enregistré une amélioration surprise de 9,8% sur un an en juin. Le Bureau national des statistiques a d’ailleurs indiqué que les effets des mesures engagées (baisse d’impôts, investissements dans les infrastructures et opérations monétaires ciblées) vont se renforcer au second semestre.
Bad news is good news
« Il est heureux que l’esprit du ‘bad news is good news’ soit entretenu par la position des autorités voulant que ‘les mesures contre-cycliques pour soutenir l’économie montreront des résultats plus probants au cours du second semestre’ après les chiffres du PIB du deuxième trimestre », écrit Jingyi Pan, analyste chez IG à Singapour. « Il n’est que d’observer la convergence des tendances entre les marchés chinois et leurs homologues américains, qui sont en plein boom, les premiers devant notamment bénéficier du soutien indiqué plus haut, tant sur le plan fiscal que monétaire ».
Les anticipations d’une baisse des taux de la Fed le 31 juillet ont permis aux trois grands indices new yorkais de terminer sur de nouveaux records vendredi, le S&P 500 signant notamment sa première clôture au-dessus des 3.000 points. « La rhétorique accommodante de la Fed a ravivé la perspective d’une baisse des taux, considérée comme un fait accompli aux yeux du marché. La question n’est pas de savoir si une baisse aura lieu, mais quelle sera son ampleur », indique Hans Redekar, stratégiste chez Morgan Stanley, dans une note citée par Reuters.
Citi lance la saison des trimestriels aux Etats-Unis
La séance de lundi sera par ailleurs animée par l’ouverture officieuse de la saison des résultats du deuxième trimestre aux Etats-Unis. Citigroup ouvrira le bal avant l’ouverture de Wall Street. Elle sera suivie cette semaine par les comptes trimestriels de Goldman Sachs et JPMorgan (composantes du Dow Jones), ainsi que parceux de Wells Fargo mardi, Bank of America mercredi, puis Morgan Stanley jeudi. A noter par ailleurs que les poids lourds du Dow Jones Johnson & Johnson, IBM, Microsoft, United Health et American Express doivent également se livrer à l’exercice cette semaine, sans oublier Netflix.
Toujours aux Etats-Unis, la Fed de New York publiera à 14h30 son indice d’activité Empire State pour le mois de juillet.
Du côté des valeurs, Peugeot a fait état lundi d’une baisse de 12,8% de ses ventes sur un an au premier semestre, pénalisées par un nouveau plongeon en Chine et par l’arrêt l’an passé de ses activités en Iran, alors que le groupe a fait montre de résistance en Europe.
Parmi les notes d'analystes, Credit Suisse a dégradé Danone de « surpondérer » à « neutre ». Jefferies a relevé SMCP de « neutre » à « achat » et Ubisoft de « conserver » à « achat ».
(Les Echos Investir 15/07/2019)

Etats-Unis : Affaire Epstein : le ministre américain du Travail annonce sa démission

Juillet 2019

Alexander Acosta est la première tête à tomber dans l'affaire Jeffrey Epstein. Il aurait fait bénéficier à l'ancien trader, accusé d'abus sexuels sur mineures, d'un accord particulièrement favorable alors qu'il était procureur.
L'affaire Epstein aura eu raison d'Alexander Acosta, le ministre américain du Travail. Au coeur de la polémique pour sa gestion du dossier juridique du financier Jeffrey Epstein, accusé d'abus sexuels sur mineurs, le ministre a officialisé ce vendredi sa démission. « J'ai appelé le président ce matin pour lui dire que je pensais que démissionner était la meilleure chose à faire », a-t-il déclaré depuis les jardins de la Maison Blanche aux côtés de Donald Trump.
« Alex Acosta a été un très bon ministre du Travail », a commenté de son côté le président américain. Alexander Acosta se voyait reprocher depuis plusieurs jours d'avoir en 2008, alors qu'il était procureur fédéral en Floride, négocié un accord en justice jugé trop favorable à Epstein.
Jusqu'à 45 ans de prison
Ce riche investisseur en fonds spéculatifs a été accusé lundi à New York par des procureurs fédéraux d'exploitation sexuelle de dizaines de mineures. L'enquête a révélé qu'il avait, en plus, déjà été visé par des accusations semblables en Floride il y a une décennie.
Or à l'époque, l'accord négocié par les procureurs sous l'égide d'Acosta avait évité un procès à Jeffrey Epstein, tenu à l'écart de ses victimes. L'accord prévoyait aussi des conditions particulièrement favorables d'aménagement de sa peine de détention. Il n'avait été condamné qu'à 13 mois de prison durant lesquels il était autorisé à quitter sa cellule pendant la journée. Désormais il encourt jusqu'à 45 ans de prison.
Le remplacement temporaire d'Acosta sera assuré par son adjoint Patrick Pizzella. Alexander Acosta entretient de nombreuses amitiés, notamment avec Donald Trump, l'ex-président démocrate Bill Clinton ou encore le prince Andrew, fils de la reine Elizabeth II.
(Les Echos 12/07/2019)

Europe : Emmanuel Macron à Belgrade pour renouer un dialogue très dégradé avec les Serbes

Juillet 2019

Après plusieurs rendez-vous manqués, le président français se rend lundi et mardi à Belgrade pour tenter de réparer des relations bilatérales très abîmées ces dernières années. Paris entend se « ré-engager » en Serbie, ne serait-ce que pour ne pas laisser la Russie et la Chine occuper le terrain.
Une claque diplomatique, de la négligence et plusieurs rendez-vous manqués : c'est un passif plutôt chargé qu'Emmanuel Macron va tenter de solder lors de sa visite officielle à Belgrade, lundi et mardi, la première d'un président français depuis dix-huit ans. Les relations d'amitié entre la France et la Serbie sont aussi solides et anciennes qu'elles ont été mises à rude épreuve ces vingt dernières années. La première fracture s'est produite en 1999 avec l'intervention de l'Otan qui a forcé la Serbie à abandonner sa province du Kosovo avec laquelle les tensions n'ont jamais cessé. Belgrade n'a pas non plus apprécié la reconnaissance rapide par Paris de l'indépendance du Kosovo, le 17 février 2008.
Coup du sort
Récemment, Paris a accumulé une série d'impairs qui ont ravivé la colère des dirigeants serbes. Il y a d'abord eu la gaffe monumentale du protocole lors des commémorations de l'armistice du 11 novembre 2018, à Paris. Le président serbe Alexander Vučić avait été placé dans une tribune secondaire alors que le président du Kosovo, son ennemi héréditaire Hashim Thaci , et le président turc Erdoğan étaient assis tout près de Poutine, Trump et Merkel, elle-même représentante de la puissance ennemie… Oublier que la Serbie a joué un rôle déterminent dans la victoire de la première guerre mondiale a été vécu comme une profonde humiliation à Belgrade.
Liens distendus
Il y a eu ensuite un premier rendez-vous manqué début décembre. En pleine crise des gilets jaunes, le président français décide d'annuler une visite à Belgrade . Nouveau coup du sort début juillet lorsque le sommet projeté à Paris avec la Serbie et le Kosovo, en présence de la chancelière allemande est à son tour reporté. Raison officielle, un problème de calendrier surchargé avec la réunion du G20 et le sommet européen convoqué en urgence pour choisir les dirigeants de l'Union européenne. En coulisses, on apprend que c'est le président serbe qui, à couteaux tirés avec le Kosovo, a décliné l'invitation : « Il y a une tension entre Paris et Belgrade, c'est une évidence » reconnaît-on à l'Elysée, et « l'on souhaite renouer les liens distendus et repartir de l'avant »
Alstom, Egis, Suez
Une part importante de la visite sera réservée au mémoriel. Les deux présidents se retrouveront lundi après-midi au parc de Kalemegdan pour l'inauguration du monument rénové de Reconnaissance à la France , symbole par excellence de l'amitié franco serbe. Il avait été vandalisé au lendemain du 11 novembre…
Au-delà, l'objectif du déplacement en Serbie est bien de « dépasser » le ressentiment et de renouer le dialogue et la coopération. Dans le domaine économique -Emmanuel Macron sera accompagné de quelques chefs d'entreprise- Alstom, Egis, Suez et Vinci ont déjà remporté des contrats, qu'il s'agisse de la concession de l'aéroport de la capitale ou du traitement des déchets. La France tente de décrocher le métro de Belgrade pour lequel Alstom est en lice, mais la Chine est en embuscade . « La France a été moins présente que d'autres en Serbie ces quinze dernières années » explique l'Elysée. Durant cette période, la Chine mais aussi et surtout la Russie ont gagné en influence.
Faiblesses à corriger
C'est toujours dans l'Union européenne que la Serbie dessine son avenir même si les sondages montrent des liens croissants de la population avec la Russie. L'adhésion rapide de ce pays des Balkans à l'UE se heurte à un triple obstacle. Le refus de nombreux Etats dont la France, de faire entrer de nouveaux membres dans un club déjà fragilisé et en proie au doute. L'impréparation des candidats ensuite : La Commission a noté dans son dernier rapport sur la Serbie qu'il y a encore de graves faiblesses à corriger dans les domaines du pluralisme des médias, de la corruption et du blanchiment d'argent, du crime organisé et du fonctionnement de la justice. « La France se propose d'aider la Serbie à adapter son modèle » note-t-on dans l'entourage du chef de l'Etat.
Tensions entre Pristina et Belgrade
Enfin, vue de Paris, la normalisation de la situation explosive qui continue de régner entre la Serbie et son ancienne province, le Kosovo, doit être considéré comme un préalable à l'adhésion. Sur le terrain, la situation s'enflamme plutôt qu'elle ne se calme. Dernier épisode en date, l'imposition par Pristina de 100 % de droits de douane sur les produits serbes importés qui bloque toute reprise du dialogue avec Belgrade. Un des buts de la visite d'Emmanuel Macron est de tenter de ramener les deux parties autour d'une table de négociations.
(Les Echos 14/07/2019)

France : La 5G sur la rampe de lancement en France

Juillet 2019

L'Arcep doit révéler cette semaine les modalités précises du processus d'enchères pour l'attribution aux opérateurs télécoms de fréquences 5G. Le lancement commercial est attendu pour 2020. Le gouvernement exige qu'aucune zone, y compris rurale, ne soit délaissée.
C'est un événement qui n'arrive que tous les dix ans dans les télécoms : le lancement d'une nouvelle génération de réseaux mobiles. Sans surprise, les opérateurs sont donc impatients de savoir quand et comment ils pourront offrir la 5G - grâce à laquelle les débits théoriques sont décuplés - à leurs clients.
Mais avant d'ériger de nouveaux pylônes à travers l'Hexagone, il leur faut acquérir des licences, pour utiliser les fréquences radio idoines. L'attribution de la bande clef de la 5G, comprise entre 3,4 et 3,8 GHz, aura lieu en fin d'année. L'Arcep, le régulateur des télécoms, à qui il revient d'en définir les modalités, doit révéler son « cahier des charges » cette semaine.
Les écueils de la 4G
Selon nos informations, celui-ci imposerait des obligations de couverture très conséquentes dès le départ. Le sujet est politique. Il importe au plus haut sommet de l'Etat que l'on ne reproduise pas avec la 5G les erreurs de la 4G, c'est-à-dire constater dans quelques années que la couverture est très en retard sur les attentes de la population et, surtout, qu'une fracture territoriale divise villes et campagnes. Une fracture qui - le gouvernement en est convaincu - alimente la montée des extrêmes.
Pour éviter ces écueils, le régulateur a l'intention d'innover par rapport aux enchères précédentes. Comme « les Echos » l'indiquaient récemment, il n'imposerait plus des pourcentages du territoire ou de la population à couvrir dans un délai prédéfini. Ces exigences ont prouvé par le passé qu'il était difficile de tomber juste.
Autrement dit, peu importe qu'il s'agisse d'une très bonne 4G ou de 5G, une vaste proportion des antennes devraient, dans trois ans, fournir un débit considérable aux utilisateurs. Et ce pourcentage augmenterait avec le temps pour atteindre finalement l'intégralité du réseau.
Les campagnes à l'honneur
Contrairement à ce qui s'était passé pour la 4G, les campagnes ne sont pas oubliées. Pour éviter que la 5G ne profite qu'aux grandes métropoles, où les opérateurs sont naturellement incités à déployer par la force de la demande, des mesures destinées à préserver l'équilibre territorial sont prévues. Grosso modo, un petit quart des nouveaux sites devrait expressément se situer dans les zones les moins bien couvertes.
D'autres obligations sont déjà connues, puisqu'elles sont communes à tous les pays de l'Union européenne. Il s'agit notamment de couvrir une grande ville dès 2020 ou encore les principaux axes routiers en 2025 - ce qui représente un investissement conséquent dans le contexte français.
Un prix raisonnable
Toutes ces obligations viendront minorer, bien entendu, le prix que les opérateurs seront prêts à payer au total. Selon diverses projections, celui-ci pourrait n'atteindre que 2 milliards d'euros.
Mais, vu de la fenêtre des opérateurs, ce n'est pas forcément un sujet de réjouissance. Ces derniers temps, certains d'entre eux redoutaient même une telle issue. « Il vaudrait mieux payer un peu plus cher pour les fréquences, si cela permet de ne pas avoir à investir obligatoirement des sommes folles dans un nouveau réseau que l'on n'est pas sûr de savoir rentabiliser », glissait l'un d'entre eux récemment. Il n'aura pas eu gain de cause.
Les opérateurs pourront se consoler en constatant que l'Etat est très vigilant à ne pas leur faire dépenser plus que de raison lors des enchères - histoire de préserver leurs capacités d'investissement pour les déploiements. Le mécanisme des enchères qui se dérouleront à l'automne est conçu pour éviter tout débordement similaire aux enchères italiennes ou allemandes qui avaient toutes deux vu les opérateurs dépenser plus de 6 milliards d'euros pour acquérir des fréquences.
En fixant un quota minimum et une limite maximum de spectre que chaque opérateur peut se voir attribuer (vraisemblablement autour de 40MHz minimum et 100 MHz maximum), le régulateur veut cadrer les prétendants. Pas question que l'un d'entre eux ne reparte bredouille, ni qu'un autre truste l'essentiel du gâteau spectral. Les opérateurs n'auront ainsi pas d'incitation néfaste à miser plus que de raison.
Cette configuration permet de couper la poire en deux. D'un coté Bercy renonce à maximiser ses recettes. De l'autre, les opérateurs seraient contraints d'investir massivement dans les réseaux. « Il faut que nous nous fassions tous mal », avait pour habitude de lancer le gouvernement aux opérateurs lorsqu'il demandait à renforcer drastiquement la couverture 4G. Une technologie plus tard, cette philosophie n'a pas changé.
(Les Echos 15/07/2019)

Emergents : La croissance chinoise patine, en plein bras de fer avec Washington

Juillet 2019

Pénalisée par les tensions commerciales avec les Etats-Unis et une demande intérieure en berne, la croissance du géant asiatique s'est établie à 6,2 % sur un an au deuxième trimestre. Son rythme le plus faible jamais enregistré depuis le début de la série statistique en 1992.
« L'économie de la Chine s'effondre », affirmait Donald Trump fin juin avant le G20 d'Osaka , assurant que Pékin a besoin d'un accord commercial avec les Etats-Unis. Alors que les négociations reprennent poussivement entre les deux premières puissances économiques mondiales, les statistiques publiées par la Chine ne montrent pas de tel effondrement mais témoignent d'un ralentissement indiscutable.
La croissance du géant asiatique s'est établie à 6,2 % sur un an au deuxième trimestre, son rythme le plus faible jamais enregistré depuis le début de la série statistique en 1992. A la plus grande surprise des économistes, Pékin avait, en début d'année, réussi à maintenir sa croissance à 6,4 % .
Malgré les doutes habituels entourant les statistiques avancées par le pouvoir communiste, le coup de frein sur l'économie chinoise est, cette fois, exactement conforme aux attentes. « L'impact de la guerre commerciale se fait sentir fortement dans le secteur manufacturier, constatent les économistes de Société Générale. Le soutien politique est en cours mais reste insuffisant pour compenser le choc de la guerre tarifaire. »
Demande intérieure en berne
Le début du printemps avait pourtant mis du baume au coeur des consommateurs et entreprises chinoises, Washington et Pékin multipliant les rencontres de hauts niveaux dans l'espoir de régler leurs différends. Jusqu'à ce que les tensions repartent de plus belle, avec la décision soudaine, fin mai, de l'administration Trump de relever les droits de douane de 10 % à 25 % sur 200 milliards de biens chinois , entraînant une riposte immédiate de Pékin.
Alors que les exportations demeurent l'un des piliers de l'économie chinoise, les tensions avec les Etats-Unis et le refroidissement des échanges commerciaux en Asie pèsent. Et ce, au moment où la demande intérieure patine également, comme en témoigne la chute des importations (-7,3 % en juin sur un an) ou le déclin persistant des ventes automobiles (-9,6 %).
Conditions économiques « toujours difficiles »
Tous les regards se tournent désormais vers le gouvernement chinois, alors que les baisses d'impôts annoncées en mars (2.000 milliards yuans pour les entreprises cette année, soit 258 milliards d'euros), les nouvelles dépenses en infrastructures et la politique monétaire toujours accommodante tardent à produire leurs effets sur l'économie et que la confiance des consommateurs et chefs d'entreprises se dégrade. Bon nombre d'économistes anticipent de nouvelles mesures de soutien en cette année hautement symbolique pour le régime communiste chinois qui célébrera ses 70 ans le 1er octobre.
« L'année dernière, le président Xi Jinping a déclaré que le 70e anniversaire de la République populaire de Chine serait célébré avec une performance économique exceptionnelle », rappelle Raymond Yeung, économiste de la banque ANZ. Le Premier ministre, Li Keqiang, s'est fixé, en mars, pour objectif une croissance économique comprise entre 6 % et 6,5 % cette année. Les chiffres publiés ce lundi se situent dans cette fourchette.
Dévoilés en parallèle, certains indicateurs (production industrielle, immobilier, vente de détail) ont mieux résisté que prévu en juin, suggérant que la Chine serait en passe de stabiliser son économie. Les analystes de Capital Economics n'y voient toutefois qu'un effet « temporaire » et « doutent que les données meilleures que prévu en juin marquent le début d'un retournement ». « Les conditions économiques sont toujours difficiles, tant en Chine qu'à l'étranger, la croissance économique mondiale ralentit et les instabilités et incertitudes externes augmentent », a mis en garde, de son côté, le porte-parole du Bureau chinois des statistiques.
(Les Echos 15/07/2019)

Géopolitique : Nucléaire iranien : l'appel au calme de Paris, Londres et Berlin

Juillet 2019

La France, le Royaume-Uni et l'Allemagne appellent dans une déclaration commune, publiée ce dimanche, à la « désescalade des tensions » et à une « reprise du dialogue » entre l'Iran et les Etats-Unis. Le président Hassan Rohani affirme être prêt à négocier en cas de levée des sanctions américaines.
L'inquiétude grandit dans les capitales européennes face à la crise au Moyen-Orient. Dans une déclaration commune signée par leurs chefs d'Etat et de gouvernement respectifs, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, tous trois signataires de l'acord sur le nucléaire iranien de 2015 (JCPoA), ont lancé un appel au calme et à la reprise des discussions entre Iran et Etats-Unis.
« Nous sommes préoccupés par le risque que le JCPoA ne se défasse, sous la pression des sanctions imposées par les Etats-Unis et à la suite de la décision de l'Iran de ne plus appliquer plusieurs des dispositions centrales de l'accord », expliquent-ils dans ce texte diffusé par l'Elysée.
« Par ailleurs », poursuit le communiqué, « nos trois pays sont profondément troublés par les attaques auxquelles nous avons assisté dans le golfe Persique et au-delà, ainsi que par la détérioration de la sécurité dans la région. Nous pensons que le moment est venu d'agir de façon responsable et de rechercher les moyens d'arrêter l'escalade des tensions et de reprendre le dialogue ».
Pour Paris, Londres et Berlin, « les risques sont tels qu'il est nécessaire que toutes les parties prenantes marquent une pause, et envisagent les conséquences possibles de leurs actions ».
Des incidents en série
Les incidents se sont multipliés ces dernières semaines. Dernier en date ce mercredi, lorsque la marine iranienne a tenté, selon le Royaume-Uni, d'empêcher le passage d'un tanker britannique dans le détroit d'Ormuz. La Royal Navy a dû déployer une frégate pour escorter ce navire. Mais Téhéran a nié toute intervention de sa part.
L'Iran se plaint de son côté de l'arraisonnement injustifié par le Royaume-Uni, depuis le 4 juillet, d'un pétrolier à Gibraltar. « Un acte de piraterie », selon le président Rohani, qui menaçait alors Londres de représailles. En mai et en juin, des attaques avaient déjà été menées contre des navires pétroliers dans ce détroit stratégique, véritable autoroute mondiale du pétrole par laquelle transitent 17 millions de barils par jour (un cinquième de la consommation mondiale).
Cette escalade des tensions intervient après la décision en mai dernier par l'Iran de cesser de limiter ses réserves d'eau lourde et d'uranium enrichi. Donald Trump avait ensuite imposé de nouvelles sanctions américaines sur plusieurs secteurs économiques iraniens.
Téhéran a annoncé lundi 8 juillet produire désormais de l'uranium enrichi à au moins 4,5 %, un niveau prohibé.
Rohani prêt à négocier si…
« Alors que nous continuons de soutenir le JCPoA, sa poursuite dépend du plein respect par l'Iran de ses obligations », écrivent dans leur déclaration les trois Etats européens, pour lesquels « des signes de bonne volonté sont nécessaires de toute urgence, de la part de toutes les parties ».
Ce dimanche, Hassan Rohani a semblé faire un premier pas en affirmant être prêt à négocier, mais sous conditions. « Nous avons toujours cru au dialogue […] S'ils lèvent les sanctions, mettent fin à la pression économique et reviennent à l'accord, nous sommes prêts à des pourparlers avec les Etats-Unis dès maintenant et n'importe où », a-t-il déclaré.
(Les Echos 15/07/2019)

Le point Energies et Efficacité Énergétique par Sandrine CAUVIN, Analyste-Gérante chez OTEA Capital.

Juillet 2019

Les prix du brut sont en hausse sur la semaine, près de 4% pour le Brent à 66,72$ et +4,7% pour le WTI à 60,21$ alors que le marché s’inquiète toujours d’une offre trop abondante par rapport à la demande (les agences spécialisées ont d’ailleurs réduit leurs attentes de croissance de la demande de pétrole pour 2019). La hausse de ces derniers jours illustre le fait que le marché n’a pas oublié qu’il reste des tensions au niveau de l’offre. Celles-ci se matérialisent notamment par une forte baisse des stocks hebdomadaires aux Etats-Unis (pour rappel, le début de l’année a été marqué par à restockage important, et la situation commence à se normaliser). En outre, nous entrons dans la saison des tempêtes tropicales dans le Golfe du Mexique, qui pourrait voir quelques perturbations à court terme si des tempêtes importantes venaient à se produire. L’histoire a montré que l’amplitude de ces phénomènes météorologiques, et leurs impacts sur la production, est difficile à anticiper. Enfin, l’augmentation des tensions au Moyen Orient est aussi un autre facteur de soutien des prix. Ces derniers jours, il y a eu une tentative de blocage d’un tanker de la société BP par des navires iraniens. La situation dans la zone est donc surveillée de près par le marché. Enfin, la production de l’OPEP a de nouveau reculé en juin, de -130 kb/j à 30 Mb/j, alors que la production du Venezuela continue de baisser, et a atteint 734 kb/j en juin, un plus bas depuis 16 ans, alors qu’elle était de 2,4 Mb/j en juin 2015. Pour rappel, les membres de l’OPEP ont décidé début juillet de prolonger l’accord de réduction de production jusqu’à fin mars 2020. Dans ce contexte, il nous semble que les prix devraient se situer dans une fourchette comprise entre 65 et 70$ (référence Brent) sur les prochains mois.

Le point Macroéconomique par Laurent PUGET, Président d’OTEA Capital

Juillet 2019

Le marché commencerait-il à y croire ? Les efforts sans relâche des banquiers centraux pour envoyer des signaux positifs ou poursuivre franchement le soutien monétaire commenceraient ils à avoir raison de l'immense scepticisme qui a accompagné jusque-là le rallye commencé début 2019 ? Les Etats Unis battent de nouveaux records dans un climat qui restait jusqu’à présent relativement mesuré. L’Europe, toujours un peu en retrait, ne broie plus de noir et bénéficie d’une période d’accalmie politique plutôt favorable qu'une saison des résultats qui devraient être d'assez bonne facture pourrait confirmer. En fin de semaine dernière il y avait, selon l’AAI, moins d’investisseurs individuels pessimistes mais ces investisseurs pour leur grande majorité n'étaient pas devenus optimistes mais neutres sur les perspectives de marché. Les autres indicateurs sont en légère hausse et confirment pour l'instant cette tendance à la modération sauf... le sentiment des investisseurs sur le Nasdaq qui atteint à nouveau des sommets. Il faut dire que cet indicateur avancé restait très affecté par la guerre commerciale US Chine. Son rebond très important devrait entraîner le sentiment général. La techno reste le leader incontesté du mouvement de hausse post crise de 2008. La prudence pour notre part est à nouveau de mise.
La saison des résultats démarre aux Etats Unis et ne devrait pas changer fondamentalement la donne. Le centre de l'attention des investisseurs est en train de se déplacer petit à petit vers les monnaies. Au fond au risque d'une Lapalissade ce sont les monnaies qui sont les juges finaux des politiques monétaires ! C'est peut-être là le seul et véritable enjeu notamment aux Etats Unis. Affaiblir sa monnaie pour rester compétitif, conserver une position de leader et ériger des barrières douanières qui ne portent pas leur nom. On comprend la logique dans une économie ouverte et mondialisée. On comprend également pourquoi M. Powell parle de baisse des taux dans un contexte économique qui devrait pousser n'importe quel banquier central à remonter les taux plutôt qu’a les baisser : 3-3.5% de croissance, 4% de chômage, 72% de taux d'utilisation des capacités… tout militerait pour une hausse des taux donc, tout sauf... le dollar. Le vrai risque qui pourrait faire dérailler ce bel élan est celui du dollar. Tout sauf la dette et… les taux d'intérêt milite pour un dollar fort. Dans une économie ouverte et mondialisée la monnaie joue comme l’arme douanière ultime. Autrement dit la manipulation monétaire tient lieu de politique économique. Le terme est sans doute un peu fort mais si on y réfléchi c'est bien ce qui est en train de se jouer. Trump est le plus vocal mais les européens ne sont pas en reste en nommant à la tête de la BCE une personnalité plus connue pour sa souplesse politique que pour ses compétences économiques ou monétaires (son passage au FMI est une merveille du genre...), quant aux dirigeants politiques chinois, ils restent les maîtres absolus de leur politique monétaire avec une banque centrale totalement aux ordres du pouvoir contrairement à la Reserve Fédérale US, pas besoin d'être bruyant pour être écoutés donc... C'est une course à l'échalote où tout le monde rejoint en courant celui qui fut longtemps présenté comme le mauvais élève de la classe des banquiers centraux : Le Japon. Question : que reste-t-il quand les monnaies de référence auront dévalué au point de risquer un « débasement » ? c’est-à-dire ne plus représenter de réalité économique ou de rompre le lien de confiance avec les citoyens ? L'or et... les crypto monnaies.
Exposition OTEA 1 : 40,5% baissier

Le point Macroéconomique par Laurent PUGET, Président d’OTEA Capital

Juillet 2019

Pas de grands changements dans l’humeur des investisseurs cette semaine. La normalisation, en termes de perception du risque, ne s'est pas accélérée au-delà du raisonnable et le soutien des banquiers centraux n'a, pour l'instant, pas donné lieu à un excès de confiance des opérateurs de marché. Pourtant le soutien est massif ! Les indices US touchent des plus hauts sans que le sentiment des investisseurs ne s’emballe. On pourrait même le trouver anormalement raisonnable comparé à l'engagement des Banques Centrales et aux derniers développements de la politique internationale. La nomination de C. Lagarde à la tête de la BCE, pour ne prendre que cet exemple, aurait pu susciter plus d'enthousiasme, même s’il est vrai que les Allemands ne sont plus aussi intransigeants qu'ils l'étaient. Cette nomination reste le gage d'une gestion politique plus que technique de la BCE. Prenez le Fear and Greed Index, intéressant, car lui-même composé de plusieurs indicateurs, il stagne autour de l'équilibre depuis 3 semaines. C’est plutôt un signal positif de notre point de vue.
Hors de tout événement exogène un mouvement de hausse ou un rebond devient de plus en plus fragile à mesure qu’il devient consensuel. Tant qu'il reste des sceptiques à convaincre, le rallye a de la matière combustible pour poursuivre son mouvement. Si tout le monde est convaincu de la hausse et s’est mis en place pour en profiter, qui reste-t-il pour acheter le marché et lui faire poursuivre sa hausse. C’est une vision certes un peu caricaturale et qui ne suffit pas à elle seule constituer une stratégie d’investissement mais elle permet d’adapter notre exposition au risque à court terme des marchés financiers. A long terme la raison l’emporte souvent et l’environnement économique, la croissance et la rentabilité des entreprises ainsi que leur gouvernance sont surement les meilleurs guides de l’investisseur. Le long terme est fait de présentations power point, de tableurs Excel et d’hypothèses raisonnables, mais le court terme est bouillonnant, volatil, fait d’émotions, de peurs souvent exagérées, d’espoir parfois chimériques et de déceptions vites oubliées. C'est un peu comme gravir une montagne sur le dos d’un taureau en furie, la question n’est pas de savoir si le taureau ira en haut de la montagne mais si vous tiendrez sur son dos. C'est bien là, sans prétention, la proposition de la gestion flexible : tenter de rendre le court terme supportable pour permettre de profiter du long terme. Elle essaye de donner des calmants au taureau... Pas simple mais utile pour quiconque n’a pas l’âme d’un as du rodéo ou ne peut pas (ou ne souhaite pas) moduler en permanence ses expositions aux grandes classes d'actifs qui structurent la gestion flexible. 2019 est surement un purgatoire mérité, nous n'avons pas été bons en 2018 mais la gestion flexible conserve un intérêt évident dans la gestion de portefeuille et ce n'est probablement qu'une question de temps pour que les investisseurs y reviennent. D'ici là nous aurons appris de nos erreurs, donc un peu progressé.
Nous avons maintenu notre exposition légèrement en dessous de 40%, sans grand changement par rapport aux semaines précédentes. Les chiffres récents ne paraissant pas justifier de modification sensible à ce stade.
Exposition OTEA 1 : 38.8% stable

Redécouvrez le 5ème épisode de La Martingale avec Martin MENEZ

Juillet 2019

Les finances personnelles vous semblent aussi trouble que le tanin ? Ce nouvel épisode de La Martingale, soutenu par OTEA Capital et présenté par Matthieu Stefani vous aidera à voir à travers.
Notre invitée du jour : @Martinmenez50 est le fondateur de @bevouace.
“Où faire les meilleurs coûts immobilier”
Au programme de ce cinquième épisode :
On n'a pas besoin de gagner 2 500 euros pour investir...
Bonne écoute par ici si vous préférez iTunes, ici si vous préférez Deezer ou par ici si vous préférez Spotify.
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Monde : Sodexo plombé par ses prévisions, Jerome Powell en ligne de mire

Juillet 2019

La Bourse de Paris se stabilise après des chiffres de l’emploi solides qui écartent une détente monétaire de la Fed. Son président sera auditionné par les deux chambres du Congrès cette semaine. Sodexo est lanterne rouge du Cac 40.
La Bourse de Paris se montre hésitante en début de matinée, la solidité des chiffres de l’emploi de juin aux Etats-Unis ayant douché les espoirs d’un geste d’ampleur de la part de la Fed sur ses taux d’intérêt à la fin du mois. Les marchés se focalisent désormais sur les auditions semestrielles de Jerome Powell devant les deux chambres du Congrès, mercredi et jeudi. Par ailleurs, la Fed publiera mercredi les minutes de la réunion du conseil de politique monétaire des 18 et 19 juin. A 9h10, le Cac 40 est quasi stable à 5.589,86 (-0,07%).
La probabilité d’une baisse d’un demi-point des taux de la Fed le 31 juillet est évaluée à 5,9%, selon les projections de FedWatch sur la base des contrats futures sur Fed funds, contre plus de 30% vendredi matin. Si les opérateurs tiennent toujours pour acquis une détente d’un quart de point, la fermeté du dollar, au plus haut depuis la mi-juin, plaide pour un statu quo. « Le dernier rapport sur l’emploi jette une ombre sur la perspective d’une baisse des taux ce mois-ci, et certains traders sont en train de reconsidérer leurs positions haussières sur les marchés actions », signale David Madden, analyste marché chez CMC Markets.
Morgan Stanley pessimiste sur les marchés
Autre élément susceptible d’affecter l’humeur des marchés, Morgan Stanley a réduit son exposition aux marchés mondiaux, abaissant sa recommandation d’investissement à « sous-pondérer », contre « neutre » auparavant, en raison de valorisations élevées et de prévisions de résultats qu’elle juge trop optimistes dans la mesure où l’activité manufacturière se détériore au niveau mondial.
Le président de la Fed devrait donner plus d’indications sur la santé de l’économie américaine devant la Commission des affaires financières de la Chambre des représentants, mercredi, puis devant la commission bancaire du Sénat, jeudi. Jerome Powell devrait mettre à profit cette audition semestrielle pour réaffirmer l’indépendance de la Fed après les nouvelles attaques de Donald Trump et de certains de ses conseillers et préparer les marchés à une détente modérée des taux d’intérêt.
Sur le plan géopolitique, l’Iran a annoncé dimanche qu’il allait accélérer ses opérations d’enrichissement d’uranium, dépassant ainsi le seuil défini dans le cadre de l’accord nucléaire de 2015. Jusqu’à maintenant, les dépassements de l’Iran n’ont guère eu d’impact sur les marchés, mais cela pourrait changer en cas d’escalade des tensions.
Plus près de nous, Alexis Tsipras a reconnu sa défaite lors des élections législatives en Grèce, remportées, selon les derniers décomptes, par Kyriakos Mitsotakis, le leader du parti Nouvelle Démocratie (droite), et surnommé le Macron grec.
(Les Echos Investir 08/07/2019)

États-Unis : Trump exalte le sentiment américain lors de la fête nationale

Juillet 2019

Critiqué pour s'être invité dans la grande fête du 4 juillet et lui avoir donné une dimension politique et militaire avec un défilé de l'armée, le locataire de la Maison-Blanche a proclamé : « Notre nation est plus forte aujourd'hui que jamais auparavant ».
Donald Trump a fait du Trump pour la fête nationale américaine. Sous le feu des critiques pour s'être invité dans cet événement considéré comme apolitique, le président américain a célébré jeudi l'histoire des Américains dans un discours rendant hommage à l'armée et exaltant le sentiment patriotique. « Notre nation est plus forte aujourd'hui que jamais auparavant », a déclaré le patron de la Maison-Blanche sous les applaudissements de dizaines de milliers de spectateurs, dans un discours entrecoupé de musiques militaires et du spectaculaire survol d'avions de guerre.
Air Force One, le Boeing 747 des présidents américains, a survolé le coeur historique de Washington pour annoncer l'ouverture de la cérémonie qui a duré moins d'une heure. Et la patrouille d'acrobaties aériennes Blue Angels a clôturé ce spectacle d'une ampleur inédite.
« Rien n'est impossible »
« USA, USA », s'est mis à scander le public lorsque le milliardaire républicain est arrivé, accompagné de son épouse, Melania Trump, aux pieds de marches du Lincoln Memorial, monument à la gloire du 16e président américain. « Aujourd'hui, nous nous rassemblons comme un seul pays pour cet hommage très spécial à l'Amérique », a déclaré Trump.
Enumérant les découvertes et avancées médicales, spatiales, technologiques et industrielles faites par des Américains, le patron de la Maison-Blanche a promis que celles-ci se poursuivraient : « Nous serons de retour sur la Lune sous peu et un jour prochain, nous planterons le drapeau américain sur Mars . […] Pour les Américains, rien n'est impossible. »
En présence de son vice-président, Mike Pence, Donald Trump a rendu hommage aux militaires, à la police, aux sauveteurs et volontaires du 11-Septembre, mais aussi à de nombreuses personnalités civiles, dont le mouvement des suffragettes et plusieurs grandes figures noires américaines, dont Martin Luther King.
Il a toutefois parsemé son discours de références plus polémiques, dont un hommage à la police de l'immigration ICE, régulièrement stigmatisée pour son traitement des clandestins. Il a aussi cité « Betsy Ross », nom désignant une ancienne version du drapeau des Etats-Unis qui a été dénoncée récemment par certains pour qui elle rappelle l'époque de l'esclavage.
(Les Echos 05/07/2019)

Europe : Grèce : Kyriákos Mitsotákis, un Premier ministre issu d'une dynastie politique

Juillet 2019

Large vainqueur des élections législatives de dimanche, le futur Premier ministre est issu d'une famille habituée à occuper des postes de pouvoir en Grèce. Proche des milieux d'affaires, diplômé de Harvard et ancien consultant chez McKinsey, il s'appuie sur un programme d'inspiration libérale.
Les Grecs connaissaient déjà bien son père et sa soeur, ils vont désormais s'habituer (aussi) à lui. Kyriákos Mitsotákis, futur du Premier ministre grâce à la victoire de son parti aux législatives de dimanche, est le représentant d'une famille habituée à exercer le pouvoir. Le dirigeant conservateur est longtemps resté dans l'ombre de son père, Constantinos, Premier ministre de 1990 à 1993, dans un gouvernement où figurait aussi sa soeur, au poste de ministre de la Culture. Dora Bakoyiannis (le nom de son mari, député assassiné par l'extrême-droite) a par la suite été ministre des Affaires étrangères de 2006 à 2009, après avoir occupé le fauteuil de maire d'Athènes. Un siège occupé depuis début juin par… son fils, Costas Bakoyiannis.
Kyriákos s'inscrit donc dans la droite ligne d'une dynastie politique comme la Grèce sait en fabriquer (les Papandreou, les Karamanlis…). Il y a trois ans, il a ainsi succédé à son père à la tête du parti de droite Nouvelle démocratie. Mais, durant toute la campagne de ces législatives, il a tenté de mettre de la distance avec cet héritage : « Jugez-moi sur mon CV, et non par mon nom », a-t-il répété à l'envi.
Inspiration libérale
Soucieux de ne pas prêter le flanc aux soupçons de népotisme, largement répandu dans le pays, il a aussi assuré qu'il ne prendrait pas de membres de sa famille à ses côtés. Large vainqueur de l'élection face à son rival de gauche Alexis Tsipras, au pouvoir depuis 2015, Kyriákos Mitsotákis, 51 ans, a promis d'apporter du sang neuf à son gouvernement, avec des personnalités « de [sa] génération ou plus jeunes ».
Proche des milieux d'affaires, celui qui est sorti major de sa promotion à Harvard et qui a exercé comme consultant pendant dix ans chez McKinsey à Londres affiche volontiers une proximité politique avec Emmanuel Macron. Son programme d'inspiration libérale s'appuie sur une baisse des impôts des entreprises, sur l'immobilier et sur les dividendes, dans le but de faire revenir les investisseurs étrangers en Grèce. Il veut aussi relancer les réformes, notamment celle de l'Etat, qu'il avait lui-même déjà engagé il y a quelques années.
Ancien ministre
Elu député à 28 ans, il a en effet déjà été appelé au gouvernement. C'était en 2012, dans l'équipe du dernier Premier ministre conservateur, Antónis Samarás : ministre de la Réforme administrative, il avait lancé une réduction des effectifs de 15.000 fonctionnaires. Un chantier qu'il n'a pas pu mener à terme en raison de l'arrivée au pouvoir d'Alexis Tsipras début 2015. Mais qui lui a donné une image, toujours vivace, d'homme intransigeant.
Ses détracteurs estiment qu'il a poussé la ligne de Nouvelle démocratie vers un mélange de nationalisme et de néolibéralisme. Pendant sa campagne, conseillé par des communicants de l'ancienne équipe de Barack Obama, ce père de trois enfants a multiplié les sorties pour apparaître proche de la population, en étant très présent sur les réseaux sociaux et dans des rencontres de terrain en petit comité, plutôt que dans des grands meetings. Il n'a pas hésité non plus à s'ouvrir sur sa vie privée, racontant sa vie conjugale, ses habitudes au quotidien…
Anglophone et francophone, Kyriákos Mitsotákis compte sur sa proximité avec la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen , pour tenter de renégocier les règles du programme de rigueur imposé à Athènes par Bruxelles. Son entourage a promis des premiers résultats d'ici 100 jours. Le compte à rebours débutera dès cette semaine, avec son intronisation et l'annonce de son gouvernement. Il peut en tout cas d'ores et déjà se targuer d'avoir fait baisser les taux d'emprunt du pays à un plus bas historique .
(Les Echos 08/07/2019)

France : « Sacrifier la réforme des retraites pour économiser un milliard d'euros n'a aucun sens »

Juillet 2019

L'économiste Antoine Bozio est spécialiste des retraites. Ses réflexions ont inspiré les partisans de la mise en place d'un système universel par points en France. Il explique pourquoi la réforme promise par Emmanuel Macron devrait à la fois rendre confiance aux Français et garantir l'équilibre financier. Pour lui, créer un âge-pivot n'est pas la façon la plus efficace d'inciter les assurés à cotiser plus longtemps.
Pourquoi réformer complètement aujourd'hui un système de retraite qui a déjà été adapté à de nombreuses reprises ?
La retraite obligatoire et publique pèse 14 points de PIB, c'est un montant très important qui explique en grande partie pourquoi les prélèvements obligatoires sont plus élevés en France qu'ailleurs. Le rendement du système est positif : en cotisant, on gagne autant d'argent pour sa retraite qu'en épargnant via une assurance-vie. Pourtant, les Français ont le sentiment inverse. Ils ne se rendent pas compte de l'utilité des cotisations et ils n'ont pas confiance dans l'avenir du système de retraite. Le fait d'empiler les réformes tous les cinq ans n'arrange rien. C'est un immense gâchis ! Cette réforme est vraiment l'occasion de rendre le système plus lisible, et de garantir son équilibre pour de bon.
Les syndicats alertent sur le fait que des pays comme la Suède, en mettant en place un système comparable, ont dû diminuer les pensions…
Il n'y a pas eu de déstabilisation du système, contrairement à ce que j'entends souvent. L'âge de départ a augmenté mais un peu moins que ce qui était anticipé. Cela a conduit à une baisse relative des pensions versées, mais bien moindre que ce qui se passerait en France si l'on conservait les règles actuelles. Car quand on dit que le système de retraite devrait rester proche de l'équilibre à l'avenir, c'est en supposant que la croissance augmentera plus vite que les pensions. Le non-dit, c'est la dévalorisation des retraites par rapport aux salaires. A l'inverse, si la croissance n'est pas au rendez-vous, le déficit des retraites va exploser. La situation financière reste très fragile, il y a un vrai risque de finances publiques sur les retraites.
Le gouvernement a-t-il commis une erreur au départ, en affirmant qu'il n'y avait plus de besoin de financement et que la réforme ne viserait pas à faire des économies ?
Il voulait faire comprendre, à juste titre, qu'il ne s'agissait pas simplement d'une réforme paramétrique comme toutes les précédentes. Mais il a oublié d'insister sur le fait que cette réforme va permettre d'équilibrer durablement les régimes de retraite, ce que le système actuel ne garantit pas du tout.
Comment cet équilibre est-il garanti ?
C'est le barème du système de retraite, c'est-à-dire le niveau de pension rapporté à l'âge de liquidation, qui fait l'équilibre. Que les gens partent à 62 ou à 67 ans, ils reçoivent ce qu'ils ont cotisé. Tous les âges sont « d'équilibre ». A condition, bien sûr, que le barème évolue avec la démographie et l'espérance de vie, indépendamment de la croissance. C'est essentiel.
Le gouvernement réfléchit à des mesures d'économies de court terme, préalablement à la réforme…
C'est une grave erreur. Je peux comprendre que d'ici à 2025, il faille assurer l'équilibre des retraites, mais si c'est pour payer autre chose, comme des baisses d'impôts ou la prise en charge de la dépendance, ça n'a aucun sens. Et la pédagogie de la réforme du régime universel sera impossible. Est-on prêt à la sacrifier pour gagner 1 milliard d'économies en 2020 ?
Edouard Philippe a évoqué la mise en place d'un « âge d'équilibre », par exemple à 64 ans, qu'il faudrait atteindre sous peine de décote. Et cette nouvelle décote pourrait être mise en place dès l'année prochaine. Qu'en pensez-vous ?
Introduire un âge d'équilibre dans le système actuel serait étrange. On demanderait à des gens de cotiser plus alors qu'ils peuvent prétendre au taux plein. En revanche, dans le futur régime universel par points, où il n'y a plus ni trimestres ni âge du taux plein, la question de fixer un âge-repère se pose. Non pour garantir l'équilibre, mais pour éviter que les gens partent avec des pensions trop basses. Une solution pourrait être de définir un taux de remplacement acceptable, par exemple 75 %, et d'informer individuellement chacun de l'âge jusqu'auquel il doit travailler pour atteindre ce niveau, en temps réel, via une application mobile. C'est un gros chantier pour les caisses de retraite, qui devront conseiller et accompagner les assurés avant la liquidation. Cela augmentera beaucoup plus fortement l'âge de départ qu'en multipliant les décotes et autres malus.
Le gouvernement semble craindre des départs massifs à 62 ans, avec des petites retraites à la clef et de gros déficits…
Ce n'est pas ce qui s'est passé en Suède. Cette crainte me semble non fondée. Je vous rappelle aussi qu'en France, entre 1945 et 1971, la retraite était à 60 ans, on mourait à 65 ans, mais personne ne partait à 60 ans !
Un âge d'équilibre à 64 ans dans le futur système, qui serait le même pour tous, ça donnerait un vrai repère, non ?
Ce serait moins logique, car le taux de remplacement ne sera pas le même pour tous à cet âge-là. Et puis un ouvrier n'aura pas forcément la même utilité ou le même intérêt à partir à 67 ans qu'un médecin. Il faudra par ailleurs que cet âge d'équilibre évolue dans le temps, sinon l'équilibre ne serait plus garanti.
Comment faire pour basculer dans le nouveau système sans que les Français se sentent complètement perdus ?
Après réflexion, il ne faut pas prendre exemple sur les Suédois, qui ont choisi de conserver pendant des années une partie des droits calculés dans l'ancien système, tout en acquérant des points dans le nouveau. C'est trop lent, et encore plus incompréhensible que le système actuel. Je pense qu'il faut convertir les anciens droits dans le nouveau système d'un coup. Mais c'est très difficile, il faut faire travailler des actuaires sur la valeur future des droits acquis. Car la règle actuelle les dévalorise au fil du temps, du fait de l'indexation sur l'inflation, alors que la nouvelle règle leur permet de progresser à un rythme plus rapide : attention à ne pas partir de trop haut, sachant qu'il y aura de meilleures revalorisations des pensions par la suite. Il faudra un processus de conversion absolument juste et inattaquable pour ne pas entamer la confiance. Enfin, pour certaines catégories de travailleurs, il ne faut pas se précipiter. Pour lisser les effets de la prise en compte des primes des fonctionnaires, ça ne me choquerait pas qu'on mette dix ans.
Comment doit évoluer le minimum de pension, qui est versé aux retraités qui ont travaillé toute leur vie avec un salaire faible ?
On doit pouvoir bonifier les droits dans le nouveau système, mais sans faire un montant-plafond comme aujourd'hui. Pourquoi pas mettre en place une « prime contributive », sur le modèle de la prime d'activité ? Les cotisations payées seraient augmentées pour les petits salaires.
Quelles sont les nouvelles solidarités à inventer dans le régime universel ?
Le gouvernement veut reproduire à l'identique les dépenses pour chaque type de solidarité, il n'est donc pas prévu de faire du neuf. Mais l'avantage du régime à points, c'est que toutes les périodes d'inactivité que l'on souhaite compenser, maternité, maladie, ou chômage, pourront l'être à 100 % si on le décide. C'est beaucoup plus efficace que de donner des trimestres, qui peuvent s'avérer inutiles dans le calcul des droits, et qui font baisser le salaire de référence - donc le niveau de pension. Dans le nouveau système, on peut indemniser intégralement les assurés, tous les leviers actionnés ont un impact direct sur la pension.
(Les Echos 08/07/2019)

Émergents : L'Inde dévoile le premier budget du nouveau gouvernement Modi

Juillet 2019

La ministre des Finances Nirmala Sitharaman a dévoilé le premier budget du gouvernement Modi 2.0, dans un contexte de ralentissement de la croissance et de grave crise du chômage. Au programme : de gros investissements dans les infrastructures et l'assouplissement des règles d'investissements étrangers dans plusieurs secteurs.
« Nous avons lancé le mouvement pour une nouvelle Inde. L'Inde va devenir une économie de 3.000 milliards de dollars cette année », a déclaré Nirmala Sitharaman, la ministre des Finances indienne, en ouverture de la présentation du budget devant le Parlement, vendredi 5 juillet.
Il s'agit du premier budget du nouveau g ouvernement du nationaliste hindou Narendra Modi porté au pouvoir pour un second mandat , après une victoire triomphale lors des élections législatives du mois de mai dernier.
Au cours de son discours de plus de deux heures, la ministre des Finances a indiqué que le gouvernement souhaitait assouplir les règles en matière d'investissements étrangers dans le pays. Notamment en ouvrant davantage les secteurs de l'aviation, des médias ou encore des assurances.
Le gouvernement prévoit également d'augmenter ses dépenses dans les infrastructures au cours des cinq prochaines années.
9,1 milliards pour les banques
Pour aider les banques publiques à se débarrasser de leurs créances douteuses, l e gouvernement y injectera 9,1 milliards d'euros supplémentaires d'ici à 2024. Cela dans le but de faciliter l'accès au crédit.
Car les deux objectifs principaux du gouvernement sont de stimuler la croissance et de générer des emplois. Le géant sud-asiatique a en effet enregistré un taux de croissance à 6,8 % sur l'année 2018-2019, le plus bas depuis cinq ans. Et le taux de chômage, à 6,1 %, n'a jamais été aussi haut en 45 ans.
« Personne ne peut nier qu'il est essentiel d'investir dans les infrastructures en Inde mais je m'inquiète de ne pas voir une approche plus directe pour créer des emplois, estime P.N. Vijay, banquier d'affaires, anciennement associé au Bharatiya Janata Party de Narendra Modi. Ce budget ne propose pas de 'big-bang'».
Accélération des privatisations
Contrairement aux prédictions des experts, le déficit fiscal a quant à lui été revu à la baisse. Estimé à 3,4 % du PIB dans le budget intérimaire présenté au mois de février avant les élections législatives, il passe à 3,3 %.
Cet objectif devrait en partie être rendu possible grâce à l'accélération des privatisations mais aussi grâce à l'augmentation des taxes sur le pétrole et le diesel, l'augmentation des taxes sur les importations d'or ou encore l'augmentation des impôts pour les Indiens les plus riches (dont les revenus dépassent les 260.000 euros par an).
« Vieux vin dans une bouteille neuve »
« Les sources de revenus du gouvernement ne sont pas adéquates au regard de la liste des promesses faites, juge l'économiste Arun Kumar. Le risque, c'est que le gouvernement finisse par couper dans les dépenses alors que l'économie a besoin d'être relancée. »
Si le Premier ministre Narendra Modi s'est félicité de ce budget sur Twitter, plusieurs cadres du parti du Congrès (opposition) l'ont vivement critiqué, le qualifiant d'« insipide » ou encore de « vieux vin dans une bouteille neuve ».
(Les Echos 07/07/2019)

Géopolitique : Les fonds souverains face au piège des rendements faibles

Juillet 2019

Les fonds souverains ont enregistré une chute de moitié de leur rendement en 2018 à 4 % et un sur quatre a même perdu de l'argent, selon l'étude annuelle d'Invesco. Ils ont abordé l'année de manière prudente. Ils vont privilégier les Etats-Unis et les marchés émergents au détriment de l'Europe.
Les fonds souverains ont abordé 2019 de manière prudente après le coup de semonce boursier. « Ils ont augmenté leurs placements obligataires au détriment des actions », constate l'enquête annuelle réalisée par Invesco. En 2018, le rendement de leur portefeuille a été divisé de plus de moitié par rapport à l'année précédente en reculant de 9,4 % à 4 %, soit le niveau de 2016. Un quart des fonds souverains a même enregistré une performance négative. Ce fut le cas du fonds norvégien (-6,1 %). La chute des marchés boursiers a pénalisé les entités étatiques, dont les performances ont été comprises entre 2,2 % et 6,3 %.
La fin d'un cycle
L'étude révèle que leur allocation d'actifs est pour un tiers en obligations et 30 % en actions. Leurs liquidités pèsent pour 5 %. Plus un fonds est de grande taille plus il s'expose aux marchés boursiers. Signe de la prudence grandissante, un fonds sur quatre veut diminuer la part de ses capitaux investie sur les actions dans les 12 prochains mois, et un sur cinq augmenter son allocation sur les obligations, essentiellement d'Etat. Ce, malgré la faiblesse des taux. De fait, un tiers des fonds estiment que le cycle de croissance mondial va s'achever dans 6 mois à 1 an, et un sur deux d'ici un à deux ans en raison de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. La dé-globalisation et la montée du protectionnisme sont aussi perçues comme des menaces pour ces investisseurs transnationaux. Liam Chow Kiat, le directeur général du fonds singapourien GIC, le 8e au monde, a estimé que « les valorisations élevées et le ralentissement de la croissance augurent d'une baisse de nos rendements dans les années à venir. Les marchés développés, et notamment les Etats-Unis, approchent d'une fin de cycle ». Entre mars 2018 et 2019, le poids des actions chez GIC a diminué de 40 % à 37 %, et celui des obligations a augmenté de 37 % à 39 %.
Diversification
Des actifs alternatifs comme l'immobilier non coté, le capital investissement et les infrastructures sont perçus comme des sources de diversification dans les mois à venir pour près d'un acteur sur trois. Les actifs alternatifs représentent un cinquième de leurs investissements, un poids multiplié par près de 3 depuis 2013. En tête figurent l'immobilier (8,7 %), puis le capital investissement (6,9 %), les infrastructures (2,7 %), les hedge funds (2,1 %) et les matières premières (1 %). Une majorité de fonds du Golfe va augmenter ses investissements dans les infrastructures et l'immobilier.
La Chine
La Chine fait figure de zone d'investissement incontournable pour les fonds souverains de toute la planète. 9 fonds sur 10 gérant au moins 100 milliards de dollars sont présents dans ce pays, et deux fonds sur trois de taille plus modeste. Ils placent leur argent en premier lieu sur les actions chinoises (89 % des réponses), les actifs « réels » (50 %) comme les infrastructures, l'immobilier, et les obligations (39 %). Les freins à l'investissement sont le manque de transparence et le risque de change.
Les émergents plus attrayants que l'Europe
Les fonds souverains se sont détournés de l'Europe en 2018 et poursuivent sur cette tendance cette année. Ils privilégient les marchés émergents et la Chine comme zones d'investissement à prospecter. Cette année, un tiers des fonds veut investir davantage en Amérique du Nord et dans les pays émergents et une proportion comparable veut diminuer ses placements en Europe. 40 % vont accroître leur présence en Asie. Le Brexit a influencé la politique de gestion des deux tiers des fonds souverains et de manière défavorable pour le Royaume-Uni, dont la note d'attractivité (mesurée de 1 à 10), a chuté de 7,5 à 4,2 entre 2015 et 2019. En Europe, l'Allemagne est mieux notée que la France, 6,2 contre 4,9. L'attractivité de l'Hexagone a chuté de 25 % en quatre ans, et celle de l'Italie d'un tiers. A l'inverse, la perception de l'Inde s'est améliorée depuis 2015, et sa note (6,6) est supérieure à celle de la Chine (6,1). Les Etats-Unis restent de loin le pays le mieux noté (7,8) par les fonds souverains. Ces derniers jugent que les pays émergents offrent de meilleures opportunités que leurs homologues développés, avec des notes respectives de 6 et 5,4.
(Les Echos 07/07/2019)

Le point Energies et Efficacité Énergétique par Sandrine CAUVIN, Analyste-Gérante chez OTEA Capital.

Juillet 2019

Les prix s’affichent en recul sur la semaine, à 64,23$ pour le Brent (-3,5%) et 57,51$ pour le WTI (-1,6%) en clôture vendredi. Cette correction est surprenante dans la mesure où les nouvelles ont été plutôt positives avec une trêve dans la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis et l’extension des réductions de production de l’OPEP jusqu’à la fin du premier trimestre 2020 (alors que le marché tablait sur une extension jusque fin 2019. Cette décision prise par l’OPEP et ses partenaires illustre la volonté du cartel de faire tout ce qui est possible pour éviter une baisse des prix. Nous pensons que la correction de la semaine s’explique par une prise de bénéfices des traders mais aussi par un regain d’inquiétude sur l’orientation de la demande alors que les PMI manufacturiers des principales zones sont en baisse sur le mois de juin et se situent sur des niveaux du 1er semestre 2016. Il se pourrait dans ce contexte que la demande fléchisse et que l’OPEP soit obligée de faire des efforts supplémentaires de réduction de production sur lesquels le marché a des doutes. Il conviendra donc de surveiller l’évolution des statistiques sur la demande et les stocks sur les prochaines semaines afin de vérifier l’état de la demande. Il convient de souligner que la situation reste tendue au Moyen Orient en témoigne le fait que les Britanniques aient saisi un pétrolier iranien jeudi dernier et que les iraniens ont menacé de saisir à leur tour un pétrolier britannique. Dans ce contexte, il nous semble que les prix devraient se tenir dans une fourchette comprise en 65 et 70$ (référence Brent).

Le point Macroéconomique par Laurent PUGET, Président d’OTEA Capital

Juillet 2019

Le scénario semblait assez bien préparé. A l'inverse du round précédent, la Chine et les US avaient modéré les attentes des observateurs. Une petite avancée a suffi à rassurer le marché. Le sentiment de marché reflète cette détente pour l’instant sans excès. L’amélioration la plus sensible du sentiment concerne la techno. Elle constitue un des enjeux essentiels des négociations et le moteur du rallye des années précédentes. Le reste du marché est revenu à une neutralité teintée d’optimisme. Si elle reste contenue, cette amélioration du sentiment commence à gagner en amplitude. Nous avons baissé l’exposition aux actions sous la barre des 40%. Le satisfecit risque d'être de courte durée. Certes, c'est une bonne nouvelle que les pourparlers reprennent mais est-ce suffisant pour justifier « une nouvelle jambe » pour le rallye démarré début 2019 ? Après avoir monté dans un scepticisme quasi unanime, le marché va-t-il trouver un relais dans ce qui ressemble de plus en plus à du « wishful thinking » de deux négociateurs pour qui l'art du compromis semble sonner comme une défaite. C'est un combat d'ego à l'échelle planétaire dont l'issue, finalement assez secondaire, pourrait affaiblir les Etats Unis plus que la Chine. C'est le challenger qui profite de ce genre de combat, rarement le favori dont la puissance est contestée. Il nous semble que l'élément essentiel de l'environnement de marché actuel reste le comportement des banques centrales et le retour de leur planche à billets géante... Les investisseurs commencent à ressentir douloureusement les effets de leur prudence. Avec presque 15% de hausse depuis le début de l'année, les indices laissent de nombreux opérateurs frustrés. Comme un marché qui a beaucoup monté cherche un prétexte pour corriger, les investisseurs cherchent prétexte pour revenir sur un marché qu’ils ont déserté après une année 2018 très difficile. Le risque est d'arriver un peu tard, nous préférons alléger à mesure que ce retour se concrétise.
Exposition OTEA 1 : 38.6% baissier

Découvrez l'épisode 8 de La Martingale avec Angélique de LENCQUSEAING

Juillet 2019

Les finances personnelles vous semblent aussi trouble que le tanin ? Ce nouvel épisode de La Martingale, soutenu par OTEA Capital et présenté par Matthieu Stefani vous aidera à voir à travers.

Notre invitée du jour : Angélique de Lencquesaing est la co-fondatrice d’iDealwine. Ancienne d’Euronext, elle co-fonde en 2000 cette “bourse” des vins permettant aux amateurs de vins d’acheter, de coter, de revendre et d’estimer leurs bouteilles.

“Investir dans le vin, ce n’est pas un investissement pour néophytes. Il faut s’y connaître.”

Au programme de ce huitième épisode :
Le vin dans lequel on investit doit il être bon à boire ? Quel est le plus rentable entre le vignoble et la collection de bouteilles ? Quels sont les meilleurs cépages et régions dans lesquelles investir ?

Bonne écoute par ici si vous préférez iTunes, ici si vous préférez Deezer ou par ici si vous préférez Spotify.

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Monde : Le Cac 40 gagne plus de 1% et revient sur les 5.600 points après la trêve sino-américaine

Juillet 2019

La Bourse de Paris progresse lundi matin après la trêve sino-américaine. Le marché attend les indices PMI Markit manufacturiers en Europe et leur équivalent ISM aux Etats-Unis. STMicroelectronics est en tête du Cac 40.
La Bourse de Paris progresse en cette première séance du troisième trimestre, rassurée par la trêve intervenue entre les Etats-Unis et la Chine, qui ont décidé de reprendre les discussions. Après la contraction de l’activité manufacturière en Chine, le marché attend les données équivalentes concernant l’Europe et les Etats-Unis. A 9h0, le Cac 40 progresse de 1,17% à 5.603,79 points.
Washington fait une pause sur les tarifs douaniers
La décision de Washington de ne pas imposer de droits de douane supplémentaires sur les produits chinois et d’assouplir les restrictions à l’encontre de Huawei Technologies est perçue comme un signe de bonne volonté par Pékin, qui s’est engagé à acheter plus de produits agricoles américains, sans pour autant donner plus de précisions. Les valeurs sensibles à l’évolution du commerce international se distinguent à l’image d’ArcelorMittal, qui profite par ailleurs de la poussée des cours du minerai de fer vers un nouveau plus haut de cinq ans. Le secteur technologique européen est entouré à l’image de ses homologues asiatiques. Celui du pétrole est également à l’honneur dans le sillage de la forte hausse des cours du brut alors que l’Arabie saoudite, la Russie et l’Irak se sont prononcés en faveur d’une extension de six mois des réductions de production. A Paris, STMicroelectronics progresse de plus de 6%, Total prend 1,1% et TechnipFMC 2,8%.
Contraction de l’activité manufacturière en Chine
En Asie, le CSI 300 des principales capitalisations des Bourses de Shanghai et Shenzhen progresse de 2,6% peu avant la clôture ce lundi, revenant ainsi à des niveaux inédits depuis la fin avril. Outre la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping, les traders réagissent à la contraction de l’activité manufacturière en Chine le mois dernier, l’indice PMI Caixin étant tombé à 49,4, au plus bas depuis janvier. Une statistique qui renforce les anticipations de nouvelles mesures de soutien de la part de la banque centrale chinoise.
Les observateurs restent néanmoins prudents et parlent de « soulagement » plutôt que de rally concernant la réaction des marchés financiers ce lundi avant la publication des indices PMI Markit en Europe ce matin, et ISM aux Etats-Unis cet après-midi. Mais le clou de la semaine est attendu pour vendredi avec le rapport sur l’emploi de juin aux Etats-Unis. Pour l’heure, la perspective d’une baisse de 50 points de base des taux de la Fed n’est plus d’actualité. Selon le baromètre FedWatch de CME Group basé sur les contrats futures sur Fed funds, la probabilité d’une baisse d’un demi-point de pourcentage est désormais évaluée à 19,4%, contre plus de 40% la semaine dernière.
Offre d’achat sur Latécoère
Le fonds américain Searchlight a annoncé envisager de lancer une offre amicale sur Latécoère au prix de 3,85 euros par action, valorisant le groupe près de 365 millions d’euros. Le conseil d’administration de l’équipementier aéronautique a annoncé qu’il émettra un avis motivé sur le projet d’offre après obtention du rapport de l’expert indépendant et de l’avis des instances représentatives du personnel.
(Les Echos Investir 01/07/2019)

Etats-Unis : Chine - Etats-Unis : les entreprises américaines divisées face aux négociations

Juillet 2019

Certaines entreprises américaines s'opposent aux tarifs douaniers imposés par Trump, d'autres militent au contraire pour une ligne dure afin d'obtenir une plus grande ouverture du marché chinois..
Si les entreprises américaines se plaignent volontiers des tarifs douaniers imposés par Trump à la Chine, elles souffrent aussi des restrictions que celle-ci leur impose lorsqu'elles veulent conquérir le marché chinois. Alors qu'une trêve dans la guerre commerciale a été conclue samedi, en marge du G20 d'Osaka, entre le président américain et son homologue Xi Jinping, le monde des affaires d'outre-Atlantique paraît déchiré, entre les effets des sanctions prises par la Maison-Blanche et la nécessité de faire pression sur Pékin pour obtenir une plus grande ouverture du marché chinois.
Appelées à témoigner dans le cadre d'une consultation organisée par le bureau de représentant au Commerce (USTR), des centaines d'entreprises ont ainsi alerté ces dernières semaines sur les conséquences des surtaxes , qui frappent désormais, à divers degrés, la quasi-totalité des importations chinoises.
« Made in USA »
Certains ont fait valoir qu'ils seraient pénalisés même en fabriquant aux Etats-Unis. Dans l'électronique ou le textile en particulier, les industriels utilisent des composants, des machines ou des équipements fabriqués en Chine, même pour produire aux Etats-Unis.
Le chausseur New Balance, dont les baskets sont réputées made in USA, a par exemple indiqué au « Wall Steet Journal » avoir besoin « de composants provenant de Chine pour approvisionner [ses] opérations de production de chaussures aux Etats-Unis, qui emploient 1.600 personnes ». « La chaîne logistique américaine est simplement trop petite et trop limitée pour répondre à l'ampleur de nos opérations de production », a-t-elle précisé.
Les distributeurs en alerte
Parmi les plus hostiles aux surtaxes, les distributeurs, dont les rayonnages regorgent de produits fabriqués en Chine, ont, de leur côté, alerté sur l'émergence d'un nouveau risque : être court-circuités par les fournisseurs chinois capables d'expédier directement leurs marchandises aux consommateurs en échappant aux taxes, tandis que les mêmes produits vendus dans les magasins américains y sont assujettis. Les marchandises de moins de 800 dollars expédiées par La Poste ne sont, en effet, pas taxées.
D'autres stratégies de contournement ont aussi été décrites. Notamment le « transshipment », consistant à faire transiter les marchandises chinoises par un autre pays, comme le Vietnam, pour en masquer la provenance et échapper aux droits de douane.
Faire pression sur Pékin
Pour autant, une autre lutte d'influence se joue en coulisses à Washington. En privé, de grandes entreprises, en particulier dans la tech, continuent de pousser les autorités à faire pression sur la Chine, apportant ainsi leur soutien tacite à Trump.
Depuis deux ans, les deux géants du « cloud » américain, Amazon et Microsoft, se battent, par exemple, pour parvenir à s'implanter sur le marché chinois sans être contraintes de se lier à une entreprise locale et devoir transférer leurs technologies. Elles ont fait appel au soutien d'une cinquantaine d'élus qui se sont mobilisés. Ceux-ci ont dénoncé la réglementation qui oblige aux transferts de technologies et fragilise la propriété intellectuelle.
Critiques prudentes
Les entreprises américaines demeurent toutefois très discrètes lorsqu'elles critiquent la Chine, redoutant des représailles sur ce marché qui reste, pour elles, très lucratif. Mais la parole tend à se libérer et les fédérations professionnelles, sentant les élus plus ouverts, ont donné de la voix.
En attendant, certains industriels américains ont commencé à réduire leur dépendance à la Chine, comme le fabricant de caméras GoPro, qui a annoncé rapatrier au Mexique d'ici la fin de l'année toutes ses usines produisant pour le marché américain. Le fabricant de jouets Hasbro, qui produit à 70 % en Chine, a également indiqué qu'il cherchait à déplacer ses usines hors du pays.
(Les Echos 30/06/2019)

Europe : « Top jobs » européens : le casse-tête jusqu'au bout de la nuit

Juillet 2019

<strong>Après plus de 12 heures de tractation, les dirigeants européens négocient toujours, ce lundi matin, pour s'entendre sur les noms des futurs patrons des postes clés de l'Union européenne. A l'aube, une nouvelle réunion à 28 était annoncée aux environs de 7 heures du matin.</strong><br> Plus de douze heures de tractations derrière des portes closes, et toujours rien. Les dirigeants européens ont donné l'illustration, dans la nuit de dimanche à lundi, de l'immense complexité de la mission qu'ils doivent accomplir : attribuer les postes clés de l'Union européenne (présidence de la Commission européenne, du Parlement européen et du Conseil européen qui réunit les chefs d'Etat et de gouvernement). Tentant de trouver l'accord parfait en tenant compte des équilibres politiques et géographiques tout en assurant une parité parmi les différents postes, ils ont surtout buté sur les rivalités de parti et les tensions au sein du PPE.<br> Dimanche matin encore, une piste semblait sérieusement à l'étude. Elle consistait à mettre le Néerlandais Frans Timmermans , tête de liste des sociaux-démocrates durant l'élection européenne, à la tête de la Commission européenne. Une réelle concession de la part des conservateurs du PPE, puisqu'ils auraient alors renoncé à la succession de Jean-Claude Juncker, qu'ils avaient toujours revendiquée du fait qu'ils avaient terminé la course en tête lors des dernières élections européennes. En échange de cette faveur aux sociaux-démocrates, le PPE exigeait la double présidence du Conseil européen et du Parlement européen.<br> Mais les centristes, troisième famille politique au plan numérique, ne l'entendaient pas de cette oreille, et auraient obtenu d'Angela Merkel la promesse de la présidence du Conseil européen. De quoi provoquer une bronca, dimanche après-midi, lors d'une réunion du PPE qui a pris une tournure tout à fait atypique. D'ordinaire capable de donner le « la » dans le grand parti européen, la chancelière allemande s'est trouvée contestée .<br> <strong>Retour à la case départ ?</strong><br> Le scénario « Timmermans » avait d'autant plus de plomb dans l'aile qu'il se heurtait à la farouche opposition de plusieurs pays situés à l'Est de l'UE. C'est en effet Frans Timmermans, en sa qualité de premier vice-président de l'actuelle Commission européenne, qui a supervisé les démarches à l'encontre de la Pologne et le Hongrie au titre de l'Etat de droit. De quoi en faire un repoussoir absolu.<br> Dans la soirée de dimanche, l'actuel président du Parlement européen, Antonio Tajani, a rajouté une dose de tension en maintenant, devant les médias, le plan initial du PPE : son exigence d'obtenir la présidence de la Commission, et de la confier à l'Allemand Manfred Weber , qui avait assuré la tête de liste des conservateurs durant la campagne des Européennes. Un retour à la case départ, donc, puisque le nom de Manfred Weber avait semblé être écarté lors de la précédente rencontre des dirigeants européens consacrée à ce sujet, le 20 juin.<br> <strong>Incertitude maximale</strong><br> Antonio Tajani brandissait une menace sérieuse : quoi qu'il arrive, le Parlement européen respectera le calendrier institutionnel et élira, ce mercredi, son président. Dans un tel scénario, l'un des trois postes centraux de cette grande équation serait décidé par l'assemblée européenne, ce qui mettrait les dirigeants européens devant le fait accompli et réduirait leur marge de manoeuvre pour la suite des opérations. Selon les textes, c'est à eux qu'il revient de nommer le président de la Commission européenne - et au Parlement européen de l'approuver par un vote.<br> Dans ce contexte d'incertitude maximale, le sommet des dirigeants a pris une forme tout à fait atypique : les rencontres bilatérales ou en groupes restreints se sont succédées. Le dîner à 28, par exemple, a commencé avec trois heures de retard. Plus tard, il a été interrompu pour permettre à Donald Tusk, le Polonais qui dirige le Conseil européen, de mener à nouveau des rencontres bilatérales. La piste Timmermans, qui avait semblé écartée en début de soirée, n'apparaissait plus tout à fait exclue.<br> <strong>Nouvelle réunion</strong><br> Angela Merkel et Emmanuel Macron notamment avaient fait part de leur souhait de déployer un maximum d'énergie pour trouver un compromis, plutôt que d'organiser un nouveau sommet exceptionnel dédié à cette seule question. La date du 15 juillet était toutefois évoquée avec insistance depuis la soirée de dimanche. Donald Tusk, depuis qu'il avait convoqué la réunion de dimanche soir, avait prévenu : il faudrait peut-être se voir jusqu'au petit matin. A l'aube, une nouvelle réunion à 28 était annoncée aux environs de 7h30 du matin.<br> Le « record » d'un sommet de 2015 consacré à la Grèce, qui avait duré jusqu'à 10 heures du matin, n'était plus très loin. De quoi mettre la Finlande dans l'ambiance : c'est ce lundi matin qu'elle prenait, officiellement, la présidence tournante du Conseil, pour les six prochains mois.<br> (Les Echos 01/07/2019)<br> <ul> <li><a href="https://www.deezer.com/fr/show/358832"></a></li> </ul>

France : Encadrement des loyers, prix du gaz, frais bancaires… ce qui change au 1er juillet

Juillet 2019

Plusieurs nouveautés entrent en vigueur lundi 1er juillet. De la forte baisse du prix du gaz jusqu'au retour des loyers encadrés à Paris en passant par le plafonnement des frais bancaires, voici les principales évolutions à connaître.
Baisse des tarifs réglementés du gaz, prime de risque revalorisée à 100 euros net pour 30.000 personnels des urgences, plafonnement des frais d'incidents bancaires pour certains clients, encadrement des loyers à Paris… Voici ce qui change lundi en France.
Le prix du gaz en baisse
Les tarifs réglementés vont baisser de 6,8 % , dans le sillage des cours sur le marché du gaz naturel. Appliqués par Engie à quelque 4,3 millions de foyers, ces tarifs sont toutefois appelés à disparaître progressivement d'ici 2023, car jugés contraires au droit européen.
Revalorisation des allocations-chômage
Les allocations-chômage seront revalorisées de 0,7 %, l'indemnité minimale passant ainsi de 29,06 à 29,26 euros par jour.
Cette hausse concernera environ 2,6 millions de personnes, soit près de 94 % des demandeurs d'emploi indemnisés par l'assurance chômage.
Nouveau-nés hospitalisés : des congés paternité allongés
Les pères d'un nouveau-né hospitalisé dans une unité de soins spécialisés pourront bénéficier d'un congé indemnisé de 30 jours calendaires consécutifs, à prendre dans les quatre mois suivant l'accouchement. Ce nouveau droit s'ajoutera aux congés de naissance (3 jours) et d'accueil de l'enfant (11 jours).
Revalorisation des primes aux urgences
Les personnels non médicaux des services d'urgence (infirmier, aides-soignants…) et des Smur (ambulanciers) verront leur « indemnité forfaitaire de risque » revalorisée à 100 euros net.
Environ 30.000 agents hospitaliers bénéficieront de ce coup de pouce, principale mesure annoncée mi-juin par la ministre de la Santé Agnès Buzyn pour désamorcer un mouvement de grève national entamé mi-mars.
Des frais bancaires plafonnés pour les plus fragiles
Les frais d'incidents bancaires (dépassement de découvert, rejet de prélèvement…) seront plafonnés à 20 euros par mois et 200 euros par an, pour les personnes « en fragilité financière » ayant souscrit à une « offre spécifique » garantissant des services de base pour 3 euros maximum par mois.
Fin 2018, 3,4 millions de personnes y étaient potentiellement éligibles, mais seulement 348.000 personnes en bénéficiaient, de sorte que le montant moyen des frais acquittés par ces clients « fragiles » s'est élevé à 300 euros l'an dernier.
Immobilier : développement de l'éco-prêt
L'éco-prêt à taux zéro (Eco-PTZ), jusqu'alors réservé aux résidences principales construites avant 1990, sera étendu à tous les logements achevés depuis plus de deux ans.
Autres nouveautés : la durée maximale d'emprunt sera relevée de 10 à 15 ans et les travaux d'isolation des planchers bas (rez-de-chaussée) deviendront éligibles à ce financement.
Retour des loyers plafonnés à Paris
Les loyers du parc privé vont de nouveau être encadrés à Paris , avec des « prix de référence », variant selon les quartiers, que les bailleurs ne devront pas dépasser de plus de 20 %, sous peine d'encourir une amende de 5.000 à 15.000 euros.
Après une première tentative entre 2015 et 2017, annulée par la justice, ce deuxième plafonnement des loyers dans la capitale doit durer 5 ans « à titre expérimental » et s'appliquera à tous les baux signés ou renouvelés à partir de lundi.
Circulation restreinte en région parisienne
Les voitures classées Crit'Air 5 ou non classées (essence avant 1997, diesel avant 2001) seront interdites de circuler en région parisienne , dans une « zone à faible émission » délimitée par l'A86, qui forme une boucle autour de Paris.
Dans la capitale, où ces véhicules étaient déjà bannis depuis 2017, la restriction sera étendue aux vignettes Crit'Air 4 (diesel avant 2006), du lundi au vendredi de 8 heures à 20 heures.
(Les Echos 30/06/2019)

Émergents : Inde : Modi fixe un objectif de croissance très ambitieux

Juillet 2019

Fort de son écrasante victoire aux élections législatives, le Premier ministre indien Narendra Modi dévoile sa vision pour les cinq ans à venir. Au programme : faire de l'Inde une économie de cinq mille milliards de dollars d'ici 2024, ce qui implique de doubler le rythme de croissance.
Grande absente de la campagne qui a mené le Bharatyia Janata Party (BJP) du Premier ministre Narendra Modi à la victoire, l'économie fait son retour au centre des priorités. La semaine dernière, le président indien Ram Nath Kovind a détaillé devant le Parlement le programme du gouvernement pour les cinq années à venir. Dans son allocution, il a confirmé l'ambition du Premier ministre de faire de l'Inde une économie de cinq mille milliards de dollars d'ici 2024.
Quelques jours auparavant, devant les ministres en chef des Etats indiens, Narendra Modi avait affiché cet objectif, reconnaissant qu'il s'agissait d'un défi, tout en affirmant qu'il était atteignable. « L'Inde est actuellement une économie de 2.800 milliards de dollars, pour atteindre les 5.000 milliards d'ici 2024, la croissance devrait être de 12 % par an ! », rappelle l'éditorialiste Mihir Sharma dans les colonnes de l'agence Bloomberg, estimant que les chances d'y parvenir sont minces.
Pour cause, au dernier trimestre de l'année fiscale s'étant achevée au 31 mars 2019, la croissance indienne a fortement ralenti et est passée sous la barre des 6 %. Des chiffres qui inquiètent les analystes alors qu'environ un million de nouveaux entrants arrivent tous les mois sur le marché du travail et que le taux de chômage n'a jamais été aussi haut en 45 ans.
Faire de l'Inde un centre mondial de l'industrie
Parmi les ambitions des nationalistes hindous, figurent la conquête spatiale , la création de 50.000 start-up, ou encore l'objectif de se hisser parmi les 50 premiers pays dans le classement annuel « Doing business » de la Banque mondiale. « Nous travaillons à transformer l'Inde en un centre mondial de l'industrie », a déclaré Ram Nath Kovind avant d'annoncer une nouvelle politique industrielle dont les détails seraient bientôt rendus publics.
« La vision de Narendra Modi est claire : il veut faire de l'Inde une puissance capable de rivaliser avec la Chine en Asie et de peser dans le monde », analyse Arati Jerath, commentatrice politique. Et de poursuivre : « La vision de Modi était la même en 2014 mais il a utilisé ces cinq premières années pour asseoir l'hégémonie politique du BJP et n'a rien fait de conséquent ».
Aujourd'hui, les indicateurs économiques sont moins favorables qu'en 2014 et l'harmonie sociale du pays a été durement mise à mal par l'augmentation d es violences commises contre les minorités religieuses . « Bien qu'il continue de penser que l'Inde est une nation hindoue, Narendra Modi a besoin de restaurer un semblant de paix sociale pour que l'économie puisse prospérer », prévient Arati Jerath. Au lendemain de sa réélection, le Premier ministre a d'ailleurs tendu une perche dans cette direction, estimant que son gouvernement devait gagner la confiance des minorités.
Pour leur second mandat, les nationalistes hindous se donneront-ils les moyens de leurs ambitions pour une « Nouvelle Inde » ? Le budget, qui sera dévoilé le 5 juillet prochain, devrait apporter un début de réponse.
(Les Echos 23/06/2019)

Géopolitique : Les médias nord-coréens élogieux après la rencontre entre Kim Jong-un et Donald Trump

Juillet 2019

Réagissant avec une rapidité inhabituelle, la presse nord-coréenne rapporte, ce lundi matin avec force d'images, la rencontre avec le président américain. Un événement qualifié d'historique par les médias officiels, qui soulignent notamment la bonne entente entre les deux chefs d'Etat.
Souvent encline à laisser du temps avant de relater certains événements, la presse nord-coréenne n'a cette fois pas traîné les pieds pour relater la rencontre historique entre Kim Jong-un et Donald Trump . Ce lundi matin en effet, le très officiel quotidien nord-coréen « Rodong Sinmum » fait sa une sur la rencontre et, en trois pages, publie 35 photos. L'agence officielle KCNA fait de même. Et met en avant elle aussi ce qu'elle qualifie de « rencontre historique ».
Par comparaison, la télévision nord-coréenne paraît presque sobre. Certes, elle a consacré six minutes à l'événement, lors de son bulletin d'informations du matin. Mais elle n'a pour le moment diffusé aucune image des deux hommes, ni sur le passage de la frontière, ni sur de la rencontre plus formelle qui a duré 45 minutes. Mais elle se réserve peut-être pour ses prochains journaux télévisés. La Radio centrale nord-coréenne (KCBS) a aussi rapporté la rencontre dès son premier bulletin d'information du matin.
Dans tous les cas, les médias nord-coréens qui seront largement diffusés - le « Rodong Sinmun » est traditionnellement affiché dans de nombreux lieux publics, y compris le métro - mettent en avant le caractère exceptionnel de cet événement et font jouer le beau rôle à Kim Jong-un, tout en rappelant que cette rencontre a eu lieu à la demande de Donald Trump. Une manière de mettre en avant l'importance supposée dans le monde du leader nord-coréen et le fait que celui-ci a désormais la stature suffisante pour côtoyer tous les chefs d'Etat (il vient de rencontrer Xi Jinping et Vladimir Poutine ). Et qu'il existe même une grande connivence avec Donald Trump.
Valoriser la stature internationale de Kim Jong-un
Pour le reste, le naturel revient vite au galop et ce sont donc en des termes souvent enthousiastes et imagés que les médias nord-coréens relatent l'événement. Rappelant que ce sont les « bonnes relations personnelles […] qui ont rendu possible cette rencontre » aussi rapidement, la KCNA met en avant le fait que Kim Jong-un et Donald Trump ont ainsi « exprimé une compréhension et une sympathie entières ».
Et, surtout, que cela permettra de faire avancer les choses. Ces bonnes « relations vont continuer à produire les bons résultats, que personne n'avait prévus, et aideront à surmonter les nombreuses difficultés et obstacles dans le futur », aurait ainsi expliqué le leader nord-coréen, cité par la KCNA.
(Les Echos 01/07/2019)

Le point Energies et Efficacité Énergétique par Sandrine CAUVIN, Analyste-Gérante chez OTEA Capital.

Juillet 2019

Les prix du pétrole ont peu évolué sur la semaine, mais ressortent tout de même en hausse, à 66,55$ pour le Brent (+2,1%) et 58,47$ pour le WTI (+1,8%), dans l’attente de la réunion de l’OPEP qui se tiendra les 1er et 2 juillet. En amont de cette réunion, qui va démarrer ce lundi à Vienne, les principaux pays se mettent en ordre de bataille pour acter une prolongation des coupes de productions pour une durée de 9 mois (alors que l’accord précédent prenait fin ce dimanche), ce qui vient offrir un soutien aux prix. Ce week-end, la Russie, l’Arabie saoudite et l’Irak se sont en effet entendus pour soutenir cette proposition. Cela devrait permettre de contrebalancer les pressions baissières sur les cours du brut, initiées à la fois du côté de la demande en lien avec les perspectives dégradées de croissance, et du côté de l’offre avec la croissance de la production américaine. Il conviendra néanmoins de surveiller l’évolution de la production américaine sur les prochains mois compte tenu du recul des rigs de forage en activité depuis le début de l’année (-10,4%). Notons également, le recul des stocks plus fort qu’attendu des stocks aux Etats-Unis la semaine dernière. En effet, Le montant combiné de baisse des stocks de brut et de produits pétrolier est le plus élevé depuis 1990. Ceci devrait être de nature à soutenir les cours à leur niveau actuel autour de 65$ pour le Brent.

Le point Macroéconomique par Laurent PUGET, Président d’OTEA Capital

Juin 2019

L’amélioration du sentiment se confirme sur presque tous les indices que nous suivons. C’est une quasi normalisation. L’espoir est à nouveau de mise pour le G20 de vendredi. Relancée par l’annonce d’une rencontre Trump/Xi, la dynamique de l’accord retrouve une certaine crédibilité chez les opérateurs. La logique de ce regain d’espoir tient dans la seule annonce de la rencontre. Si ces deux-là se rencontrent, c’est que de nombreuses difficultés sont aplanies... On les voit mal se rencontrer pour acter un nouvel échec de leurs équipes. Et si les déclarations sont beaucoup plus martiales et intransigeantes que celles qui avaient jalonné le premier round de négociation, le durcissement des postures laisse peut-être plus d'espoir qu’il n’y parait. Trouver un compromis est une chose, en tirer les bénéfices politiques - tant sur le plan interne que sur le plan international - en est une autre. Ces bénéfices seront d’autant plus importants que les deux parties donneront l’impression d’avoir arraché quelque chose à leur adversaire. Si c’était très dur et qu’on y est parvenu, c’est qu’on est très fort... L’erreur de la dernière rencontre semble avoir porté ses fruits au moins en termes de communication.
Trump cherche aussi à se faire réélire. Il dispose pour cela de deux leviers assez faciles.

    1-Son bilan. Toujours compliqué d’en faire un atout même si objectivement celui de Trump est loin d’être la catastrophe si souvent annoncée. A minima il faut du temps pour casser l’élan d’une économie comme celle des US.
    2-Un vrai ennemi, qui fédère les troupes derrière son chef. On ne peut pas reprocher à Trump de ne pas essayer activement d’en trouver un depuis qu’il a été élu président des US. Il a même un certain talent pour se fâcher avec les autres qu’ils soient alliés ou adversaires. Il a trouvé avec l’Iran un candidat assez idéal. Est-ce pour cela que l’or monte ? Peut-être. Les tensions provoquées par la diplomatie Trump sont sûrement un facteur de soutien mais ça n’explique peut-être pas tout. L’autre facteur de soutien est beaucoup plus inquiétant s’il devait se confirmer. La hausse de l’or tiendrait à la défiance croissante des investisseurs face aux monnaies papiers. Le fameux « debasement monétaire », conséquence de la perte de confiance des agents économiques dans des monnaies qui ne reflètent plus la réalité d’une économie. Pire même… L’excès de création monétaire décorrélée de toute réalité économique conduirait à la situation qu’a connu la République de Weimar (ou à une super crise argentine) ? C’est le cauchemar des banquiers centraux qui sonnerait le glas du système monétaire post accords de Bretton Wood qui ont supprimé l’étalon or et créé la politique monétaire moderne, fondée sur la variation de la masse monétaire en fonction du cycle économique. Nous n’en sommes pas encore là mais c’est clairement un risque qui s’il devait se matérialiser ferait passer la crise de 2008 pour une douce plaisanterie...

    Exposition OTEA 1 : 41,5% Baissier

Redécouvrez l'épisode 4 de la Martingale avec Georges VIGLIETTI

Juin 2019

"Comment faire fortune en investissant dans les startups."
Les finances personnelles vous semblent aussi abstraites que l’apocalypse ?
Le quatrième épisode de La Martingale, soutenu par OTEA Capital et présenté par Matthieu Stefani éclaircira vos zones d’ombre.
Notre invité du jour : Georges Viglietti est expert en investissement dans les startups. Il a d’abord été directeur pendant 5 ans du réseaux Paris Business Angels (http://www.parisbusinessangels.com/), mais il est surtout depuis 2013 l’un des fondateurs de Sowefund (https://sowefund.com/), une plateforme de crowdfunding dédiée à l’investissement dans les startups.
“Être investisseur, ça peut être un métier mais c’est surtout une passion.”
Au programme de ce quatrième épisode : Georges Viglietti met fin aux idées reçues sur l’investissement dans les startups. Quels sont les risques encourus ? Quels bénéfices en tire-t-on ? Pourquoi passer par une plateforme ? Quels sont les critères qui devraient vous faire investir ou fuir ?
"Tu peux devenir milliardaire tout en étant utile et faire du bien à la société."
Article associé sur lamartingale.io.
Écoutez l'épisode sur iTunes, Spotify ou Deezer.

Le point Energies et Efficacité Énergétique par Sandrine CAUVIN, Analyste-Gérante chez OTEA Capital.

Juin 2019

Les prix du pétrole se sont envolés sur la semaine, en particulier pour le brut américain (WTI) qui a progressé de 9,4% à 57,43$ en clôture vendredi. Les raisons de ce rebond sont nombreuses, mais elles se situent surtout dans l’accentuation des tensions au Moyen Orient après la destruction d’un drone de surveillance américain par un missile iranien. Par la suite, des frappes contre l’Iran ont été décidées par Trump, puis annulées 10 minutes avant l’heure prévu. Ces attaques devaient viser trois sites et auraient fait 150 morts, ce que Trump a jugé "disproportionné". En outre, le président américain a déclaré ne pas être pressé pour lancer une réponse militaire face à Téhéran, estimant que les sanctions financières faisaient déjà beaucoup de mal à l’Iran. Outre la crise avec l'Iran, les prix du brut ont également été soutenus par les annonces de la Fed, qui envisage de baisser ses taux directeurs, ce qui pourrait soutenir la croissance et donc la demande pétrolière. Les espoirs d'avancées dans les négociations commerciales sino-américaines avec la perspective d’une rencontre entre Trump et Xi Jinping au prochain G20 ont aussi entretenu la hausse des cours. A noter également, forte baisse des stocks de pétrole (brut et produit) aux Etats-Unis pour la première fois depuis de nombreuses semaines, renouant ainsi la tendance saisonnière. Enfin, l’OPEP et ses alliés (OPEP+) ont fixé une date pour leur prochaine réunion, qui se déroulera les 1er et 2 juillet prochains. L'OPEP+, dont la Russie, pourraient décider à cette occasion de prolonger leur accord de réduction de la production pétrolière mis en place pour soutenir les cours. La réunion pourrait néanmoins être houleuse en raison du conflit larvé entre l'Arabie saoudite et l'Iran, tous deux membres de l'OPEP. Autant d’éléments à suivre car ils seront déterminants pour l'orientation des prix du baril sur la seconde partie de l’année.

Monde : La Bourse se prépare au G20 sur fond de tensions entre Washington et Téhéran

Juin 2019

La Bourse de Paris se montre hésitante dans un marché qui se prépare à la rencontre Trump-Xi tout en s’inquiétant des tensions entre les Etats-Unis et l’Iran. Carrefour se distingue, tandis que l’automobile est sous pression.
La Bourse entame la semaine sur une note prudente, les investisseurs tentant de faire la part des choses entre les espoirs suscités par la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping le week-end prochain et la montée des tensions entre les Etats-Unis et l’Iran. Le marché prend également acte du recul de l’indice Ifo du climat des affaires en Allemagne, tombé à 97,4 en juin, au plus bas depuis novembre 2014, les tensions commerciales sino-américaines pesant sur la confiance des entreprises manufacturières.
Le président américain a menacé l’Iran de nouvelles sanctions qui pourraient être annoncées ce lundi, tout en rappelant qu’il était disposé à négocier « sans conditions préalables » afin de s’assurer que la République islamique ne disposera jamais de l’arme atomique. Des propos relayés par le secrétaire d’Etat Mike Pompeo, qui a évoqué dimanche « un ensemble significatif de nouvelles sanctions » avant d’entamer une tournée dans les pays arabes du Golfe alliés des Etats-Unis et hostiles à l’Iran.
La République islamique a de son côté indiqué que les cyberattaques lancées par les Etats-Unis avaient échoué. Plusieurs organes de presse, dont le Washington Post, ont fait état de cyberattaques de la part du Pentagone visant à paralyser les systèmes de lancement de missiles iraniens. Dans ce contexte, les cours du pétrole poursuivent leur marche en avant, le baril de Brent de la mer du Nord ayant touché un nouveau pic de trois semaines à 65,79 dollars, sans pour autant profiter à Total, poids lourds de l’indice Cac 40.
Trump-Xi : « une voie à double-sens »
Les négociateurs chinois et américains ont entamé leurs discussions en amont de la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping au sommet du G20, à Osaka, en fin de semaine, a annoncé le vice-ministre chinois du Commerce, Wang Shouwen. « Le compromis sera des deux côtés. Ce sera une route à double-sens », impliquant un respect mutuel pour aboutir à un résultat « gagnant-gagnant ». Les marchés n’espèrent pas d’avancées majeures de cette rencontre, tout au plus un accord de principe pour poursuivre les discussions alors que les Etats-Unis ont placé plusieurs sociétés high tech chinoises, dont Huawei, sur une liste noire. Pékin a de son côté placé FedEx sur une liste de sociétés américaines « non fiables » après avoir accusé le géant américain de la livraison rapide d’avoir « redirigé » des colis envoyés par le groupe chinois aux Etats-Unis.
Carrefour en tête du Cac 40
Carrefour progresse après l’annonce de la vente d’une participation de contrôle de sa filiale en Chine, déficitaire, au chinois Suning.com, réalisant ainsi un important premier pas vers sa sortie du pays. Une décision saluée par Bernstein, qui estime que cette cession devrait renforcer le bénéfice par action de 3% à 4% et permettre au distributeur français de mieux se concentrer sur son marché domestique, qui est hautement concurrentiel.
Natixis reprend quelques couleurs après un plongeon de 13,6% au cours des deux dernières séances. Le fonds H2O a annoncé avoir vendu une partie de ses obligations privées dont il a déprécié le solde. Dépréciation qui a ramené la valorisation de ces fonds à moins de 2% de ses actifs sous gestion. Suite à cette dépréciation, les fonds seront valorisés avec une décote comprise entre 3% et 7%.
Eramet monte également après avoir annoncé la validation en interne de projets dans le manganèse au Gabon et le lithium en Argentine. Le groupe doit maintenant s’attaquer à la recherche de financements pour ces projets.
Alstom gagne près de 2%. Le groupe a annoncé que la progression de son chiffre d’affaires et de sa profitabilité pour l’année 2019-2020 sera inférieure aux objectifs moyens de son plan pluriannuel, mais ceux à plus long terme sont confirmés. Le groupe dit viser une marge d’exploitation ajustée de 9% en 2022-2023, contre 7,1% en 2018-2019, et envisager des opérations de croissance externe.
Le Stoxx 600 (-1,7%) de l’automobile accuse la plus forte baisse sectorielle en Europe après le nouveau « profit warning » de Daimler, le troisième en un an, lié à des provisions liées à des véhicules diesel. Renault et Peugeot cèdent du terrain, tandis qu’à Francfort, Daimler lâche près de 5%.
Enfin, Eurofins Scientific abandonne près de 6% après avoir annoncé que la cyberattaque du début juin pourrait avoir un impact important sur ses résultats, notamment au deuxième trimestre.
(Les Echos Investir 24/06/2019)

Etats-Unis : Donald Trump n'a pas encore gagné

Juin 2019

Donald Trump a lancé en fanfare la campagne pour sa réélection en 2020. Mais son choix de rééditer les recettes de 2016 comporte un risque : peut-on se comporter comme un « outsider » quand on est depuis plus de trois ans le président des Etats-Unis ?
Qui sera le prochain président des Etats-Unis ? La prévision est un art difficile, surtout en politique. Comment ne pas prendre ses désirs pour des réalités ? Comment aussi ne pas tomber dans le piège du conformisme ? Alors que Donald Trump vient, à Orlando, en Floride, de lancer la campagne pour sa réélection, ces deux avertissements semblent plus d'actualité que jamais.
Comme par un effet de compensation, nombre de ceux qui avaient, surtout parmi les élites, jugé l'élection de Trump impossible en 2016, semblent considérer sa réélection comme plus que probable, sinon inévitable en 2020. Comment pourrait-il en être autrement avec des résultats économiques si spectaculaires du côté républicain, et des divisions si profondes du côté démocrate ?
Au lendemain de son accession à la Maison-Blanche en 2017, Donald Trump avait appelé au téléphone Nancy Pelosi, qui est depuis 2019 la présidente de la Chambre des représentants . Cette dernière lui avait demandé comment il avait fait pour être élu ? « Très simple », lui avait-il répondu : « J'ai perçu la profondeur de la colère du peuple et je l'ai exprimée. »
Cette anecdote puisée à bonnes sources devrait faire réfléchir tous ceux qui croient à la réélection du locataire de la Maison-Blanche. Donald Trump se trompe-t-il en appliquant - comme il semble vouloir le faire en 2019 - les recettes qui firent son succès en 2016 ? Autrement dit, peut-on se comporter comme un « outsider », toujours animé par la colère, quand on est depuis plus de trois ans le président des Etats-Unis ?
La colère a-t-elle changé de camp ?
Et si la colère avait changé de camp ? La colère de tous ceux qui se sentaient ignorés, méprisés, invisibles, peut-elle rester intacte après une victoire spectaculaire qui a porté leur candidat à la présidence, quand de « marginaux » on est devenu en quelque sorte « centraux » ? A l'inverse, la colère de tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans la direction prise par cette nouvelle Amérique et qui se sentent humiliés par la brutalité, la vulgarité, le sexisme, et le rapport au monde du 45e président des Etats-Unis, n'a fait que s'accroître au fil du temps.
« Four more years », quatre années de plus, scandent les partisans de Donald Trump. « Pas un jour de plus », répliquent ses opposants. Des sondages réalisés tout dernièrement, et dont il ne faut pas exagérer l'importance, donnent à l'ancien vice-président de Barack Obama, Joe Biden - s'il était bien le candidat choisi par le Parti démocrate, à l'issue du processus des primaires - une avance de 9 points sur Donald Trump.
On serait presque tenté de dire, de manière provocatrice, que seul le Parti démocrate, par ses divisions et ses hésitations, peut reconduire Donald Trump à la Maison-Blanche. L'actuel président des Etats-Unis est rusé et habile, brillant même à sa manière. Mais si les Afro-Américains, les Hispaniques, les femmes et les jeunes se mobilisent en 2020, comme ils l'on fait aux élections de mi-mandat en 2018, la tâche s'avérera difficile - sinon insurmontable - pour le président en place. Comme Jimmy Carter en 1980, ou George Bush en 1992 - deux personnalités radicalement différentes de la sienne -, Donald Trump connaîtra l'humiliation de la défaite. En tout cas, rien n'est joué.
Les leçons de Macron en 2017…
Dans cette période complexe, sinon confuse, les analystes de la politique intérieure américaine feraient bien, une fois n'est pas coutume, de traverser l'Atlantique et de tirer des enseignements de la vie politique française récente. Les démocrates l'ont déjà fait, en se demandant si l'élection surprise d'Emmanuel Macron pouvait constituer pour eux une source d'inspiration. Y aurait-il un « Macron à l'américaine » ? Autrement dit, comment gagner « au centre », comment privilégier la raison, quand les passions montent de droite comme de gauche ? Ce regard porté sur la France serait un juste retour des choses si l'on considère que le mouvement En marche s'est initialement inspiré lui-même de la réussite de la candidature de Barack Obama aux élections présidentielles de 2008.
…et de Sarkozy en 2012
Les républicains, de leur côté, devraient se demander si l'Amérique de 2020 ne risque pas de ressembler à la France de 2012 . Avec, dans les deux cas, un président en place rejeté par une majorité de ses compatriotes, qui veulent plus sa défaite qu'ils n'attendent avec enthousiasme la victoire de son principal opposant.
Le double parallèle Trump/Sarkozy et Biden/Hollande ne résiste peut-être pas à une analyse en profondeur des personnalités en question. Trump n'est pas Sarkozy, Biden n'est pas Hollande. Et pourtant, cette comparaison est éclairante et, au-delà de différences de situations bien réelles, surtout sur le plan économique - la croissance aux Etats-Unis et le chômage en France -, il existe des points communs plus encore entre Trump et Sarkozy. Ils sont ou ont été rejetés, plus pour la perception de leur essence respective, que pour leurs performances, ce qu'ils font ou ont fait. Une majorité de Français hier, peut-être d'Américains demain, ne pouvaient ou ne peuvent tout simplement se faire à l'idée que l'homme qu'ils exècrent soit réélu. Ce n'est plus le « Paris vaut bien une messe » d'Henri IV, mais, pour le dire autrement, « la défaite de Trump ou Sarkozy vaut bien la prise de risque de l'élection d'un Joe Biden ou d'un François Hollande ». Autrement dit, Biden a beau paraître « trop vieux », tout comme Hollande semblait « trop peu charismatique », en politique on élimine plus souvent que l'on ne choisit.
A ces incertitudes strictement politiques, s'ajoutent des considérations géopolitiques. « Rien ne vaut une bonne petite guerre avant une échéance électorale », disait le président Underwood dans la série « House of Cards ». L'escalade militaire avec l'Iran si elle débouchait sur l'usage de la force, modifiera-t-elle les cartes politiques ?
(Les Echos 24/06/2019)

Europe : Boris Johnson de nouveau dans la tourmente

Juin 2019

Un incident à son domicile en fin de semaine fait le jeu de ses adversaires qui questionnent la personnalité du député et sa capacité à diriger le pays.
Encore une fois, la question de la personnalité de Boris Johnson est au cœur des débats alors qu'il semble si près d'assouvir son ambition politique. Menant la course pour succéder à Theresa May et réaliser, avant le 31 octobre prochain, la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, la capacité à gouverner du député Tory est mise en doute à cause d'une querelle domestique.
La presse dominicale britannique a fait feu de tout bois après l'incident qui a valu l'intervention de la police au domicile de Boris Johnson dans la nuit de jeudi à vendredi. Après avoir entendu les cris d'une dispute, des voisins ont appelé les forces de l'ordre faute d'avoir pu obtenir une réponse après avoir frappé à la porte de l'appartement. Selon le témoignage de voisins, la compagne de Boris Johnson, Carrie Symonds , 31 ans, lui aurait demandé de « s'éloigner d'elle » et de « quitter l'appartement ». Elle lui aurait également reproché, après qu'il a renversé du vin rouge sur son canapé « d'être trop gâté » et « de n'accorder aucun prix aux choses ». Les policiers sont repartis et ont expliqué plus tard dans un communiqué que rien n'avait justifié une action de la police.
Pas d'explications
Cela tombe évidemment au plus mal pour le candidat conservateur au poste de Premier ministre. Personnage fantasque et désinvolte, coutumier des scandales, profondément opportuniste, sa gouaille ravageuse lui a conquis un large public auprès de la base des conservateurs. Largement en tête à l'issue du vote des parlementaires de son camp, il doit être élu par les membres du parti d'ici la fin juillet. Samedi, lors du premier des seize débats qui doivent l'opposer à son adversaire, le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt, Boris Johnson a refusé de s'expliquer sur cet incident.
Du pain béni pour le ministre des Affaires étrangères qui fait de la personnalité de Boris Johnson le centre de ses attaques. Les alliés de Jeremy Hunt soutiennent que sa vie privée (maîtresses, enfant illégitime…) en fait un risque sécuritaire et qu'il peut devenir la proie de maîtres chanteurs. L'ancien secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Alan Duncan, a expliqué au « Guardian » que Boris Johnson avait fait preuve de « manque de discipline » durant toute sa carrière. Preuve que la question de la personnalité du député est centrale, « The Economist » titrait la semaine dernière : « Quel Boris pour la Grande-Bretagne ? », avec en couverture son visage mi-clown, mi-sérieux.
Les conseils de Steve Bannon
Un sondage de Survation pour le « Mail on Sunday » a montré un renversement de tendance dès cette fin de semaine. Devançant de 8 points son adversaire jeudi dernier, Boris Johnson se retrouvait 3 points derrière samedi (29 % contre 32 %) dans un sondage réalisé auprès d'électeurs conservateurs pour savoir qui ferait le meilleur Premier ministre.
Carrie Symonds, qui a été dans le passé en charge de la presse pour le parti conservateur, s'est avérée ces derniers mois être une conseillère habile pour Boris Johnson. Une séparation serait vue comme un élément négatif pour l'homme politique. L'incident qui les a opposés, peut-être trivial, n'a pourtant rien d'anodin. Les observateurs politiques ne s'y trompent pas. « Tous les paris sont suspendus », a twitté le rédacteur en chef du « Financial Times », Lionel Barber, vendredi, après les révélations du « Guardian ». Dimanche, « The Observer » a ajouté un autre élément au débat avec une vidéo où Steve Bannon, l'ancien conseiller de Trump, explique comment il a pu conseiller l'ancien maire de Londres à l'occasion de son discours de démission du ministère des Affaires étrangères où il avait éreinté Theresa May. Une affirmation démentie à l'Observer par un porte-parole de Boris Johnson.
(Les Echos 23/06/2019)

France : Carrefour cède le contrôle de ses activités en Chine pour 620 millions d'euros

Juin 2019

Le géant de la distribution va céder le contrôle de ses activités en Chine au groupe Suning.com. Il conservera 20 % du nouvel ensemble à l'issue de l'opération.
Le géant de la distribution français Carrefour, en pleine restructuration en France et à l'étranger, a annoncé dimanche 23 juin qu'il allait céder le contrôle de ses activités en Chine au groupe local Suning.com pour un montant de 620 millions d'euros. « Le prix pour l'acquisition de 80 % des titres de Carrefour Chine est de 4,8 milliards de renminbi, soit 620 millions d'euros », a fait savoir le groupe dans un communiqué, qui prévoit de boucler l'opération d'ici la fin de l'année.
À l'issue de cette opération, Carrefour conservera 20 % du nouvel ensemble et deux sièges sur sept au conseil de surveillance de Carrefour Chine. L'accord conclu avec Suning.com prévoit la possibilité, au cours des quatre prochaines années, de céder au groupe chinois cette participation résiduelle de 20 % détenue par Carrefour. Présent en Chine depuis 1995, Carrefour Chine compte 210 hypermarchés et 24 magasins de proximité. Cette entité a généré en 2018 un chiffre d'affaires de 3,6 milliards d'euros, en repli de presque 10 % sur un an.
Suning.com est quant à lui un géant de la distribution en Chine avec plus de 8 881 magasins dans plus de 700 villes et la troisième plateforme de e-commerce du pays, selon les données présentes dans le communiqué de Carrefour.
(RFI 23/06/2019)

Émergents : Election municipale en Turquie : Istanbul fête « le retour de la démocratie » après la victoire d’un opposant

Juin 2019

L’opposant Ekrem Imamoglu a battu le candidat du président Recep Tayyip Erdogan, un camouflet pour ce dernier dans un scrutin qui était devenu national.
L’émotion est à son comble à Seyrentepe, au QG d’Ekrem Imamoglu, le candidat du Parti républicain du peuple (CHP, opposition) pour l’élection du maire d’Istanbul, lorsque les premiers résultats commencent à tomber, dans la soirée de dimanche 23 juin.
Il était seulement 20 heures, toutes les urnes n’avaient pas encore été dépouillées (30 % seulement) quand, déjà, Ekrem Imamoglu affichait huit points d’avance sur son adversaire Binali Yildirim, le candidat du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) et poulain du président Recep Tayyip Erdogan. Plus tard dans la soirée, après le dépouillement de 99 % des urnes, M. Imamoglu sera donné vainqueur avec 54,03 % des voix contre 45,09 % pour l’ancien premier ministre Yildirim.
« Quelle belle journée ! Imamoglu a gagné ! », scandent en ce début de soirée les militants du CHP, le plus vieux parti de Turquie, rassemblés en force à Seyrentepe, sur la rive européenne de l’ancienne capitale ottomane. Ils ont convergé par autobus entiers depuis toutes les provinces du pays pour assister en direct au deuxième round de l’élection du maire.
« A partir d’aujourd’hui, tout va changer ! »
Il y a là Tunç Soyer, le maire CHP d’Izmir, venu soutenir son camp, et aussi Canan Kaftancioglu, qui dirige la section stambouliote du parti. Imamoglu arrive enfin, les militants l’assaillent, la sécurité est débordée. C’est à qui le touchera, le serrera dans ses bras, fera un selfie avec lui.
« A partir d’aujourd’hui, tout va changer ! », s’écrit Adnan, venu de Trabzon en autobus pour soutenir Imamoglu, son favori. Il n’a pas voté, il ne vit pas à Istanbul. Il est venu pour ne pas manquer « un moment historique ».
C’est ainsi que le second tour de l’élection du maire d’Istanbul, organisé dimanche, s’est transformé en un combat de gladiateurs, un spectacle de dimension nationale, suivi avec passion depuis les quatre coins de la Turquie (mer Noire, Thrace, côte égéenne et méditerranéenne) et pour lequel de nombreux militants du CHP ont fait le déplacement.
Une déconvenue pour Erdogan
En réclamant et en obtenant de la Haute Commission électorale (YSK), l’annulation du premier scrutin municipal du 31 mars, l’AKP a fait le lit de sa défaite. La défaite de son candidat est une sérieuse déconvenue pour le président Erdogan et pour son parti, vainqueur de toutes les élections depuis 2002.
A l’issue du premier tour, le 31 mars, Imamoglu avait seulement 13 000 voix d’avance sur son concurrent Binali Yildirim. Cette fois-ci, sa victoire est écrasante. Dimanche soir, après le dépouillement de 99 % des urnes et alors que les résultats définitifs n’ont pas encore été livrés, il affiche plus de 800 000 voix d’avance sur son rival. Les votes lui ont été favorables dans 28 arrondissements d’Istanbul sur 39, contre 15 lors du premier scrutin.
Dans la soirée, le président Recep Tayyip Erdogan, via son compte Twitter, et le candidat malheureux Binali Yildirim ont adressé leurs félicitations au nouvel édile. C’est la première fois en dix-sept ans que M. Erdogan ne s’exprime pas en direct juste après une élection.
Ekrem Imamoglu lui a tendu la main. « Monsieur le président, je suis prêt à travailler en harmonie avec vous », a t il déclaré depuis son QG. Puis s’adressant à ses électeurs : « à partir d’aujourd’hui, une nouvelle page s’ouvre à Istanbul où les valeurs de justice, d’égalité, de respect et d’amour l’emporteront sur toutes les autres. »
Le second tour de la municipale, voulu par l’AKP, a considérablement renforcé la popularité de ce politicien de 49 ans, dont les manières douces et l’assurance tranquille ont conquis les Stambouliotes.
En remportant la mairie de la ville la plus riche et la plus peuplée de Turquie, l’homme se positionne déjà comme le futur candidat de l’opposition lors de la prochaine présidentielle prévue en 2023. C’est investi du même mandat, en 1994, que Recep Tayyip Erdogan, avait commencé à gravir les marches de sa fulgurante carrière politique.
La rue fête « le retour de la démocratie »
Sa victoire consacre l’émergence d’une nouvelle génération de politiciens. Elle met en péril l’assise électorale de l’AKP, dont « la machine à gagner » les élections s’est brusquement grippée.
A Istanbul, de Besiktas à Kadiköy, la rue fête « le retour de la démocratie », à coups de klaxon, de sifflets, de chansons déclamées avec force, de drapeaux agités depuis les voitures qui filent à toute allure sur les avenues. Un peu partout, des vendeurs de rue déploient à l’improviste des stands de fortune avec écharpes, drapeaux, insignes à l’effigie d’Ekrem Imamoglu, auréolés de son slogan : « Tout ira bien ! »
(Le Monde 24/06/2019)

Géopolitique : Trump promet une nouvelle salve de sanctions contre l'Iran

Juin 2019

Après avoir renoncé in extremis à frapper l'Iran la semaine dernière, le président américain a promis de nouvelles sanctions économiques contre Téhéran, qui doivent être annoncées ce lundi. Les Etats-Unis auraient demandé une réunion du conseil de sécurité de l'ONU.
De nouvelles sanctions économiques, plutôt que des représailles militaires. Après avoir renoncé à frapper l'Iran à la dernière minute la semaine dernière, Donald Trump a annoncé ce week-end que de nouvelles sanctions « majeures » seraient imposées contre Téhéran dès ce lundi, sans plus de précision. « Nous mettons en place des sanctions supplémentaires majeures contre l'Iran lundi », a tweeté le président américain samedi, répétant que « l'Iran ne peut pas avoir d'armes nucléaires ! ».
Depuis qu'il a dénoncé l'accord sur le nucléaire iranien l'an dernier, Trump multiplie les déclarations contradictoires à l'encontre de Téhéran, alternant les sanctions et menaces de représailles, et les appels au dialogue, suivant l'avis de son administration et de ses conseillers, eux-mêmes divisés.
La semaine dernière, ignorant l'avis du plus belliqueux d'entre eux, John Bolton, il a ainsi annulé à la dernière minute des frappes contre trois sites iraniens , arguant que l'opération aurait fait « 150 victimes » et n'aurait pas été « proportionnée ». Celle-ci devait en effet répondre à une opération contre un drone américain jeudi dernier, abattu alors qu'il volait, selon Téhéran, dans l'espace aérien iranien, ce que Washington conteste vigoureusement. Cette attaque, immédiatement qualifiée de « très grosse erreur » par Trump, avait fait craindre un embrasement dans la région où les tensions ne cessent de s'aggraver depuis quelques semaines .
Réunion du conseil de sécurité
« Ils étaient tous à dire que j'étais un va-t-en guerre, et maintenant ils disent que je suis une colombe ! », a ironisé Trump samedi depuis Camp David, face à la presse. Je ne suis ni l'un ni l'autre, si vous voulez savoir la vérité, je suis un homme qui a du bon sens ». Trump, qui n'a plus de ministre de la Défense depuis près de six mois, n'a pas cherché à masquer les désaccords au sein de son administration sur l'Iran, estimant avoir besoin d'opinions contradictoires pour décider.
« Le seul dont l'avis compte, c'est moi », rappelle-t-il. De passage à Jérusalem, John Bolton a d'ailleurs immédiatement réagi, en mettant en garde l'Iran. « Ni l'Iran ni aucun autre acteur hostile ne devraient prendre la prudence et la retenue américaines pour de la faiblesse, a-t-il expliqué. Personne ne leur a donné un permis de chasse au Moyen Orient ». Les Etats-Unis auraient demandé la tenue lundi d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité de l'ONU.
Cyberattaques
Réticent à engager les Etats-Unis dans un nouveau conflit au Moyen Orient dont il sait l'impopularité à 18 mois des élections, Trump compte toutefois continuer à faire pression sur l'Iran. Selon la presse américaine , les Etats-Unis auraient lancé plusieurs cyberattaques contre des systèmes de défense iraniens. L'une des attaques aurait visé des ordinateurs servant à contrôler des lancements de missiles et de fusées, tandis qu'une autre aurait frappé un réseau d'espionnage chargé de surveiller les passages de navires dans le détroit d'Ormuz.
Washington espère conclure un nouvel accord avec Téhéran, plus large que l'ancien, qui inclurait notamment un volet sur la présence militaire iranienne dans la région. Trump a assuré vendredi être prêt à parler avec l'ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême de la Révolution iranienne, ou le président Hassan Rohani, sans condition préalable.
Les sanctions économiques, qui ont affaibli l'économie iranienne et provoqué un effondrement de ses exportations de pétrole, ont aussi engendré une escalade des tensions dans la région. Ces dernières semaines, Washington a accusé l'Iran d'avoir fomenté une série d'attaques, contre des tankers étrangers dans le passage stratégique du détroit d'Ormuz, et des pipelines, provoquant une flambée des cours de l'or noir . Les Etats-Unis ont depuis renforcé leur présence militaire dans la région.
(Les Echos 24/06/2019)

OTEA Capital participait les 5, 6 et 7 juin dernier au Séminaire de la Région Sud-Ouest de Vie Plus Ce séminai

Juin 2019

Ce séminaire, organisé par Philippe ROMBAUT et Thierry ROCA, réunissait les nouveaux partenaires de la plateforme qui sont venus nombreux et nombreuses (1/3 de femmes CGPI parmiles 30 cabinets présents) pour participer aux échanges avec les partenaires Sociétés de Gestion et Assureur.
Pierre FOURNIER, Directeur Commercial d'OTEA Capital, a pu représenter la société durant cette belle manifestation et présenter tous les détails de la gamme de fonds de la société.

Le point Energies et Efficacité Énergétique par Sandrine CAUVIN, Analyste-Gérante chez OTEA Capital.

Juin 2019

En dépit de l’escalade des tensions au Moyen Orient, les prix sont ressortis en recul sur la semaine à 62,01$ pour le Brent (-2%) et à 52,51$ pour le WTI (-2,7%). Les marchés craignent que les tensions commerciales n’affectent la croissance mondiale et de ce fait la demande de pétrole. L’OPEP et ses alliés sont prêts à intervenir et cela devrait être décidé lors de leur prochaine réunion qui se tiendra à la fin du mois. De nouvelles attaques ont touché deux navires, transportant du naphta pour l’un et du méthanol pour l’autre, dans le Golfe d’Oman. Celles-ci marquent une escalade dans la crise iranienne, depuis que les Etats-Unis ont quitté l’accord sur le nucléaire iranien en mai 2018, maintenant le pays dans un niveau de sanctions économiques élevé. L’Iran a, de son côté, donné un délai de 60 jours, qui expire le 7 juillet, aux européens pour trouver un accord permettant à l’Iran de vendre son pétrole et faire des transactions bancaires. Malgré ces tensions politiques, les prix ne s’envolent pas, en dehors de la hausse observée le jour des attaques. Cela s’explique probablement par le fait que Donald Trump a affirmé qu’il ne voulait pas la guerre contre l’Iran, et a rallumé, dans le même temps, les inquiétudes sur la guerre commerciale. Ce sont donc les risques sur la demande de pétrole qui pèsent sur les prix. Les rapports mensuels (EIA, OPEP, AIE) ont tous révisé à la baisse les perspectives de croissance de la demande pour 2019. Le rapport de l’AIE indique que la demande mondiale n’a progressé que de +200 kb/j sur le 1er trimestre, soit la plus faible croissance depuis 2011, alimentée par une baisse en zone OCDE (Amérique du Nord principalement), à peine compensée par les pays en développement. L’année 2019 ressort cependant avec un léger déficit d’offre, du fait d’un rebond de la demande sur la seconde partie de l’année. L’AIE publie également ses premières estimations pour l’année 2020. Si la demande devrait continuer à s’améliorer, attendue en hausse de +1,4% (+1,4 Mb/j), avec l’hypothèse d’une baisse des tensions sino-américaines, à comparer à +1,2% en 2019, l’offre serait attendue en forte hausse à +2,3 Mb/j. Elle bénéficierait du démarrage de productions notamment au Brésil, en Norvège et au Canada, en plus de la croissance des productions du pétrole de schiste américain. Ces données vont dans le sens d’une prolongation des réductions de production à la prochaine réunion de l’OPEP. Si la production du groupe est estimée à 29,95 Mb/j en mai (-230 kb/j par rapport au mois d’avril), et que la production nécessaire sur 2019 pour équilibrer le marché est de 30,2 Mb/j, permettant ainsi un léger déstockage, l’OPEP ne devra produire que 29,3 Mb/j en 2020, soit le plus bas niveau depuis 2003.

Découvrez l'épisode 7 de la Martingale avec Géraldine METIFEUX

Juin 2019

“Si la fin du monde économique tel que nous le connaissons est pour demain, c’est le moment d’investir… dans les bons secteurs.”
Les finances personnelles vous semblent aussi abstraites que l’apocalypse ?
Ce nouvel épisode de La Martingale, soutenu par OTEA Capital et présenté par Matthieu Stefani éclaircira vos zones d’ombre.
Notre invitée du jour : Géraldine Métifeux est experte en gestion de patrimoine. À la tête du cabinet de conseil Alter Égale depuis presque quinze ans, elle accompagne avec son équipe des particuliers, des entreprise et des professions libérales dans la gestion de leurs biens. Avec un mot d’ordre : l’indépendance.
“Tout est question de timing et de tempo : il faut juste trouver les bons pour investir.”
Article associé sur lamartingale.io.
Écoutez l'épisode sur iTunes, Spotify ou Deezer.

Monde : Gain modeste pour le Cac 40, Air France plombé par l'avertissement de Lufthansa

Juin 2019

La Bourse de Paris se stabilise dans un marché déjà tourné vers la décision de la Fed, mercredi. Le secteur aéronautique est surveillé en ce jour d’ouverture du salon du Bourget. Air France est plombé par l’avertissement sur résultat de Lufthansa.
La bonne tenue des marchés chinois ce matin, et notamment à Hong Kong, permet à la Bourse de Paris de se stabilise en ouverture, même si la tendance va demeurer à la prudence à deux jours de la décision monétaire de la Fed. A 9h20, le Cac 40 grappille 0,15% à 5.375,41 points.
En Asie, le Hang Seng de la Bourse de Hong Kong a clôturé en hausse de 0,5% alors que la chef de l’exécutif, Carrie Lam, a suspendu sine die le projet de loi controversé permettant les extraditions vers la Chine. Le Hang Seng avait reculé au cours des trois séances précédentes sous la pression des manifestations monstres dans la ville Etat contre le projet de loi.
Vers une prolongation de l’accord de l’Opep ?
Les investisseurs n’en demeurent pas moins sur leurs gardes face aux tensions commerciales sino-américaines et géopolitiques après l’attaque, jeudi, de deux pétroliers à proximité du détroit d’Ormuz, par lequel transite un tiers de la consommation mondiale de pétrole. Les Etats-Unis ont clairement accusé l’Iran d’être derrière ces attaques. Le baril de Brent de la mer du Nord poursuivait son rebond ce matin, d’autant que le ministre saoudien de l’Energie a annoncé dimanche espérer que l’Opep parviendra à s’entendre pour prolonger son accord de réduction de la production à l’occasion d’une réunion qui devrait se tenir début juillet.
Mais le thème dominant de la semaine sera sans conteste la politique monétaire des banques centrales avec les conseils de la Fed, de la Banque d’Angleterre et de la Banque du Japon. Les investisseurs surveilleront surtout le message de la Réserve fédérale américaine, mercredi, et d’éventuelles indications sur le calendrier d’un prochain assouplissement de sa politique monétaire.
Jerome Powell attendu comme le Messi
La conférence de presse de Jerome Powell sera particulièrement surveillée, même si le rebond surprise des ventes au détail aux Etats-Unis le mois dernier permet à la Fed de temporiser. Selon le baromètre FedWatch de CME Group, le marché évalue à 17,5% la probabilité d’une baisse des taux mercredi, alors qu’elle était estimée à 28,3% jeudi dernier. Les Banques d’Angleterre et du Japon rendront leur verdict monétaire respectivement jeudi et vendredi et, là encore, les analystes tablent sur un statu quo en matière de taux d’intérêt. De son côté, la BCE entamera le symposium annuel de Sintra, qui réunit les grands argentiers de la planète. Mario Draghi prononcera le discours d’ouverture.
Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt américain à 10 ans se tend légèrement à 2,1013%, contre 2,0804 en clôture vendredi.
Le secteur aéronautique est à l’honneur à la faveur de l’ouverture du Salon du Bourget, où il sera largement de la présentation de la nouvelle version de l’A321 d’Airbus, l’A321 XLR. Le titre de l'avionneur prend 0,8%.
(Les Echos Investir 17/06/2019)

Etats-Unis : Donald Trump fait le ménage parmi ses sondeurs

Juin 2019

Mécontent des enquêtes qui le donnent battu par Joe Biden dans plusieurs Etats clés, le président américain a remercié trois des cinq sondeurs qui travaillaient avec la Maison-Blanche. Il serait furieux des fuites qui ont eu lieu dans la presse et a qualifié ces informations de « faux sondages ».
Donald Trump ne veut plus entendre parler de mauvaises nouvelles. A la veille de lancer officiellement, en Floride, sa campagne pour l'élection présidentielle de 2020, le président américain a fait le ménage parmi les instituts de sondage qui travaillent avec lui. Mécontent des derniers sondages, qui le montrent loin derrière le démocrate Joe Biden dans plusieurs Etats-clés, il a renvoyé trois des cinq sondeurs qui réunissaient des données pour la Maison-Blanche.
Ces sondages étaient censés rester confidentiels. Il ne s'agissait que de documents de travail pour l'équipe de campagne de Donald Trump. Mais ils sont sortis, ces derniers jours, dans la presse. Ils montrent que Joe Biden, le candidat démocrate le mieux placé dans la course à l'investiture , a une large avance, de deux chiffres, dans le Michigan, la Pennsylvanie et le Wisconsin, des Etats gagnés par Donald Trump contre Hillary Clinton en 2016.
« Faux sondages »
Dans le Texas, bastion républicain depuis 1976, Donald Trump n'aurait que deux points d'avance sur Joe Biden, alors qu'il l'avait emporté de neuf points sur Hillary Clinton en 2016 et que le Texas était resté républicain lors des élections de mi-mandat , l'an dernier. Dans d'autres Etats républicains, comme la Géorgie, la lutte serait extrêmement serrée, tandis que d'autres, définis comme des objectifs par l'état-major républicain, seraient hors d'atteinte, comme le Minnesota.
La semaine dernière, le « New York Times » indiquait que le président américain avait donné comme consigne à ses équipes de ne pas commenter ces sondages ou de répondre que d'autres sondages le donnaient largement en tête. Lui-même les avait ensuite qualifiés de « faux sondages ». « Nous gagnons dans tous les Etats que nous avons sondés. Nous gagnons largement dans le Texas, nous gagnons largement dans l'Ohio. En Floride aussi. Il s'agissait de faux sondages publiés par les médias corrompus », avait-il lancé aux journalistes lors d'une réunion dans le Bureau ovale.
Divisions internes
L'entourage de Donald Trump tentait, ces derniers jours, de savoir qui était à l'origine des fuites. En remerciant les sondeurs concernés, l'équipe de campagne espère mettre un terme à la crise. Les trois sondeurs remerciés sont, selon Politico , Mike Baselice, Adam Geller et Brett Lloyd.
Ce dernier dirige The Polling Company, une société créée par la conseillère de Donald Trump, Kellyanne Conway , qui apparaît ces derniers jours de plus en plus fragilisée et dans le viseur d'une partie de l'équipe présidentielle. Deux sondeurs semblent conserver la confiance de la Maison-Blanche : Tony Fabrizio, auteur des sondages qui ont fait polémique, et John McLaughlin.
(Les Echos 17/06/2019)

Europe : Le temps perdu au travail coûte 3,3 milliards par an aux entreprises espagnoles

Juin 2019

Selon Adecco, les pertes de temps quotidiennes d'un salarié « présentiste », inactif durant ses heures au travail, peuvent aller de 53,8 heures à 161,3 heures par an, soit un coût moyen annuel de 3.224 euros. Première cause de distraction : internet, loin devant la pause cigarette.
Les pauses-café, pauses-cigarette et autres intermèdes sur les réseaux sociaux pendant le temps de travail coûtent 3,3 milliards d'euros par an aux entreprises espagnoles. C'est ce qu'indique un rapport d'Adecco basé sur une enquête réalisée dans 30.000 entreprises. Celle-ci met en évidence les effets pervers des longues journées de travail espagnoles, où l'important est moins le travail effectif des salariés que le temps passé au bureau.
Selon Adecco, les pertes de temps quotidiennes d'un salarié « présentiste », inactif durant ses heures au travail, peuvent aller de 53,8 heures à 161,3 heures par an, soit un coût moyen annuel de 3.224 euros. Ce calcul décortique les pratiques les plus fréquentes de coupure au travail, comme le sacro-saint « second petit-déjeuner » auquel dérogent peu de salariés espagnols. Aux alentours de 10h30, il est en effet de coutume de faire une pause-café sandwich d'une vingtaine de minutes, jugée d'autant plus indispensable que personne n'ira déjeuner ensuite avant 14 heures. Cette parenthèse est désignée à l'origine de perte de temps par 32 % des interrogés.
Mais c'est la navigation sur Internet, les mails personnels et les réseaux sociaux qui sont indiqués comme la principale cause de distraction, dans 37 % des cas, loin devant la pause cigarette (12 %). Malgré tout, les entreprises interrogées considèrent que leurs salariés n'abusent pas des pauses et attribuent les éventuels excès à une petite minorité.
Obligation des registres horaires
Ce rapport est présenté en plein rodage de l'application du décret sur l'obligation des registres horaires pour comptabiliser le temps passé au bureau. Ce n'est pas un hasard, puisque les entreprises vont devoir fixer avec les syndicats les systèmes de contrôle horaire et vont débattre du temps passé sur place et du travail effectif. Mais le rapport ne pointe pas seulement le temps perdu du fait des salariés. Il signale aussi le manque d'organisation des entreprises et la perte de temps due aux réunions sans objet précis, ou prolongées au-delà du raisonnable.
Du côté des syndicats, on estime que les pauses-café bénéficient aux entreprises autant qu'aux salariés, puisqu'elles améliorent la productivité et contribuent à créer une bonne ambiance et un esprit d'équipe. Ils pointent en revanche les réunions trop longues ou trop tardives qui allongent inutilement le temps passé au travail et nuisent à concilier vie professionnelle et vie familiale.
(Les Echos 17/06/2019)

France : Salon du Bourget: le plus grand Mondial de l'aéronautique ouvre ses portes

Juin 2019

C'est parti pour le 53e salon du Bourget, premier rendez-vous international de l’aéronautique et de l’espace qui s’ouvre ce lundi matin, inauguré par le président Macron. Et d’abord, place aux professionnels durant quatre jours. Un rendez-vous très attendu, c’est la prise de parole des dirigeants de Boeing. Trois mois après la suspension de vols du Boeing 737 Max après deux crashs qui ont sévèrement entaché sa réputation.
Le président Macron a inauguré ce lundi matin le salon du Bourget, où il est arrivé à bord du nouvel avion ravitailleur de l'armée de l'Air française, l'A330 MRTT. Une première journée placée sous le signe de la coopération européenne, avec la signature d'un accord-cadre franco-germano-espagnol concernant le projet SCAF, pour « système de combat aérien du futur » destiné à remplacer les actuels Rafale et Eurofighter d'ici 2040.
Le double crash du Boeing 737 MAX cette année est aussi dans tous les esprits. L’avion est cloué au sol par les autorités de régulation et nul ne peut dire jusqu’à quand. Les constructeurs sont sous pression pour retrouver la pleine confiance des clients. Boeing, tient une conférence de presse ce lundi matin, comme pour liquider ce sujet épineux.
L'urgence climatique s'invite aussi au sommet
Mais il y en a d’autres qui concernent tous les industriels. La pression de l’opinion publique pour des appareils moins polluants oblige les constructeurs à concevoir autrement leurs avions. L’idée d’une taxe kérosène sur les vols fait son chemin.
Des projets d'avion plus légers, à propulsion électrique ou hybride, à l'hydrogène ou aux bio-carburants s’exposeront cette année au bourget. Le secteur a pour objectif de réduire de moitié ces émissions de CO2 d’ici 2050. Airbus appelle à s'entendre, comme c'est le cas pour la sécurité, sur une norme internationale en la matière.
(RFI 17/06/2019)

Émergents : Hong Kong a de nouveau défilé en masse, malgré le recul du gouvernement

Juin 2019

Des foules immenses se sont rassemblées dimanche à Hong Kong. La colère était palpable après des affrontements violents entre manifestants et policiers samedi. La cheffe de l'exécutif pro-Pékin de Hong Kong, Carrie Lam, s'est résolue à présenter des excuses, pour avoir causé 'conflit et querelles'.
La pression de la rue ne faiblit pas. C'est une marée humaine formée par des centaines de milliers de protestataires vêtus de noir qui a défilé ce dimanche à Hong Kong. Et la cheffe de l'exécutif pro-Pékin de Hong Kong, s'est résolue, fait rarissime, à formuler des excuses, regrettant d'avoir causé 'conflit et querelles'.
Après une manifestation géante il y a une semaine, après les pires violences politiques depuis la rétrocession en 1997 de l'ex-colonie britannique à la Chine, les Hongkongais ont livré dimanche une nouvelle démonstration de force.
L'immense cortège des manifestants a défilé en rang serré dans le coeur de la mégapole hérissée de gratte-ciel, occupant quatre artères principales.
La colère était palpable après des affrontements violents entre manifestants et policiers malgré le recul du gouvernement sur un projet de loi controversé.
Les organisateurs, qui espéraient une nouvelle démonstration de force géante, entendaient maintenir la pression sur Carrie Lam, qui a suspendu samedi le projet de loi autorisant les extraditions vers la Chine.
Plusieurs opposants au projet de loi ont dit que sa suspension n'était pas suffisante, appelant à la suppression du texte, mais aussi à la démission de Carrie Lam.
La crainte des milieux d'affaires
D'après ses détracteurs, le projet de loi placerait la population de l'ancienne colonie britannique à la merci du système judiciaire de Chine continentale, opaque et sous influence du Parti communiste. Les milieux d'affaires craignent que la réforme nuise à l'image internationale et l'attractivité du centre financier.
Mercredi, Hong Kong avait connu les pires violences politiques depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. Une manifestation rassemblant des dizaines de milliers de personnes avait été dispersée par la police à coups de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc.
Mme Lam ne s'est pas engagée à remiser définitivement son texte au placard. Les protestataires réclament en conséquence l'abandon du projet, la démission de la cheffe du gouvernement ainsi que des excuses pour les violences policières.
'Cette suspension signifie que le projet pourra être réactivé à n'importe quel moment', déclare le militant Lee Cheuk-yan.
« Nous ne sommes pas des émeutiers »
Près de 80 personnes, dont 22 policiers, avaient été blessées mercredi. Samedi, un homme est mort en tombant du toit d'un luxueux centre commercial du coeur de la ville, d'où il tenait depuis plusieurs heures une banderole : 'Retirez complètement la loi d'extradition chinoise. Nous ne sommes pas des émeutiers. Libérez les étudiants et les blessés'.
Les gens déposaient des bouquets de fleurs et des grues en origami sur les lieux du drame ainsi que des messages d'hommage. Les manifestants étaient invités à apporter une fleur en signe de respect.
Malgré le recul gouvernemental, la foule ne décolère pas.
Jimmy Sham, du Front des droits humains civiques, a comparé le projet de loi à un 'couteau' s'étant abattu sur Hong Kong. 'Il a presque atteint notre coeur. Maintenant le gouvernement dit qu'il ne l'enfoncera pas davantage, mais il refuse aussi de le ressortir'.
L'opposition au projet de loi est très large, réunissant avocats, organisations juridiques influentes, capitaines d'industrie, chambres de commerce, journalistes, militants, religieux et diplomates occidentaux.
En vertu du principe 'un pays, deux systèmes', l'ancienne colonie britannique jouit de libertés inconnues en Chine, théoriquement jusqu'en 2047.
Une liberté rognée depuis des années
Mais le mouvement dépasse la question des extraditions et exprime un ressentiment beaucoup plus large contre Carrie Lam et contre Pékin, accusés de rogner depuis des années les libertés du territoire semi-autonome.
La cheffe du gouvernement s'est quant à elle retrouvée de plus en plus isolée, les députés pro Pékin prenant eux-mêmes de plus en plus leurs distances par rapport au texte.
'Nous soutenons, respectons et comprenons cette décision', a déclaré un communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères, parlant de la nécessité de 'restaurer le calme au plus vite' dans le territoire.
Les détracteurs de Mme Lam, qui a parlé d'émeutiers, lui reprochent d'avoir manqué plusieurs occasions de présenter ses excuses pour le comportement de la police.
Celle-ci a justifié la vigueur de son action par les actes de violence perpétrés par certains manifestants. Mais l'opposition l'accuse de s'être servie des agissements d'une infime minorité pour se déchaîner sur l'ensemble des protestataires, en grande majorité pacifiques.
Dynamique contre Carrie Lam
'Les groupes pro-démocratie ne vont pas s'arrêter là. Ils veulent profiter de la dynamique contre Carrie Lam', a expliqué à l'AFP l'analyste politique Willy Lam. 'Ils vont maintenir la pression et continuer sur cette lancée'.
Les protestataires réclament en attendant que la police abandonne les poursuites contre les manifestants accusés d'être des émeutiers. Ils craignent les représailles du gouvernement, dit le militant Lee Cheuk-yan, et veulent la garantie que 'le peuple, les manifestants, ne soit pas harcelés et politiquement persécutés par le gouvernement'.
Nommée à la tête de l'exécutif par une commission largement composée des affidés de Pékin, Carrie Lam a affirmé que la loi sur les extraditions était nécessaire pour empêcher la place financière de devenir un refuge pour criminels, tout en admettant que son administration avait sous-estimé l'opposition populaire.
(Les Echos 17/06/2019)

Géopolitique : Trump accuse l'Iran d'être derrière les attaques du détroit d'Ormuz

Juin 2019

Washington a diffusé une vidéo présentée comme incriminant les Gardiens de la révolution iranienne de l'attaque contre deux tankers il y a quelques jours. L'ONU appelle à une enquête indépendante.
« C'est l'Iran qui l'a fait, et vous le savez très bien ». Donald Trump était jusque-là resté prudent face à la multiplication d'incidents dans le détroit d'Ormuz ces dernières semaines, semblant par moments prendre ses distances avec ses conseillers les plus belliqueux. Mais vendredi sur Fox News, il a accusé explicitement l'Iran d'être responsable de l'attaque, la veille, de deux pétroliers en mer d'Oman, qui a provoqué une flambée des cours du pétrole.
Dimanche, le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, dans une interview au quotidien Asharq al-Awsat, a lui aussi pointé du doigt Téhéran. « Le régime iranien n'a pas respecté la présence du Premier ministre japonais à Téhéran et a répondu à ses efforts en attaquant deux pétroliers, dont l'un était japonais », a-t-il dit. « Nous ne voulons pas une guerre dans la région (...) Mais nous n'hésiterons pas à réagir à toute menace contre notre peuple, notre souveraineté, notre intégrité territoriale et nos intérêts vitaux », a-t-il averti.
Un mois après une première série d'incidents dans la région qui avaient accru les tensions entre l'Iran et les Etats-Unis, Washington veut prendre à témoin la communauté internationale. « Nous avons un problème international là-bas, au Moyen-Orient. Ce n'est pas un problème américain », a lancé vendredi Patrick Shanahan, ministre de la Défense par intérim, appelant à la formation d'un « consensus international ». « Quinze pour cent du pétrole mondial transitent par le détroit d'Ormuz », a-t-il ajouté. Samedi, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont appelé à la sécurisation des approvisionnements en énergie venant du Golfe.
Démenti de Téhéran
Pour appuyer ses dires, le Pentagone a diffusé dans la nuit de jeudi à vendredi une vidéo présentée comme incriminant l'Iran. Assez floue, celle-ci montre l'accostage d'un des tankers victimes de l'attaque, par une patrouille des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique du régime iranien, venus retirer une mine fixée sur la coque du bateau, qui n'aurait pas explosé. « On voit le bateau, avec une mine qui n'a pas explosé et c'est clairement signé par l'Iran. C'est l'Iran », a insisté Donald Trump , pour qui les militaires iraniens « ne voulaient pas laisser de preuves derrière eux ».
Téhéran a immédiatement démenti être impliqué dans l'attaque. « Le gouvernement américain est devenu une menace pour la stabilité de la région et le monde depuis deux ans, avec une utilisation dévoyée de ses armes financières et militaires », a accusé le président iranien Hassan Rouhani.
Les tensions entre l'Iran et les Etats-Unis ne cessent de s'aggraver depuis la dénonciation l'an dernier de l'accord sur le nucléaire iranien par Washington et la mise en place de sanctions économiques, qui ont provoqué l'effondrement des exportations de pétrole iranien.
« Signaux clairs »
Le mois dernier, une série d'attaques contre des pipelines saoudiens et quatre navires près du détroit d'Ormuz, avait déjà suscité des inquiétudes. Les Gardiens de la révolution ont menacé à plusieurs reprises de fermer le détroit si l'Iran n'était pas autorisé à exporter son pétrole. Corps d'élite, ceux-ci sont placés sous l'autorité du guide suprême Ali Khamenei, véritable numéro un du régime selon la Constitution, et non celle du président Hassan Rouhani, qui cherche plutôt à apaiser les tensions avec les Etats-Unis et ses alliés.
Washington a, depuis, renforcé sa présence militaire dans le Golfe, évoquant des menaces et des « signaux clairs » de préparatifs iraniens d'attaques contre des intérêts américains dans la région. Vendredi, le Pentagone a laissé entendre qu'il pourrait encore accroître son dispositif militaire au Moyen-Orient.
Accord plus large
La Maison blanche espère contraindre l'Iran à conclure un nouvel accord allant au-delà du nucléaire et qui inclurait la question de l'influence de Téhéran dans la région, sa position sur Israël et ses différents programmes d'armement, mais les divisions au sein de l'administration Trump ont rendu sa démarche peu lisible. Les dirigeants iraniens, eux-mêmes divisés, ont en outre jusqu'ici refusé de négocier sous la pression.
L'Europe et la Russie ont appelé à la prudence et mis en garde contre un risque d'escalade vendredi, tandis que le Royaume Uni a apporté son soutien aux Etats-Unis, estimant qu'« aucun autre acteur étatique ou non-étatique ne peut vraisemblablement être responsable ». Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a de son côté réclamé une enquête indépendante pour déterminer les responsabilités dans l'attaque des deux pétroliers.
(Les Echos 17/06/2019)

OTEA Capital participait le 15 juin dernier au 16ème Tournoi de la Finance au Centre National du Football de Clairefontaine

Juin 2019

Comme chaque année, Philippe OUANSON, fondateur du Groupement Finindep et du Tournoi de Football de la Finance, réunissait à Clairefontaine 20 équipes sponsorisées et constituées par des professionnels de la Finance, CGP ou sociétés de gestion. OTEA Capital était présente avec une équipe coachée par Edvin MURATI, ancien joueur du PSG et international Albanais.
Ce fut également l'occasion de revoir d'illustres joueurs du PSG qui se sont réunis pour une photo souvenir autour d'anciens champions Olympiques dont Michel BENSOUSSAN. Vous pourrez reconnaître ainsi sur la photo autour de Philippe OUANSON et Guy ADAM, les organisateurs, outre Edvin MURATI et Michel BENSOUSSAN, de grands noms tels que Mustapha DALEB, Jean-Michel MOUTIER, Laurent FOURNIER, Vincent GUERIN, Jean-Luc VASSEUR, Jacques PLANCHARD et tant d'autres qui ont écrit de belles pages de l'histoire du Club...
Didier DUGUÉ, Directeur Général d’OTEA Capital, et Pierre FOURNIER, Directeur Commercial, ont pu représenter la société durant cette belle manifestation.

Redécouvrez l'épisode 3 de la Martingale avec Éric LARCHEVÊQUE

Juin 2019

"Le Bitcoin, un an après ?"
C'est la question à laquelle nous avons cherché à répondre lors de ce troisième épisode de La Martingale. Éric LARCHEVÊQUE de LEDGER répond à Matthieu Stefani et nous apporte des conseils plein de bon sens.
Nous nous réjouissons de lancer un nouveau podcast dédié à l'investissement et aux finances personnelles, présenté par Matthieu Stefani de Cosa Vostra et sponsorisé par Otea Capital.
Pour écouter le podcast c'est par ici 👇:
https://lamartingale.io/2019/04/17/eric-larcheveque-le-bitcoin-un-an-apres/
iTunes : https://apple.co/2Uc3t2M
Spotify : https://spoti.fi/2CDfeVM »

FIDROIT accueillait les CGP le 6 juin dernier pour son 22ème Colloque à la Seine Musicale de Boulogne Billancourt

Juin 2019

Nombreux étaient les CGP présents le 6 juin dernier à Boulogne Billancourt pour assister à la 22ème édition du Colloque FIDROIT. Fidèle à son exigence de qualité et d'expertise, la société de conseil a fourni un programme de très haut niveau, répondant aux problématiques des partenaires et CGP participants. Ainsi ont pu être abordés les sujets de l'abus de droit sous l'angle civil par Michel GRIMALDI (Professeur agrégé des facultés de droit, Université Panthéon-Assas, Paris II) et fiscal par Gilles BACHELIER ( Conseiller d’Etat), ainsi que de la location saisonnière avec Anna FERREIRA (Responsable Nationale du pôle Retraite et Prévoyance d’entreprise Associé chez Fidal) et Serge ANOUCHIAN (Expert-comptable Associé Groupe Emargence) avant que la journée ne s'achève sur les problématiques de comparaison et de transfert entre assurance vie et retraite dans le cadre de la Loi Pacte avec Hubert MARCK (Président du Comité juridique et fiscal FFSA Directeur des Affaires Publiques et Conformité chez AXA) et Philippe BAILLOT (Professeur Associé à Paris II). Les échanges étaient animés par Richard CHALIER (Directeur Technique Associé FIDROIT)
Didier DUGUÉ, Directeur Général d’OTEA Capital, a pu représenter la société et remercie à ce titre Olivier ROZENFELD, Président de Fidroit, et l'ensemble de ses équipes pour la qualité des échanges et le niveau d'exigence et d'expertise dont a été empreinte cette nouvelle édition de leur Colloque.

Monde : Trump relâche la pression sur le Mexique pour mieux menacer la Chine

Juin 2019

La Bourse de Paris est attendue stable, voire en légère hausse, dans le sillage de Wall Street et des marchés asiatiques, mais la tendance risque d’être freinée par la menace de Donald Trump d’imposer de nouveaux droits de douane sur les produits chinois.
La Bourse de Paris devrait poursuivre sur sa lancée légèrement haussière en ouverture, dans le sillage des marchés asiatiques, et notamment chinois ce matin, et de Wall Street hier. La dynamique devrait néanmoins s’affaiblir après que Donald Trump eut brandi, lundi en cours de journée, la menace de nouveaux droits de douane américains sur les produits chinois.
Mesures de relance en Chine
En Asie, le CSI 300 des principales capitalisations des Bourses de Shanghai et Shenzhen progressait de plus de 2% après l’annonce de mesures de relance de l’économie. Selon l’agence officielle Xinhua (Chine Nouvelle), Pékin va autoriser les gouvernements de certaines provinces à utiliser le produit d’obligations spéciales pour financer des projets d’investissements dans les infrastructures comme les réseaux autoroutier et ferroviaire ou encore la fourniture d’énergie.
A New York, le Dow Jones a aligné une sixième séance de hausse consécutive lundi soir en réaction à l’annonce de la suspension par Washington du projet d’imposer une taxe de 5% sur les produits mexicains importés aux Etats-Unis. Le rendement de l’emprunt américain à 10 ans s’est d’ailleurs tendu de 6 points de base pour atteindre 2,157%, un plus haut de près de deux semaines.
Avant le G20, la Fed
Ce soulagement risque cependant d’être de courte durée dans la mesure où le dossier chinois, de loin le plus important, est loin d’être résolu. Donald Trump a encore menacé de mettre en place des droits de douane sur 300 milliards de dollars de produits chinois faute d’avancées dans les négociations commerciales avec Xi Jinping en marge du sommet du G20 à Osaka, les 28 et 29 juin. Pour l’heure, Pékin n’a pas encore confirmé la tenue d’une telle rencontre.
« La probabilité d’une issue amiable au conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine a significativement diminué au cours des dernières semaines », observent les économistes de la Société Générale. Il faut donc s’attendre à un regain de volatilité sur les marchés jusqu’au sommet du G20. Mais avant cela, un autre événement sera particulièrement suivi : le conseil de politique monétaire de la Réserve fédérale des 18 et 19 juin.
(Les Echos Investir 11/06/2019)

US : Les Etats-Unis et le Mexique d'accord pour éviter les tarifs commerciaux

Juin 2019

Les deux partenaires ont trouvé un compromis sur l'immigration. Donald Trump l'a annoncé lui-même sur Twitter à son retour d'Europe. Le Mexique s'engage à renforcer son action contre l'immigration illégale. Cela lui permettra d'éviter les surtaxes, qui devaient entrer en vigueur lundi.
C'est un répit dans la guerre commerciale menée par Donald Trump et qui commençait à menacer l'économie mondiale. Les Etats-Unis et le Mexique ont trouvé un accord, vendredi soir, sur l'immigration et éviteront ainsi l'entrée en vigueur des tarifs douaniers décidés il y a une semaine par Washington.
« Les tarifs qui devaient être appliqués à partir de lundi contre le Mexique sont suspendus indéfiniment, a annoncé sur Twitter Donald Trump, de retour aux Etats-Unis après son voyage en Europe. Le Mexique, en échange, a accepté de prendre des mesures fortes pour réduire les flux migratoires passant par son territoire jusqu'à notre frontière Sud. Cela vise à réduire drastiquement, ou à éliminer l'immigration illégale qui entre aux Etats-Unis par le Mexique. »
Coopération
Le président américain a ajouté que les détails de l'accord seraient bientôt communiqués par le Département d'Etat. L'ambassadrice du Mexique à Washington, Martha Barcena, a d'ores et déjà indiqué que son pays avait accepté de prendre des « mesures supplémentaires pour que ses lois migratoires soient respectées. » Lors des négociations, Mexico avait notamment proposé de déployer 6.000 agents de sa garde nationale à sa frontière avec le Guatemala, pour mieux surveiller les entrées de migrants en provenance d'Amérique centrale.
Elle a aussi assuré que Mexico s'était engagé à donner des « opportunités de travail, d'éducation et de santé aux personnes qui attendent sur son territoire que leur demande d'asile soit étudiée par les Etats-Unis. » Elle a laissé entendre que Washington avait accepté de financer des programmes de développement dans le sud du Mexique et en Amérique centrale - une condition fixée par le gouvernement d'Andres Manuel Lopez Obrador dans les négociations.
L'accord est intervenu à la fin du troisième jour de négociations entre l'administration Trump et la délégation mexicaine, emmenée par le ministre des Affaires Etrangères Marcelo Ebrard.
Un sursaut pour les marchés ?
Il doit permettre au Mexique d'éviter les sanctions américaines annoncées par Donald Trump. La Maison-Blanche avait menacé d'imposer des surtaxes de 5 % dès lundi sur toutes les importations mexicaines aux Etats-Unis. Si Mexico ne s'engageait pas à régler le problème à la frontière, le montant des sanctions aurait augmenté de 5 % tous les mois, jusqu'à atteindre 25 % en octobre.
Ces menaces avaient plongé les marchés dans la tourmente , cette semaine. Face aux incertitudes commerciales et au ralentissement de l'économie américaine, la Fed envisageait même de baisser ses taux dès sa prochaine réunion, les 18 et 19 juin prochains.
(Les Echos 11/06/2019)

Europe : Royaume-Uni : dix candidats conservateurs à l'assaut du 10 Downing Street

Juin 2019

Boris Johnson, Michael Gove et Jeremy Hunt font partie des grands favoris pour succéder à Theresa May, qui a démissionné après avoir essuyé plusieurs crises. Quel que soit le candidat retenu, il héritera d'une situation politique et économique explosive, en plein Brexit.
Quelques jours après la démission de Theresa May , emportée par le tourbillon du Brexit comme son prédécesseur David Cameron, les candidats au 10 Downing Street se bousculent. Dix membres du parti conservateur (Tory) ont obtenu le nombre de parrainages suffisants pour briguer officiellement la succession de la Première ministre. Un record depuis 1965.
Trois ans après le référendum sur le Brexit, tous partagent le constat que le Royaume-Uni doit quitter l'Union européenne. Ils doivent désormais expliquer comment ils espèrent réussir là où Theresa May, victime des divisions de son propre camp, a échoué. En avril, la date de divorce entre Londres et Bruxelles a été repoussée au 31 octobre.
Boris Johnson favori
Boris Johnson, qui avait démissionné en juillet 2018 de son poste de ministre des Affaires étrangères pour protester contre la vision devenue trop « soft » du Brexit défendue par Theresa May, apparaît comme le principal favori . Partisan d'une ligne dure, il n'exclut pas un départ sans accord avec les Européens.
Dans une tribune publiée ce week-end dans « The Telegraph », l'ancien maire de Londres a lancé sa campagne en proposant de baisser les impôts pour les classes moyennes : une mesure estimée à 9,6 milliards de livres (10,8 milliards d'euros) par an, qui serait financée par l'argent actuellement mis de côté dans le budget du gouvernement pour faire face aux conséquences du Brexit. Politicien retors et jamais à l'abri d'une gaffe, Boris Johnson est toutefois loin de faire l'unanimité dans son parti et dans l'opinion publique.
Michael Glove affaibli
Le ministre de l'Environnement, Michael Gove, faisait lui aussi office de prétendant sérieux. Mais sa candidature a du plomb dans l'aile depuis qu'il a admis avoir consommé de la cocaïne il y a une vingtaine d'années .
Autre candidat de poids : Jeremy Hunt. Ministre des Affaires étrangères sous Theresa May, il est le tenant d'une ligne plus modérée. Dimanche, il s'est dit convaincu qu'une renégociation avec les Européens était possible pour éviter un Brexit sans accord, s'appuyant sur une conversation en ce sens avec la chancelière Angela Merkel.
Vote des adhérents
Dominic Raab, Matt Hancock, Mark Harper, Sajid Javid, Andrea Leadsom, Esther McVey et Rory Stewart sont les autres candidats. Mais leurs chances de succès paraissent plus limitées.
Les députés conservateurs choisiront deux finalistes d'ici à quinze jours. Les 160.000 adhérents du parti sélectionneront ensuite leur nouveau leader. Quel que soit le candidat retenu, il héritera d'une situation politique et économique explosive.
(Les Echos 11/06/2019)

France : Edouard Philippe va devoir démontrer sa conversion à l'écologie

Juin 2019

Le chef du gouvernement, qui s'est dit prêt à « agir avec détermination » en faveur de l'environnement au soir de l'élection européenne, va devoir le matérialiser ce mercredi lors de son discours de politique générale. Il a devant lui trois grands chantiers législatifs à faire aboutir avant les municipales de mars prochain.
Dire que le sujet le hante serait abusif. Il est certes souvent arrivé à Edouard Philippe d'évoquer la lecture d'« Effondrement » qui impute la disparition de civilisations entières à des crises environnementales majeures. Mais l'ouvrage de Jared Diamond ne lui avait pas spécialement délivré un « message sur l'urgence écologique », à la différence de celui qu'il a déclaré avoir « reçu » le 26 mai dernier, au soir des élections européennes de la part « de nombreux Français ».
Comment ne pas entendre le retentissant signal émis par Europe écologie-Les Verts (EELV) dont la liste, emmenée par Yannick Jadot, est parvenue en troisième position avec 13,47 % et plus de 3 millions d'électeurs ? Forte de ce dernier score, la formation écologiste nourrit l'ambition de . A commencer par la magistrature suprême dans plusieurs grandes villes, dont Nantes, Toulouse, Rennes et surtout Paris (sa liste y a frôlé les 20 %), qu'elle espère remporter lors des municipales de mars.
EE-LV en embuscade
Des métropoles pour la plupart détenues par la gauche et à la gestion desquelles EELV participe souvent. Une part croissante des électeurs y réclame des politiques qui rendent leur ville plus vivable à tous points de vue (qualité de l'air et de l'eau, propreté, transport, immobilier, etc.). Des politiques sur lesquelles les candidats d'EELV vont vouloir s'affirmer et ceux de La République En marche (LREM) ancrer solidement leur programme.
A dix mois du scrutin, le discours de politique générale que prononcera ce mercredi Edouard Philippe doit préparer le terrain aux têtes de liste qui seront soutenues par la majorité. La perspective électorale dans laquelle se trouve le gouvernement devrait notamment l'amener à exprimer sa volonté de faire aboutir, d'ici mars, trois grands chantiers législatifs à forte résonance environnementale.
Accélérer les réformes
Il s'agit, par ordre d'apparition dans les débats parlementaires, du projet de loi d'orientation des mobilités, du projet de loi énergie-climat et de celui sur l'économie circulaire, lequel doit encore être examiné début juillet en Conseil des ministres. Trois textes aux nombreuses déclinaisons locales et qui doivent outiller les prochaines équipes municipales pour mieux exercer leurs compétences, qu'il s'agisse de zones à faible émission ( projet de loi sur les mobilités ) ou de nouveaux modes de financement possibles pour la collecte et le traitement des déchets ( projet de loi économie circulaire ).
Le chef du gouvernement pourrait aussi redire la volonté de son gouvernement « d'agir avec détermination », au niveau européen. La majorité a, entre autres, promis un plan d'investissement massif de 1.000 milliards d'euros d'ici à 2024, notamment dans les énergies et les transports propres, en créant une « banque du climat ». Des projets sur le calendrier desquels il n'a cependant pas la main, à la différence des « dossiers domestiques » dont il devrait annoncer la conduite accélérée.
Sortir du « double langage »
On peut aussi s'attendre mercredi à ce qu'Edouard Philippe invite les députés de la majorité, aussi confortable soit celle-ci, à se montrer plus soudés sous cet acte 2 du quinquennat. La majorité ne l'a pas toujours été sous le précédent, notamment s'agissant du sort dévolu au glyphosate .
Fort de son image d'homme stoïque, le chef du gouvernement va porter à bras-le-corps une politique environnementale conçue par le chef de l'Etat et que la crise des « gilets jaunes » a conduit à redessiner. Mais bien insuffisamment au goût des écologistes et de leur chef de file qui n'a de cesse de dénoncer le « double langage » de l'exécutif. A Edouard Philippe d'administrer la preuve du contraire.
(Les Echos 11/06/2019)

Émergents : Au « Davos russe », colère contre l'emprise de l'ex-KGB sur les milieux d'affaires

Juin 2019

Au forum de Saint-Pétersbourg, les figures libérales se sont saisies de l'affaire Baring Vostok, principal fonds d'investissement aujourd'hui poursuivi en justice, pour dénoncer les défaillances de l'état de droit et l'emprise des héritiers du KGB.
Pour la première fois, le « Davos russe » s'est fini en surprenante caisse de résonance des inquiétudes des milieux d'affaires russes. « Le forum de Poutine a tourné en forum de la défiance au régime de Poutine », indique l'éditorial de Vedomosti, principal quotidien économique russe, dans son résumé de ce traditionnel rendez-vous de l'élite russe organisé par le Kremlin de Vladimir Poutine en fin de semaine dernière à Saint-Pétersbourg.
La plupart des figures libérales ont profité des soudaines poursuites judiciaires contre Baring Vostok , le plus ancien et réputé fonds d'investissement du pays, pour dénoncer, haut et fort, les défaillances de l'état de droit et s'inquiéter de la croissante mainmise des hommes des services de sécurité sur les milieux d'affaires.
Le FSB vilipendé
« A tous les niveaux, ils se croient désormais tout permis. Cette affaire prouve que notre système judiciaire va de mal en pis », a ainsi confié parmi d'autres aux Echos Andreï Klepach, économiste en chef de la banque de développement VEB. Lors d'un des principaux événements en marge du forum organisé par Sberbank, pourtant principale banque publique du pays, plusieurs intervenants ont pareillement pris la défense de Baring Vostok. Plus ou moins directement, ils ont condamné l'arrestation le 14 février de son fondateur américain Michael Calvey, de son directeur financier français Philippe Delpal et de quatre employés non-occidentaux. Des poursuites pour fraudes aux allures de règlement de comptes.
Latente depuis des années, la colère éclate face au recours au pénal pour résoudre des différends commerciaux. Un scénario fréquent dans la Russie des affaires faute de justice indépendante , qui est de plus en plus utilisé pour défendre les intérêts financiers de proches du FSB, l'un des héritiers du KGB.
Humour viral
« Lorsqu'on parle de la nécessaire stabilité pour les investisseurs, je voudrais vous faire remarquer : c'est le troisième jour du forum et aucun investisseur n'a été arrêté… », a ironisé vendredi Andreï Makarov le respecté président de la commission des finances de la Douma, chambre basse du parlement russe. En quelques heures, son intervention drôle et musclée est devenue virale sur les réseaux sociaux.
Lors d'un des principaux panels, l'ancien ministre des finances Alexeï Koudrine, voix écoutée dans les milieux d'affaires, a quant à lui dénoncé « l'absence de règles stables » dans l'équilibre des pouvoirs en Russie. Il a expliqué que l'affaire Baring Vostok est un « choc pour l'économie » et contribue à accroître les fuites de capitaux, mal récurrent en Russie.
(Les Echos 11/06/2019)

Géopolitique : Accord de principe au G20 sur la taxation des Gafa

Juin 2019

Les ministres des Finances des pays les plus riches se réunissent ce weekend à Tokyo. Leur objectif est d'harmoniser la fiscalité internationale afin de réduire les avantages dont profitent les multinationales et les géants du numérique. Ils tablent sur un accord en 2020.
Les ministres des Finances du G20 réunis au Japon se sont mis d'accord, samedi, sur un plan de bataille visant à harmoniser la fiscalité internationale afin de réduire les avantages dont profitent les multinationales et les géants du numérique.
L'émergence de groupes comme Google ou Facebook a poussé les règles fiscales actuelles à leur limite, ces multinationales n'ayant aucun mal à déclarer leurs profits dans des pays fiscalement avantageux, où que soient leurs clients.
Dans leur communiqué final, qui doit être publié dimanche, les ministres des Finances des 20 principales économies mondiales « saluent les récents progrès effectués pour répondre aux défis fiscaux émergeant de la numérisation et approuvent l'ambitieux programme d'une approche reposant sur deux piliers ». « Nous redoublerons d'efforts pour trouver une solution consensuelle, avec un rapport définitif d'ici 2020 », ajoute le texte.
Modifier l'imposition
L'approche approuvée par le G20, et préconisée en amont par l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), consiste d'une part à modifier la méthode de calcul de l'imposition des entreprises, et d'autre part à harmoniser les taux d'imposition entre pays.
Le premier pilier consiste à répartir la taxation des entreprises entre les pays où elles vendent leurs biens et services, même si elles n'y ont pas de présence physique. Si les entreprises parviennent toujours à trouver un moyen de déclarer leurs bénéfices dans des pays à faible imposition ou des paradis fiscaux, le second pilier consiste à appliquer un taux minimum d'imposition sur les sociétés au niveau mondial.
Défendu par Bruno Le Maire
Cette double approche a été défendue samedi par les ministres français et britannique des Finances, Bruno Le Maire et Philip Hammond. Ils ont toutefois dit comprendre les préoccupations de leur homologue américain, le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, qui s'inquiète d'un risque de discrimination à l'encontre des entreprises américaines du numérique.
Steven Mnuchin a toutefois reconnu qu'il semblait exister un « consensus fort » sur les objectifs de cette réforme. « Nous devons donc maintenant […] traiter les points techniques pour transformer cela en accord », a-t-il ajouté. Des responsables des pays membres devraient se rencontrer à deux reprises cette année dans le but de parvenir à un accord l'année prochaine.
(Les Echos 11/06/2019)

Le point Macroéconomique par Laurent PUGET, Président d’OTEA Capital

Juin 2019

Voici une question qui revient souvent : êtes-vous plutôt gestion « value » ou gestion « growth » ? Autrement dit, faut-il rechercher des actions décotées, dont le marché ignore une partie de la valeur, ou faut-il investir dans des actions, certes plus chères, mais portées par des taux de croissance des bénéfices importants ? On nous pose souvent la question. Nous n’appartenons à aucun style mais nous sommes heureux, rétrospectivement, de ne pas avoir fait le choix de la gestion value ! Depuis la crise de 2008 le verdict est sévère : l’investissement value a été littéralement pulvérisé par l’investissement growth. La value traite avec le discount le plus élevé jamais enregistré. Le rapport entre un portefeuille composé des valeurs aux prices to book (prix / valeur nette des actifs) les plus faibles du marché et le marché lui-même est de 9 fois ! Si on prend les Price Earnings, le rapport est de 7 fois. Même Warren Buffet a jeté l’éponge et acheté du Amazon en regrettant de ne pas l’avoir fait plus tôt... La value est morte donc ? Peut-être pas, mais elle est en grande difficulté dans des périodes où se cumulent l’explosion de la gestion passive qui achète structurellement la croissance, le maintien de politiques monétaires indéfiniment accommodantes et une rupture industrielle majeure. C’est encore un signe de l’accélération du changement des structures du marché auxquelles nous assistons depuis la crise de 2008. La value n’est pas morte mais faut-il regretter comme beaucoup cet effacement ? Son retour en force impliquerait probablement une crise économique majeure entraînant un repricing majeur des actifs de croissance ! Cela arrivera nécessairement un jour, probablement juste après qu’on ait enterré définitivement la stratégie… « Beware what you wish for » disent les Anglais, mais pour une vision un peu contrariante, ce jour n’a peut-être jamais été aussi proche... Ce ne sont pas là les seuls signes de la modification (pour ne pas dire distorsion) profonde de la structure des marchés financiers. Si vous cherchez la croissance à tout prix, du côté des émergents par exemple, lisez cette étude récente de Mark Hulbert sur les facteurs de surperformance des marchés entre 1997 et 2007. Les marchés les plus performants sont ceux qui ont enregistré les croissances les plus faibles mais les buy backs les plus importants ! La croissance économique, les profits, l’inflation, les fluctuations monétaires comptent moins que les buy backs nets dans la surperformance d’un marché financier… On trouve d’autres preuves de ces distorsions. Prenez un des indices les plus populaires : le Russell 2000. Son PE affiché est de 17,1. Elevé mais pas délirant. Ce chiffre de 17,1 est obtenu en sommant le PE des 2000 sociétés du Russell puis en faisant une moyenne. Il n’y a donc que des sociétés qui font des bénéfices. Calculer le PE d’une société en perte est un non-sens. Mais on peut calculer différemment le PE d’un indice en sommant les résultats (les bénéfices et les pertes) et en les divisant par la capitalisation boursière du marché. 73 ! C’est le PE du Russell 2000 ainsi calculé. 20% des sociétés de l’indice ont perdu de l’argent sur 16 des 20 derniers trimestres, sûrement un des effets cumulés de l’abondance de liquidités et de la rupture technologique. Ce n’est pas neutre contrairement aux grands indices (5% des sociétés du S&P sont en perte de sorte que la prise en compte des pertes ne change pas le PE).
Du côté du sentiment, l’heure n’est pas encore à la fête et le marché continue de monter contre un très fort scepticisme. C’est plutôt une configuration qui nous plait. On sent une légère amélioration très légère : on n’est plus au fond de la rigole mais on est au bord et on sent le marché prêt à y retourner. Les titres des sites financiers laissent peu de place à l’optimisme entre le triple top du S&P, le pessimisme des tenants de la théorie des vagues d’Elliott ou de la Dow Theory (plus partagés peut être...), les mises en garde sur la faiblesses des volumes, l’inversion de la courbe des taux et son caractère prétendument prédictif de la récession à venir, ainsi que les coups de pression tous azimuts de Trump qui adore soumettre ses alliés au régime de la douche écossaise (le Mexique et sa horde de migrants peuvent en témoigner). A qui le tour ? Après avoir été étonnamment discret sur le Brexit lors de sa tournée anglaise, il s’en prend désormais... au vin français... Nous voyons mal le marché chuter lourdement comme certains le prévoient avec un tel scepticisme chez les opérateurs, mais il est vrai que le passé récent nous a montré qu’après le pessimisme il y a le désespoir qui conduit du fond de la rigole au 36ème dessous. Avec prudence mais rigueur, nous continuons d’accompagner ce climat compliqué par une remontée graduelle de nos expositions même si on sent que l’on se rapproche d’un point d’inflexion sur le sentiment de marché.
Exposition OTEA 1 : 45% Neutre

Le point Energies et Efficacité Énergétique par Sandrine CAUVIN, Analyste-Gérante chez OTEA Capital.

Juin 2019

Les prix se sont stabilisés sur la semaine avant de repartir à la hausse vendredi alors que l’Arabie Saoudite a laissé sous-entendre qu’un accord au sein de l’OPEP élargie était en vue. Néanmoins, le marché est particulièrement focalisé sur les stocks aux Etats-Unis, qui sont particulièrement élevés (au plus haut depuis juillet 2017), entraînant une inquiétude sur l’évolution de la demande. Il convient néanmoins de nuancer cela alors dans la mesure où nous sommes dans une période un peu exceptionnelle où il y a beaucoup de maintenances dans les raffineries. En outre, la production de pétrole de schiste ralentit aux États-Unis, où les forages diminuent. L'offre de pétrole se resserre aussi du fait des sanctions américaines, qui s'aggravent contre le Venezuela : les exportations vénézuéliennes de solvants, jusque-là épargnées, sont visées à leur tour alors que la situation demeure problématique au niveau de la production du pays dont les exportations ont chuté de 17% en mai à 874kb/j. Cela a entrainé le Venezuela à faire défaut sur des remboursements d’intérêt liés à la charge de sa dette, et à conduire les établissements prêteurs, Deutsche Bank en l’occurrence, ainsi que CitiBank précédemment, à prendre possession des stocks d’or qui avaient été placés comme collatéral. L'Iran voit de son côté ses exportations pétrochimiques incluses dans les sanctions. Enfin, la production russe a atteint un plus bas niveau depuis 3 ans à 10,87 Mb/j sur les premiers jours du mois de juin. Cette production est impactée par la contamination du réseau de pipeline de Droujba, le plus long au monde (4000km, du sud-est de la Russie à l’Allemagne). Le problème est cependant temporaire. On prévoit donc moins de produits pétroliers sur le marché mondial, ce qui pourrait entraîner une remontée des prix.

Le point Macroéconomique par Laurent PUGET, Président d’OTEA Capital

Juin 2019

Tout est dans le rouge ! Tous les indicateurs de sentiment de marché pointent vers un sentiment extrêmement négatif. Les deux titans de la planète sont figés dans des postures martiales s’accusant l’un l’autre d’être à l’origine de l’échec du round de négociations, et la perspective s’est retournée et plus personne ne croit à une issue rapide. Trump pendant ce temps montre ses soutiens au Japon ou en Angleterre et tire à boulet rouge sur le Mexique, l’Iran et probablement l’Europe qui est la cible idéale de son escapade anglaise. La réserve fédérale de NY a calculé qu’en l’état actuel, les droits de douanes de l'administration Trump coûteraient 831$ par an à chaque foyer américain... Je ne sais pas si ce chiffre tient compte de ce qui sera absorbé par les sociétés au détriment de leur marge mais les barrières douanières commencent à peser sur la consommation ou sur les marges des entreprises ou sur les deux...
Et voilà qu’on reparle de croisement de la courbe des taux et donc de récession. Même si cette perspective parait peu probable à court terme dans un tel contexte de politique monétaire, la croissance mondiale ne pourra pas remonter indéfiniment des courants contraires de plus en plus nombreux. Graphiquement les indices ne sont pas très inspirants : le double top formé sur le S&P s’il ne s’accompagnait pas d’un sentiment aussi dégradé serait une source d’inquiétude à court terme. Comme souvent après un retournement de tendance très marqué, les signaux de marché commencent à s’aligner dangereusement. Les marchés ont corrigé certes mais pas à la mesure de ce que la dégradation du sentiment aurait pu laisser craindre. Ce n’est pas la première fois que nous constatons ce phénomène sans que je n’arrive à y apporter une réponse satisfaisante : le marché en prix résiste bien mieux que le sentiment de marché. Les amplitudes de ce dernier militeraient pour des corrections beaucoup plus importantes que celles que nous connaissons. Ce phénomène a pu se constater à plusieurs reprises, notamment l’année dernière. Une partie de l’explication, moins paradoxale qu’il n’y parait, aurait trait aux volumes anémiques conjugués aux « buy backs » par les sociétés cotées : dans des marchés un peu désertés par les investisseurs (les outflows des fonds actions continuent d’être massifs et les volumes sont très faibles), les programmes de rachat d’actions qui sont peu sensibles aux fluctuations à court terme des marchés tiennent la cote. Je ne sais pas s’il faut s’en inquiéter ou s’en réjouir…
Nous sommes remontés légèrement au-dessus de 40 % d’exposition…
Exposition OTEA 1 : 40% Haussier

Redécouvrez l'épisode 2 de la Martingale avec Laurent GIRARD

Juin 2019

"Faut-il laisser la gestion de mon épargne à un robot ?"
C'est la question à laquelle nous avons cherché à répondre lors de ce deuxième épisode de La Martingale. Laurent GIRARD de Deeple répond à Matthieu Stefani et nous apporte des conseils plein de bon sens.
Nous nous réjouissons de lancer un nouveau podcast dédié à l'investissement et aux finances personnelles, présenté par Matthieu Stefani de Cosa Vostra et sponsorisé par Otea Capital.
Pour écouter le podcast c'est par ici 👇:
https://lamartingale.io/2019/04/17/episode-2-laurent-girard-faut-il-laisser-la-gestion-de-mon-epargne-a-un-robot/
iTunes : https://apple.co/2Uc3t2M
Spotify : https://spoti.fi/2CDfeVM »

OTEA Capital entame sa tournée de formations validantes à Strasbourg les 28 et 29 mai

Juin 2019

34 CGP étaient présents à Strasbourg pour participer à la nouvelle session de formations validantes dispensées par Juriscampus à l’initiative d’Alma Holding et de Jean-Luc DESHORS. 16 partenaires de la profession de Conseil en Gestion de Patrimoine (outre OTEA Capital, Adequity, Amiral Gestion, Easy Buziness, Edouard Denis, Extendam, Fidelity, Histoire et Patrimoine, I Sélection, JP Morgan, La Française AM, Nue Pro Sélect, Groupe Océanic, Platinium, Sanso IS, Schelcher Prince) sont en effet partenaires d’Alma Holding dans cette opération. Durant ces deux jours, Anne-Mélaine DALY-SCHVEITZER, avocate chez Mazars et formatrice chez Juriscampus, a pu ainsi intervenir sur les sujets de la dévolution successorale et des avantages matrimoniaux, délivrant ainsi 8 heures de formation validante tant pour la carte T que pour la certification IOBSP.
Pierre FOURNIER, Directeur Commercial d’OTEA Capital, a pu présenter la société et sa gamme devant cette assemblée et revenir sur les particularités de chaque fonds. La prochaine session aura lieu à Nice les 18 et 19 septembre prochains.

Monde : Le Cac 40 fragilisé par le risque commercial, Conte menace de démissionner

Juin 2019

La Bourse de Paris reste plombée par les tensions sino-américaines, tandis que Giuseppe Conte aurait mis sa démission dans la balance pour forcer son gouvernement à négocier avec l’UE. Côté valeurs, Renault tire son épingle du jeu.
La Bourse de Paris entame le mois de juin dans le rouge, les derniers développements dans le bras de fer commercial entre Washington et Pékin et le risque italien incitant les investisseurs à se tenir à l’écart des actifs à risque. La dégradation de l’activité manufacturière s’est par ailleurs poursuivie en mai dans la zone euro, l’indice PMI IHS-Markit reculant de 0,2 point à 47,7, s’enfonçant ainsi encore plus sous le seuil critique des 50, qui sépare extension et contraction de l’activité.
« La guerre commerciale, la chute de la demande dans le secteur automobile, le Brexit et une incertitude géopolitique plus grande demeurent les risques les plus cités en ce qui concerne les perspectives », souligne Chris Williamson, chef économiste chez IHS Markit. « Ces éléments sont potentiellement susceptibles de torpiller toute stabilisation du secteur manufacturier », précise-t-il. Sur le marché obligataire, le rendement de l’emprunt allemand à 10 ans s’établit à -0,212%, se maintenant ainsi autour de ses plus bas historiques.
Conte sort l’arme de la démission
Les tensions entre l’Union européenne et Rome restent vives alors que Bruxelles a demandé à l’Italie de s’expliquer sur la détérioration de ses comptes publics. Démarche qui pourrait aboutir à l’ouverture d’une procédure disciplinaire. Par ailleurs, La Repubblica croit savoir que le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, va adresser un ultimatum à la Ligue et au M5S annonçant qu’il veut la tenue de négociations avec l’Union européenne en mettant sa démission dans la balance.
Pékin accuse Washington de saper les négociations
La Chine a annoncé samedi la mise en place de droits de douane portant sur 60 milliards de dollars de biens importés des Etats-Unis. Dans un « Livre blanc » sur les négociations commerciales, Pékin a par ailleurs accusé Washington d’être responsable de l’impasse dans laquelle se trouvent les discussions, lui reprochant notamment d’être revenu à trois reprises sur ses engagements. La Chine a également indiqué qu’elle va ouvrir une enquête sur FedEx en vue de son éventuel placement sur une liste noire. Pékin accuse l’entreprise d’avoir détourné vers les Etats-Unis deux colis envoyés du Japon vers la Chine.
Une menace qui a tout l’air d’une réponse à la mise de Huawei sur une liste noire par l’administration américaine. De plus, le ministre adjoint du Commerce chinois s’est refusé à tout commentaire sur la tenue d’une éventuelle réunion entre Donald Trump et Xi Jinping en marge du sommet du G20 au Japon à la fin du mois, se contentant de déclarer qu’il ne disposait d’aucune information à ce sujet.
Morgan Stanley s’inquiète du risque de récession
Face à cette dégradation du climat commercial et sa probable incidence sur l’économie mondiale, Morgan Stanley estime qu’une récession est en cours et qu’elle devrait intervenir d’ici à neuf mois si Trump met à exécution sa menace d’imposer des droits de douanes de 25% sur 300 milliards de dollars d’importations chinoises et que Pékin réplique. Le marché évalue désormais à 22% la probabilité d’une baisse des taux de la Fed le 19 juin, contre 2% il y a une semaine, et estime à près de 90% celle d’une détente d’ici la fin de l’année, selon les calculs de Bloomberg sur la base des contrats à terme sur Fed fonds.
Les pétrolières à la peine, Renault se distingue
La persistance des tensions commerciales pèse sur les cours du Brent (-1,9% à 60,84 dollars) et donc sur Total (-1%), TechnipFMC (-1,6%) et Vallourec (-2,5%).
Renault gagne près de 1%. Fiat Chrysler Automobiles (FCA) réfléchit à un éventuel versement au groupe français d’un dividende spécial et à de nouvelles garanties sur l’emploi afin d’obtenir le soutien du gouvernement français au projet de rapprochement entre les deux groupes, rapporte Reuters en citant des sources proches du dossier. A l’inverse, les autres valeurs du secteur automobile poursuivent leur recul à l’image de Valeo (-2,1%), Peugeot (-2,1%) et Michelin (-1,7%).
Eurofins Scientific accuse la plus forte baisse du SRD, après avoir annoncé avoir été victime d’un rançongiciel (« ransomware ») qui a perturbé certains de ses systèmes informatiques.
Avec un recul de 7%, Infineon accuse la plus forte baisse du Stoxx 600 après l’annonce du rachat de l’américain Cypress Semiconductor pour une valeur d’entreprise de 10,1 milliards de dollars (9 milliards d’euros), dette comprise. Le groupe allemand propose 23,85 dollars par action Cypress, soit une prime de 46% par rapport au cours moyen du mois écoulé. Un prix jugé bien trop élevé par le marché.
(Les Echos Investir 03/06/2019)

US : Donald Trump arrive à Londres en prônant un Brexit dur et en adoubant Boris Johnson

Juin 2019

Le président américain s’est une nouvelle fois affranchi des usages diplomatiques en s’immisçant dans la vie politique britannique, à la veille d’une visite d’Etat de trois jours.
A en croire Donald Trump, le Brexit serait une affaire classée depuis bien longtemps si Theresa May avait suivi ses conseils. « Je lui ai dit comment faire, mais elle ne m’a pas écouté », avait-il déclaré en juillet 2018, lors d’une première visite au Royaume-Uni au cours de laquelle il n’avait épargné aucune humiliation à la dirigeante britannique.
Lundi 3 juin, le président américain commencera au palais de Buckingham une visite d’Etat de trois jours avant de participer aux cérémonies commémorant le Débarquement allié en Normandie. Il n’a changé ni d’avis ni de méthode. Piétinant tous les usages diplomatiques, Donald Trump fait de nouveau irruption dans la vie politique britannique avec la même extrême finesse. Ouvertement, il fait cette fois la promotion du « no deal », la rupture radicale avec l’Union européenne (UE). Selon le président, Theresa May a négocié la sortie de l’UE en dépit du bon sens : les Européens « n’avaient rien à perdre » car elle leur a « laissé toutes les cartes » en main, a-t-il estimé dans un entretien au Sunday Times du dimanche 2 juin.
Non content d’enfoncer une première ministre démissionnaire dont il va être l’hôte, Donald Trump adoube celui qui n’a cessé de lui planter des banderilles et fait figure de favori pour sa succession, Boris Johnson. Un « ami » qui « ferait du très bon travail », a-t-il insisté dans une autre interview au tabloïd The Sun, en pleine course à la succession, qui doit permettre de désigner d’ici à la fin juillet un nouveau chef du gouvernement.
Provocation
M. Johnson, qui a eu la nationalité américaine jusqu’à ce qu’il y renonce en 2017, est idéologiquement proche de M. Trump. Ultralibéral, il promet un redéploiement planétaire au Royaume-Uni et un « no deal » avec l’UE compensé par des accords de libre-échange, notamment avec les Etats-Unis. Un accord que Donald Trump lui promet « très rapidement » mais qui contrevient au maintien transitoire dans l’UE accepté par Theresa May.
Comme si sa bénédiction à M. Johnson ne suffisait pas, le président américain gratifie un futur premier ministre britannique de ses conseils pour une négociation que l’UE considère en réalité comme close. « Si [les Britanniques] n’obtiennent pas l’accord qu’ils souhaitent, [à leur place], je quitterais » la table des négociations, déclare-t-il encore au Sunday Times. En outre, alors que Theresa May s’est engagée à acquitter la somme correspondant aux engagements budgétaires pris par Londres à l’égard de l’UE, M. Trump poursuit : « Si j’étais eux, je ne paierais pas 50 milliards de dollars [45 milliards d’euros]. C’est un chiffre énorme. »
Ultime provocation, le visiteur estime que le gouvernement britannique a commis « une erreur » en n’associant pas aux négociations de Bruxelles Nigel Farage, leader du Parti du Brexit (extrême droite), vainqueur, au Royaume-Uni, des élections européennes et en tête des intentions de vote pour d’éventuelles législatives. « J’aime beaucoup Nigel. Il a beaucoup à offrir », estime-t-il. « Il est très astucieux » et permettrait à Londres de « réussir » à Bruxelles. En réalité, M. Farage se présente comme le champion du « no deal », la sortie de l’UE sans accord considérée comme dévastatrice à court terme pour le pays, et M. Johnson lui emboîte le pas.
Politiquement, la visite fracassante de M. Trump a lieu au pire moment de faiblesse des autorités britanniques. Theresa May, qui doit s’entretenir avec lui, mardi 4 juin, n’est plus véritablement aux commandes du pays puisqu’elle a promis de démissionner le 7 de la présidence du parti conservateur. Trois ans après le référendum sur le Brexit, le Royaume-Uni est dans une impasse totale et son système politique se trouve menacé à la fois par la polarisation sur le Brexit, qui divise autant les tories que le Labour, et par la montée du parti de M. Farage.
Alors que l’influence du Royaume-Uni est liée à sa capacité à servir de passerelle entre l’Europe et les Etats-Unis, le Brexit et les choix diplomatiques de M. Trump, que Londres ne partage ni sur le climat, ni sur l’Iran, ni sur le Proche-Orient, l’isolent. Le successeur de Theresa May cèdera-t-il aux sirènes du président américain qui enjoint à Londres de couper les ponts avec l’UE pour renforcer ses liens avec les Etats-Unis en négociant un accord commercial ?
« En redevenant indépendante, la Grande-Bretagne peut encore élargir son influence sur le monde », a fait miroiter John Bolton, conseiller de Donald Trump pour la sécurité nationale. La visite à Londres sera l’occasion de pressions pour faire renoncer les Britanniques à leur décision de braver les Américains en autorisant la firme chinoise Huawei à participer au déploiement de la 5G. Dans le Sunday Times, M. Trump menace Londres de cesser le partage privilégié de renseignements sur la sécurité s’ils persistaient.
La reine en a vu d’autres
Les fastes que la monarchie britannique sait réserver aux chefs d’Etat seront déployés en l’honneur de M. Trump : déjeuner avec la reine et le prince Harry (mais sans son épouse, Meghan Markle, qui a autrefois qualifié le président américain de misogyne et a pris prétexte de sa maternité pour décliner) ; banquet royal avec la reine, le prince Charles et Camilla, William et Kate mais sans Jeremy Corbyn, le chef du Labour. Ce dernier boycotte le dîner et soutient les appels à manifester mardi contre le locataire de la Maison Blanche.
(Le Monde 03/06/2019)

Europe : Les patrons catalans alertent sur le déclin économique de la région

Juin 2019

Ils demandent au président catalan de cesser de conditionner toute initiative à la question de l'indépendance. Même si la région reste le moteur économique principal du pays, sa croissance est passée sous la moyenne espagnole l'an dernier.
Les patrons catalans tirent le signal d'alarme. Ils alertent sur le déclin de leur région et demandent au président catalan, Quim Torra, de cesser de conditionner toute l'action de son gouvernement à la question de l'indépendance. « La perte de pouvoir économique de la Catalogne commence à se noter », et « cela va détériorer l'activité de la région », a averti ce lundi Juan José Brugera, le président du Cercle d'économie, think tank des patrons catalans, chiffres à l'appui.
La Catalogne qui a toujours été le moteur économique de l'Espagne a vu en effet sa croissance passer sous la moyenne nationale l'an dernier, à 2,3 % contre 2,6 % pour l'ensemble du pays, et l'écart se creuse avec la région de Madrid, dont le PIB a progressé de 3,7 %.
Risque séparatiste
Le risque séparatiste et les constantes tensions avec le gouvernement central sapent petit à petit le dynamisme de la région. La tentative de sécession de l'automne 2017 a fait fuir plus de 3.800 entreprises , qui ont déplacé leur siège social ailleurs en Espagne même si elles continuent à opérer depuis la Catalogne. Parmi elles se trouvent les deux grandes banques Sabadell et CaixaBank, qui ont perdu durant la phase la plus aiguë du conflit plus de 30 milliards d'euros de dépôts et n'ont pour l'instant récupéré que 8 milliards, selon un récent rapport.
Pas de chute d'activité brutale
Face à l'appel au consensus lancé par les patrons catalans, le président régional se contente de réaffirmer la solidité de l'économie catalane, avec la sécession comme seule voie, insistant sur le fait que la chute brutale de l'activité annoncée par les mauvais augures ne s'est pas produite. « Effectivement, on n'assiste pas à un effondrement mais à une extinction à petit feu », estime l'économiste Jordi Alberich, responsable de l'institut stratégique de l'organisation patronale catalane Foment del Treball, en soulignant l'élan perdu par Barcelone dans les rankings internationaux.
« Débats nombrilistes »
« Le repli sur des débats nombrilistes finit par éroder la vitalité de Barcelone. Elle est en train de passer de cité ouverte au monde à ville de province, elle n'a plus de grandes ambitions », dit-il en avertissant que les investisseurs se détournent vers d'autres destinations moins problématiques. De fait, même si la Catalogne représente 19,1 % du PIB national, elle n'a attiré que 6,2 % des capitaux venus vers l'Espagne en 2018 , contre 31 % en 2016. Et pendant que les investissements étrangers directs ont globalement augmenté de 71 % l'an dernier pour le pays, la Catalogne a, au contraire, capté 12 % de fonds en moins.
(Les Echos 03/06/2019)

France : Emploi : 3,5 millions de recrutements en vue cette année

Juin 2019

Selon un baromètre publié ce lundi par Adecco, les emplois à pourvoir concernent surtout les secteurs en tension comme la restauration ou la construction. Près de 40% des embauches prévues sont en CDI.
Le ralentissement de la croissance cette année ne semble pas freiner les embauches. Alors que le PIB ne devrait progresser que de 1,4% en 2019, les recrutements devraient atteindre un record. C’est un tout cas ce qui ressort du nouveau baromètre trimestriel d’Adecco, dévoilé ce lundi. Le spécialiste de l’intérim, qui a utilisé un algorithme intégrant les données de l’Acoss, de Pôle emploi, de l’Insee ou encore de Prism’emploi, affirme que 3,5 millions de recrutements sont prévus cette année. «Tous les secteurs sont pourvoyeurs d’emplois», estime ce dernier.
Ces emplois sont essentiellement à pourvoir dans le commerce de gros et de détail (544.181 postes), la construction (354.849) et l’hébergement-restauration (336.086). Ces deux derniers secteurs sont jugés en «pénurie», tout comme le transport (252.698), le médico-social et l’action sociale (237.698), l’industrie agroalimentaire (150.818) ou la comptabilité (140.320). Selon Adecco, 39% de ces embauches se feront en CDI, 30% en CDD, 23% en intérim et le reste en stage et apprentissage.
D’un point de vue géographique, c’est en Ile-de-France que les recrutements seront les plus importants: 753.988 au total, selon Adecco. Suivent les régions Auvergne-Rhône-Alpes (467.991) et Nouvelle-Aquitaine (320.358). «L’Occitanie confirme également sa forte dynamique depuis plusieurs trimestres, dépassant le seuil des 300.000 prévisions de recrutements pour 2019. Une très bonne nouvelle pour ce territoire dont le taux de chômage, en baisse, reste élevé (10,3% au quatrième trimestre 2018)», note Adecco. Parmi les régions qui recrutent le moins figurent la Corse (16.467), le Centre-Val de Loire (114.160) et la Bretagne (171.792).
Les chiffres avancés par Adecco sont encore plus importants que ceux de Pôle Emploi. Dans sa dernière enquête sur les besoins de main-d’œuvre des entreprises, publiée en avril dernier, ce dernier misait sur 2,69 millions de projets d’embauche en 2019 dont 45% en CDI. Pôle Emploi soulignait également que les intentions d’embauches concerneraient toutes les régions et tous les secteurs dont principalement les services d’aide à la personne, la construction, le commerce ou la restauration. Mais comme le ferait Adecco après lui, Pôle emploi insistait sur les difficultés des entreprises à trouver des candidats. Au final, la moitié d’entre elles estiment qu’elles auront du mal à recruter. Ce phénomène concerne de nombreux métiers dont certains accumulent les handicaps de pénibilité, de rémunération et d’image. L’enquête de Pôle Emploi citait en exemple les chaudronniers ou les soudeurs.
Le gouvernement a justement fait de ces postes non pourvus une priorité. Lors de son allocution fin avril, Emmanuel Macron avait confirmé son objectif d’atteindre un taux de chômage de 7% d’ici la fin du quinquennat contre 8,7% aujourd’hui (un plus bas en dix ans). Il vise également le plein-emploi d’ici 2025.
(Le Figaro 03/06/2019)

Émergents : Trente ans après Tiananmen, l'emprise du pouvoir chinois sur la population ne faiblit pas

Juin 2019

Au lendemain de la répression sanglante du mouvement étudiant, le régime communiste met le cap sur l'enrichissement économique. Cette stratégie s'accompagne d'un contrôle renforcé de la société et d'une politique répressive qui s'est accentuée avec Xi Jinping au pouvoir.
Située en plein coeur de Pékin, la place Tiananmen est un lieu isolé du reste de la ville. Pour y pénétrer, les touristes venus des quatre coins de Chine et du monde doivent franchir des portiques de détection de métaux, faire passer les sacs au rayon X et scanner leur pièce d'identité. Passés les barrières de sécurité et les gardes, ils sont ensuite discrètement surveillés par des dizaines de caméras accrochées aux réverbères. Trente ans après la répression sanglante du mouvement pro démocratie, le régime communiste chinois a déployé un vaste arsenal technologique pour empêcher toute nouvelle forme de protestation . « Prendre d'assaut Tiananmen paraît aujourd'hui littéralement impossible, admet Jean-Pierre Cabestan, professeur de sciences politiques à l'Université baptiste de Hong Kong. Avec l'accumulation des caméras dans tout le pays, les technologies de reconnaissance faciale, le recueil de vastes données par les organes de sécurité, le pouvoir chinois a démontré jusqu'à présent qu'il avait toujours un coup d'avance sur d'éventuels mouvements de contestation ».
Sujet tabou en Chine
Survenu dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, le massacre de Tiananmen reste un sujet tabou en Chine. Le régime communiste s'efforce de censurer toute référence sur Internet et les réseaux sociaux, interdit toute forme de célébration et essaie, à l'approche de la date sensible, de museler dissidents, intellectuels, juristes ou les « Mères de Tiananmen », groupe de familles de victimes qui réclament inlassablement vérité et justice. Encore aujourd'hui, les événements, qualifiés de « rébellion contre-révolutionnaire » par Pékin, restent méconnus de la jeune génération. « J'en ai entendu parler par mes camarades de lycée puis un de mes professeurs d'université qui avait participé aux événements, nous l'a évoqué implicitement, explique une jeune étudiante en publicité, à Pékin. Mais je ne sais pas précisément ce qui s'est passé. C'est de l'histoire ancienne de toute façon ».
Liberté d'expression restreinte
Dès le lendemain de Tiananmen, le Parti communiste tire les leçons de l'effondrement de l'URSS et remet le cap sur l'amélioration économique et la promesse d'une vie meilleure. « Mais cette stratégie s'accompagne aussi d'une reprise en main idéologique du Parti-Etat, d'un contrôle renforcé de la société et d'une politique répressive qui s'est accentuée avec Xi Jinping », poursuit Jean-Pierre Cabestan. Depuis l'arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2012, la répression des dissidents, des activistes et des ONG s'est accrue, le pays s'est doté d'un arsenal législatif visant à tuer dans l'oeuf toute forme d'opposition et a massivement investi dans la surveillance policière. « La liberté d'expression a été considérablement restreinte et les discussions ne peuvent avoir lieu que de manière indirecte et opaque, voire pas du tout », note Frank Pieke, directeur de l'institut allemand Merics, spécialiste de la Chine. Pour nombre de Chinois, la consommation et la sécurité sont désormais la priorité.
En 2017, la mort en détention de Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix, a privé le mouvement démocratique chinois d'une figure de proue tandis qu'à Hong Kong le mouvement pro-démocratie fait face à l'influence croissante du régime de Pékin. « Il existe encore un mouvement réformateur et démocratique en Chine, poursuit Jean-Pierre Cabestan. Mais il est très marginalisé et inconnu de la grande majorité de la société ».
(Les Echos 03/06/2019)

Géopolitique : La Chine adopte une stratégie offensive sur le commerce

Juin 2019

Dans tous les médias, le discours officiel de Pékin est que les Etats-Unis ont bien plus à perdre que la Chine d’une guerre commerciale.
Trois semaines après l’échec de leurs négociations commerciales et à moins d’un mois du prochain sommet du G20 (les 28 et 29 juin au Japon), la Chine communiste et les Etats-Unis connaissent une des pires crises depuis l’établissement de leurs relations diplomatiques en 1979.
Sur le plan économique, c’est le vice-ministre de l’information, Guo Weimin, qui a présenté dimanche 2 juin un Livre blanc détaillant la version chinoise de la guerre commerciale lancée par les Etats-Unis. Celle-ci ne « rend pas sa grandeur à l’Amérique », a estimé M. Guo. Une référence au slogan de campagne de Donald Trump (« Make America great again ») qui n’est pas qu’ironique.
Jusqu’ici, les Chinois se gardaient d’attaquer nommément le président américain. Sur le fond, non seulement les Etats-Unis « portent l’entière responsabilité » de l’échec des négociations, mais la Chine confirme qu’elle ne « transigera pas sur les principes fondamentaux ». Elle juge d’ailleurs « totalement infondées » les critiques occidentales sur le vol de propriété intellectuelle et ne voit donc aucune raison de changer de modèle économique.
« Liste d’entreprises non fiables »
Cette déclaration fait suite à une série de mesures prises les jours précédents à l’encontre des Etats-Unis, notamment l’entrée en vigueur, samedi 1er juin, de nouveaux droits de douane sur 60 milliards de dollars de produits américains importés chaque année en Chine, en réponse aux dernières sanctions américaines prises début mai sur 200 milliards de dollars de produits chinois.
La veille, la Chine avait annoncé son intention de mettre prochainement en place une « liste d’entreprises non fiables », comme le font les Etats-Unis. Cette liste devrait concerner des « entités » ou des « personnes » qui ont « pris des mesures contre la Chine ». Une décision qui fait suite aux mesures prises par les Etats-Unis pour bloquer l’accès du géant chinois des télécommunications Huawei au marché américain mais aussi pour l’empêcher d’utiliser des composants américains.
Le transporteur Fedex, qui a détourné vers les Etats-Unis des colis de Huawei qui ne devaient être transportés qu’entre pays asiatiques, est d’ores et déjà dans la ligne de mire de Pékin, qui a ouvert une enquête officielle. Fedex plaide « l’erreur » et annonce qu’elle coopérera avec la Chine.
Décisions « appropriées » lors du massacre de Tiananmen
Cette stratégie offensive de la Chine n’est pas une surprise. Depuis deux semaines, les dirigeants chinois indiquent clairement qu’ils ne céderont pas à ce qu’ils perçoivent comme un diktat américain. Dans tous les médias, le discours officiel est que les Etats-Unis ont bien plus à perdre que la Chine d’une guerre commerciale.
Ces différends commerciaux et technologiques viennent se superposer à la « rivalité stratégique » qui s’exacerbe entre la Chine et les Etats-Unis. A Singapour, lors du forum sur la sécurité Shangri-La Dialogue, le ministre de la défense, le général Wei Fenghe, a abordé dimanche la question de la guerre commerciale, en même temps que les sujets stratégiques.
Signe de la confiance en soi de la Chine, elle affronte des tabous. A la veille du 30e anniversaire du massacre de Tiananmen, un sujet qu’il est interdit d’évoquer en Chine, le ministre a jugé que la proclamation de l’état d’urgence et la répression destinée à mettre fin aux manifestations le 4 juin 1989 étaient des décisions « appropriées » grâce auxquelles le pays avait connu « trente années de changements majeurs », de « stabilité et de développement ». Selon la Croix-Rouge, il y aurait eu environ 2 600 morts.
(Le Monde 03/06/2019)

Le point Energies et Efficacité Énergétique par Sandrine CAUVIN, Analyste-Gérante chez OTEA Capital.

Juin 2019

Les prix ressortent à nouveau en baisse et se rapprochent dangereusement des 50$ (pour le WTI) sur la semaine en raison de l’accentuation des tensions commerciales entre les Etats-Unis et plus ou moins le reste du monde, le Mexique étant le dernier pays en date, ce qui pourrait finir par pénaliser la croissance économique mondiale. Le dernier chiffre du PMI Manufacturier chinois va dans ce sens, puisqu’il ressort à 49,4 en mai contre 50,1 en avril et après seulement 2 mois de rebond. A noter également que le 31 mai, le contrat de juillet dernier va expirer, ce qui accentue le mouvement de baisse sur les prix. Du côté des fondamentaux du marché pétrolier, notons la hausse des stocks de brut, notamment aux Etats-Unis, en Chine et en Asie OCDE. Celle-ci peut paraître contre-intuitive au regard du déport (« backwardation ») important sur la courbe des futures, qui n’incite généralement pas au stockage. Plus qu’une baisse de la demande, cette augmentation du stockage reflète cependant davantage un stockage de précaution, alors que la production du Venezuela et les exportations de l’Iran n’arrêtent pas de baisser. Les exportations iraniennes sont ainsi estimées entre 450 et 600 kb/j selon les observations de mouvement des tankers, à comparer à 1,5 Mb/j des mois de février et mars derniers. Dans ce contexte, il nous semble peu probable que les membres de l’OPEP répondent aux demandes de D. Trump d’augmenter leur production, ces derniers visant à équilibrer l’offre et la demande, et non pas à la faire passer en situation de sur-offre, ce qui ne manquerait pas de peser lourdement sur les prix.

Le point Macroéconomique par Laurent PUGET, Président d’OTEA Capital

Mai 2019

Le bitcoin vaut 9 000 $ après avoir touché un plus bas a 3 200 $ en sept 2018 et un point haut a 20 000$ fin 2017... Il s était envolé avec l’abondance de liquidités, effondré aux premiers signes de resserrement et le voila a nouveau reparti a la faveur de la nouvelle phase d’assouplissement annoncée par la Fed qui n’a pas ménagé ses efforts pour être sûre que son message soit bien entendu : c'est la fin de la phase de hausse des taux! Trump est parvenu a son objectif, pas en invectivant le président de la Réserve fédérale comme il l'a fait a maintes reprises, mais en provoquant un coup de frein massif dans le commerce mondial et une incertitude totale sur les perspectives de croissance globale. La Perspective que les négociations sur les barrières douanières s'enlisent n’est plus totalement exclue. Si les américains pour la voix de leur Président se montrent très optimistes, les chinois ont durci le ton depuis l’affaire Huawei et affirment avoir le temps.
Les chiffres américains commencent à refléter le poids de cette guerre et le marché a ravalé son optimisme et commence à imaginer les scénarios les plus noirs. Le fear and greed est a 27.... les élections européennes sont un non événement laissant sur leur faim les plus pessimistes sans ouvrir de perspective nouvelle hormis la confirmation de Salvini comme un des hommes forts de l’Europe. On peut s’attendre a quelques coups d’éclat italien, et donc adopter une attitude prudente vis a vis de leur dette contrairement à l'Espagne et au Portugal. Les anglais ont enterré l’idée d’un quelconque 2nd référendum et mis fin à l'agonie de leur 1er Ministre dans une ambiance de film des Monty Python...
Le sentiment est assez pessimiste même si on peut constater une certaine résistance des investisseurs individuels américains et... des européens. Pour une raison que j'ignore (il s'agit peut-être d'un bug...) le senti a publié un chiffre au 16/05 (normalement le chiffre est publié une fois par mois) et il ressort à 22,5!!! Contre 5 au début du mois et -0.3 en avril. Le sentiment est incontestablement moins toxique en Europe qu'on ne pouvait le craindre. La rhétorique populiste est finalement plus bruyante qu'elle n'est efficace et elle ne parvient pas à emporter la conviction de la majorité des européens. Finalement, si on y regarde de plus près, ce qui impressionne c'est la force du sentiment européen, l'idée européenne reste majoritaire parmi la population européenne, un exploit après tant d'attaques, de mensonges et de dénigrements. Bouc émissaire de toutes les insuffisances et de toutes les incompétences nationales, l'Europe continue de séduire ses peuples et c'est peut-être "LA" bonne nouvelle de ces élections.
Nous avons remonté prudemment nos expositions à la faveur de la dégradation du sentiment, nous poursuivons dans cette voie.
Exposition OTEA 1 : 38% haussier.

Monde : Pas de raz-de-marée populiste en Europe, la Bourse se penche sur le dossier Fiat-Renault.

Mai 2019

La Bourse de Paris est attendue en légère hausse au lendemain des élections européennes, où la montée des eurosceptiques n’a pas été aussi forte que redouté. L’automobile sera en première ligne avec l’offre de rapprochement de Fiat à Renault.
La Bourse de Paris est attendue en légère hausse, rassurée par le score moins élevé que redouté des formations populistes aux élections européennes, tout en restant vigilante sur le dossier commercial sino-américain. Le secteur automobile sera surveillé après que Fiat Chrysler eut annoncé avoir transmis au conseil de Renault une proposition non contraignante de rapprochement. L’activité s’annonce toutefois limitée en raison de la fermeture du London Stock Exchange pour le Spring Bank Holiday et de Wall Street pour Memorial Day.
Européennes : la déroute annoncée n'a pas eu lieu
Les partis pro-européens sont parvenus à conserver deux-tiers des sièges au Parlement européen, selon les projections post-électorales, relativisant ainsi la victoire des partis europhobes. En France, la liste Renaissance soutenue par Emmanuel Macron a recueilli 22,3% des voix, selon les dernières estimations, devancée de peu par le RN de Marine Lepen, qui a recueilli 23,4% des suffrages. « De notre point de vue, cela signifie que l’émergence tant redoutée des partis eurosceptiques ne s’est pas matérialisée », analysent Bert Colijn et Carsten Brzeski, économistes chez ING. Au niveau européen, et avec l’appoint de la percée générale des verts, les quatre groupes dits pro-européens devraient occuper 505 des 751 sièges au Parlement, selon des projections officielles.
En Asie, les marchés chinois progressaient ce matin, mais le thème des relations commerciales avec Washington restait en tête des préoccupations d’autant que les profits des entreprises du secteur industriel chinois ont reculé de 3,7% en rythme annuel en avril après une progression de 13,9% le mois précédent. Par ailleurs, Guo Shuqing, le régulateur des secteurs de la banque et de l’assurance, a déclaré que ceux qui voudraient spéculer à la baisse contre le yuan s’exposeraient « inévitablement à subir d’énormes pertes ». Actuellement en visite au Japon, le président Donald Trump a indiqué qu’il pourrait faire une annonce sur les relations commerciales américano-japonaises au mois d’août, laissant ainsi un peu de répit à son hôte Shinzo Abe avant les élections prévues en juillet au Japon.
Fiat Chrysler veut se rapprocher de Renault
Sur le front des valeurs, Fiat Chrysler Automobiles (FCA) a annoncé ce matin avoir présenté au conseil de Renault un projet de rapprochement non contraignant à parité avec le groupe français. La nouvelle entité serait le troisième constructeur automobile avec 8,7 millions de ventes annuelles.
(Les Echos Investir 27/05/2019)

US : Deux Américains sur cinq incapables de faire face à une dépense imprévue de 400 dollars

Mai 2019

Selon la dernière enquête de la Fed sur la santé économique des ménages, plus d'un quart des adultes américains auraient besoin d'emprunter ou de vendre un bien pour faire face à une dépense imprévue de 400 dollars. Et 12 % ne pourraient pas du tout y faire face.
Malgré l'éclatante santé de l'économie américaine , une partie des Américains continuent de vivre dans des conditions financières difficiles. Selon la dernière enquête de la Reserve fédérale sur la santé économique des ménages , quatre adultes américains sur 10 ne pourraient pas honorer une facture imprévue de 400 dollars. Ni avec du cash, ni avec leur épargne, ni même avec une ligne de crédit attachée à leur carte de paiement. Environ 27 % des Américains sondés auraient besoin d'emprunter ou de vendre un bien pour dégager la trésorerie nécessaire et 12 % ne pourraient pas du tout y faire face.
Selon cette étude réalisée chaque année depuis 2013, la situation s'est toutefois améliorée, puisque 61 % des ménages affirment pouvoir faire face à un imprévu de ce montant, contre seulement la moitié il y a six ans. En outre, les trois quarts des adultes sondés affirment, lorsqu'on leur demande de décrire leur situation économique, « s'en sortir » ou « vivre bien », contre 63 % en 2013. « Nous continuons à constater que la croissance de l'économie bénéfice à la plupart des familles américaines », a affirmé Michelle W. Bowman, qui siège au conseil de la Fed.
Disparités
L'enquête confirme une disparité entre les zones rurales et urbaines, et ainsi qu'entre les Blancs et les minorités. Seules 52 % des personnes vivant dans les régions rurales affirment que leur environnement économique est favorable, contre 66 % de celles vivant en ville. Et si 70 % des Blancs décrivent leur environnement comme « bon » ou « excellent », moins de la moitié des Noirs disent la même chose.
Le sentiment de bénéficier d'une ascension sociale est en revanche plus marqué chez les minorités, qui sont plus nombreuses à se voir comme mieux loties que leurs parents, même lorsqu'elles n'ont pas fait d'études. Quelque 61 % des personnes noires n'ayant que le baccalauréat pour diplôme affirment être plus à l'aise financièrement que leurs parents, contre 52 % des blancs. Et 64 % des adultes noirs diplômés du supérieur disent vivre mieux que leurs parents, contre 58 % pour les blancs. Les hispaniques sont, eux aussi, plus nombreux à avoir le sentiment que leur situation s'est améliorée par rapport à leurs parents. « Cet indicateur montre que les disparités raciales se sont réduites en une génération », note le rapport
(Les Echos 27/05/2019)

France : Européennes 2019 - LREM derrière le RN : une « déception », « pas un échec »

Mai 2019

D'après les résultats définitifs, le RN devance LREM de 205 000 voix. Les écologistes créent la surprise (13,47 % des voix), LR (8,48 %) et FI (6,31 %) sombrent.
Le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen est arrivé en tête dimanche des élections européennes, devançant de 0,9 point la liste soutenue par le président Emmanuel Macron (soit 205 000 voix de plus), tandis que les écologistes ont pris une surprenante troisième place. Selon les résultats définitifs, le mouvement d'extrême droite et sa tête de liste Jordan Bardella s'imposent avec 23,31 % des suffrages, en deçà de son score des européennes de 2014 (24,9 %), contre 22,41 % pour la liste LREM-MoDem. Les écologistes d'Europe Écologie-Les Verts (EELV) surprennent en obtenant 13,47 %, alors qu'ils étaient donnés sous les 10 % par les sondages. Sur les 79 sièges dévolus à la France au Parlement européen, le RN et LREM obtiendront chacun 23 sièges (avant Brexit).
Marqué par une participation nettement plus élevée que prévu, au-delà des 50 %, le premier scrutin intermédiaire depuis le début du quinquennat a donc acté la recomposition de la scène politique enclenchée lors de la présidentielle de 2017. Il a aussi été riche en surprises, avec le crash des Républicains de Laurent Wauquiez et la dégringolade de La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. L'entourage du chef de l'État a défendu un « score honorable » dans un contexte national difficile, avec la crise des Gilets jaunes, sur fond de poussée eurosceptique en Europe. Mais « quand on termine deuxième, on ne peut pas dire qu'on a gagné », a reconnu le Premier ministre Édouard Philippe.
La tête de liste d'EELV, Yannick Jadot, a salué « une vague verte européenne », en faisant allusion à la percée des Verts allemands au-delà des 20 %. L'ambiance était, en revanche, plombée chez Les Républicains, qui réalisent le pire score de l'histoire de la droite (8,48 %), très loin du résultat de l'UMP en 2014 (20,81 %). « La droite traverse une crise profonde, tout est à reconstruire », s'est désolée la tête de liste François-Xavier Bellamy. Cette reconstruction « sera longue et exigeante », a reconnu le patron du parti, Laurent Wauquiez, fragilisé. Les mines étaient lugubres aussi à LFI (6,31 %), qui termine très loin des 19,58 % de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle. « Très décevant », a jugé ce dernier, le visage sombre.
Quant à l'alliance Parti socialiste-Place publique, elle recueille 6,19 %, là aussi son plus mauvais score à des européennes, mais qui lui permet au moins de garder des eurodéputés, ce qui était la priorité numéro un. Les autres listes ont obtenu moins des 5 % nécessaires pour envoyer des représentants au Parlement européen. Un nombre record de 34 listes, dont 2 issues des Gilets jaunes à 0,5 % cumulé, concouraient à cette élection qui renouait avec une circonscription nationale unique. Le parti animaliste a obtenu un score surprenant de 2,1 %.
(Le Point 27/05/2019)

Géopolitique : Cajolé par ses hôtes japonais, Trump n'initie pas de bras de fer commercial avec Tokyo

Mai 2019

Shinzo Abe, le Premier ministre nippon, multiplie les attentions pour flatter l'ego du président américain et s'éviter tout coup de sang sur les dossiers économiques.
Tout au long du week-end, le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a multiplié les attentions pour ravir Donald Trump et le placer dans de bonnes dispositions avant leur sommet plus formel ce lundi, au cours duquel les deux dirigeants doivent aborder la délicate question du commerce bilatéral.
Tôt dimanche matin, avant la canicule du printemps nippon, les deux hommes se sont retrouvés sur un luxuriant parcours de golf dans la péninsule de Boso, non loin de Tokyo. Au club house, les officiels japonais avaient fait préparer, pour le déjeuner, des double cheeseburgers au boeuf… américain. Un produit que le président américain voudrait justement voir entrer plus facilement sur le marché nippon.
Plus tard, de retour dans la capitale, les deux hommes ont rejoint leurs épouses pour être les invités d'honneur de la finale du grand tournoi d'été de sumos . Brisant des traditions ancestrales afin de flatter Donald Trump, la fédération avait installé des fauteuils non loin du dohyō, le ring où s'affrontent les lutteurs, alors que les spectateurs, même les plus VIP, doivent normalement s'asseoir en tailleur sur des coussins à même le sol.
Reçu par le nouvel empereur
Visiblement ravi de tant d'égards, le président américain, qui sera, ce lundi, le premier dirigeant étranger à être reçu par le nouvel empereur japonais Naruhito, a laissé entendre qu'il n'éviterait pas les sujets bilatéraux délicats lors de ses réunions de travail, lundi et mardi, avec Shinzo Abe mais qu'il ne comptait pas bousculer l'agenda de Tokyo.
Sous la pression de Washington qui se plaint de la taille du déficit commercial enregistré par les Etats-Unis avec le Japon, les deux exécutifs négocient, depuis l'an dernier, un accord de libre-échange aux contours encore flous. Donald Trump souhaitant notamment une baisse des tarifs douaniers imposés à certains produits agricoles américains. « Nous avons beaucoup avancé dans nos négociations » , mais « l'essentiel attendra » après les élections sénatoriales prévues en juillet dans l'archipel, a rassuré, sur Twitter, le président américain.
La veille, il s'était toutefois amusé à taquiner les patrons des grands groupes japonais, rencontrés à une réception à l'ambassade des Etats-Unis. Pointant encore le déficit commercial américain, il leur avait lancé : « En fait, c'est peut-être pour ça que vous m'aimez tant ! »
Ligne dure contre Kim
Ne cherchant pas à ouvrir un autre front au moment où il est engagé dans un bras de fer très dur avec la Chine, Donald Trump compte surtout célébrer, d'ici son départ de Tokyo mardi, son alliance avec le Japon et la communauté de vue de leurs deux gouvernements sur la plupart des grands dossiers géopolitiques.
Si le président américain a semblé minorer, dimanche dans un tweet, la gravité des derniers tirs de missiles nord-coréens, il ne compte aucunement assouplir les sanctions contre Pyongyang, à la grande satisfaction de Tokyo qui est partisan de la ligne dure contre le régime de Kim Jong-un.
(Les Echos 26/05/2019)

Le point Energies et Efficacité Énergétique par Sandrine CAUVIN, Analyste-Gérante chez OTEA Capital.

Mai 2019

La semaine a été marquée par une forte baisse des prix du brut (-4,9% pour le Brent à 68,69$ et -6,6% pour le WTI à 58,63$) en raison des inquiétudes sur la demande dans un contexte de poursuite des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, renforcées par la hausse des stocks de brut aux Etats-Unis. Nous ne sommes pas complètement convaincus que cette que cette correction des prix soit justifiée alors que la production reste perturbée par les sanctions américaines sur le Venezuela et l’Iran, et que l’OPEP maintient pour l’instant son accord de limitation de la production. Les pays de l’OPEP restent en effet attentifs à l’évolution de la situation. Leur dernière réunion (le week-end dernier), a démontré une volonté de poursuivre les coupes de production sur le second semestre, mettant en avant des forces contraires sur le marché, entre d’une part un affaiblissement de la demande et, d’autre part, des risques sur l’offre (Iran et Venezuela). En outre, nous pensons que le marché se focalise trop sur les données hebdomadaires de stocks aux Etats-Unis. Ces derniers ont en effet progressé récemment, pour atteindre la semaine dernière leur plus haut niveau depuis juillet 2017. Cette hausse est principalement liée à des opérations de maintenance dans les raffineries et ne reflète donc pas forcément un recul de la demande. Chez Otea, nous regardons ce qui se passe au niveau des flux sur les tankers pétroliers et ceux-ci sont en forte baisse récemment, ce qui indique bien que l'offre mondiale est affaiblie et cela devrait se traduire par des baisses des stocks à terre dans les prochaines semaines. Ainsi, entre les risques géopolitiques et les contraintes sur l’offre, nous continuons de penser que les prix devraient revenir dans la zone des 70-75 dollars pour le Brent.

Le point Energies et Efficacité Énergétique par Sandrine CAUVIN, Analyste-Gérante chez OTEA Capital.

Mai 2019

Les prix du pétrole ont progressé sur la semaine, gagnant plus de 2$/b pour le Brent qui repasse ainsi au-dessus des 73$/b ce lundi matin. Bien que les négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine se soient compliquées, la volonté de ne pas couper les relations est plutôt rassurante pour les marchés et a contribué à soutenir les prix du pétrole. Les nouvelles propres au marché pétrolier ont surtout été marquées par les attaques affectant les intérêts Saoudiens. Ces attaques ont d’abord concerné des tankers pétroliers dans le Golfe Persique, et se sont poursuivies sur deux stations de pompage, entrainant la fermeture temporaire du plus important pipeline de la région. Si celles-ci n’ont pas eu d’impact direct sur la production, elles témoignent d’une augmentation des tensions dans la région, suivie des accusations directes de l’Arabie Saoudite adressées à l’Iran. L’Iran de son côté, dans le cadre de son accord sur la production nucléaire maintient la possibilité de pouvoir augmenter ses exportations de pétrole à 1,5 Mb/j, ce qui semble peu probable compte tenu des sanctions américaines. Dans son rapport mensuel, l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) révise à la baisse les perspectives de croissance de la demande à +1,3 Mb/j sur l’année 2019, -92 kb/j par rapport à la prévision précédente. La baisse provient pour les 2/3 de la zone OCDE, notamment Asie, et 1/3 hors OCDE. Cette baisse est concentrée sur le 1er trimestre (-400kb/j), la situation s’améliorant sur les prochains trimestres. Les prévisions de l’OPEP et de l’agence américaine de l’énergie (EIA) sont quant à elles inchangées à +1,2/+1,4 Mb/j respectivement. La croissance de la production hors OPEP est revue à la hausse par l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) et l’EIA de +131kb/j, principalement en provenance des Etats-Unis. Les stocks de l’OCDE ressortent en baisse en mars et sont proches de leur moyenne sur 5 ans, mais devraient diminuer sur le second semestre. Lors de la OPEP de ce week-end à Djeddah en Arabie Saoudite, les pays exportateurs ont réaffirmé leur détermination à stabiliser le marché, envoyant ainsi le message qu’ils n’envisageaient pas de se précipiter pour remonter leur production. L'Arabie saoudite fait preuve de prudence car elle n'a aucune envie de revivre ce qui s'est passé à l'automne 2018. En effet, l'an dernier, l'administration Trump avait laissé entendre qu'elle sanctionnerait les pays qui continueraient à acheter du brut iranien à partir de l'entrée en vigueur des sanctions, début novembre. La perspective d'un effondrement des exportations de l'Iran avait contribué à faire flamber les cours du brut. Par conséquent, l’OPEP, Arabie saoudite en tête, avait augmenté sa production pour éviter la pénurie. Cela était sans compter que Trump a finalement autorisé huit pays, dont la Chine et l'Inde, à continuer à importer du pétrole iranien pendant six mois. Cette surprise a provoqué un effondrement des cours, qui sont passés de 85$ 50$ en fin d'année dernière, suscitant l’énervement de Riyad et de ses alliés.

OTEA Capital, sponsor de La Martingale, le Podcast qui décrypte la gestion de patrimoine

Mai 2019

La Martingale est un podcast sur les finances personnelles sponsorisé par OTEA Capital, produit par CosaVostra et présenté par Matthieu Stefani.
Dans La Martingale, Matthieu Stefani, fondateur de l’agence digitale CosaVostra et créateur du podcast Génération Do It Yourself, part à la rencontre des différents acteurs du monde de la finance - conseillers en gestion de patrimoine, chefs d’entreprises, banquiers, courtiers, avocats fiscalistes…- pour répondre aux questions que tout le monde se pose (tout haut ou dans sa tête) sur la gestion de l’argent et l’investissement.
Pourquoi La Martingale ? Mathieu Stefani précise : "Comme vous, nous savons bien qu’elle n’existe pas, cette combinaison de jeu sensée assurer le gain à tous les coups, qu’il s’agit d’une chimère. Mais nous ne pouvons pas nous empêcher de la chercher quand même. Chaque épisode répond à une question précise, au sujet d’une thématique particulière. À la clé, des bonnes pratiques, des réflexes malins, des options insoupçonnées pour investir… à son échelle et à son image, que l’on ait 100 euros ou 1 million. Le ton est "péchu", il s’agit de secouer les esprits, d’être provocateur et drôle. La conversation se déroule toujours de façon naturelle et décontractée"
Découvrez le 5ème épisode avec Martin Menez de la société Bevouac sur le thème "Où faire les meilleurs coups immobiliers ?" en cliquant sur https://lamartingale.io/2019/05/15/martin-menez-ou-faire-les-meilleurs-coups-immobiliers/.
Vous pouvez également accéder aux épisodes précédents en vous connectant sur les sites suivants https://podcasts.apple.com/fr/podcast/la-martingale-podcast/id1457342478?l=en (Itunes), https://open.spotify.com/show/33GxJdsxabjNWHl6whIsiS?si=xnN1SM8wQ824ZOkigij_xg (spotify), https://www.deezer.com/fr/show/358832 (deezer), https://www.facebook.com/La-Martingale-Podcast-323217008542236/ (Facebook), https://twitter.com/MartingaleLa?lang=en (Twitter), https://www.instagram.com/lamartingalepodcast/ (Instagram).
Vous pouvez également retrouver les épisodes précédents : https://lamartingale.io/2019/04/17/episode-0-matthieu-stefani-presentation-la-martingale/, https://lamartingale.io/2019/04/17/philippe-le-thung-limmobilier-peut-il-se-peter-la-gueule/, https://lamartingale.io/2019/04/17/episode-2-laurent-girard-faut-il-laisser-la-gestion-de-mon-epargne-a-un-robot/, https://lamartingale.io/2019/04/17/eric-larcheveque-le-bitcoin-un-an-apres/, https://lamartingale.io/2019/04/29/comment-faire-fortune-en-investissant-dans-des-startups/.
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A très vite pour découvrir les nouveaux épisodes à venir...

Monde : Les semi-conducteurs plombés par le dossier Huawei, mais Total profite de la hausse du pétrole

Mai 2019

La Bourse de Paris reste centrée sur les tensions commerciales entre Washington et Pékin, lesquelles pèsent sur le secteur des semi-conducteurs. La hausse des cours du pétrole soutient néanmoins le poids lourd Total.
La Bourse de Paris recule, les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine pesant sur les valeurs technologiques et notamment sur le secteur des semi-conducteurs. Dans ce contexte, la suspension des droits de douane américains sur l’acier et l’aluminium canadiens est sans effet sur la tendance, tout comme le report de la mise en place de taxes sur les automobiles européennes et japonaises.
Les marchés asiatiques ont évolué en ordre dispersé ce matin, le Nikkei de la Bourse de Tokyo profitant de la progression surprise de 2,1% de l’économie japonaise en rythme annualisé au premier trimestre, tandis que les Bourses chinoises ont reculé. La décision de Washington de placer le géant des télécoms Huawei sur une liste noire a provoqué l’ire de Pékin qui a menacé de mettre les négociations sino-américaines entre parenthèses.
En Europe, les fabricants de semi-conducteurs s’inscrivent en forte baisse à la suite des informations du Nikkei selon lesquelles Infineon a suspendu ses livraisons à Huawei. Le quotidien ajoute que STMicroelectronics continue de fournir le groupe chinois, mais qu’il doit décider cette semaine s’il entend poursuivre ses livraisons.
La tension est par ailleurs montée d’un cran entre Washington et Téhéran, Donald Trump signalant dans un tweet posté ce week-end qu’un conflit avec l’Iran sonnerait la « fin officielle » de la République islamique. En conséquence, les cours du pétrole poursuivent leur progression, le baril de Brent de la mer du Nord s’inscrivant en hausse de 1,3% à 73,12 dollars. Total profite de la situation d’autant que le ministre saoudien de l’énergie a évoqué l’existence d’un consensus entre l’Opep et ses alliés pour maintenir les réductions de production afin de réduire « légèrement » les stocks.
(Les Echos Investir 20/05/2019)

États-Unis : un milliardaire paye les dettes de centaines d'étudiants

Mai 2019

Robert F. Smith a donné une quarantaine de millions de dollars à l'université de Morehouse, à Atlanta, fréquentée par Martin Luther King Jr. et Spike Lee.
C'est une très bonne surprise pour les étudiants de l'université américaine de Morehouse à Atlanta, en Géorgie. Ils célébraient ce dimanche leur cérémonie de remise de diplômes quand un milliardaire est venu s'exprimer devant eux, et la journée est devenue inoubliable. Car ce que Robert F. Smith, un homme d'affaires noir dont la fortune est estimée à 4,4 milliards de dollars, est venu dire à la promotion 2019, c'est qu'il allait se charger de la totalité de ses dettes étudiantes : une quarantaine de millions de dollars en tout.
L'annonce a évidemment été accueillie par les cris de joie et les applaudissements des quelque 400 diplômés – et de leurs parents. « Ma famille va créer une bourse pour effacer vos prêts étudiants », a dit Robert F. Smith aux étudiants de cette université historiquement noire. Des vidéos de ses propos étaient partagées dimanche sur les réseaux sociaux. « Ceci est ma promotion », a ajouté l'homme d'affaires, qui se trouvait à la cérémonie pour recevoir un diplôme honorifique. « Je sais que ma promotion perpétuera » cette action et aidera à améliorer la vie d'autres Américains noirs, a-t-il lancé.
Un don surprise
Robert F. Smith avait déjà dit plus tôt cette année qu'il allait donner 1,5 million de dollars à l'établissement, mais l'annonce de dimanche a été une surprise, y compris pour le personnel de Morehouse, selon l'Atlanta Journal and Constitution. Un porte-parole a indiqué qu'il s'agissait du plus grand don de l'histoire de l'université, qui a été fréquentée par Martin Luther King Jr., le réalisateur Spike Lee et le comédien Samuel L. Jackson.
« Si j'étais capable de faire un salto arrière, je le ferais », a dit un étudiant, Elijah Dormeus, au journal. « Je suis fou de joie. » Le jeune homme dit avoir une dette étudiante de 90 000 dollars. Sa mère, Andrea Dormeus, est conductrice de bus de ramassage scolaire à Harlem, à New York. Robert F. Smith, diplômé des prestigieuses universités de Cornell et de Columbia, est devenu en 2015 l'Afro-Américain le plus riche, selon le magazine Forbes. Sa fortune dépasse celle de la célèbre et influente Oprah Winfrey – qui a aussi donné à Morehouse. Le coût faramineux de l'éducation universitaire aux États-Unis et le nombre croissant de personnes dans l'incapacité de rembourser leurs dettes ont fait de la question des prêts étudiants une affaire nationale, au cœur du programme de certains démocrates cherchant à être investis par leur parti pour la présidentielle de 2020. La dette étudiante dépasse aujourd'hui les mille milliards de dollars, selon l'agence Fitch.
(Le Point 20/05/2019)

Europe : Recettes, dépenses, contrôle... Tout comprendre sur le budget européen

Mai 2019

À l’occasion des élections européennes, Le Figaro fait le point sur le budget de l’Union européenne. Élevé à 160 milliards d’euros en 2018 et appuyé en grande partie par les États membres, il finance des projets et administrations qui bénéficient différemment à chaque pays.
C’est l’un des aspects les plus essentiels de la construction européenne. L’un des plus complexes, aussi, et l’un des plus controversés. Le budget de l’Union suscite fantasmes, indignation et curiosité. Si certains y voient une fondation d’une Europe puissante, capable de rivaliser avec les géants chinois et américains, d’autres dénoncent une gabegie limitant les marges de manœuvre nationales et appauvrissant les peuples. À quelques jours des prochaines élections européennes, Le Figaro revient sur ce dossier tentaculaire.
Dans quel cadre est voté le budget européen ?
D’abord, le budget européen, qui doit être à l’équilibre, est voté dans un cadre appelé «cadre financier pluriannuel de l’Union européenne» (CFP). Il est établi sur sept ans et «traduit les priorités de l’Union en termes financiers». Proposé par la Commission européenne, il est ensuite validé par le Parlement et le Conseil. Celui actuellement en place porte sur la période 2014-2020. Il fixe un plafond maximal de dépenses de 959,51 milliards d’euros en crédits d’engagements, un montant inférieur au cadre de 2007-2013. À l’intérieur de cette enveloppe globale, chaque domaine de dépense est lui aussi plafonné. Par exemple, le chapitre «croissance durable», qui comprend notamment la PAC, ne peut dépasser 372,9 milliards d’euros.
Début mai 2018, la Commission européenne a présenté ses pistes pour le CFP 2021-2027. Sa proposition est en hausse par rapport au cadre actuel: porté à 1135 milliards d’euros (sans prendre l’inflation en compte soit 1279 milliards en euro courant), il vise à répondre aux grands enjeux de notre temps, comme le changement climatique, les nouvelles menaces en terme de sécurité, la crise migratoire, ou encore l’évolution technologique. Bruxelles veut se donner des moyens supplémentaires pour se montrer à la hauteur de ces défis. Le document doit être présenté au Conseil européen «à l’automne 2019».
Chaque année, à l’intérieur de ce cadre pluriannuel, la Commission propose un budget pour l’année suivante. Il est discuté par le Parlement et le Conseil, auquel participent les États membres. Les négociations peuvent être longues et âpres car les nations rechignent souvent à voir les dépenses se multiplier.
Comment est financé le budget européen ?
En 2018, les recettes de l’Union s’élèvent à 145 milliards d’euros qui correspondent aux crédits de paiement, pas d’engagement. Ces fonds sont alimentés par quatre sources principales. La première, et, par le passé, la plus importante, est constituée des ressources propres traditionnelles. Il s’agit des droits de douane perçus sur les importations en provenance de pays extérieurs à l’Union, de cotisations sur le sucre et l’isoglucose, ainsi que des prélèvements agricoles, autrement dit des taxes sur les importations de produits agricoles couverts par la PAC. En 2018, ces ressources pesaient 16% du total des recettes, soit 23 milliards d’euros.
Ensuite, la ressource TVA est une contribution des États membres qui correspond au montant d’une TVA perçue au taux de 0,3% sur une assiette harmonisée entre les pays membres de la TVA qu’ils perçoivent. Elle représentait 12% des ressources de l’Union en 2018, environ 17 milliards d’euros.
Troisièmement, les États versent à l’Union une ressource RNB: chaque année, les membres de l’Union fournissent un pourcentage de leur revenu national brut (RNB) à Bruxelles. Elle s’élevait à 0,71% en 2017. À l’origine pensée pour compléter, à la marge, les autres pans du budget, elle représente désormais - et de loin - la principale ressource du portefeuille. En 2018, elle a apporté 71% du budget, plus de 103 milliards d’euros.
Enfin, l’Union peut compter sur d’autres recettes marginales, comme les taxes sur les rémunérations du personnel des institutions européennes ou les amendes aux entreprises qui enfreignent les règles de concurrence. L’ensemble de ces dépenses représente moins de 1% du budget total.
Hors budget, l’UE dispose également de fonds pour alimenter certains programmes, comme le Fonds européen de développement (FED).
Sur le long terme, les recettes versées au budget européen ont augmenté, pour plusieurs raisons. D’abord, le nombre de pays membres de l’Union a crû au fil des ans. Ensuite, le portefeuille s’est gonflé mécaniquement alors que le continent devenait plus riche, grâce à la ressource RNB. Enfin, Bruxelles a vu ses prérogatives se multiplier ces dernières années: frontières, commerce, innovation, système bancaire, politique étrangère… les nouvelles missions de l’Union ont accentué ses besoins, et donc ses ressources.
De plus, tous les pays ne contribuent pas également au budget européen. Les recettes dépendent notamment du PNB des États et ceux-ci doivent contribuer selon un principe d’équité: les pays plus riches contribuent davantage, quand ceux plus pauvres reçoivent davantage. L’Allemagne, le Royaume-Uni, la France, l’Italie et l’Espagne sont ainsi les plus gros contributeurs. Avec le Brexit, l’Union perdra 10 milliards d’euros de recettes annuelles.
Comment l’Union dépense-t-elle son budget ?
C’est la question centrale. La plus complexe, aussi. Pour mieux comprendre ce dossier, prenons l’exemple du budget 2018. Nous parlerons ici en crédits de paiements. D’un montant de 160 milliards d’euros environ en crédits d’engagements (ou 145 milliards en crédits de paiements) le budget est réparti en cinq domaines: la croissance intelligente et inclusive, (45,9% du total, 66,6 milliards d’euros. Recherche et innovation, énergies renouvelables, marché unique, transports, PME) ; la croissance durable (38,6%, 56 milliards d’euros. PAC, politique commune de pêche, développement rural, protection de l’environnement) ; la sécurité et citoyenneté (2,05%, 2,9 milliards d’euros. Justice, protection des frontières, asile, santé publique, consommateurs, culture, jeunesse) ; l’Europe dans le monde (6,13%, 8,9 milliards d’euros. Politique étrangère de l’Union) ; et l’administration européenne (6,66% du total, 9,6 milliards d’euros. Dépenses de fonctionnement, ressources humaines, équipements).
Ces fonds financent des institutions et des programmes, dont bénéficient différemment les pays membres. Par exemple, Erasmus + pesait, en 2018, 2,14 milliards d’euros tandis que les systèmes EGNOS (European Geostationary Navigation Overlay Service) et Galileo (le système GPS européen) recevaient 718 millions d’euros. Les deux volets de la politique agricole commune représentaient, au total, près de 55,04 milliards d’euros, dont 43,18 pour l’European agricultural guarantee fund (EAGF) et 11,85 pour l’European agricultural fund for rural development (EAFRD).
Certaines dépenses profitent spécifiquement à des pays extérieurs à l’Union, une réalité régulièrement dénoncée par des responsables politiques souverainistes. Ainsi, l’instrument d’aide de préadhésion (IPA II), dotée d’un budget de 11,7 milliards d’euros pour la période 2014-2020, bénéficie à l’Albanie, à la Bosnie Herzégovine, au Kosovo, au Montenegro, à la République de Macédoine du nord, à la Serbie et à la Turquie. L’Instrument européen de voisinage (IEV), quant à lui, peut être alloué à plusieurs pays du Moyen-Orient, du Maghreb et d’Europe de l’est pour un budget de 15,4 milliards d’euros sur la même période. Dans un rapport publié l’an dernier, la Cour des comptes européenne rappelle que la Turquie doit percevoir, au titre de l’IPA II, 9 milliards d’euros entre 2007 et 2020. Elle se montre également critique quant à la gestion et au contrôle de ces fonds sur place.
De plus, le budget de l’Union européenne doit être dépensé de manière équitable - et non égale - entre les pays membres. En d’autres termes, un État moins développé recevra davantage de fonds, notamment pour lui permettre de combler son retard. A contrario, les pays les plus riches, dont la France, font partie des contributeurs nets. L’Hexagone a ainsi versé 16,23 milliards d’euros au budget européen en 2017 et perd, d’un point de vue comptable, 2,73 milliards d’euros. En face, l’Allemagne reste le plus grand pays contributeur (en déficit de 8,66 milliards en 2017), quand la Pologne bénéficie in fine le plus de l’Union (8,87 milliards d’euros en 2017).
Comment est contrôlé le budget européen ?
La «bonne maîtrise et exécution» du budget de l’Union est contrôlée par trois instances. D’abord, la Commission européenne doit transmettre au Parlement européen les comptes, accompagnés d’un bilan financier, à chaque fin d’année fiscale. En interne, chaque institution européenne doit normalement contrôler ses propres dépenses.
Deux instances extérieures complètent ce travail de vérification. Les «instances nationales» effectuent une grande partie du «contrôle initial des recettes et des dépenses». Par exemple, les sorties de capitaux d’instances comme le Fonds européen agricole de garantie sont contrôlées par les «autorités des États membres». Enfin, la Cour des comptes européenne se charge d’étudier et de certifier le budget européen a posteriori. Fondée en 1977 et indépendante des autres organisations européennes, elle ne dispose d’aucun pouvoir juridique mais fournit des rapports d’audit scrutés attentivement. Élevée au rang d’institution en 1993, elle «met en garde contre les risques, fournit une assurance et offre des orientations aux responsables politiques de l’UE» sur la gestion des finances publiques. Elle permet aux citoyens de savoir «comment leur argent est utilisé».
En dernier lieu, le Parlement européen doit voter la «décharge» de la Commission, autrement dit accepter son bilan. En cas de refus, la Commission doit répondre au plus vite aux réserves exprimées par les eurodéputés, pour résoudre les points de discorde. «Le refus de la décharge peut être assimilé à une demande de démission de la Commission», précise le Parlement, qui rappelle que la chose a eu lieu en décembre 1998, après des accusations de fraude, de népotisme et de mauvaise gestion portées contre l’exécutif bruxellois. À l’époque, l’équipe dirigée par le luxembourgeois Jacques Santer, et dont faisait notamment partie l’ancienne première ministre Edith Cresson, avait été poussée dehors pour «échapper à une motion de censure», selon les termes employés par Jacques Santer lui-même.
(Le Figaro 20/05/2019)

France : Retour à l'emploi, transition écologique : les pistes de Matignon

Mai 2019

Edouard Philippe a demandé aux préfets de convier, sous dix jours, les « acteurs pertinents » de leurs territoires pour mettre en musique la mobilisation pour l'emploi et les transitions annoncées par Emmanuel Macron. Plusieurs pistes sont listées, certaines très générales, d'autres plus précises.
Un rappel des objectifs, des fiches pratiques, et un calendrier : les préfets ont dix jours maximum pour mettre en branle sur leurs territoires la grande mobilisation pour l'emploi et les transitions annoncée par Emmanuel Macron. Edouard Philippe vient de leur envoyer une circulaire exigeant des résultats « tangibles ». « Notre objectif est de remédier aux angles morts de nos politiques publiques, c'est-à-dire aux situations où celles-ci n'atteignent pas leurs objectifs, faute de suivi politique ou de coordination au plus près des territoires », écrit le Premier ministre dans le document auquel « Les Echos » ont eu accès.
Contrat pour tous les apprentis
Nombre de jeunes qui choisissent cette forme d'enseignement ont du mal à trouver un employeur ou renoncent du fait de « l'éclatement » entre domicile, CFA et entreprise. Certaines pistes avancées par la circulaire restent très générales. Il s'agit ainsi d'« industrialiser, notamment via le partage le plus précoce possible des données », la mise en relation jeunes-entreprises. Ou de « faire en sorte » que l'offre régionale de transport soit « adaptée ». D'autres sont plus précises, comme l'instauration d'un « bail mobilité » de 1 à 10 mois (également éligible aux salariés ou aux chômeurs), la « mobilisation » des résidences secondaires, logements touristiques ou étudiants, la « production de 'résidences jeunes'' » dans le parc social. Des pistes sont également listées pour les 110.000 jeunes qui se sont inscrits sur Parcoursup pour reprendre les études .
Emplois non pourvus
Matignon renvoie à des chantiers en cours, comme la remise à plat des services de Pôle emploi (objet d'une négociation entre l'Etat, l'Unédic et les partenaires sociaux) ou les pactes régionaux d'investissement dans les compétences (qui viennent d'être signés dans les régions). Pour le reste, il s'agit de trouver des « outils souples et simples » de formation pour répondre à un besoin d'emploi, l'un des objectifs des pactes régionaux justement…
Garde d'enfant, mobilité
Les préfets sont incités à étudier la création d'une offre de garderie « ponctuelle », le temps d'un entretien d'embauche ou de la période d'essai par exemple, les dispositifs actuels comme la Paje étant jugés « insuffisants ». Autre piste : réserver des places en crèches en cas de reprise d'un emploi durable. Les dispositifs d'aides au transport ou au logement étant jugés tout autant « insuffisants », il est envisagé, pour les chômeurs, des aides au permis de conduire, des locations de voiture bon marché et des plates-formes de mobilité. Pour les salariés, il s'agit d'améliorer ce qui existe : prime de 1.000 euros pour les déménagements, accès aux offres d'Action logement, garantie locative Visale… Et pour tous, Matignon imagine des « organismes intermédiaires » permettant de sous-louer des logements sociaux en dérogeant aux procédures d'attribution de droit commun.
Rénovation thermique
Le gouvernement est à la peine sur l'objectif de 500.000 rénovations de logements par an (380.000 effectives). Ce n'est pas faute d'avoir voulu simplifier les dispositifs (CITE, éco-prêts à taux zéro, certificats d'économie d'énergie, chaudière à un euro…). Tout une ingénierie dont la mise en oeuvre soulève beaucoup d'interrogations. Comment, par exemple, éviter que l'accès des ayant-droit aux aides ne se transforme une nouvelle fois en un parcours du combattant ? Edouard Philippe lance l'idée de « désigner un chef de file unique » parmi les acteurs de la rénovation thermique pour informer et orienter les ménages. Pour faciliter la décision d'investir, l'option est de « massifier les travaux » pour réduire les coûts.
Ecologie de proximité
Division par deux des déchets mis en décharge, 100 % de plastiques recyclés d'ici à 2025, 50 % d'aliments bio dans les cantines d'ici à 2022… Les grands objectifs écologiques dépendent de la capacité des territoires à s'en emparer. Matignon veut faire émerger toute une bio-économie locale via des dispositifs concrets : circuits courts, réseaux de réemploi et de réparation, systèmes de recyclage… ONG, économie sociale et solidaire, collectivités locales et entreprises sont en première ligne. Toute la question, posée par Edouard Philippe, est de savoir quels partenariats mettre en oeuvre. L'enjeu social est fort : 300.000 emplois peuvent s'ajouter aux 800.000 actuels de l'économie circulaire.
(Les Echos 20/05/2019)

Émergents : Vers la fin du miracle économique australien

Mai 2019

L'île-continent jouit toujours de la plus longue phase de croissance du monde. Mais de nombreux signes laissent penser que le pays pourrait tomber en récession.
Qu'il s'agisse du travailliste Bill Shorten ou du conservateur Scott Morrison, la tâche du prochain Premier ministre (les élections ont lieu ce samedi) sera, à n'en pas douter, plus ardue que pour son prédécesseur.
Car si la santé de l'économie australienne, dont la croissance est ininterrompue depuis 28 ans et où le taux de chômage est à 5,1 %, a de quoi faire pâlir d'envie tous les pays européens, elle n'est pas exempte de symptômes laissant présager d'un ralentissement, voire même d'une récession.
Victime collatérale de la guerre commerciale
D'abord parce que l'économie australienne reste étroitement liée à celle de la Chine, son premier partenaire commercial et la principale source de ses recettes d'exportation (30,6 %). C'est ce qui explique, en partie, le succès de l'Australie ces dernières années mais c'est aussi ce qui pourrait entraîner sa perte.
La croissance ralentit à Pékin, une crise qui risque de s'aggraver en raison de la guerre commerciale en cours avec Washington, dont Canberra sera l'une des principales victimes collatérales. D'après une étude publiée par KPMG, dans le meilleur des cas, le PIB de l'Australie pourrait se contracter de 22 milliards d'euros d'ici à 2022, soit 0,3 % du PIB. Dans l'hypothèse d'une guerre « totale », « ce sont près de 308 milliards d'euros de revenu national qui pourraient être perdus sur dix ans, ainsi que 60.000 emplois détruits », détaille le cabinet d'experts. Les conséquences se font déjà sentir sur le dollar australien, qui a atteint cette semaine son plus bas niveau en trois ans face au dollar américain, en recul de 15 % depuis février 2016.
L'immobilier à la peine
Mais les menaces qui planent sur l'économie du « Lucky Country » ne sont pas qu'externes. Les prix de l'immobilier ne cessent de baisser, en particulier dans les grandes villes, où ils avaient explosé ces dernières années. Le prix médian à l'échelle nationale a reculé de 7,9 % depuis le pic atteint en septembre 2017, de 15 % à Sydney et de 11 % à Melbourne. Une correction qui ne semble pas encore suffisante pour faire revenir les acheteurs, puisqu'en mars, les ventes immobilières étaient en recul de 17 % par rapport à l'année passée, et ont atteint leur plus bas niveau depuis 20 ans, plus faibles encore que lors de la crise financière de 2008.
Selon la revue sur la stabilité financière publiée en avril par la banque centrale australienne (RBA), 3 % des emprunteurs immobiliers remboursent un prêt dont la valeur est plus importante que la maison ou l'appartement qu'ils ont acheté. En parallèle, les grandes banques signalent une augmentation significative des défauts de paiement . Une situation inquiétante, alors que l'Australie est l'un des pays ayant le plus fort taux d'endettement des ménages (216 %).
(Les Echos 20/05/2019)

Géopolitique : La fin de la collaboration Google-Huawei, symbole de la balkanisation du Web

Mai 2019

Google va geler toutes ses collaborations avec Huawei. Gmail, YouTube, Google Maps ne seront plus disponibles sur les nouveaux téléphones du constructeur chinois qui devra s’adapter.
ans la nuit du 12 au 13 août 1961, l’Allemagne de l’Est a surpris le monde en entamant l’érection autour de Berlin-Ouest d’un gigantesque mur « antifasciste ». La guerre froide avait son symbole et pouvait occuper le devant de la scène pour près de trente ans. Brique par brique, Donald Trump semble vouloir construire son mur, mais, cette fois, pour contenir les ambitions commerciales et stratégiques chinoises.
Un édifice totalement virtuel, mais tout aussi redoutable et dont la première concrétisation grand public est apparue ce week-end : Google a annoncé geler toute collaboration avec le deuxième vendeur mondial de smartphones (en unités), le chinois Huawei. Et notamment l’accès aux très populaires applications de l’américain, comme Gmail, YouTube ou Google Maps. Ainsi que les mises à jour de son système d’exploitation Android, qui équipe près de 2,5 milliards de téléphones dans le monde.
Cette décision est la conséquence logique de l’inscription de Huawei sur la liste noire tenue par Washington. Les entreprises américaines qui souhaitent fournir des composants aux sociétés ainsi stigmatisées devront demander une autorisation spéciale. Le plus grave pour le roi des télécoms chinois sera certainement la restriction d’accès aux puces électroniques, dont les Américains sont les champions mondiaux. Mais le blocage des accords sur Android est le plus spectaculaire. Cela affectera peu les téléphones de la firme vendus en Chine, dont les applications de l’américain sont interdites, mais lourdement ceux vendus en Europe, son second marché.
Nouvelle guerre froide
En ce qui concerne le système d’exploitation Android, le plus populaire au monde, Huawei pourra continuer à utiliser sa version libre de droits, mais il n’aura plus accès au support technique et aux mises à jour décidées par l’entreprise. Il devra développer sa propre version, qui, progressivement, divergera de celle de l’américain. Ou lancer mondialement son système d’exploitation maison, qu’il a déjà déployé en Chine. Cette mesure ne tuera pas la société mais l’affaiblira sérieusement.
Google, lui, n’y perdra pas grand-chose financièrement puisqu’il est déjà interdit de séjour en Chine pour ses applications. Mais cela va sérieusement affecter sa stratégie en creusant encore la division du monde de l’Internet en blocs de plus en plus distincts. Android, volontairement ouvert à tous, se voulait, à l’instar du Windows de Microsoft dans les années 1990-2000, comme le standard indépassable du marché. C’est lui qui a permis l’émergence des smartphones coréens et chinois, qui se sont ainsi lancés à l’assaut du monde sous l’ombrelle de Google.
(Le Monde 20/05/2019)

Le point Macroéconomique par Laurent PUGET, Président d’OTEA Capital

Mai 2019

Lorsque deux éléphants dansent la valse, Il est à craindre que de la porcelaine soit cassée... voire que certains se fassent écraser les pieds. C’est un peu ce qu’ inspire le pas de deux de Tump et de Xi sur l'accord sur le commerce mondial. On est en plein psychodrame et bluff de négociateur et le marché, qui cherchait probablement un prétexte pour reprendre son souffle, a trouvé du grain à moudre. L’impact sur le sentiment de marché est assez violent, à la mesure peut être de l'espoir suscité par les officiels américains qui ont multiplié au cours des négociation les déclarations optimistes. On avait fini par donner aux négociations des airs de promenade de santé, les investisseurs sont déçus comme on pouvait s'y attendre. Néanmoins on est toujours surpris par la capacité des investisseurs à changer d'état d'esprit et par la brutalité de ces changements..
Le CNN Fear and Greed a été plus que coupé en deux à 32 contre 74 il y a un mois !!! La volatilité a presque doublé à 20%, le ratio options de vente/options d’achat (Put to call ratio) est repassé au-dessus de la barre de 1 à 1,24 faisant exploser le prix de la protection sur le marché. Enfin, les recommandations d'achat sur la techno US ont chuté à 33% dans les newsletter spécialisées aux US... C'est d'ailleurs là un des points qu'il convient de relever : la correction est très violente sur la Tech cette fois ci plus que lors des corrections précédentes. L'AAII à sortir jeudi devrait montrer un aspect tout aussi sombre. Rappelez-vous qu' il montait encore la semaine dernière et commençait à montrer de clairs signes de complaisance (écart Bull / Bear > 20%)...Le seul à se porter comme un charme, parce qu’il a été publié au tout début du mois de mai, lorsque le monde baignait dans les déclarations bienveillantes des négociateurs US et de leur Président, est le SENTIX qui a littéralement explosé à la hausse passant de -0.3 à 5.5 en 1 mois.
Les résultats publiés ont un peu déçu pour la partie perspectives mais, et c'est peut-être le plus intéressant, c'est la bataille de la tech de demain qui se joue dans ces négociations. La Chine, notamment à la faveur de la 5G se dresse non plus comme l'usine du monde assemblant et copiant les inventions américaines mais comme un véritable concurrent des US en matière de leadership technologique à venir. Ceci étant dit,on a peine à croire que cette situation de tension soit durable. Les deux parties ont un très évident intérêt à aboutir à un accord. Au petit jeu des tarifs douaniers tout le monde est perdant, surtout les principaux intéressés et leurs consommateurs.
Même si Monsieur Trump fait signe de l'ignorer et que les américains semblent soutenir le bras de fer de leur président, sa politique des droits de douane coûte cher au consommateur US et d'une façon générale à tous ceux que ces droits de douane sont censés protéger, notamment les PME et ETI. On prend peu de risque à parier que les négociations reprendront et aboutirons tôt ou tard à un accord.
Fidèles à notre modèle nous avons suivi le point d'inflexion en matière de sentiment de marché. Nous étions vendeurs de risque jusqu’à atteindre 33.5% d'exposition aux actions de notre portefeuille la semaine dernière contre 75% en début d'année. La brutalité du changement de tendance milite en faveur d'un rebond, Nous avons repris prudemment les achats en re-augmentant progressivement notre exposition aux actions autour des 3 308 sur le futur de l'Eurostoxx...
Exposition 35.5% haussier

Le point Energies et Efficacité Énergétique par Sandrine CAUVIN, Analyste-Gérante chez OTEA Capital.

Mai 2019

Les prix du pétrole sont actuellement pris entre deux feux, avec d’un côté les tensions commerciales sino-américaines qui pourraient peser sur la demande, et de l’autre celles au Moyen-Orient qui pourraient affecter l’offre. Suite à la mise en place des sanctions sur les exportations de son pétrole, l’Iran a décidé de suspendre certains de ses engagements concernant l’accord de 2015 sur son nucléaire, menaçant ainsi d’augmenter son programme d’enrichissement d’uranium. Les Etats-Unis ont auparavant annoncé l’envoi d’un groupe aéronaval au Moyen-Orient, probablement afin de prévenir les menaces de l’Iran de bloquer le détroit d’Hormuz, par lequel transitent 20% des flux maritimes mondiaux de pétrole. Donald Trump a également décidé d’inclure le minerai de fer, l’acier, le cuivre et l’aluminium dans les sanctions touchant les exportations iraniennes. Il se trouve qu’une partie significative de ces exportations (99% pour le minerai de fer, 85% pour le cuivre) sont à destination de la Chine. Les volumes concernés sont limités à l’échelle mondiale, mais mettent en exergue les connexions entre les sanctions contre l’Iran, le Venezuela et les négociations sino-américaines sur le commerce international. Ces dernières se sont à nouveau tendues suite aux menaces de l’administration américaine de relever les taxes sur une partie des importations chinoises de 10% à 25% si les négociations n’avançaient pas. L’effet a été immédiat sur les marchés financiers, entrainant un vaste mouvement d’aversion au risque. Les matières premières, sensibles à la croissance de l’économie mondiale, ont accompagné la baisse. Après être légèrement descendu en dessous de 70$, le Brent s’est ressaisi en fin de semaine pour clôturer à 70,62$/b vendredi et s’approche des 71$ ce lundi matin. Les données de mouvements de tankers font état d’une réduction du trafic, et qu’aucun pétrolier n’a quitté les terminaux d’exportation iraniens depuis le début du mois. De son côté, l’Arabie Saoudite a déclaré être prête, avec le reste de l’OPEP, à répondre aux demandes de livraisons supplémentaires de pétrole. Néanmoins, le cartel a affirmé qu’il n’augmentera sa production qu’à la hauteur des demandes, ne souhaitant pas créer d’offre excédentaire. Dans le contexte actuel, nous prévoyons une certaine volatilité sur les prix du brut, avec toutefois un risque haussier qui nous semble l’emporter par rapport à la baisse compte tenu des nombreux signes de resserrement de l’offre (perturbations en Russie, Nigeria, Venezuela et impact des sanctions américaines sur l’Iran). Il restera à voir si Donald Trump pourra agir afin de contrôler une flambée des prix alors que ce dernier souhaite maintenir des prix bas à la pompe dans la perspective des présidentielles 2020 aux Etats-Unis.

Monde : EssilorLuxottica vedette du jour en Bourse, le Cac 40 met la guerre commerciale reste dans les esprits

Mai 2019

La Bourse de Paris débute sur une note hésitante. Si le conflit commercial sino-américain continue d’empoisonner l’atmosphère, c’est EssilorLuxottica qui est à l’animation, après l’accord présumé concernant sa gouvernance.
La Bourse de Paris démarre non loin de ses niveaux de clôture de vendredi, dans un marché en quête de nouveaux événements sur le plan du conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine. En début de matinée, le Cac 40 s’établit à 5.325,79 points (-0,05%). A Tokyo, le Nikkei 225 a cédé 0,72%. A New York également, la couleur est plutôt au rouge, le contrat future Dow Jones abandonnant un peu plus de 250 points. L’indice effacerait ainsi l’ensemble de sa petite hausse de fin de semaine dernière (+0,44%).
Vendredi, les Etats-Unis ont mis à exécution leur menace de surtaxer à 25% un montant de 200 milliards de dollars de biens chinois. Ce à quoi la Chine a promis de mettre en place des mesures de représailles. On attend le détail, probablement dans les tout prochains jours.
Les négociateurs en chef Robert Lighthizer, Steven Mnuchin et Liu He se sont bien rencontrés vendredi malgré l’offensive de la Maison-Blanche mais sans, bien sûr, parvenir ne serait-ce qu’à un soupçon d’accord. Le vice-Premier ministre a déclaré samedi que Pékin et Washington étaient convenus d'avoir de nouvelles discussions commerciales dans la capitale chinoise, mais le malaise apparaît profond.
Rencontre Trump-Xi en juin au G20
En cause, les difficultés du camp américain d'obtenir de Pékin que ses engagements soient traduits dans la loi, a expliqué ce week-end sur Fox News le conseiller économique de la Maison-Blanche Larry Kudlow, accusant également la Chine d'être revenue au cours des deux dernières semaines sur certains de ses engagements pris au cours des récentes négociations commerciales.
Il a également indiqué que Donald Trump et Xi Jinping vont probablement se rencontrer fin juin en marge du sommet du G20 au Japon pour discuter, bien entendu, du sujet des relations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Une rencontre que ne confirme pas, cependant, le président américain sur son compte Twitter, son principal support de « communication ». Il y a en revanche écrit : « Nous sommes exactement là où nous voulons être avec la Chine. » Le chapitre est donc encore loin d’être terminé…
La presse chinoise évoque, elle aussi, cette forme « douce » d’escalade dans la guerre commerciale entre les deux puissances. La porte sera toujours ouverte à des négociations avec les Etats-Unis mais que la Chine ne cédera pas sur ses principes, écrit le Quotidien du Peuple, organe du Parti communiste chinois. « S'il n'était pas sérieusement provoqué, le peuple chinois ne serait pas favorable à une guerre commerciale avec quiconque », dit pour sa part le Global Times.
Accord de gouvernance chez EssilorLuxottica
Côté entreprises, la plus forte hausse du jour revient à EssilorLuxottica. Les deux camps français et italien ont trouvé un accord de gouvernance selon lequel le PDG, Leonardo Del Vecchio, et le vice-PDG, Hubert Sagnières vont transférer une partie de leurs pouvoirs à Francesco Milleri et Laurent Vacherot. Le champion de l’optique tient son assemblée générale des actionnaires ce jeudi.
Euronext a annoncé avoir obtenu le soutien du ministère des Finances norvégien pour acquérir l'opérateur boursier Oslo Bors. L'opérateur des Bourses d'Amsterdam, de Bruxelles, de Dublin, de Lisbonne et de Paris s'est assuré le soutien d'actionnaires représentant 53,4% du capital de la plateforme. Il compte boucler l’opération d'ici la fin juin 2019.
Carrefour a indiqué que sa filiale brésilienne Atacadão a passé une provision d’environ 180 millions d'euros liée à des contentieux fiscaux à la suite d'une décision défavorable rendue par la Cour suprême du Brésil le 9 mai dernier.
(Investir 13/05/2019)

US : Plutôt que de « miracle » économique américain, ne vaut-il pas mieux parler de « mirage » ?

Mai 2019

La façon dont Trump a stimulé la croissance pèsera à terme tant sur le plan économique et sociétal qu’environnemental, estime Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ».
Chronique. « Quatre ans de plus ! Quatre ans de plus ! » Il y a quelques jours, une foule de militants réunie à Panama City Beach, en Floride, exultait face à son champion, Donald Trump, au cours d’un meeting lançant la campagne pour sa réélection en 2020. Jamais celle-ci n’a paru aussi envisageable. La menace d’une destitution semble désormais relever du fantasme d’une poignée de démocrates plus procéduriers que stratèges politiques. La cote de popularité du président est à son zénith. Et l’économie tourne à plein régime. Ceux qui prédisaient les dix plaies d’Egypte lorsque le milliardaire américain s’est assis dans le bureau Ovale en sont pour leurs frais : les eaux du Potomac ne se sont pas changées en sang et le Capitole n’a pas été envahi par les sauterelles.
En tout cas, jusqu’ici, tout va bien. Mais jusqu’où ? Tout le monde connaît l’histoire du défenestré, qui, étage après étage, constate que ce n’est pas la chute qui est problématique, mais l’atterrissage. Le parachute est-il en option dans la politique économique menée par Donald Trump ? La croissance a beau avoir atteint 3,2 % en 2018 et le taux de chômage officiel avoir été ramené à son plus bas niveau depuis cinquante ans, deux questions se posent. L’une est politique : l’atterrissage interviendra-t-il avant ou après le 3 novembre 2020, date du scrutin présidentiel ? L’autre concerne la planète entière : le retournement sera-t-il brutal ou en douceur ?
Même si un ralentissement de la croissance au deuxième trimestre est anticipé, les Etats-Unis devraient battre le record de la plus longue période de prospérité depuis le milieu du XIXe siècle. Le précédent datait des années 1990, soit cent vingt mois de progression ininterrompue du PIB. Au passage, notons que les trois quarts de la performance actuelle ont été réalisés sous Barack Obama. Maintenant, bien malin celui qui pourra dire si les choses commenceront à se gâter avant ou après les élections. Ce sera l’une des clés du scrutin.
Un château de cartes prêt à s’effondrer
La réponse à la seconde question est plus prévisible. La façon dont Donald Trump a stimulé la croissance laisse craindre que l’on se retrouve face à un château de cartes qui peut s’effondrer à tout moment. Le président américain touche aujourd’hui les dividendes de choix qui n’avaient qu’un seul but : le faire réélire. Mais le prix à payer sur le long terme, que ce soit au plan économique, sociétal et environnemental, s’annonce lourd.
(Le Monde 13/05/2019)

Europe : Européennes : dans la dernière ligne droite, une campagne sous le signe du désamour

Mai 2019

Alors que la campagne officielle commence ce lundi, le sujet peine à intéresser, et la participation pourrait s'avérer historiquement faible. La dynamique des partis souverainistes vient confirmer la crise que traverse l'Union, et pourrait constituer un test majeur pour le fonctionnement institutionnel du bloc.
Plus elle devient essentielle, moins elle enthousiasme. L'Union européenne s'apprête à subir un test majeur dans moins de deux semaines : des élections placées sous la double menace de l'abstention et du vote de rejet. Alors que la campagne officielle débute ce lundi, l'inquiétude se porte sur la participation qui pourrait à peine dépasser les 40% en France, un point bas jamais atteint, et s'avérer plus faible encore chez les jeunes. Comme si rien ne pouvait arrêter le désamour, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne a récemment déploré, dans une interview au « Handelsblatt », le fait que l'UE ait « perdu sa libido ».
Une « réduction binaire » qui agace
Pour tenter de donner un coup de fouet à cette relation usée par le temps, les dirigeants de l'UE se sont réunis, jeudi 9 mai en Roumanie , dans un exercice d'affichage. Écartant délibérément les sujets qui fâchent, ils ont promis d’œuvrer à l'unité, égrenant une liste de bonnes intentions. Les présidents des pays de l'UE ont également signé un appel conjoint pour appeler leurs concitoyens à faire entendre leur voix. Ces exhortations suffiront-elles ?
Signe de l'importance toute relative qui y est accordée, la campagne ne démarre que dans la dernière ligne droite. Sur le plan hexagonal, Emmanuel Macron y est entré de plain-pied, jeudi, reprenant en Roumanie sa dichotomie favorite entre « des projets qui veulent construire l'Europe et des projets qui veulent la déconstruire », pour mieux placer le Rassemblement National dans la deuxième catégorie. Une réduction binaire qui agace dans certains cercles européens, mais qui n'en traduit pas moins l'un des principaux enjeux du scrutin : la possibilité d'une percée des nationalistes et des eurosceptiques.
Le réveil des droits dures
Avec le succès attendu de la Ligue de Matteo Salvini en Italie, le score possible d'Alternative für Deutschland (AfD) en Allemagne, le maintien du Rassemblement National à un niveau élevé ou l' apparition d'un vote d'extrême droite en Espagne , le camp de ceux qui reprochent à « Bruxelles » une insupportable ingérence dans les affaires nationales a le vent en poupe.
Il faut également mentionner la participation, longtemps impensable mais désormais certaine, des Britanniques au scrutin, et la réussite assurée du parti du Brexit de Nigel Farage. Sans compter la dynamique qui ne se dément pas derrière Viktor Orban en Hongrie : le sulfureux chantre de « l'illibéralisme » a fait de la Commission européenne l'ennemi public numéro un et de l'immigration sa ritournelle électorale quotidienne. Il pourrait être tenté de quitter la grande famille des conservateurs européens du PPE pour construire, avec d'autres représentants de la droite dure européenne, une nouvelle alliance capable de peser plus lourd au Parlement.
Paradoxe
Certes, le camp souverainiste ne devrait pas être en mesure de prendre le pouvoir le 26 mai au soir, d'autant que rien ne garantit sa capacité à parler d'une seule voix, compte tenu des divergences de fond qui le traversent. Mais sa probable dynamique aurait un pendant très concret : l'effritement plus ou moins prononcé des grands partis traditionnels - droite et gauche confondues.
De quoi rendre plus inévitable que jamais, pour les partis pro-européens, la construction d'une coalition transpartisane, car aucun grand parti ne devrait être en mesure de constituer facilement une majorité. D'où ce paradoxe : la polarisation croissante de l'électorat devrait entraîner une négociation inédite pour accoucher d'institutions en état de marche, et pourrait déboucher sur une Europe largement gouvernée… au centre.
(Les Echos 13/05/2019)

France : Investissements : la France fait son entrée parmi les 5 pays les plus attractifs du monde

Mai 2019

La France intègre pour la première fois le « Top 5 » du classement annuel du cabinet de conseil américain A.T. Kearney. L'économie tricolore n'a pas été « affectée par le mouvement des gilets jaunes », note-t-il. Les Etats-Unis, eux, dominent toujours largement le classement.
L'« effet Macron » continue visiblement de produire ses effets auprès des investisseurs étrangers . Selon A.T. Kearney, la France a progressé dans la hiérarchie des pays les plus attractifs de la planète, intégrant pour la première fois cette année le « Top 5 » du classement du cabinet américain.
La confiance dans l'économie française, qui « a fortement augmenté depuis l'élection d'Emmanuel Macron en 2017 », n'a pas été « affectée par le mouvement des gilets jaunes » , note le cabinet de conseil. Selon lui, la France « reste compétitive » parmi les économies développées.
Les Etats-Unis, encore et toujours leaders
La France reste toutefois encore loin de la tête du classement, occupée pour la septième année consécutive par les Etats-Unis. La première économie mondiale bénéficie notamment de « son vaste marché domestique » , de sa « fiscalité compétitive » et de ses « capacités technologiques », souligne A.T. Kearney.
Arrivent ensuite l'Allemagne, le Canada et le Royaume-Uni , qui conserve sa quatrième place malgré la perspective du Brexit. La Chine, qui avait occupé la tête de ce classement entre 2002 et 2012, tombe pour sa part à la septième place. Soit son plus bas classement depuis la création de cet indice voilà 20 ans.
Parmi les explications avancées figurent le « ralentissement de la demande intérieure », le « recul des exportations », les « inquiétudes croissantes sur le niveau d'endettement des entreprises chinoises » et « l'impact de la guerre commerciale avec les Etats-Unis ».
Au total, « 22 des 25 premières places sont occupées par des pays développés », souligne A.T. Kearney. Une situation qui tient, selon le cabinet de conseil, à l'importance accordée par les investisseurs à la question « de la gouvernance et de la régulation ».
(Les Echos 13/05/2019)

Émergents : La guerre commerciale fait dégringoler la devise chinoise

Mai 2019

L'escalade des tensions entre Washington et Pékin inquiète les marchés. Les yeux sont rivés vers la Chine, où le yuan chute. Une situation qui soulève de nombreuses interrogations, notamment sur la contagion à d'autres économies.
La tension continue de monter entre la Chine et les Etats-Unis sur le dossier commercial. La venue du négociateur chinois à Washington en fin de semaine dernière n'a pas permis d'apaiser la situation, à en croire l'escalade verbale de ce weekend. Résultat : la devise chinoise poursuit sa chute. Le renminbi ( « monnaie du peuple ») recule de 0,8%, à 6,87 contre le dollar.
Onde de choc possible en Asie
La semaine passée, le yuan a cédé du terrain durant quatre séances d'affilée. Il s'est légèrement repris vendredi. Selon Bloomberg, la volatilité implicite à 1 mois de la devise chinoise a d'ailleurs bondi.
« La devise chinoise s'est déjà dépréciée de 2,6% depuis ses plus hauts cette année. Les monnaies asiatiques étant de plus en plus liées à celle de la Chine, une dépréciation marquée - ce qui reste un scénario peu probable-, serait une véritable onde de choc pour la région », commente l'équipe de LBPAM.
Chez Natixis, on craint aussi la contagion. « L'annonce d'une surtaxe américaine de 25% sur les importations chinoises a pesé sur le renminbi et, l'on voit que les tensions commerciales ont également pesé sur l'ensemble des devises émergentes des pays très dépendant de l'économie chinoise », soulignent les analystes de la banque.
Sommet du G20 en juin
Le changement de ton du weekend a fait reculer la Bourse de Shanghai de 1,65%. Les indices des places européennes signaient un repli modeste ce lundi matin.
Selon Barclays, un membre du comité de politique monétaire de la banque centrale chinoise (PBoC) a estimé que la Chine résisterait au choc de la surtaxe de 25% : dans l'article publié le 9 mai, il évalue l'impact sur la croissance à environ 0,3%. Les analystes de Barclays ont pour leur part calculé que dans un scénario d'escalade des tensions, l'effet sur le PIB pourrait s'élever à 0,5 point de pourcentage dans les douze mois suivant l'entrée en vigueur des nouveaux tarifs.
L'espoir des marchés repose désormais sur le sommet du G20 qui se tiendra au Japon en juin. Le conseiller économique de la Maison Blanche, Larry Kudlow, a lui-même parlé de la « forte probabilité » d'une rencontre entre les présidents Donald Trump et Xi Jinping à cette occasion. Ce lundi, les Etats-Unis doivent dévoiler les détails sur les 300 milliards additionnels d'importations chinoises qui pourront faire l'objet d'une hausse des tarifs douaniers.
(Les Echos 13/05/2019)

Géopolitique : En Iran, « nous nous serrons la ceinture un peu plus tous les jours »

Mai 2019

Un an après le retrait américain unilatéral de l’accord sur le dossier nucléaire de Téhéran, le pays, miné par les sanctions de Washington, est confronté à une envolée de l’inflation.
Pour la première fois de sa vie, Sanaz (tous les prénoms ont été modifiés) n’est pas partie en voyage avec sa famille pendant les vacances du Nouvel An iranien, en mars. Comme beaucoup d’autres Iraniens, cette secrétaire dans un centre médical de Malard, une ville située à 50 kilomètres de Téhéran, n’en a plus les moyens.
Déjà, elle n’achète plus de viande rouge, dont le prix a triplé en un an, à 1,2 million de rials (7 euros) le kilo. « Et bientôt, je devrai également me passer du riz iranien, dont le tarif a triplé, et me contenter des productions indiennes, moins chères, mais de mauvaise qualité », explique l’Iranienne de 32 ans.
Depuis que le président américain Donald Trump a décidé, le 8 mai 2018, de se retirer unilatéralement de l’accord sur le dossier nucléaire de Téhéran, conclu en juillet 2015, et de réimposer les sanctions bancaires et pétrolières, l’Iran connaît une profonde récession. La monnaie a perdu 68 % de sa valeur en un an et l’inflation a frôlé les 31 % en 2018, selon les chiffres officiels.
Dans son dernier rapport, publié fin avril, le Fonds monétaire international (FMI) anticipe une chute de 6 % du produit intérieur brut (PIB) en 2019 et une inflation annuelle de 37 %, soit l’une des pires années que l’économie iranienne ait connue depuis la révolution khomeyniste de 1979.
Départ de nombreuses sociétés, notamment européennes
Le 8 mai, à l’occasion du premier anniversaire du retrait américain, les autorités iraniennes ont annoncé leur décision de suspendre « certains » de leurs « engagements » pris dans le cadre de l’accord sur le nucléaire. Ainsi, Téhéran arrête de limiter ses réserves d’eau lourde et d’uranium enrichi et a donné « soixante jours » aux pays parties prenantes pour « rendre effectifs leurs engagements, en particulier dans les secteurs pétrolier et bancaire » sous peine de ne plus respecter d’autres clauses dudit accord. Cette décision concerne notamment les Européens, qui, jusqu’à présent, se sont montrés incapables de permettre à l’Iran de bénéficier des avantages économiques qui lui ont été promis.
D’autant que l’extraterritorialité des sanctions américaines a incité nombre de sociétés, notamment européennes, à quitter le pays, à l’instar des constructeurs automobiles français Peugeot et Renault. Quant aux rares entreprises encore présentes, comme Samsung, elles ont réduit leurs activités de manière draconienne.
(Le Monde 13/05/2019)

OTEA Capital, sponsor de Theo LHOSTIS pour la Coupe du Monde de KiteSurf 2019

Mai 2019

Coupe du Monde de kitesurf freestyle GKA : l’élite mondiale du kitesurf s'est affrontée du 20 au 25 avril 2019 à Leucate pour la première étape du tour mondial de Coupe du Monde.
Le gratin du freestyle mondial avait rendez-vous à Leucate, du 20 au 25 avril 2019, pour le début de la saison de Coupe du monde de kitesurf freestyle. La seule étape française du circuit GKA Kite World Tour, lors du Mondial du vent. Et il y avait du beau monde : les champions du monde en titre, les Brésiliens Mikaili Sol et Carlos Mario, le Suisse Maxime Chabloz (3e mondial), le Brésilien Set Teixeira, le Dominicain Adeuri Corniel, l’Espagnol Liam Whaley (3e du King of the Air), la Polonaise Paula Novotna, la Brésilienne Bruna Kajiya ou encore la Néerlandaise Pippa Van Iersel.
Côté tricolore, le 4e mondial Paul Serin sera présent, tout comme Pauline Valesa (championne de France en titre et 4e mondiale), Maureen Castelle (7e mondiale), Valentin Garat (7e mondial) et surtout le Tahitien Théo Lhostis qui revient d'une grave blessure en Chine.
Ce dernier était sponsorisé par OTEA Capital et a fini 11ème de l'épreuve, ce qui est de bon augure pour cette reprise de la compétition à très haut niveau. Voilà qui devrait lui donner confiance pour le reste de la saison.

Le point Macroéconomique par Laurent PUGET, Président d’OTEA Capital

Mai 2019

Monsieur Trump nous offre une belle démonstration des techniques de base de la négociation musclée version US. 1 - Faites une entrée en matière tonitruante et agressive en demandant une chose tellement énorme qu’elle ne pourra évidemment que provoquer un reflex de rejet de la partie d'en face. 2- Asseyez-vous ensuite à la table des négociations avec des prétentions très élevées mais qui paraîtront alors presque raisonnables. 3- Agrémentez le processus de discussion en alternant les déclarations enthousiastes et optimistes et quelques colères spectaculaires. Occupez le devant de la scène et vous mettrez ainsi votre adversaire presque devant le fait accompli et dans le rôle peu reluisant de celui qui pourrait décevoir tout le monde et passer pour celui qui a tout fait rater. 4 - Enfin faites un coup d’éclat en faisant monter la pression à la toute dernière minute pour que votre adversaire arrive à la négociation finale avec la hantise du no deal dont vous lui avez fait entrevoir les potentiels effets!
- Entre 10 et 25% de taxes à l'import sur 325 milliards de $ de produits chinois supplémentaires.
- Résultat : entre -3 et - 7% sur les marchés asiatiques .... -450 points sur le futur du Dow Jones... petit coup de pression donc.
- Mais les chinois ne veulent pas passer pour les méchants du film et encore moins envoyer leurs indices boursiers au tapis. Un échec des pourparlers à ce stade aurait probablement un effet dévastateur sur les marchés mondiaux et notamment asiatiques, tous très optimistes sur leur issue. Ils ne répondent pas à la provocation de Trump et annoncent, à la mi journée aux US, qu’ils viennent quand même. La tendance des indices s’inverse... Monsieur Trump va se présenter pour le round final des négociations avec un petit avantage psychologique... Ou pas, car s’agissant de l’art de négocier, les Chinois n’ont pas la réputation d’être maladroits. Et ils avaient pour ainsi dire provoqué la réaction de Trump en semblant reculer au dernier moment sur des points importants ayant trait à la propriété intellectuelle dont sait qu’elle est cruciale pour les US. Points qu’ils avaient du reste accordé au début des négociations... « L’art de la guerre » de Sun Tsu ne doit pas être très loin des négociateurs chinois....
- Ce round final est donc susceptible comme nous l’avons vu de redonner un peu de couleurs aux indices de volatilité. Les indicateurs publiés depuis cette annonce accusent le coup reculant en moyenne de 20%. Reste à en mesurer l’impact sur le sentiment de marché au-delà de l'effet de surprise et après une saison des résultat en demi-teinte aux US. . Jusqu’à présent, et sauf quelques poussées de fièvre passagères, le marché a toujours cru à une issue positive des négociations Sino-américaines..
On a mesuré hier son potentiel de déception....
Exposition OTEA 1 : 36%

Le point Energies et Efficacité Énergétique par Sandrine CAUVIN, Analyste-Gérante chez OTEA Capital.

Mai 2019

Les prix du pétrole évoluent entre d’une part les fondamentaux du marché et d’autre part le sentiment, ce qui se traduit par de la volatilité. La décision de l’administration Trump de bloquer totalement les exportations de brut iranien avait fait grimper les prix vers 75$/b pour le Brent, avant que Donald Trump tweet qu’il avait personnellement pressé l’OPEP de faire quelque chose afin de maintenir les prix bas. Autrement dit, demandant au cartel d’augmenter sa production. L’impact a été immédiat, les prix ont corrigé de 3% dans la journée du 26 avril pour tomber à 72$. Le secrétaire général de l’OPEP et des officiels saoudiens ont assuré de leur côté ne pas avoir été en contact avec Trump. Mais nous pensons l’OPEP alliée à la Russie sera déterminée à tenir le baril autour des 70$. C'est un prix qui convient à la fois aux producteurs et aux consommateurs. La stabilité des prix est un objectif majeur des pays producteurs, à la fois pour ne pas impacter la demande mais aussi peut-être pour protéger l’or noir face à la concurrence croissante des renouvelables. Rappelons que la situation au Venezuela pèse sur le marché et ne semble pas en voie d’amélioration. La production du pays continue de baisser (732 kb/j en mars, 1,2 Mb/j en début d’année). De leur côté, les pays asiatiques, qui importaient jusqu’à présent du brut iranien, et également vénézuélien, viennent de se tourner vers l’Arabie Saoudite pour compenser les volumes à partir de juin. L’OPEP et ses alliés se réuniront le 19 mai et les 25-26 juin pour prendre une décision sur les volumes de production (augmenter ou pas). La forte hausse hebdomadaire des stocks de brut américain (+9.9Mb) a impacté les prix, les ramenant entre 70 et 71$/b pour le Brent (61-62$/b pour le WTI), et pourrait influencer la décision de l’OPEP, ainsi que les craintes sur la croissance économique (baisse des PMI manufacturiers, enlisement des négociations sino-américaines). En outre, la croissance de la production américaine de pétrole a été revue à la baisse sur la période de janvier à avril et elle est ressortie en recul sur les deux derniers mois. La tendance est donc à surveiller dans un contexte où les forages sont en baisse depuis le début de l’année (-9%). La production de pétrole de schiste pourrait en effet décevoir cette année.

Les Bourses asiatiques plongent après les menaces de Trump sur la Chine

Mai 2019

Ce lundi, la Bourse de Shanghai a clôturé en baisse de 5,58 % et celle de Hong Kong plongeait de plus de 3 % une heure avant la fin des échanges. Les investisseurs ont été pris par surprise par les tweets rageurs de Donald Trump, annonçant un relèvement des taxes sur les importations chinoises à compter de vendredi.
Réveil douloureux pour les marchés asiatiques. Les principales places boursières dévissaient ce lundi, après les nouvelles menaces du président américain Donald Trump, qui a annoncé - dans la nuit en Asie - un relèvement des droits de douane sur des produits chinois à compter de vendredi.
En Chine continentale, l'indice composite de Shanghai a clôturé en baisse de 5,58 % tandis que celui de Shenzhen a perdu 7,38 %. A la Bourse de Hong Kong, l'indice Hang Seng chutait de plus de 3 % une heure avant la fin des échanges. Tandis que les marchés restaient fermés ce lundi au Japon, les places boursières à Taïwan, à Singapour, en Australie et en Indonésie s'inscrivaient toutes en forte baisse.
Réaction attendue de Pékin
Les investisseurs ont été pris par surprise par les tweets rageurs de Donald Trump, à quelques jours de la tenue de négociations commerciales à Washington présentées comme celles de la dernière chance . Le président américain, qui avait tweeté ces dernières semaines pour se féliciter de l'avancée des négociations, a annoncé une hausse à venir de 10 % à 25 % des droits de douane sur 200 milliards de dollars de produits chinois, justifiant cette mesure par le fait que les négociations n'avançaient pas assez vite.
Signe de l'embarras de Pékin, le régime communiste n'avait pas réagi lundi en milieu de journée aux propos de Donald Trump, dont les médias officiels ne faisaient pas même état. Selon plusieurs médias américains, le gouvernement chinois envisagerait désormais d'annuler les tractations qui devaient reprendre mercredi. Une délégation chinoise d'une centaine de personnes emmenée par le vice-Premier ministre, Liu He, est théoriquement attendue à Washington. Une telle annulation serait conforme à la stratégie de Pékin de ne pas négocier sous la menace. « Nous ne négocierons pas avec un pistolet sur la tempe », avaient prévenu les autorités chinoises l'an dernier, en pleine escalade des tensions commerciales avec Washington.
Stratégie de la menace
Les négociations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis sont dans la phase décisive qui déterminera si un accord final est possible, avait affirmé il y a une semaine le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, avant de se rendre à Pékin. Les deux parties étaient restées très discrètes sur l'avancée des discussions dans la capitale chinoise, renvoyant aux prochaines négociations à Washington. Si celles-ci avaient effectivement lieu, elles pourraient soit conduire Donald Trump à annoncer un sommet avec son homologue chinois Xi Jinping pour signer un traité commercial, soit à la reprise de la guerre commerciale.
Donald Trump a constamment brandi la menace des droits de douane pour contraindre Pékin à accepter les exigences américaines. « L'accord commercial avec la Chine avance, mais trop lentement, alors que (les Chinois) tentent de renégocier. Non ! », a-t-il tempêté sur Twitter. Début décembre, le président américain et son homologue chinois Xi Jinping avaient décidé de conclure une trêve et de suspendre l'augmentation des tarifs douaniers en raison de la reprise des discussions.
Garanties
Jusqu'à présent, Pékin s'est engagé à acheter davantage de produits américains, notamment du secteur agricole et de l'énergie. Mais Washington demande aussi des garanties sur le respect de la propriété intellectuelle et l'ouverture des marchés chinois aux entreprises américaines.
L'un des obstacles majeurs à la signature d'un compromis reste le mécanisme de mise en oeuvre d'un éventuel accord. Echaudée par des promesses passées non tenues, l'administration Trump a fait savoir qu'elle ne signerait un texte que s'il est assorti de mesures permettant de vérifier que le gouvernement chinois respecte ses engagements.
(Les Echos 06/05/2019)

Monde : Le Cac 40 plonge après cette menace « surprise » de Donald Trump contre la Chine

Mai 2019

Dimanche, Donald Trump a menacé de relever vendredi de 10% à 25% les taxes sur les 200 milliards de dollars de biens chinois importés. Les marchés sont surpris. Le CSI 300 a plongé en Asie, le Cac 40 chute de 2%.
Retour de week-end difficile pour les boursiers. En Chine, l’indice CSI 300 a plongé de 5,8% tandis que le contrat future Dow Jones est déjà en forte baisse de plus de 450 points. A Paris, le Cac 40 perd 2%, retombant lourdement sous le seuil des 5.500 points, à 5.433,38 points, dans un volume d’échanges de l’ordre de 700 millions d’euros. Toutes les valeurs de l’indice sont dans le rouge, et même quasiment l’ensemble du SRD. Les valeurs de l’automobile ou des ressources de base sont logiquement les plus touchées, à l’image de Faurecia, Valeo et Plastic Omnium, Peugeot et ArcelorMittal.
On aurait pourtant pu s’attendre à un lundi des plus calmes sur les marchés, aucune publication de premier plan du côté des entreprises ou économique n’étant programmée. C’était sans compter sur Donald Trump, à l’origine d’une nouvelle « sortie » dimanche. Et contre la Chine, alors que les dernières déclarations des responsables américains faisaient état d’avancées sur le plan du conflit commercial.
Pékin pourrait annuler l’entrevue à Washington
A Pékin, la semaine dernière, à l’issue d’une nouvelle session de négociations, Steven Mnuchin a constaté que les entretiens avaient été fructueux avec le vice-Premier ministre chinois Liu He. Le secrétaire américain au Trésor a même estimé que deux cycles supplémentaires de discussions pourraient permettre aux deux pays de finaliser un accord commercial. Le prochain est programmé dans les tout prochains jours, cette fois à Washington.
A moins que le président américain n’ait brouillé cette belle feuille de route. Hier, il a en effet déclaré que les 200 milliards de dollars de produits chinois jusque-là soumis à des droits de douane de 10% à leur entrée aux Etats-Unis seraient taxés à hauteur de 25% à partir de vendredi. Les discussions se poursuivent « mais trop lentement, parce qu'ils cherchent à renégocier ». « Non ! », a-t-il indiqué sur Twitter. Pékin pourrait dès lors annuler le nouveau round de négociations, indique la presse américaine.
Et ce n’est pas fini, « 325 milliards de dollars de biens supplémentaires que nous envoie la Chine restent non taxés mais le seront rapidement, à un taux de 25%. », a en effet indiqué le président.
« En annonçant une hausse de 10% à 25% sur 200 milliards de dollars de produits importés, le président américain prend un risque important, commente le cabinet Aurel BGC. Les marges sur les produits fabriqués en Chine sont faibles et ces hausses de tarifs impacteront directement les prix de vente. De plus, de nombreuses entreprises américaines seront soumises à ces taxes, à l'image d'Apple. Mais, surtout, les résultats de nombreuses entreprises américaines dépendent de la croissance en Chine ou des coûts de fabrication dans ce pays. »
Apple, GM, Pfizer, 3M…
Les analystes poursuivent : « Par exemple, la performance du titre Apple, après la publication de ses résultats trimestriels, s'explique en grande partie par la déclaration de Tim Cook sur l'impact positif de la récente baisse des prix en Chine sur les ventes d'iPhones. Le marché chinois est déterminant pour la croissance à venir de la société. Les ventes dans les économies émergentes, dont la Chine, sont aussi au cœur des résultats décevants de GM, de la croissance de Pfizer ou de la croissance organique de groupes comme Mondelez International ou Kraft Heinz. Les groupes technologiques, comme Qualcomm, sont dépendants du marché chinois, mais c'est aussi le cas de nombreux groupes industriels comme 3M par exemple. »
(Les Echos Investir 06/05/2019)

Europe : Antonio Tajani : « Avant de pouvoir être perfectionnée et réformée, l’Union européenne doit être préservée »

Mai 2019

L’actuel président du Parlement européen et huit de ses prédécesseurs appellent, dans une tribune au « Monde », les citoyens à ne pas oublier la leçon d’un passé payé au prix fort et à exprimer dans les urnes, le 26 mai, leur attachement aux valeurs qui ont fondé l’UE.
tribune. Il ne fait guère de doute que nous nous trouvons à la croisée des chemins et que les choix qui seront faits par les citoyens lorsqu’ils seront appelés à voter à la fin du mois de mai seront déterminants pour l’avenir de l’Europe.
Nous avons été présidents du Parlement européen en des temps aussi bien d’incertitude que d’optimisme. Tout au long de l’histoire du continent après la seconde guerre mondiale, la solidarité a uni les Européens et leur a permis de faire face aux plus grandes difficultés, même lorsque les nuages du doute étaient les plus sombres. Nous ne parlons plus d’« anciens » et de « nouveaux » Etats membres, nous parlons d’une Europe, d’Helsinki à Nicosie et de Lisbonne à Varsovie, en passant par Bucarest.
Des certitudes anciennes qui ont servi l’Europe et le reste du monde, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, sont aujourd’hui mises à l’épreuve par une nouvelle vague de politiques de marchandage et par une montée des tensions géopolitiques dans une nouvelle ère de concurrence entre les puissances.
En tant qu’Européens, nous ne pouvons pas choisir pour les autres. Nous ne pouvons pas contrôler ce que les autres font, mais nous pouvons choisir pour nous‑mêmes, faire des choix collectifs dans notre propre intérêt, en cohérence avec nos besoins et nos valeurs, ainsi qu’avec les besoins du monde.
Clé de voûte de la paix
L’Union européenne est moins parfaite que beaucoup le voudraient et moins imparfaite que la caricature présentée par ses détracteurs les plus radicaux. Avant de pouvoir être perfectionnée, adaptée et réformée, elle doit tout d’abord être préservée.
Il y a quarante ans, en juin 1979, le Parlement européen était élu pour la première fois. Quarante ans plus tôt, en 1939, une génération entière de jeunes Européens allaient devoir se battre les uns contre les autres. Cinquante-cinq millions de personnes ont perdu la vie au cours de la seconde guerre mondiale.
Travailler ensemble pour résoudre les problèmes et les différences a constitué la clé de voûte de la paix et de l’unité européennes depuis lors. Cette leçon, payée au prix le plus fort, ne saurait être oubliée ou mise de côté par apathie ou hostilité.
Le soutien à l’Union européenne se situe à un niveau record dans les sondages d’opinion, et il doit désormais s’exprimer dans les urnes. Nous avons le plus grand marché unique au monde. Nos valeurs et nos traditions, à savoir la dignité de chaque être humain, la liberté, la démocratie, l’ordre juridique et la paix, sont à la base de notre mode de vie.
(Le Monde 06/05/2019)

Géopolitique : Washington déploie porte-avions et bombardiers au Moyen-Orient, un « message » à l’Iran

Mai 2019

Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton, parle de message « clair et indubitable », sans préciser contre quelle menace il entend agir.
Les Etats-Unis envoient un porte-avions et une force de bombardiers au Moyen-Orient, un message « clair et indubitable » à l’Iran, a déclaré dimanche 5 mai le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton.
« En réponse à des indications inquiétantes d’escalade et de mises en garde, les Etats-Unis déploient le porte-avions et groupe aéronaval Abraham-Lincoln et une force de bombardiers auprès du commandement central américain de la région », a dit M. Bolton dans un communiqué, sans détailler la nature de l’escalade imputée à Téhéran.
Le déploiement a pour but d’envoyer « un message clair et indubitable au régime iranien », à savoir que « toute attaque contre les intérêts des Etats-Unis ou contre ceux de nos alliés rencontrera une force implacable », a-t-il poursuivi.
« Les Etats-Unis ne cherchent pas la guerre avec le régime iranien, mais nous sommes totalement préparés à répondre à toute attaque, qu’elle soit menée par procuration, par le corps des gardiens de la révolution islamique ou par les forces régulières iraniennes », a ajouté le conseiller du président Donald Trump.
Le communiqué ne précise pas pourquoi ce déploiement se déroule maintenant, mais est publié sur fond d’escalade meurtrière depuis samedi entre groupes armés palestiniens – qui tirent des roquettes depuis la bande de Gaza en territoire israélien – et l’Etat hébreu qui mène des raids aériens en représailles.
Les relations entre Washington et Téhéran sont au plus bas. Il y a un an, l’administration Trump a claqué la porte de l’accord international censé empêcher la République islamique de se doter de la bombe atomique, au motif qu’elle le jugeait trop laxiste et qu’il ne s’attaquait pas aux autres comportements « déstabilisateurs » de l’Iran au Moyen-Orient.
Mais les autres signataires, à commencer par les alliés européens de Washington, restent pour l’instant attachés à ce texte et Téhéran continue de le respecter, selon les inspecteurs internationaux.
(Le Monde 06/05/2019)

US : Commerce : Trump annonce de nouvelles surtaxes sur les importations chinoises

Mai 2019

Alors qu'une importante délégation chinoise arrive mercredi à Washington, le président américain a annoncé sur Twitter qu'il porterait de 10 à 25 % les surtaxes pesant sur 200 milliards de produits chinois, et taxerait « très bientôt » 325 milliards de dollars d'importations supplémentaires.
Dans l'art de la négociation selon Donald Trump, un tweet rageur est parfois annonciateur d'un accord. Alors qu'une importante délégation chinoise arrive ce mercredi à Washington pour poursuivre les négociations commerciales, le président américain a annoncé dimanche qu'il allait porter les surtaxes frappant 200 milliards de dollars de marchandises chinoises de 10 à 25 % dès ce vendredi, et promis de sanctionner bientôt d'autres biens non taxés, considérant que les négociations avec Pékin, qui durent depuis des mois, n'avancent pas assez vite.
« Depuis 10 mois, la Chine a payé aux Etats-Unis des surtaxes de 25 % sur 50 milliards de dollars de produits high tech et de 10 % sur 200 milliards de dollars d'autres produits, a-t-il tweeté dimanche dans deux messages consécutifs. Ces paiements sont en partie responsables de nos incroyables résultats économiques. Les 10 % monteront à 25 % dès ce vendredi. 325 milliards de dollars de produits supplémentaires qui nous sont envoyés par la Chine ne sont pas encore non taxés, mais vont l'être très bientôt, à un taux de 25 %. Les surtaxes payées aux USA ont eu un impact très faible sur le coût des produits, qui est essentiellement supporté par la Chine. Les négociations commerciales avec la Chine se poursuivent, mais trop lentement car ils essaient de renégocier. Non ! »
Signal encourageant
Fin février, Trump avait annoncé qu'il ne porterait pas de 10 à 25 % les surtaxes pesant sur 200 milliards de dollars d'importations chinoises comme il l'avait promis depuis des semaines. Il avait justifié cette mansuétude par les « progrès substantiels » constatés dans les discussions sur des sujets comme la propriété intellectuelle et les transferts de technologies entre les deux pays, au coeur des revendications de Washington. Enthousiaste, le président avait même promis qu'un accord était imminent . Mais les discussions ont semblé s'enliser de nouveau, faisant peser sur les marchés une dangereuse incertitude.
Le représentant au commerce américain Robert Lighthizer et le secrétaire au Trésor Steve Mnuchin se sont rendus à Pékin la semaine dernière pour poursuivre les négociations. Celles-ci doivent reprendre ce mercredi alors qu'une délégation chinoise de plus de 100 représentants du gouvernement et menée par le vice-premier ministre Liu He se rend à Washington. Un signal interprété par certains comme encourageant pour l'issue des négociations. Les parties espèrent que les grandes lignes d'un accord pourront être établies d'ici la mi-mai. Mais si les investisseurs attendent un accord, même partiel, avec impatience, certains chefs d'entreprise font pression pour que Washington tienne bon sur les sujets considérés comme stratégiques pour eux, que sont la propriété intellectuelle et les transferts de technologie.
(Les Echos 06/05/2019)

France : Sortir de la « tyrannie » du pouvoir d'achat

Mai 2019

Le gouvernement lance ce lundi une mobilisation pour l'emploi et la transition environnementale associant les corps intermédiaires. Il est temps de sortir des débats sur les mesures de court terme et non financées de soutien au pouvoir d'achat.
Lutte contre le chômage de masse et transition écologique. Le gouvernement tend la main aux corps intermédiaires, réunis ce lundi à Matignon , pour aborder les dossiers économiques et sociaux parmi les plus lourds du moment. Il n'est que temps d'associer davantage les partenaires sociaux, associations et représentants des territoires pour tenter d'impulser une mobilisation collective.
Mais aussi et surtout de sortir de la « tyrannie » du pouvoir d'achat et des mesures de court terme. Sous la pression de la rue, l'exécutif a ouvert les vannes de la dépense fiscale et sociale, débloquant 17 milliards d'euros et renonçant à des recettes programmées (montée en charge de la taxe carbone) d'ici à 2022, ce qui va grever bien davantage les finances publiques.
Les Français moins riches que les Allemands
Et de fait, les résultats sont là, l'Etat ayant mis en oeuvre l'ensemble des mesures dans des délais très courts . Prime d'activité, « prime Macron », heures sup défiscalisées, remboursements de CSG pour certains retraités : le pouvoir d'achat va progresser à un rythme particulièrement soutenu cette année, a mesuré l'Insee.
Sauf qu'une dimension essentielle du pouvoir d'achat a été peu abordée dans le grand débat : c'est d'abord en faisant reculer le chômage et en produisant davantage que les Français pourront s'enrichir collectivement (et in fine individuellement), alors que l'écart s'est indubitablement creusé avec nos voisins allemands depuis dix ans.
Avec un taux de chômage encore proche de 9 % , la France se singularise par rapport aux grands pays industrialisés. L'économie laisse en particulier sur le carreau nombre de jeunes sans qualification, et traite mal ses salariés âgés.
Le « pacte productif » évoqué par le chef de l'Etat pour aller vers le plein emploi reste à l'état d'ébauche. Il devrait désormais mobiliser toutes les énergies et focaliser le débat public, plutôt que de se perdre dans des polémiques stériles sur le degré de violence des uns et des autres chaque samedi.
Impulsion locale
Les réformes engagées en matière d'apprentissage, de formation professionnelle et d'assouplissement du Code du travail vont dans le bon sens. D'autres sont encore en attente (assurance-chômage, aides à la mobilité, baisse des impôts de production, etc.). Des obstacles sont levés, de nouveaux outils et guichets sont disponibles, mais il manque souvent, bassin d'emploi par bassin d'emploi, entreprise par entreprise, l'impulsion et la coordination de l'ensemble des acteurs. Des bonnes recettes trouvées localement pourraient être dupliquées. Un chantier de longue haleine à engager sans tarder.
(Les Echos 06/05/2019)

Le point Energies et Efficacité Énergétique par Sandrine CAUVIN, Analyste-Gérante chez OTEA Capital.

Avril 2019

Les Etats-Unis ont officiellement annoncé en début de semaine dernière qu'ils ne renouvelleraient pas les dispenses accordées aux acheteurs de brut iranien quand les exemptions actuelles prendront fin le 2 mai. Cela a été une surprise alors que le marché anticipait une extension, avec cependant, une diminution des volumes d’importation autorisés. On peut y voir certaine une forme de pression de l’administration américaine suite à l’envoi de fret aérien en provenance de Russie et de Chine et à destination du Venezuela en soutien au gouvernement Maduro, marquant ainsi un refroidissement des relations entre la Chine et les Etats-Unis. Sur le mois de mars, les exportations iraniennes se sont réparties de la manière suivante : Chine 613 kb/j, Corée du Sud 387 kb/j, Inde 258 kb/j, Japon 108 kb/j, Turquie 97 kb/j, autres 226 kb/j. Même si c’est l’objectif de l’administration américaine, il est peu probable que les exportations iraniennes atteignent le niveau zéro, en particulier concernant la Chine. Toutefois, ces exportations devraient diminuer de moitié par rapport au niveau actuel. L'attention du marché devrait se porter sur la réaction de l'OPEP. Il est probable que ses membres, alliés à la Russie, décident de ne pas prolonger l'accord actuel de réduction de la production au-delà de juin. Une réunion est prévue le 19 mai (Joint Ministerial Monitoring Committee). La décision sur les quotas de production ne devrait cependant être prise que lors de la prochaine réunion ministérielle de l'OPEP, qui se tiendra les 25 et 26 juin. L’Arabie Saoudite a d’ailleurs indiqué qu’elle attendrait de voir la baisse des exportations iraniennes avant d’agir. Ce n’est pas dans l’intérêt de l’OPEP de voir les prix s’emballer car cela risquerait au final d’avoir un impact négatif sur la demande mondiale de brut. Si la réaction du marché a été significative après l’annonce américaine (+2$ à 74$/b), un tweet de Donald Trump vendredi, annonçant justement que les pays de l’OPEP étaient d’accord pour augmenter leur production, ait venu calmer les ardeurs. Les prix ont ainsi terminé la semaine à 72,15$ pour le Brent. Dans le contexte actuel, nous nous attendons à une volatilité des prix, au moins jusqu’à la décision de l’OPEP.

Monde : Italie 1, Espagne 0, l’arbitre de la séance est américain

Avril 2019

Bonne nouvelle pour l’Italie, l’agence Standard & Poor’s n’ayant pas dégradé sa note de crédit. L’Espagne est de son côté en situation de blocage politique. On attend cet après-midi l’évolution des dépenses des ménages américains.
Au vu du programme allégé de ce lundi, tant sur le plan statistique que des entreprises, il eut paru censé à certains boursiers de prendre un peu plus de temps qu’à l’accoutumée pour s’intéresser au marché. D’autant que Wall Street a terminé en légère progression en fin de semaine dernière (+0,3% pour le Dow Jones comme pour le Nasdaq Composite). Pourtant, la tendance à l’ouverture de cette séance était tributaire de deux rendez-vous qui étaient programmés après la clôture européenne de vendredi. Ou plutôt de deux « dangers ».
Ça passe pour l’Italie…
Les investisseurs surveillaient tout d’abord la décision de Standard & Poor's concernant la note de l’Italie. Sur ce point, pas d’alerte. L’agence a confirmé la note du pays à « BBB » assortie d'une perspective négative. Ce qui veut quand même dire que cette la note pourrait être abaissée dans les deux ans si la dette et le déficit publics, exprimés en pourcentage du produit intérieur brut (PIB), dépassaient nettement les prévisions. La note de l'Italie pourrait aussi être déclassée si « nous observons une dégradation prononcée des conditions financières externes de l'Etat et de ses banques », a expliqué S&P, ou encore si les changements de politique économique « affaiblissent de manière permanente le potentiel de croissance ».
… L’Espagne politique en difficulté
L’autre sujet était de nature politique. Dimanche, les Espagnols se rendaient en effet aux urnes pour de nouvelles élections législatives. Sans surprise, ce sont les socialistes du PSOE et son président Pedro Sánchez qui sont arrivés en tête, mais c'est vers Vox, que se tournaient tous les regards, pour savoir dans quelle mesure le parti d’extrême-droite pourrait siéger au Parlement. Avec ses 10% de suffrages, il fait effectivement son entrée, avec 24 sièges. C’est quand même un peu moins que ce qu’annonçaient les derniers sondages. A l’autre extrême, Podemos fait, lui, un peu mieux qu’anticipé, avec 14% des votes. Les socialistes réalisent un bon score, en obtenant 29% des suffrages, devant la formation de droite (PP, 17%, en net recul) et Ciudadanos (16%). Ainsi, le bloc de gauche parvient à rassembler 165 députés, contre 147 à droite. Pas suffisant pour obtenir la majorité de 176 élus. Il faudra donc négocier avec les petits partis, par exemple les indépendantistes catalans. Pas sûr qu’une issue soit trouvée avant les élections européennes de la fin mai.
A une demi-heure de l’ouverture, le contrat future Cac 40 est stable.
Attention au consommateur américain
Le programme du jour est peu fourni. Le rendez-vous principal est fixé à 14h30 aux Etats-Unis avec la publication des chiffres des dépenses des ménages américains pour le mois de mars. Les premières sont attendues, selon le consensus Bloomberg, en hausse de 0,7%, tandis que les revenus devraient avoir augmenté de 0,4%.
Pas grand-chose à signaler, non plus, du côté des entreprises. Renault a mandaté des banquiers pour explorer une fusion entre égaux avec Nissan. Fin de non-recevoir, pour le moment, du côté des Japonais.
Sanofi a annoncé samedi que la Food and Drug Administration (FDA), l'autorité sanitaire américaine, avait donné son feu vert au Praluent, médicament anticholestérol du laboratoire pharmaceutique développé avec l'américain Regeneron.
(Les Echos Investir 29/04/2019)

US : Aux Etats-Unis, une Fed indépendante mais trumpiste

Avril 2019

La banque centrale américaine mène la politique très souple que souhaite Donald Trump mais retoque ses candidats au conseil de politique monétaire de l’institution.
Oubliées les peurs de la fin 2018, retour à l’euphorie. La croissance américaine est au plus haut, avec un rythme annuel de 3,2 % au premier trimestre, après une année 2018 exceptionnelle (2,9 % de croissance). La Bourse de New York a retrouvé, fin avril, les sommets historiques atteints en septembre 2018. Depuis le début de l’année, l’indice Standard & Poor’s 500, qui reflète la globalité de l’économie américaine, a progressé de 17 % tandis que le Nasdaq, l’indice riche en technologie, s’est envolé de 22 %, sa meilleure performance depuis 1991.
La Bourse est dopée par les bons résultats des entreprises, l’accalmie dans la guerre commerciale avec la Chine et le report du Brexit, et surtout par l’action de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui s’est métamorphosée en quelques mois de faucon à colombe. Les taux à dix ans restent très bas, à 2,50 %, tandis que la Fed a mis un terme, début janvier, à sa politique de remontée des taux d’intérêt, engagée depuis la fin 2015. Et la mollesse de l’inflation ne devrait pas l’inciter à changer d’avis lors de la réunion de son comité de politique monétaire, mardi 30 avril et mercredi 1er mai.
Est-ce à dire que la banque présidée par Jerome Powell a capitulé face aux injonctions des marchés et de Donald Trump, qui n’a cessé de critiquer l’institution pour sa politique de durcissement monétaire et exigé récemment qu’elle réduise ses taux directeurs, actuellement compris entre 2,5 % et 2,75 %, d’un demi-point ? Oui et non.
Sur le fond, la Fed voulait avoir remonté au maximum ses taux à la fin de l’année 2018, pour pouvoir les rebaisser en cas de récession. C’est ce qui explique son cafouillage de fin d’année : la décision de les augmenter une nouvelle fois n’a pas été complètement assumée car les nuages économiques s’amoncelaient à l’horizon.
(Le Monde 29/04/2019)

Europe : Sánchez doit désormais gagner les européennes

Avril 2019

À un mois du scrutin, le Premier ministre, vainqueur des législatives espagnoles, fait la course en tête face à un Partido Popular en crise.
À peine le scrutin législatif remporté, Pedro Sánchez Castejón doit enchaîner avec les européennes du 26 mai prochain. Si la composition du gouvernement espagnol s'annonce toujours aussi difficile compte tenu de l'émiettement des votes, le leader de la gauche espagnole peut compter sur un scrutin européen plus tranquille. La liste du PSOE est conduite par Josep Borrell, le ministre des Affaires étrangères du gouvernement Sánchez. Une figure rassurante qui a dirigé le Parlement européen entre 2004 et 2007.
Selon les projections du Parlement européen, la liste du PSOE était créditée de 29,6 % des voix à la mi-avril. La délégation espagnole obtiendrait 18 sièges, soit 4 de plus que lors des catastrophiques européennes de 2014, où les socialistes espagnols avaient réalisé leur plus mauvais score (23,01 %). Ce score, meilleur, ne permet pas pour autant à Pedro Sánchez Castejón de s'imposer comme le nouveau champion de la gauche européenne. « C'est un dirigeant habile et ambitieux. Plus tacticien qu'idéologue », souligne-t-on chez les socialistes français, lesquels sont en voie d'évaporation. Le PSOE est traditionnellement situé sur l'aile gauche du Parti socialiste européen (PSE), ce qui, face au SPD, l'a longtemps réduit à la marginalité au sein de la gauche européenne. Mais les déboires électoraux des Allemands du SPD conjugués aux succès du Portugais António Costa sont en passe de déplacer le centre de gravité du PSE vers la gauche, et du Nord vers le Sud. Avec la complicité de Costa, Sánchez pourrait donc, à l'avenir, poser les jalons d'une nouvelle gauche européenne, surtout s'il reçoit le renfort du Labour de Corbyn, éventuellement de retour au Parlement européen.
Le PP a su placer ses hommes aux postes-clés
La fin du bipartisme en Espagne, à la suite de la crise économique, se fait toutefois durement ressentir pour les deux formations, le PSOE pour la gauche, le Partido Popular (PP) pour la droite. En 1999, le PP dominait avec 39,74 % des suffrages aux europénnes (27 sièges) devant le PSOE, 35,33 % (24 sièges). Jusqu'en 2009, le PP était en phase de progression aux européennes avec 41,21 % en 2004 (24 sièges) et 42,12 % (24 sièges) en 2009. Le PSOE, de son côté, s'offrait une courte victoire aux européennes de 2004 avec 43,46 % (25 sièges, seulement un de plus que son rival conservateur). En 2009, il s'inclinait avec 38,78 %, mais conservait 23 sièges au sein du groupe des sociaux-démocrates du Parlement de Strasbourg.
Tout bascule pour les deux partis structurants de la vie politique espagnole dans les années qui suivent la crise économique. Néanmoins, le Partido Popular, avec 16 eurodéputés depuis 2014, a réussi à maintenir une belle influence au sein du Parti populaire européen (PPE) auquel il est affilié. Allié fiable de la CDU-CSU, il a su placer ses hommes aux postes-clés, généralement en appui des Allemands du fait de la bonne entente entre Manfred Weber, le président du groupe PPE à Strasbourg, et d'Esteban Gonzáles Pons, vice-président du groupe PPE au Parlement.
Le phénomène Vox, qui fait son entrée aux Cortes pour la première fois depuis la fin du franquisme avec 24 députés, se répercutera dans l'enceinte du Parlement européen. Le parti de Santiago Abascal n'a pas de discours de rejet de l'Union européenne, mais il prône une politique ferme anti-islam, la reconduite aux frontières des migrants et la construction d'un mur en béton à Ceuta et Melilla, les enclaves espagnoles au Maroc. Il est opposé au fédéralisme, s'érige contre les tentations indépendantistes en Espagne, plaide pour une recentralisation de certaines compétences régionales et défend les valeurs catholiques d'une Espagne patriarcale. Selon les projections actuelles, la liste Vox flirte avec les 10 % (contre 1,57 % en 2014) et récolterait 6 sièges à Strasbourg.
(Le Point 29/04/2019)

France : Le gouvernement face à la nouvelle feuille de route fixée par Macron

Avril 2019

Edouard Philippe réunit ce lundi un « séminaire de la majorité » qui intégrera le gouvernement mais aussi des responsables LREM et Modem.
Un séminaire plus large et plus long que ceux organisés jusqu'à présent, car la feuille de route est nettement plus dense. Après la conférence de presse d'Emmanuel Macron jeudi dernier qui lui a permis de mettre sur la table ses décisions suite au grand débat , place à leur mise en oeuvre. Le gouvernement d'Edouard Philippe se réunit ce lundi en séminaire à Matignon.
Prévu pour durer la journée entière, ce « séminaire de la majorité » réunira l'ensemble du gouvernement le matin, auquel viendront se greffer des représentants de la majorité l'après-midi : les présidents de groupes parlementaires et de commissions LREM et Modem à l'Assemblée nationale et au Sénat. Un élargissement destiné à fluidifier les relations entre l'exécutif et la majorité, qui ont connu quelques épisodes houleux récemment, car, de fait, le calendrier législatif sera bousculé au cours des prochaines semaines.
Avant même ce séminaire, dès le lendemain des annonces d'Emmanuel Macron, les ministres se sont déployés pour faire le service après-vente et préciser les contours d'annonces parfois floues, comme la baisse de l'impôt sur le revenu .
« Nous avons une feuille de route détaillée. Il faut maintenant la mettre en oeuvre et valoriser ce qu'on fait », analyse un membre de l'équipe gouvernementale. Si les deux premières années du quinquennat ont été riches en réformes, elles sont encore mal perçues. Les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes, comme le montre la baisse limitée du chômage au premier trimestre, annoncée vendredi dernier.
« Rien là-dedans »
Impôts, pouvoir d'achat, social, institutions, vie démocratique… Conformes à ce qui avait fuité de l'allocution présidentielle qui avait été enregistrée, mais non diffusée en raison de l'incendie de Notre-Dame de Paris , les annonces d'Emmanuel Macron doivent encore convaincre. Les Français restent prudents, puisque selon un sondage Harris Interactive publié après la conférence de presse, ils sont 63 % à ne pas être convaincus.
Les oppositions se sont engouffrés dans la brèche et n'ont pas manqué de dénoncer le vide de ces annonces. « Il n'y a rien là-dedans. Ce qui m'a amusé, c'est qu'au bout de deux ans de présidence, il se rend compte qu'il y a des problèmes en France », a réagi samedi sur Europe1 le leader de la CGT, Philippe Martinez. « Grand débat, petites réponses », a ironisé le premier secrétaire du PS, Olivier Faure. Les trous dans la raquette, notamment en matière d'environnement, sont aussi relevés.
« Choses les plus profondes »
De leur côté, les membres de la majorité insistent sur cet acte II du quinquennat, qu'ils espèrent être une renaissance. « Les choses qui ont été apportées par le président de la République, ce sont les choses les plus profondes qu'on pouvait imaginer […]. C'est au fond la réponse à toutes les critiques qui ont été apportées, y compris par les gilets jaunes », a déclaré dimanche sur BFMTV le président du Modem et proche d'Emmanuel Macron, François Bayrou.
L'exécutif peut se féliciter d'une mobilisation en baisse des « gilets jaunes » samedi dernier : pour leur acte 24, ils n'ont réuni que 23.600 manifestants. Mais le gouvernement n'en a pas fini pour autant avec ce mouvement, avant un 1er mai qui s'annonce sous très haute tension. Dans le même temps, la campagne pour les élections européennes va s'installer peu à peu, tout se jouant dans les quinze derniers jours. Emmanuel Macron a besoin d'un bon score de la liste Renaissance de LREM, et notamment d'une première place devant le RN ( qui est encore loin d'être acquise ), s'il veut un acte II du quinquennat commençant sous les meilleures auspices.
(Les Echos 29/04/2019)

Émergents : La peur du chômage va-t-elle influencer le vote indien ?

Avril 2019

En Inde les plus longues élections législatives jamais organisées à travers le monde sont entrées dans leur quatrième phase. Et au fil du temps et de l’actualité, les enjeux du scrutin évoluent : la priorité des électeurs n’est plus la sécurité, c’est désormais le chômage.
Dans le dernier sondage -effectué par CVoters-Ians, publié ce week-end par la presse indienne il y a eu effectivement un basculement de l’opinion : 28% pensent maintenant que l’emploi est le principal problème que le futur gouvernement devra résoudre et 21% seulement mettent l’accent sur l’insécurité, alors qu’à la mi-mars la peur du terrorisme était au coude à coude avec les thématiques économiques. Malgré le discours identitaire brandi pendant toute la campagne par le Premier ministre sortant Narendra Modi et son équipe du BJP, ses échecs économiques lui reviennent aujourd’hui en boomerang.
Le bilan économique de Narendra Modi est-il si mauvais ?
Il est surtout décevant. La croissance promise est bien au rendez-vous. A 6,7% pour l’exercice 2017/2018 et une prévision encore plus forte pour l’année en cours elle demeure impressionnante, et pourtant c’est encore bien trop lent pour rattraper la Chine, l’une des ambitions affichées par le leader du parti hindou. La lutte contre l’inflation a aussi donné un résultat mitigé. La hausse des prix s’est calmée, elle est passée en dessous de la barre des 10%, mais cette performance est très artificielle. L’inflation a suivi la pente descendante du cours de baril de pétrole dont l’Inde est un gros importateur net, mais chaque fois que le brut remonte, cela entraîne le retour de l’inflation et c’est ce que les analystes redoutent pour les prochains mois, depuis que Donald Trump a annoncé le blocage complet du commerce du brut iranien, dont l’Inde est un gros client.
Le quotidien des Indiens s’est-il dégradé pendant ces cinq ans de gouvernance Modi ?
Les Indiens ont surtout été traumatisés par la mise en œuvre ratée de réformes présentées comme majeures. D’abord l’opération surprise de démonétisation censée supprimer la corruption. La Banque centrale a en fait servi de grande lessiveuse en reprenant des milliards de roupies sans atteindre l’argent de la corruption déjà réinvesti dans des actifs sûrs. En revanche ce choc monétaire a totalement congestionné l’économie dominée par l'informel. L’introduction de la TVA a été une deuxième réforme titanesque qui a raté son objectif de simplification. Quant au décloisonnement de l’économie, il a bien profité aux investissements étrangers qui ont bondi ces dernières années, mais la création d'entreprises bute encore sur les blocages bureaucratiques qui ralentissent la moindre décision.
Les Indiens se disent surtout préoccupés par la montée du chômage.
Un phénomène difficile à cerner parce que les chiffres fiables et récents sont rares. D’après les données gouvernementales confidentielles qui ont fuité dans la presse le chômage a bel et bien augmenté, il est supérieur à 6%, du jamais vu depuis 45 ans. Les villes sont encore plus touchées que les campagnes. Onze des plus grands États ont des taux supérieurs à la moyenne nationale. Le Gujarat qu’a dirigé Narendra Modi et qu’il a érigé en modèle de réussite économique a aussi renoué avec le chômage. En fait la croissance indienne est prodigieuse, mais encore bien trop lente face à la poussée démographique. Chaque mois un million de jeunes supplémentaires arrivent sur le marché de l’emploi. Donner à l'économie la capacité d'absorber cette main-d'œuvre sera le plus gros défi du prochain gouvernement.
En bref,
La réunion annuelle des actionnaires de Boeing se tient aujourd'hui à Chicago, au moment où la responsabilité de l'avionneur est à nouveau sur la sellette.
Boeing a attendu le crash du 737 Max de la Lion air pour prévenir les compagnies que le signal lumineux avertissant des dysfonctionnements de son système anti décrochage était désactivé et qu'il était devenu optionnel et payant. C'est ce qu'ont découvert l'an dernier des inspecteurs de l'agence de régulation du ciel américain en analysant la flotte de la compagnie Southwest, ils ont alors envisagé de clouer tous les Max au sol et ont finalement renoncé. L'accident de l'Éthiopian Airlines aurait donc pu être évité.
Pour la première fois en sept ans, les États-Unis ont augmenté leurs dépenses militaires en 2018
C'est ce qui ressort de l'enquête annuelle du Sipri, l'institut de Stockholm de recherche sur la paix. Les dépenses mondiales sont en hausse pour la deuxième année consécutive, surtout à cause des États-Unis et de la Chine, les deux premiers budgets de défense au monde. Dans le top 5 suivent l'Arabie Saoudite, l'Inde et la France.
(RFI 29/04/2019)

Géopolitique : Biodiversité : « semaine de vérité » à Paris pour l'avenir de la planète

Avril 2019

Le groupe d'experts scientifiques mandatés par les Nations unies pour ausculter la biodiversité mondiale se réunit à partir de lundi à Paris. L'état des lieux et les perspectives d'évolutions des milieux naturels qu'ils vont dresser s'annoncent très alarmants. Paris mise sur cet électrochoc pour inciter les Etats à agir, comme pour le climat.
L'enjeu est planétaire et au moins 132 pays en ont très clairement pris la mesure. Ceux dont les représentants scientifiques et politiques se réunissent lundi et pour une semaine à Paris, au Palais de l'Unesco, afin de s'entendre sur un diagnostic partagé de l'étendue des dommages causés par les activités humaines. Des dégâts dont il faut à tout prix éviter qu'ils ne s'étendent et ne prennent définitivement un caractère irréversible, sous peine d'accélérer la « sixième extinction de masse » du vivant dans laquelle l'humanité a déjà mis un pied.
Un état des lieux établi selon la même démarche que celle qui est employée pour ausculter l'évolution du climat et les effets du réchauffement. Comme le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques ( IPBES ) a compilé une masse d'études scientifiques pour produire un rapport dont le contenu sera examiné à Paris.
Un GIEC de la biodiversité
Ce document de 1.800 pages doit, comme pour le GIEC avec le climat, aboutir à l'adoption d'un « résumé pour les décideurs » qui sera dévoilé le 6 mai prochain. Fruit de trois années de travaux, il fournira un inventaire des services que les écosystèmes rendent à l'homme. Des prélèvements de ressources naturelles aussi essentiels que l'eau ou l'air dont le coût, s'il fallait les payer, avoisinerait les 125.000 milliards de dollars par an, selon le dernier rapport Planète Vivante du WWF .
« Les apports que les gens tirent de la nature sont fondamentaux pour l'existence et la richesse de la vie humaine sur Terre, et la plupart d'entre eux ne sont pas totalement remplaçables », mettent en garde l'IPBES dans un texte provisoire dont le contenu a filtré la semaine dernière , assorti d'une kyrielle de constats alarmants. Ainsi, sur les 8 millions d'espèces estimées habitant la planète (dont 5,5 millions d'espèces d'insectes), « un demi-million à un million d'espèces devraient être menacées d'extinction, dont beaucoup dans les prochaines décennies ».
Propager l'onde de choc
Mais il n'est pas sûr que le « résumé des décideurs », qui sera négocié ligne par ligne, reflète sous tous ses angles la catastrophe qui s'annonce. Certains pays, à commencer par les plus développés, par crainte de voir leur responsabilité engagée, pourraient ne pas souscrire à certains constats ou, sinon, évasivement. Ce n'est pas ce qu'espère la France à l'origine de ce processus initié en 2005 par Jacques Chirac lors d'une première grande conférence sur la biodiversité.
La diplomatie française veut reprendre la formule qui a réussi aux négociations climatiques et dont le dernier grand aboutissement est l'accord de Paris conclu en 2015 lors de la COP21 . Aux yeux du quai d'Orsay, le « résumé pour les décideurs », qui sortira la semaine prochaine, sera « le socle » de la Convention internationale sur la diversité biologique - la COP15 - qui se tiendra fin 2020 en Chine.
Un autre acte se jouera les 5 et 6 mai, à Metz, au G7 environnement. La balle sera, cette fois, dans le camp de politiques. Sommés de répondre au message des scientifiques et envoyer des premiers signaux forts d'engagement ? Paris l'espère et entend également exploiter d'autres grands rendez-vous mondiaux pour prolonger le plus longtemps possible l'onde de choc déclenchée par l'IPBES et obtenir des avancées : le G7 de Biarritz, du 24 au 26 août prochain, et le Congrès de l'Union internationale pour la conservation de la nature ( UICN ) que la France a arrachée et qui se tiendra en juin 2020 à Marseille avant la COP15.
(Les Echos 29/04/2019)

OTEA Capital partenaire de Vie Plus pour sa Convention annuelle le 4 avril 2019.

Avril 2019

Le 4 avril dernier, OTEA Capital était partenaire de la Convention Annuelle Vie Plus qui réunissait les CGP et sociétés de gestion qui accompagnent régulièrement la plateforme dans son développement.
L'événement qui rassemblait une trentaine de SGP et une centaine de CGP se déroulait au pavillon Cambon. Après une intervention anticipatrice de Bernard LE BRAS, Président du Directoire de Suravenir et Directeur général Délégué du Groupe Crédit Mutuel Arkéa, ce fut au tour d'Anne-France GAUTHIER, Directrice Commerciale de la plateforme d’intervenir sur les nouveautés proposées par cette dernière.
Puis ce fut Gilbert HABERMANN, ancien Directeur de la Gestion Privée de LCL Banque Privée d'inviter les participants à réfléchir sur la valeur ajoutée attendue par les clients patrimoniaux de leurs interlocuteurs en matière de conseil et de suivi. La composante travail s'est conclue sur une intervention remarquée et appréciée d'un mentaliste émérite.
Didier DUGUÉ, Directeur Général, et Pierre FOURNIER, Directeur Commercial, représentaient OTEA Capital lors de cette magnifique manifestation qui leur a permis d'échanger sur le très bon début d'année de la société en matière de gestion financière et sur l'intérêt pour les clients patrimoniaux et les CGP à regarder de près la gamme de fonds proposée par OTEA Capital.

OTEA Capital a clôturé sa Tournée des Rendez-vous de la Gestion à Paris le 11 avril 2019

Avril 2019

C'est donc une nouvelle Tournée des Rendez-vous de la Gestion qui s'est clôturée le 11 avril dernier à Paris. Menée et animée en partenariat avec Franklin Templeton Investments et Portzamparc Gestion, celle-ci a permis, au travers des 20 dates de rencontre à travers toute la France, de venir dialoguer avec 400 CGP. Animée autour du thème "2019 : Début d'un nouveau cycle ?", elle a donné l’occasion à Pierre FOURNIER, Directeur Commercial d’OTEA Capital, d'apporter un éclairage particulier sur la gestion flexible et son intérêt dans des marchés où le couple rendement/risque est un facteur déterminant pour les investisseurs. Il a ainsi pu illustrer son propos au travers des fonds OTEA 1 et OTEA Actions Europe qui ont reçu un très bon accueil des partenaires présents, ravis de mieux connaître ou découvrir les particularités de la société et de sa gamme de fonds. Le Fonds OTEA Energy a également pu être abordé.Nous vous donnons à présent rendez-vous dans les prochaines semaines pour aborder avec vous tous, partenaires CGP d'OTEA Capital, les spécificités et les caractéristiques de notre offre.

Le point Macroéconomique par Laurent PUGET, Président d’OTEA Capital

Avril 2019

Que signifie une baisse très sensible du nombre des investisseurs optimistes doublée d’une baisse presque aussi importante des pessimistes et une explosion des investisseurs neutres ? Ce n’est certainement pas une mauvaise nouvelle de notre point de vue. Ce rallye comme beaucoup, lorsqu’ils suivent une forte baisse sont détestés « hated rallye » et suscitent beaucoup de frustration. Ces rallyes finissent lorsqu’ils deviennent « populaires », lorsqu’ils deviennent une évidence pour tout le monde, ça n’a pas l‘air encore le cas si on en croit les derniers chiffres de l’AAII. C’est moins évident si on se fie aux autres signaux que nous regardons d’où le maintien d’un biais plutôt prudent dans notre exposition aux actions. En outre il faut toujours garder en tête que l’AAII reflète le sentiment des investisseurs individuels américains. Ils sont au bout de la chaine de l’information, on peut donc considérer qu’il s’agit plutôt d’un indicateur « retardé »
Le HNSI continue de caracoler à des niveaux qui laissent peu de place au doute quant au sentiment positif des investisseurs sur la techno US (>85%). Les résultats d’Alphabet ne semblent pas avoir trop impacté ce sentiment qui pourrait bientôt ressembler à de la béatitude… Pareil pour le CNN fear and greed qui, s’il ne progresse plus, reste à des niveaux qui forcent le respect (68 vs 71 la semaine dernière). Quant à la volatilité, même si on sait qu’elle est maintenue artificiellement basse par les politiques éternellement accommodantes des banques centrales, son maintien autour de 12 et en dessous laisse parfois songeur.
Nous avons la chance de bien gérer le retournement, ce qui nous laisse un peu de marge de manœuvre. Ne nous le cachons pas, c’est la seule chose qui compte véritablement lorsque l’on gère un fonds flexible. La position d’Otea permet aujourd’hui cette petite marge de manœuvre. Nous n’avons pas baissé l’exposition aux actions qui reste autour 38% parce que ce rallye ne semble pas encore tout fait mature selon nos critères, mais nous maintenons le doigt sur la gâchette si la hausse devait finir par convaincre les derniers sceptiques.
Exposition OTEA 1 : 38% Neutre

Le point Energies et Efficacité Énergétique par Sandrine CAUVIN, Analyste-Gérante chez OTEA Capital.

Avril 2019

Les nouvelles continuent d’être positives pour les cours du pétrole, qui ont terminé la semaine à 71,97$ pour le Brent et 64$ pour le WTI, et qui ont poursuivi leur hausse sur le week-end, s’inscrivant actuellement à respectivement 74,5$ et 66$. Ces derniers sont portés par la décision des Etats-Unis d’annuler les exemptions qui permettaient à certains pays (Chine, Inde, Turquie…) de continuer d’importer du brut iranien. Le marché craint la pénurie d’offre dans un contexte où de nombreuses tensions sont déjà présentes (Venezuela, politique de restriction de l’offre de l’OPEP, combats en Libye…). En outre, la croissance de la production américaine de pétrole a été revue à la baisse sur la période de janvier à avril. Bien que cela nous semble temporaire et être la conséquence de la baisse des prix au 4e trimestre 2018, cela se traduit par une baisse des stocks de pétrole hebdomadaires aux Etats-Unis et rajoute de la tension sur l’offre à court terme. L’autre élément de soutien se situe du côté de la demande pour laquelle les perspectives sont favorables grâce aux bons chiffres de l’économie en Chine, premier importateur mondial de brut. Dans ce contexte, le marché va guetter la réaction de l’OPEP quant à une extension ou non de ses coupes de production. Cette dernière cherchant avant tout une stabilisation des prix du pétrole dans une fourchette 60-80$/b (Brent), et pas un emballement, qui pourrait, à terme, avoir des conséquences négatives sur la demande.

Monde : Total soutenu par les cours du pétrole, prises de bénéfices sur les banques et l’automobile

Avril 2019

La Bourse de Paris évolue sans grand changement, à la fois soutenue par la progression de 2% de Total à la faveur de la flambée des cours du pétrole, et freinée par des prises de bénéfices sur les valeurs bancaires et automobiles. Renault cède notamment plus de 1% et Société Générale plus de 2%. La tendance était également hésitante en Asie ce matin, tout comme à Wall Street hier en ce début de semaine riche en publications d’entreprises.
Le Brent au plus haut depuis novembre
Le baril de Brent de la mer du Nord évolue sur des pics de six mois à 74,55 dollars, soutenu par la décision de Washington de supprimer en mai les exemptions dont bénéficient encore huit pays à l’embargo imposé par les Etats-Unis sur le pétrole iranien. Les Etats qui contourneraient l’embargo s’exposeraient à des sanctions américaines. Une décision que la Chine, qui figure parmi les pays concernés, avec notamment le Japon, l’Inde, mais également l’Italie et la Grèce, a dit regretter. Les observateurs estiment cependant que la position américaine devrait avoir un effet limité sur les cours en raison d’une offre qui reste abondante.
Une salve de publications trimestrielles
Les prochains jours s’annoncent chargés en termes de publications d’entreprises avec les comptes de grands noms de la technologie comme Amazon, Facebook, Microsoft, Intel, Sony ou Nintendo, mais également ceux de grandes industrielles comme Caterpillar, Boeing, Peugeot, Renault ou Total, sans oublier les poids lourds de la finance européenne comme Credit Suisse, UBS ou Deutsche Bank. Les investisseurs surveilleront également l’économie américaine avec les chiffres du PIB du premier trimestre, vendredi, mais derrière la statistique, c’est l’attitude de la Fed qui sera scrutée par les marchés.
Avant cela, les intervenants s’intéresseront, ce mardi à 16 heures, à la statistique des ventes de logements neufs du mois dernier aux Etats-Unis.
(Les Echos Investir 23/04/2019)

Europe : Présidentielle en Ukraine : victoire écrasante pour le comédien Zelensky

Avril 2019

Volodymyr Zelensky obtient 73,2 % des suffrages à la présidentielle ukrainienne selon un sondage de sortie des bureaux de vote. L'élection du comédien est un saut dans l'inconnu pour ce pays en guerre aux portes de l'Union européenne.
En haut de l'affiche ! Selon un sondage réalisé à la sortie des bureaux de vote par le consortium « Exit Poll National » réunissant trois instituts, Volodymyr Zelensky, comédien, humoriste et entrepreneur, emporte l'élection présidentielle ukrainienne avec 73,2 % des voix contre 25,3% pour son rival de 53 ans Petro Porochenko. Le chef de l'Etat sortant n'a pas attendu la publication des premiers résultats partiels pour reconnaître sa défaite face à un adversaire qui l'avait déjà nettement devancé au premier tour.
A 41 ans, Volodymyr Zelensky a profité du mécontentement des Ukrainiens à l'égard de leurs élites, jugées corrompues et inefficaces. Il a certes déjà été président… mais à l'écran. Acteur dans la série télévisée « Serviteur du peuple », Volodymyr Zelensky y incarne un professeur d'histoire arrivé subitement à la tête de l'Etat. Pour ses partisans, c'est une bouffée d'air frais dans la politique ukrainienne.
Son prédécesseur, Petro Porochenko avait à son actif d'avoir rapproché l'Ukraine des Occidentaux, redressé l'armée et évité une faillite de son pays, l'un des plus pauvres d'Europe. Mais, à 53 ans, il a payé son incapacité à mettre fin au conflit dans l'est, qui a fait près de 13.000 morts, et aux scandales de corruption à répétition éclaboussant la classe politique .
Clown ou marionnette ?
Pour ses détracteurs, le programme de Volodymyr Zelensky est flou et son manque d'expérience dangereux pour un pays en guerre. Il serait, pour certains, une marionnette de l'oligarque Igor Kolomoïski, ennemi du président actuel Petro Porochenko. Ce que le comédien dément.
Son annonce de candidature avait été diffusée la nuit du Nouvel an par une chaîne privée à la place des voeux du président Porochenko. Une déclaration spectacle qu'il revendiquait. « Quand j'ai annoncé que je briguais la présidence, on m'a qualifié de clown. Je suis clown et j'en suis très fier » annonçait-il dès le début de campagne.
Une campagne menée tout autant en rupture que son annonce. Volodymyr Zelensky s'exprimait dans des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux plutôt qu'à la télévision ou dans la presse. Evitant soigneusement les meetings électoraux, il a limité les contacts avec les électeurs aux spectacles de stand up de sa troupe Kvartal 95. L'unique débat entre les deux candidats s'étaient déroulé le vendredi précédant le second tour dans un stade de football de Kiev, où, devant leurs partisans ils se sont échangés accusations et insultes .
S'il a surfé sur la colère d'Ukrainiens fatigués du conflit avec les séparatistes soutenus par l'armée russe en Ukraine orientale et la stagnation du revenu, Zelensky devra rapidement montrer qu'il maîtrise ses dossiers . Son programme, succinct, tient dans le fait d'organiser un référendum sur l'adhésion à l'Otan, de lutter contre la corruption, de dynamiser l'économie et de négocier avec la Russie.
(Les Echos 23/04/2019)

France : Sortie du grand débat : Macron obligé de peaufiner son dispositif

Avril 2019

Après la suppression de son intervention télévisée la semaine dernière en raison de l'incendie de Notre-Dame de Paris, le chef de l'Etat a convoqué une conférence de presse à l'Elysée ce jeudi. L'idée d'une mesure visant à faire « travailler plus » les Français sème le trouble, tandis que l'absence de décision forte pour l'environnement est critiquée.
Sortie du grand débat, acte II. L'incendie de Notre-Dame de Paris la semaine dernière a chamboulé le calendrier minutieusement préparé par Emmanuel Macron, qui prévoyait une allocution solennelle, suivie quelques jours plus tard d'une conférence de presse. Les fuites dans la presse de ses propositions issues de son allocution enregistrée mais non diffusée ont ajouté une dose de confusion.
En convoquant une conférence de presse ce jeudi dans la salle des fêtes de l'Elysée - la première du quinquennat sous ce format - Emmanuel Macron entend reprendre la main. Si la semaine dernière a été marquée par un bref climat d'union nationale après l'incendie, la politique va très vite reprendre ses droits.
Week-end au Touquet
Après un week-end de Pâques passé au Touquet où il s'est offert un petit bain de foule, Emmanuel Macron devra trouver les mots et les idées pour convaincre. Loin d'afficher les changements promis par trois mois de grand débat - « rien ne sera comme avant », avait encore promis la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye début avril - ses premières propositions ont plutôt suscité des polémiques et des incompréhensions, tout en étant critiquées pour leur manque d'ambition. Emmanuel Macron entend pourtant lancer la seconde phase de son quinquennat.
L'idée de supprimer l'ENA s'est heurtée à une montée au créneau des anciens élèves, tandis que nombre de responsables politiques ont dénoncé la démagogie de la proposition.
Travailler plus ?
Venue après la polémique sur l'âge de départ à la retraite , l'idée de travailler plus pour financer la dépendance s'est heurtée aussi à une virulente opposition, notamment de la part des syndicats. « Le retour des vieilles lunes qui n'ont donné aucun résultat », a dénoncé dans le « JDD » Yves Veyrier, le leader de FO.
L'absence de propositions concrètes - fin des 35 heures ? journée fériée travaillée ? - n'a rien arrangé car dans son allocution, Emmanuel Macron s'est contenté d'évoquer la nécessité de « produire davantage ». Dans le sillage de l'Elysée, les responsables de la majorité instillent l'idée de travailler plus.
Environnement
Enfin, l'absence de mesures d'ampleur sur l'écologie et l'environnement a été remarquée, alors que la mobilisation citoyenne est forte sur ces deux thèmes. Sévère, l'ancien ministre et numéro deux du gouvernement Nicolas Hulot a dénoncé samedi dans les colonnes de « Libération » un exécutif « qui se contente d'acheter la paix sociale à travers des annonces qui touchent à des scandales du quotidien […] mais sans engager le début d'une politique de transition écologique et solidaire ».
De ce fait, les responsables de la majorité ont dû se montrer rassurants sur cette question. « J'attends […] des mesures complémentaires sur ce sujet car pour nous, dans la campagne européenne, c'est la première urgence, l'urgence climatique. Nous échangeons avec le président pour des mesures complémentaires », a déclaré lundi, sur Europe 1, Pascal Canfin, numéro 2 de la liste LREM pour les élections européennes .
« Ni reniement ni entêtement »
Les mesures pour la sortie du grand débat ne sont donc pas complètement arrêtées. Les fuites de la semaine dernière, si elles ont provoqué la colère de l'Elysée, ont eu au moins le mérite de mesurer les réactions, ce qui permettra à Emmanuel Macron d'affiner son dispositif. Avec, en toile de fond, cette étroite ligne de crête - « ni reniement ni entêtement » qu'il a définie lors de son déplacement en Bretagne début avril. « Emmanuel Macron ne peut pas renoncer à son projet initial et il doit garder le cap », estime un ancien ministre. Il doit aussi prendre en compte la colère qui s'est affichée pendant le grand débat, alors que les « gilets jaunes » maintiennent la pression. Samedi dernier, les violences ont eu lieu pour l'acte XXIII. Et une nouvelle journée à haut risque se dessine pour le 1er mai.
(Les Echos 23/04/2019)

Émergents : Attentats au Sri Lanka : le point sur l'enquête

Avril 2019

Les attaques qui ont visé des églises et des hôtels auraient été commises « en représailles à Christchurch », ont indiqué les enquêteurs ce mardi. Des attentats pour venger le massacre de Christchurch  ? Les premiers éléments de l'enquête sur les attentats qui ont fait plus de 300 morts au Sri Lanka, notamment dans des églises, montrent qu'ils ont été commis en représailles au carnage des mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, a déclaré mardi le vice-ministre srilankais de la Défense.
« Les investigations préliminaires ont révélé que ce qui s'est passé au Sri Lanka a été commis en représailles à l'attaque contre les musulmans de Christchurch », a déclaré devant le Parlement Ruwan Wijewardene, en référence à l'attaque qui a fait 50 morts le 15 mars dans deux mosquées de la grande ville du sud de la Nouvelle-Zélande.
Le NTJ dans le viseur
Selon les premiers éléments de l'enquête, le groupe local National Thowheeth Jama'ath (NTJ), accusé par les autorités d'être derrière les attentats, était lié à un groupe islamiste radical peu connu en Inde, a dit M. Wijewardene. « Il a maintenant été révélé que ce groupe National Thowheeth Jama'ath, qui a commis les attentats, avait des liens étroits avec le JMI », a-t-il déclaré, faisant apparemment référence à un groupe connu comme le Jamaat-ul-Mujahideen India. Selon des informations de presse, le JMI a été créé l'an dernier et est affilié à un groupe du même nom au Bangladesh. Le ministre a ajouté que le Sri Lanka bénéficiait de l'aide internationale pour l'enquête, sans autre précision.
(Le Point 23/04/2019)

Géopolitique : « L’Organisation mondiale du commerce, sur laquelle repose l’ordre économique mondial, est menacée d’extinction »

Avril 2019

Les économistes Uri Dadush et Guntram Wolff imaginent, dans une tribune au « Monde », les conséquences dramatiques pour le commerce international d’une disparition de l’institution genevoise, minée par l’administration Trump.
Tribune. Aussi essentielles que soient les négociations commerciales entre la Chine, les Etats-Unis et l’Union européenne (UE), elles détournent notre attention de l’actualité phare du moment : l’Organisation mondiale du commerce (OMC), l’institution sur laquelle repose l’ordre économique mondial, est menacée d’extinction. La communauté internationale se doit de la défendre comme s’il n’existait pas d’alternative, mais elle doit en même temps se préparer à la possibilité que celle-ci cesse d’exister un jour.
Pour les économistes que nous sommes et pour la plupart des délégués commerciaux que nous connaissons, imaginer un monde sans l’OMC est aberrant ; le fait même de poser cette question risque de couper court à toute discussion sérieuse sur le sujet.
Il faut rappeler que le commerce international est l’élément vital de l’économie mondialisée, et c’est pourquoi nous serions irresponsables de ne pas considérer cette éventualité. Il faut surtout garder à l’esprit que l’Europe repose intégralement sur le commerce mondial. A titre d’exemple, l’Allemagne dépend de ses exportations à hauteur de presque 20 000 euros de revenu annuel par habitant, et la France à plus de 10 000 euros.
Règles bafouées
La menace qui pèse sur l’OMC est avérée, et ce, sur quatre fronts.
En premier lieu, les négociateurs commerciaux sont incapables d’avancer sur les questions essentielles pour les 164 Etats membres de l’institution. Les enjeux sont nombreux, et vont de questions dont on discute en vain depuis des années comme la libéralisation des services ou la limitation des subventions agricoles, à des questions nouvelles qui sont devenues incontournables dans notre économie actuelle, comme le commerce numérique.
En second lieu, et il s’agit là de la menace la plus immédiate, l’administration Trump bafoue allègrement les règles de l’OMC en justifiant ses actions unilatérales derrière des subtilités juridiques, alors même qu’elle affirme défendre l’institution.
Article réservé à nos abonnés Lire aussi « L’Union européenne devrait repenser sa stratégie en matière de règlement des différends entre investisseurs et Etats »
En troisième lieu, et ceci est de tout aussi mauvais augure, les Etats-Unis remettent ouvertement en cause la légitimité du mécanisme de règlement des différends de l’OMC en refusant de renouveler le mandat des membres de son organe d’appel. L’étendue des dommages causés par les politiques actuelles du gouvernement américain est immense.
Certains délégués commerciaux haut placés diraient – seulement en privé – que les Etats-Unis ont en réalité déjà quitté l’OMC. Même si une future administration renversait la tendance, le système de commerce international que les Etats-Unis ont promu depuis la fin de la seconde guerre mondiale aura perdu toute crédibilité, peut-être même de manière irréversible.
(Le Monde 23/04/2019)

Que faire après le rebond ? La réponse des gérants

Avril 2019

Lors du 22ème Congrès de la Chambre Nationale des Conseils en Gestion de Patrimoine (CNCGP), association représentative de cette profession auprès de laquelle OTEA Capital s'engage, la parole a été donnée aux gérants pour faire un point sur la situation des marchés à l'issue du premier trimestre 2019.
Dans ce cadre, Sandrine CAUVIN, Analyste-Gérante chez OTEA Capital, a été interrogée par ZoomInvest pour donner la position de la société sur sa compréhension des marchés et les perspectives à venir.

Les actus de OTEA Capital

Avril 2019

Lors du 22ème Congrès de la Chambre Nationale des Conseils en Gestion de Patrimoine (CNCGP), association représentative de cette profession auprès de laquelle OTEA Capital s'engage, la parole a été donnée aux sociétés de gestion pour exposer leur actualité et leurs perspectives.
Dans ce cadre, Didier DUGUÉ, Directeur Général d'OTEA Capital, a été interrogée par ZoomInvest pour exposer les actualités de la société telle qu'elles vous sont présentées chaque semaine dans nos organes d'informations et sur les réseaux sociaux..

OTEA Capital poursuit sa Tournée des Rendez-vous de la Gestion à Quimper le 20 mars 2019 et à Rennes le 21 mars 2019

Avril 2019

Le 20 mars dernier, la nouvelle Tournée des Rendez-vous de la Gestion organisée par OTEA Capital, associé à Franklin Templeton Investments et Portzamparc Gestion, a fait halte à Quimper pour un déjeuner où 10 CGP de la région sont venus assister aux échanges avec les trois sociétés de gestion. De même, le 21 mars, c'est à Rennes que s'est poursuivie la Tournée du premier quadrimestre 2019. 10 CGP sont venus ainsi participer au déjeuner organisé par les trois sociétés de gestion partenaires.
Pierre FOURNIER, Directeur Commercial d’OTEA Capital, a pu apporter un éclairage particulier sur la gestion flexible et son intérêt dans des marchés où le couple rendement/risque est un facteur déterminant pour les investisseurs. Il a ensuite pu illustrer son propos au travers des fonds OTEA 1 et OTEA Actions Europe qui ont reçu un très bon accueil des partenaires présents, ravis de mieux connaître ou découvrir les particularités de la société et de sa gamme de fonds. Le Fonds OTEA Energy a également pu être abordé.

US : Le nouveau candidat démocrate dont tout le monde parle

Avril 2019

Pete Buttigieg, âgé de 37 ans et maire d'une petite ville du Midwest, a officialisé sa candidature dimanche. Inconnu il y a encore quelques semaines, il bénéficie d'une ascension météorique dans les sondages. Il est le 18e candidat déclaré à l'investiture démocrate.
Les rangs des candidats à l'investiture démocrate continuent de grossir. Dimanche, Pete Buttigieg, un trentenaire originaire d'une petite ville de l'Indiana, encore inconnu il y a quelques semaines mais qui grimpe en flèche dans les sondages, a officialisé sa candidature depuis South Bend, dont il est le maire depuis 2012. C'est le 18e candidat à entrer dans la course aux primaires démocrates, alors que seuls deux candidats républicains sont déclarés à ce stade (dont Trump).
Pete Buttigieg - dont le nom se prononce « BOOT-edge-edge », d'après son compte Twitter - est la surprise politique de ces dernières semaines. Ce polyglotte, qui a appris sept langues, est parvenu à récolter 7 millions de dollars de contributions, soit davantage que la plupart de ses concurrents. Il figure à la troisième place derrière les favoris Joe Biden et Bernie Sanders dans les derniers sondages pour les primaires de l'Iowa et du New Hampshire, les premiers Etats à voter.
« Mayor Pete », qui mise sur sa jeunesse face aux deux favoris, tous deux septuagénaires, se veut le porte-voix de la génération des « millennials » (née entre 1980 et 2000). « Je viens d'une génération qui a grandi avec pour norme les fusillades dans les écoles, de la génération qui a fourni le gros des troupes dans les conflits de l'après-11-Septembre, de la génération qui va devoir s'occuper du changement climatique toute sa vie », a déclaré dimanche cet ancien combattant en Afghanistan.
Redressement de South Bend
Ouvertement homosexuel, diplômé de Harvard, il est aussi crédité du redressement de South Bend, petite ville du Midwest, dont il est originaire et dont il est le maire depuis 2012, après avoir travaillé chez McKinsey. Symbole de la désindustrialisation qui a frappé le cœur du pays, South Bend, quatrième ville de l'Indiana, a attiré depuis 2012 une quarantaine d'organisations, dont des entreprises de tech, et des écoles qui apprennent le code aux enfants dans le « Renaissance district ». Plus de 10.000 emplois ont été créés dans les sept dernières années, et le taux de chômage est passé de 11,8 à 4,4 %. « On vend un mythe aux communautés rurales et industrielles : le mythe selon lequel on pourrait arrêter le temps et revenir en arrière », a-t-il clamé dimanche devant une foule en liesse, en référence au slogan de Donald Trump.
Favorable à l'abolition de la peine de mort, il est pour que la couverture santé soit étendue à tous les Américains et se dit pro-syndicats. Chrétien, marié à l'église à son compagnon en 2018, Pete Buttigieg a plusieurs fois critiqué le vice-président Mike Pence, proche de la droite évangélique . « Je peux vous dire que si le fait que je sois homosexuel était un choix, c'est un choix qui a été fait haut, très haut », a-t-il dit.
(Les Echos 15/04/2019)

Europe : Pékin pousse ses pions en Europe centrale et tente de rassurer l'UE

Avril 2019

La Grèce a rejoint vendredi à Dubrovnik le sommet des « 17+1 », un groupe de pays d'Europe centrale et orientale où Pékin promet d'investir massivement.
Paroles rassurantes mais influence grandissante. La Chine continue d'avancer ses pions en Europe centrale et orientale au grand dam des dirigeants de l'Union européenne.
En témoigne le 8e sommet dit des « 16+1 » (devenus cette année « 17 + 1 ») qui s'est tenu vendredi à Dubrovnik en Croatie en présence du Premier ministre chinois Li Keqiang. Pour la première fois, le premier ministre grec Alexis Tsipras avait fait le déplacement car son pays a décidé de rejoindre cette plateforme pour les investissements de Pékin dans cette partie du continent.
Nouvelles routes de la soie
L'Europe orientale est une composante essentielle du projet chinois de « nouvelles routes de la soie », ce projet pharaonique lancé par Pékin en 2013 prévoyant des investissements de plus de 1.000 milliards de dollars dans des infrastructures routières, ferroviaires et maritimes pour permettre l'acheminement des exportations chinoises.
Alors forcément, ce groupement est regardé avec inquiétude en Europe de l'ouest, qui redoute une tentative chinoise pour diviser l'Union. Li Keqiang a réfuté de telles visées : « Nous avons l'intention de coopérer et de respecter les standards européens, » a-t-il déclaré à l'ouverture du sommet. Et d'ajouter : « Nous avons tous besoin de développer le commerce et de connecter nos économies. »
Déclaration Chine-UE
Mardi à Bruxelles, le même Li Keqiang a promis d'ouvrir un peu plus son économie dans une déclaration commune avec l'Union saluée comme « une percée » par les Européens, qui restent cependant prudents. Et pour cause, la Chine était en 2018 le premier importateur dans l'UE et la deuxième destination des produits européens à l'exportation. La balance commerciale est largement bénéficiaire aux Chinois : +184 milliards d'euros, selon les chiffres de la Commission.
Un complément utile à la coopération entre l'UE et la Chine
La France et l'Allemagne, s'inquiètent de plus en plus du projet de « nouvelles routes de la soie », particulièrement depuis que le gouvernement populiste italien est devenu le premier membre du G7 à le rallier. Aussi le chef du gouvernement chinois a-t-il veillé à présenter le sommet « 17+1 » comme un « complément utile à la coopération entre l'UE et la Chine ».
La Chine a par le passé annoncé une ligne de crédit de 10 milliards de dollars et un fonds de trois millions de dollars d'investissements. Jusque-là, le bilan est néanmoins mitigé car des investissements promis ont été reportés ou annulés. Ainsi la construction d'un chemin de fer entre Belgrade et Budapest vient tout juste de commencer en Serbie, cinq ans après avoir été annoncée.
Les membres du 17+1
Le sommet « 17 + 1 » inclut douze pays membres de l'UE : Bulgarie, Croatie, Estonie, Grèce, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Roumanie, République tchèque, Slovaquie et Slovénie. Auxquels s'ajoutent cinq autres Etats des Balkans qui aspirent à rejoindre l'UE : Albanie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro, Macédoine et Serbie.
(Les Echos 14/04/2019)

Émergents : Viande: l'Afrique de plus en plus dépendante des importations

Avril 2019

Le chef de l’Etat tiendra également une conférence de presse mercredi à l’Elysée. Un exercice inédit dans son quinquennat.
La consommation de viande reste faible en Afrique. Pourtant, le continent est deux fois plus dépendant des importations que le reste du monde.
La consommation de viande en Afrique est l'une des plus faibles au monde, 15 kg par habitant, contre 35 kg au niveau mondial. Mais la demande monte en flèche, en particulier dans les villes, souligne le rapport Arcadia 2019 sur le commerce des matières premières en Afrique. « Après la Chine et l'Inde, l'Afrique sera dans les décennies futures le continent de la croissance des viandes », souligne Jean-Paul Simier, l'auteur de l'étude. Une croissance de la consommation de 6 % par an d'ici 10 ans selon les projections de la FAO, contre 2 % au niveau mondial.
20 % de viande importée
Cette demande pourtant faible, la production locale peine déjà à la satisfaire. L'Afrique ne produit que 18 millions de tonnes de viande, 5 % de la production de la planète, pour 15 % de la population mondiale. Le recours aux importations est encore modeste, 3 millions de tonnes, mais en proportion de la consommation, il est déjà énorme : 20 % de la viande consommée en Afrique vient de l'étranger, c'est deux fois plus que la moyenne mondiale.
Les deux premiers pays producteurs de viande sont aussi les deux premiers importateurs, l'Afrique du Sud pour la volaille, l'Égypte pour le boeuf, d'autant que cette viande est désormais subventionnée par les autorités du Caire. Mais l'Afrique de l'Ouest, où la sécheresse a pénalisé les élevages bovins du Sahel l'an dernier, importe aussi de plus en plus de boeuf du Brésil. Plus étonnant, la Côte d'Ivoire importe désormais autant de viande porcine que l'Afrique du Sud et que l'Angola, troisième plus gros importateur de viande en Afrique.
Crainte des APE
Mais c'est majoritairement de la volaille qu'importe l'Afrique (55 % des importations). Et cela crée des tensions commerciales, les importations menaçant de plus en plus les élevages locaux. L'Afrique du Sud a imposé des taxes à ses frontières en 2016. Les cargaisons de poulet en provenance des États-Unis et d'Europe, en particulier de Pologne, se reportent sur le Congo, le Gabon, le Liberia ou le Ghana. La filière avicole ghanéenne vient d'ailleurs de s'allier à la filière sud-africaine pour lutter contre ce qu'elle considère comme du dumping. Plus largement toute l'Afrique de l'Ouest craint la montée en puissance progressive des nouveaux Accords de partenariat économique (APE) avec l'Union européenne, même si les viandes sont, pour le moment, exclues de ces accords de libre-échange.
(RFI 15/04/2019)

Géopolitique : FMI, G20 : le syndrome du « jusqu'ici, tout va bien »

Avril 2019

A Washington, les ministres des Finances du monde entier n'ont pu que constater le ralentissement de la croissance et la montée des risques pesant sur l'économie mondiale. Chacun veut se persuader que la situation va s'améliorer alors que les périls sont plus que jamais menaçants.
Les réunions à Washington au siège du Fonds monétaire international (FMI) se suivent et se ressemblent d'année en année. Dans la capitale américaine, des centaines de ministres, gouverneurs de banques centrales et de conseillers y débattent des grandes problématiques économiques et financières mondiales sans que cela ne débouche sur des actions concrètes. Au terme de la semaine qui vient de s'écouler , il reste la fâcheuse impression que tout le monde croise les doigts pour que la situation ne dégénère pas plus et qu'une déflagration mondiale n'interviendra pas. C'est le syndrome du défenestré où un être humain qui vient de sauter du haut d'un gratte-ciel se dit, étage après étage : « jusqu'ici tout va bien ».
Prégnance des antagonismes nationaux
Il ne pouvait en être autrement tant les antagonismes nationaux sont prégnants. Seule une crise majeure, comme celle de 2008, est capable de faire bouger de manière décisive les lignes et de déclencher un réel élan de coopération internationale. C'est loin d'être le cas aujourd'hui. Encore moins avec une administration américaine qui n'a que faire du multilatéralisme et qui entend se concentrer sur ses propres affaires.
De plus, les Etats-Unis connaissent actuellement leur plus longue période de croissance ininterrompue. Le secrétaire au Trésor américain, Steven Mnuchin, a d'ailleurs pressé les autres pays d'agir « résolument » pour doper la croissance mondiale en agissant notamment sur le commerce. Justement, sur le plan commercial, les ministres espèrent que Washington et Pékin trouveront enfin un terrain d'entente. Ce qu'a laissé entrevoir le secrétaire au Trésor américain, Steven Mnuchin.
Fracture entre Américains et Européens
Mais une autre fracture entre Américains et les Européens risque de s'élargir. En raison du conflit Airbus-Boeing et aussi sur l'automobile, Donald Trump devant se décider mi-mai s'il taxe les importations européennes. Il n'y a guère que sur la fiscalité internationale que l'on puisse entrevoir un début de solution pour taxer les géants du numérique. Un accord n'est pourtant pas attendu avant l'an prochain.
Les tensions commerciales demeurent , l'endettement public et privé continue de croître au niveau mondial et les travaux de réformes du système commercial tardent. Face au manque de moyens budgétaires, les pressions politiques sur les banques centrales s'accentuent pour qu'elles fassent plus. Que ce soit par une baisse des taux ou par l'achat de titres de dettes publiques. Au fil des années, le modèle de croissance mondiale fondé sur l'endettement persiste. Dans ses rapports, le FMI le dit à demi-mot.
Manque de réaction coordonnée
Si les Etats-Unis affichent encore une conjoncture robuste, tel n'est pas le cas de l'Union européenne, du Japon, voire de la Chine. Le FMI a encore dit que l'Allemagne et les Pays-Bas disposaient de marge de manoeuvre budgétaire. Ils devraient accroître leurs investissements. Pour l'heure, l'Europe est bien le parent pauvre de la conjoncture mondiale. Incertitudes sur la politique italienne, effets induits d'un Brexit qui tarde à se dessiner et montée des populismes entravent sérieusement la capacité de réaction des Européens. Quant au Japon, toujours engoncé dans une crise qui dure depuis près de trente ans, ses marges de manoeuvre y sont aussi limitées.
Chacun se débat donc dans ses propres difficultés qui sont loin d'être surmontées. En zone euro, ainsi, l'union bancaire et des marchés de capitaux demandée de longue date par le FMI reste à faire. Comme de coutume, la montée des périls a été pointée du doigt à Washington. Faudra-t-il attendre une crise d'ampleur avant d'assister à une véritable mobilisation générale ? C'est à craindre.
(Les Echos 15/04/2019)

Le point Energies et Efficacité Énergétique par Sandrine CAUVIN, Analyste-Gérante chez OTEA Capital.

Avril 2019

Les prix du pétrole (référence Brent), se sont stabilisés au-dessus de 70$, à 71,55$ en clôture vendredi. Au-delà des fondamentaux, c’est le regain de tensions en Libye qui a été le principal soutien des prix. En effet, l'avancée des troupes du maréchal Haftar sur Tripoli fait craindre une réduction des exportations du pays. La production libyenne, qui était revenue sur ses plus hauts à 1,1 Mb/j après le redémarrage du champ principal de Sharara, ne se retrouve pas forcément à risque, mais les exportations, qui se font à partir de terminaux proches des lieux de combat, le sont en revanche davantage. La nouvelle importante de la semaine, sur le secteur pétrolier, concerne l’opération de rachat d’Anadarko Petroleum lancée par Chevron pour un montant de 33 Md$. Au-delà des synergies de l’opération liées aux économies d’échelle sur le GNL et dans le Golfe du Mexique, cette acquisition illustre selon nous plusieurs éléments. Le premier étant qu’il va falloir satisfaire une demande de pétrole qui ne cesse de croître malgré les gains en efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables. La demande de pétrole devrait en effet continuer de croître d’environ 1 Mb/j chaque année. Face à un sous-investissement important depuis la chute des prix en 2014, l’offre risque de manquer par rapport à la demande. Il est temps aujourd’hui pour les compagnies pétrolières de relancer les investissements afin de faire croître leur taux de renouvellement de réserves et assurer leur croissance future. Pour cela deux options s’offrent à elles : soit investir dans le développement de nouveaux champs, soit faire des acquisitions. Sachant qu’un projet d’investissement sur du pétrole conventionnel met en moyenne de 3 à 5 ans pour aboutir entre la découverte et la mise en production, et qu’il est difficile de prévoir à quel cours sera le baril à l’issue de ce processus, les groupes pétroliers auront tendance à favoriser une opération de croissance externe qui permet d’acquérir et de compléter un portefeuille d’actifs en limitant les risques d’échec, en gagnant du temps et en réduisant les coûts quand les valorisations des cibles sont attractives. Enfin, dans le cas de l’offre de Chevron sur Anadarko, l’opération se fait sur le sol américain, et elle concerne une société de pétrole de schiste, présente sur le bassin le plus prolifique, celui du Permian. Le pétrole de schiste américain offre un potentiel indéniable mais qui devient plus difficile à développer pour les indépendantes américaines. Les gains de productivité mis en avant pour justifier la résistance surprenante de ces sociétés pendant la phase de baisse des prix semblent finalement limités. Selon une étude menée par Bloomberg sur plus de 30 sociétés de pétrole de schiste, le « free cash flow » de ces sociétés était encore en 2018 négatif sur l’ensemble des bassins de production. Au final, les sociétés de ce secteur (dans leur ensemble) n’ont jamais dégagé de cash flows positifs depuis leur lancement. De plus, les actionnaires en mal de dividendes insistent depuis maintenant plus d’un an pour que les entreprises qui ont investi sans cesse afin de développer leur production ralentissent le rythme, et se concentrent sur la rentabilité. Dans ce contexte, nous ne serions pas surpris de voir d’autres opérations suivre sur les prochaines semaines. Des acteurs comme Noble Energy, Devon Energy, Diamondback Energy ou encore Cimarex Energy détiennent des positions sur le bassin Permian, qui représente près de la moitié de la totalité de la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis.

Le point Energies et Efficacité Énergétique par Sandrine CAUVIN, Analyste-Gérante chez OTEA Capital

Avril 2019

Les prix restent soutenus, à 70,58$ pour le Brent, ce qui ne nous surprend pas au regard des dernier chiffres publiés sur la production des différents acteurs, qui mettent en évidence des contraintes qui continuent d’affecter les productions iraniennes et vénézuéliennes et d’un regain de tensions en Libye (offensive du maréchal Haftar contre la capitale libyenne). Les estimations Bloomberg font ressortir une production OPEP de 30,385 Mb/j en mars, soit une baisse mensuelle de 295 kb/j. L’Arabie Saoudite produisant 9,82 Mb/j, son niveau le plus bas depuis février 2015, et en recul de 1,3 Mb/j depuis novembre dernier. Le pays prend ainsi à sa charge l’essentiel de l’effort des pays producteurs pour réduire l’excès d’offre. L’agence américaine de l’énergie (EIA) a, par ailleurs, publié une production américaine en recul de 90 kb/j sur le mois de janvier, à 11,87Mb/j. Il convient cependant de relativiser cette baisse qui intervient après un mois de décembre record. A noter également la stratégie opérée par l’Arabie Saoudite ces derniers mois, à savoir de rediriger ses volumes de pétrole des Etats-Unis vers la Chine. L’impact est double : une réduction de l’offre sur la zone qui est la plus sensible étant donné la publication de statistiques hebdomadaires sur les stocks de pétrole, et un gain de part de marché sur la zone dont la croissance de la demande est la plus dynamique. La surprise du début de semaine, liée à la forte amélioration du PMI Manufacturier chinois, a apporté un coup de fouet supplémentaire. En ressortant à 50,5 sur le mois de mars, le PMI est non seulement repassé au-dessus des 50 pour la première fois depuis novembre dernier, mais il enregistre également la plus forte hausse mensuelle depuis mars 2012. Géopolitique et tensions au niveau de l’offre sont donc les principaux soutiens actuels et renforcent notre scénario d’un retour des prix dans la zone des 80$ à court terme.

Monde : Round d’observation en Bourse avant les banques centrales et les résultats trimestriels

Avril 2019

La Bourse de Paris est attendue hésitante en ce début de semaine dominée par les banques centrales, les discussions commerciales sino-américaines et les premières publications au titre du premier trimestre, en France et aux Etats-Unis.
Après avoir inscrit de nouveaux plus hauts de l’année vendredi, la Bourse de Paris s’oriente vers une ouverture hésitante. Les investisseurs tentent d’analyser la portée des avancées effectuées dans les discussions commerciales sino-américaines ainsi que celle des chiffres meilleurs que prévu de l’emploi aux Etats-Unis le mois dernier. Le marché surveillera par ailleurs en fin de semaine les premiers résultats d’entreprises au titre du premier trimestre, avec LVMH, mercredi, et les banques américaines JPMorgan Chase et Wells Fargo vendredi. Les valeurs pétrolières devraient être entourées alors que les cours poursuivent leur progression sur fond de risque de nouvel embrasement en Libye.
Les discussions commerciales se poursuivent
Washington et Pékin vont poursuivre leurs discussions sur les différends non encore résolus après les progrès de la semaine dernière, rapporte l’agence Chine nouvelle (Xinhua). Larry Kudlow, le conseiller économique de la Maison-Blanche, a quant à lui déclaré que les deux parties « sont de plus en plus proches » d’un accord, ajoutant que des négociateurs de haut rang vont poursuivre les discussions cette semaine.
Le marché devrait également réserver un bon accueil aux informations selon lesquelles le gouvernement chinois va poursuivre son mouvement de réduction du taux de réserves obligatoires des banques afin de faciliter l’accès au crédit des petites et moyennes entreprises alors que Pékin tente d’enrayer le ralentissement de l’économie.
Focus sur la Fed et la BCE
Les banques centrales seront surveillées cette semaine avec le compte-rendu, mercredi, de la réunion du conseil de politique monétaire de la Fed des 19 et 20 mars. Donald Trump s’est invité dans le débat qui partage la Réserve fédérale concernant la faiblesse de l’inflation. Se posant en défenseurs de l’accès au crédit, Donald Trump et Larry Kudlow mettent en avant la faiblesse de l’inflation pour plaider en faveur de baisses des taux d’intérêt, même si l’économie reste solide. A suivre, également mercredi, la décision du conseil des gouverneurs de la BCE
Le feuilleton du Brexit devrait également s’enrichir de nouveaux épisodes cette semaine alors que la Première ministre tente toujours de trouver un accord avec l’opposition travailliste sur un projet alternatif de sortie qu’elle pourrait présenter au Conseil européen de mercredi. Ce dernier devra se prononcer sur la demande de report présentée vendredi dernier par Theresa May. Pour l’heure, le divorce doit intervenir le 12 avril. La Chambre des lords doit se prononcer aujourd’hui sur une motion, déjà approuvée par la Chambre des communes, et qui forcerait Theresa May à consulter les parlementaires sur la durée du report qu’elle entend obtenir des 27. Si cette loi est adoptée, la Première ministre devra présenter son projet de report devant le Parlement mardi.
(Les Echos Investir 08/04/2019)

US : États-Unis : nouvelle démission à la Maison-Blanche

Avril 2019

Donald Trump a annoncé, dimanche, le départ de Kirstjen Nielsen, ministre de la Sécurité intérieure, sur fond de tensions autour de la politique migratoire.
La valse des ministres continue au 1600 Pennsylvania Avenue. Dimanche, Donald Trump a annoncé dans un tweet le départ de Kirstjen Nielsen, ministre de la Sécurité intérieure. Un départ qui survient alors que le président américain se trouve de plus en plus frustré face aux obstacles que rencontre sa politique d'immigration, et ce, alors que le nombre d'interpellations de migrants clandestins atteint des sommets. Dimanche soir, dans un bref message posté sur le réseau à l'oiseau bleu, Donald Trump a ainsi déclaré : « La ministre de la Sécurité intérieure Kirstjen Nielsen va quitter ses fonctions, et je voudrais la remercier pour son travail. » Il a ajouté qu'il la remplaçait par Kevin McAleenan, jusque-là chef du service américain des douanes et de protection des frontières (CPB). Ce dernier aura le titre de ministre de la Sécurité intérieure par intérim.
Le président américain s'était justement rendu vendredi avec Kirstjen Nielsen à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, où il a commencé à faire ériger un mur pour empêcher le passage des candidats à l'immigration illégale. Il se plaint régulièrement de la faiblesse des lois américaines sur l'immigration et bataille avec le Congrès pour financer ce mur qui est l'une des principales promesses de sa campagne de 2016. « Notre pays est au COMPLET ! » a tweeté Donald Trump dimanche soir, reprenant une expression qu'il martèle depuis cette visite. La police aux frontières estime à plus de 100 000 au mois de mars le nombre d'interpellations d'immigrants qui transitent par le Mexique, mais sont pour la plupart originaires de trois pays d'Amérique centrale : Honduras, Salvador, Guatemala. Il s'agit, selon elle, du plus haut total mensuel depuis environ 10 ans.
Dans ce contexte, le départ de la ministre de Sécurité intérieure apparaît comme une nouvelle manifestation de l'impatience du milliardaire républicain face à ce qu'il perçoit comme une absence de progrès sur un dossier qui est un marqueur de sa présidence. Le président avait reçu Kirstjen Nielsen en fin de journée, dimanche, mais la ministre était arrivée sans aucune intention de démissionner, selon le Washington Post. Peu après l'annonce de son départ par Donald Trump, elle a publié sur Twitter sa lettre de démission. « Malgré nos progrès dans la réforme de la Sécurité intérieure [...], j'ai estimé qu'il était temps pour moi de partir », a-t-elle écrit.
Une ministre très critiquée
La position de Kirstjen Nielsen, 46 ans, est apparue à plusieurs reprises fragilisée ces derniers mois. En juin 2018, elle avait dû défendre publiquement la politique de séparation des familles de migrants qui avait scandalisé le monde, devenant le visage stoïque d'une décision à laquelle elle était pourtant réputée ne pas être favorable. Donald Trump avait finalement reculé devant le tollé et mis fin à cette pratique consistant à séparer les enfants de leurs parents dans un but de dissuasion. Les démocrates ont immédiatement interprété le départ de la ministre de la Sécurité intérieure comme une nouvelle escalade dans sa politique anti-immigration.
« Quand même les voix les plus radicales de l'administration ne sont plus assez radicales pour le président Trump, on voit bien qu'il a complètement perdu le contact avec le peuple américain », a dénoncé Chuck Schumer, le chef de la minorité démocrate au Sénat. Plusieurs candidats démocrates à la présidentielle de 2020 ont eu des mots durs pour Kirstjen Nielsen. Elle a « défendu la politique inhumaine de séparation », a tweeté la sénatrice Kamala Harris. Elle « devrait avoir honte », a renchéri Elizabeth Warren, sénatrice et candidate démocrate à la présidentielle. Donald Trump a multiplié ces dernières semaines les signes de sa volonté d'aller plus loin sur l'immigration. Il a déclaré une situation d'urgence nationale pour pouvoir mobiliser des milliards de dollars nécessaires à la construction du mur frontalier.
Il a menacé la semaine dernière le Mexique d'une fermeture de la frontière, estimant qu'il ne faisait pas suffisamment pour empêcher les migrants d'Amérique centrale de traverser son territoire. Donald Trump a finalement renoncé face aux avertissements dans son propre camp sur les conséquences dévastatrices qu'aurait eues une telle mesure pour l'économie. Mais il a encore mis en garde le Mexique dimanche : agissez ou « nous n'aurons pas d'autres choix que de fermer la frontière et/ou introduire des taxes » douanières. Enfin, il a décidé la semaine dernière de changer de candidat à la direction de la police anti-immigration (ICE). « Nous voulons aller dans une direction plus dure », a-t-il justifié. Kirstjen Nielsen avait rejoint l'administration de Donald Trump en janvier 2017 en tant que collaboratrice de son Premier ministre en charge de la Sécurité intérieure, John Kelly. Elle avait été nommée pour lui succéder en octobre 2017. Kirstjen Nielsen rejoint le bataillon déjà très fourni des ministres et responsables de l'administration Trump à avoir quitté leurs fonctions depuis les débuts du président républicain.
(Le Point 08/04/2019)

Europe : Brexit, ce « no deal » dont personne ne veut en Europe

Avril 2019

Alors que l'échéance approche pour le Brexit, avec une date butoir au 12 avril pour trouver un accord, la perspective d'un « no deal » semble s'éloigner. Malgré leur agacement face aux tergiversations de Londres, les dirigeants européens n'envisagent pas sérieusement une telle hypothèse, dont le coût économique et sécuritaire serait incommensurable pour l'Europe. L'hypothèse d'un nouveau report prend donc corps.
Vous reprendrez bien quelques longs mois de Brexit ? Si les Européens se sont réjouis de la volonté de Theresa May de dialoguer avec l'opposition travailliste en vue d'un éventuel compromis, la prudence reste de mise à Bruxelles : de longues tractations avec Londres ont enseigné aux Vingt-Sept à quel point « le compromis est quasiment impossible » dans un système où domine, en matière de débat, « la lutte à mort », lâche un poids lourd de la machine européenne.
Situation perverse
Faudra-t-il, dès lors, accepter la perspective d'un « no deal » le 12 avril au soir ? En réalité, presque personne ne l'envisage. C'est toute la perversité de la situation actuelle : tout en multipliant les préparations au no deal, et en communiquant abondamment sur ce sujet, les Européens ont tout intérêt à éviter ce scénario. « Presque tout le monde se retrouve sur cette idée fondamentale : en aucun cas nous ne voulons porter la responsabilité d'un no deal », résume une source diplomatique.
Le Brexit étant, d'abord, une bataille idéologique, pas question d'offrir aux « hard Brexiters », sur un plateau, les arguments de leurs futures diatribes à l'encontre de l'UE. Pour cette simple raison, les Européens ont toutes les chances, lors de leur sommet du 10 avril, de repousser l'échéance. Donald Tusk, le Polonais qui préside la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement, a d'ailleurs fait savoir qu'il soumettrait l'idée d'une extension « flexible</a> » de l'adhésion à l'UE du Royaume-Uni, pour douze mois au plus. Theresa May, elle, a formellement demandé une prolongation jusqu'au 30 juin 2019.
Sueurs froides
Si l'idée d'une extension s'installe dans les esprits, c'est, plus fondamentalement, que l'hypothèse du no deal donne des sueurs froides aux Européens. Certes, le coût des tergiversations devient chaque jour plus flagrant. En polluant le débat européen, le Brexit empêche d'avancer sur tous les sujets urgents. Et en maintenant une incertitude permanente, il finit par coûter cher aux acteurs économiques</a> comme aux Etats qui mettent en place des mesures de contingence. Au plan strictement économique, « le jour viendra où le no deal finira par sembler moins coûteux que d'éternelles prolongations », poursuit la même source, qui assène :« Nous en avons tous ras le bol de nous réunir toutes les trois semaines pour venir écouter les nouvelles idées de Theresa May »
Mais ces arguments ne suffiront probablement pas à faire pencher les Vingt-Sept pour le no deal dans un futur proche. D'abord, parce que les marchés n'ont pas encore intégré son véritable coût. En réalité, il aurait des conséquences économiques violentes</a> , et l'Europe n'a guère besoin d'un tel coup de massue alors qu'elle traverse une mauvaise passe économique. Il suffit, pour s'en convaincre, d'observer les difficultés du secteur automobile allemand.
L'impossible confrontation
Surtout, cette négociation historique est bien plus qu'économique : c'est tout l'avenir géostratégique du continent européen qui est en jeu. Et sur ce plan, la frilosité d'Angela Merkel devant le no deal est contagieuse. Comment ne pas redouter les conséquences d'un tel scénario sur la stabilité politique de l'île d'Irlande ? Comment ne pas, surtout, s'inquiéter d'une relation devenue délétère avec l'autre pays européen disposant de la dissuasion nucléaire et d'un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU ? Comment opter pour la confrontation avec ce qui reste, aujourd'hui, le véritable centre financier de l'UE ? Comment ne pas imaginer que la détérioration des relations avec Londres n'entraîne de sérieuses conséquences, le Royaume-Uni livrant une forme de concurrence déloyale à l'Union européenne ? Ces hypothèses peuvent sembler lointaines ; elles n'en sont pas moins l'inavoué de ce grand bras de fer.
Se serrer les coudes face aux menaces
Dès qu'on interroge les spécialistes des questions de défense, il apparaît clairement que personne n'envisage l'avenir de l'Union européenne sans un lien étroit avec Londres. Dans un environnement stratégique international dont, selon le directeur de l'Ifri, Thomas Gomart, « la principale caractéristique est la rapidité de la dégradation », les Européens savent à quel point il est devenu urgent, pour eux, de se serrer les coudes face aux menaces.
L'apaisement, seule solution
Qu'ils le veuillent ou non, les Européens sont donc condamnés à chercher l'apaisement avec Londres. D'où l'idée d'une prolongation longue de l'adhésion du Royaume-Uni à l'UE qui pointe. Une prolongation qui impliquerait la participation du pays aux prochaines élections européennes et son maintien, pour de longs mois encore, dans la machine européenne. L'argument de certains Brexiters, selon lequel le no deal coûterait plus cher aux Européens qu'à leur pays, a toujours fait sourire les Vingt-Sept en matière commerciale. Force est de reconnaître qu'au plan stratégique, ils n'avaient pas tout à fait tort.
(Les Echos 08/04/2019)

France : Macron et Philippe face au délicat chantier de la sortie du grand débat

Avril 2019

Edouard Philippe participe ce lundi à la restitution. « Avec le grand débat, il y a eu un vrai mouvement citoyen. Maintenant il faut transformer l'essai car il y a de fortes attentes sur la sortie », indique l'Elysée. Emmanuel Macron donnera, à partir du 15 avril, le ton.
« Après ce grand débat, rien ne sera comme avant. » Dans les colonnes du « Parisien » dimanche, Sibeth Ndiaye, la nouvelle porte-parole du gouvernement a mis la barre très haut. Initié en décembre au plus fort de la crise des « gilets jaunes », démarré en janvier et achevé fin mars, ce grand débat a rempli son premier objectif en permettant aux Français de s'exprimer avec 1,9 million de contributions envoyées.
Autre motif de satisfaction : le grand débat a aussi permis à l'exécutif de sortir de son duel avec les « gilets jaunes », dont la mobilisation baisse semaine après semaine. Samedi dernier, pour leur « acte XXI », ils n'ont mobilisé que 22.300 personnes en France, selon le ministère de l'Intérieur. Soit le nombre de manifestants le plus faible depuis le lancement du mouvement, le 17 novembre.
La contestation n'est pas achevée, mais elle s'essouffle. Revers de la médaille, si le grand débat a contribué à cet essoufflement, les réponses devront être à la hauteur des attentes, sous peine de relancer la grogne sociale. « Avec le grand débat, il y a eu un vrai mouvement citoyen. Maintenant il faut transformer l'essai car il y a de fortes attentes sur la sortie », confirme l'Elysée.
Pression au maximum
La pression sur l'exécutif est donc au maximum. L'atterrissage débute ce lundi au Grand Palais, à Paris. Edouard Philippe, entouré des garants et des ministres qui ont animé ce débat - Emmanuelle Wargon et Sébastien Lecornu -, jouera la première étape : la restitution et la synthèse de cette consultation géante. Le Premier ministre ne fera pas d'annonce. D'abord parce que tous les arbitrages n'ont pas encore été rendus, ensuite parce qu'elles seront faites par Emmanuel Macron, à partir du 15 avril, sous une forme qui reste à déterminer.
« Lundi, les Français devront se reconnaître dans ce qui a été dit », confirme l'entourage du Premier ministre. Il s'agit en effet de montrer aux Français qu'ils ont été entendus, même si tous ne trouveront pas une réponse positive à leurs propositions et revendications.
Edouard Philippe s'exprimera mardi devant l'Assemblée nationale et mercredi devant le Sénat, et il devrait être plus précis sur le calendrier ou encore la méthode.
Macron sur une ligne de crête
Puis le temps sera celui d'Emmanuel Macron. Le chef de l'Etat doit s'exprimer à partir de la mi-avril et donner ses premières propositions. Une certitude : les réponses au grand débat seront multiples et étalées dans le temps. Elles constitueront le socle de la politique du gouvernement pour la seconde partie du quinquennat.
La semaine dernière, Edouard Philippe a évoqué des « réponses puissantes ». De son côté, Emmanuel Macron a commencé à tracer les contours lors de son déplacement à Saint-Brieuc . Les conclusions du grand débat ne seront « ni un reniement, ni un entêtement », et il n'est pas question d'apporter des réponses à chacune des revendications des Français.
Le président, dont le regain d'opinion favorable reste fragile, se trouve donc sur une étroite ligne de crête : donner des signes de rupture avec la façon dont il a présidé depuis deux ans, sans se renier sur le fond. Dire aux Français qu'il les a entendus et répondre à des urgences, tout en prévenant déjà qu'il y aura les inévitables déçus. Pour Emmanuel Macron, il ne s'agit pas uniquement de donner des réponses économiques et sociales, cela a déjà été fait le 10 décembre, mais aussi de renouer un lien profondément abîmé entre les Français et leurs élus. De leur côté, les oppositions ne relâchent pas leur pression. « Il est temps d'en sortir, avec une vraie vision et des actes vigoureux », a demandé dimanche Laurent Wauquiez, le patron de LR, dans les colonnes du « JDD ».
(Les Echos 08/04/2019)

Émergents : Brésil : Bolsonaro, 100 jours de turbulences

Avril 2019

En fonction depuis janvier, le président brésilien est confronté à de nombreux obstacles qui ont rapidement entaché sa cote de popularité.
Jair Bolsonaro, qui a pris le pouvoir en janvier en promettant d'en finir avec la corruption et la « vieille politique », a connu un début de mandat avec des couacs en série qui entament sa popularité et mettent en doute sa capacité à appliquer son programme de réformes. Le président d'extrême droite atteindra mercredi le cap symbolique des cent jours à la tête du Brésil, mais il semble n'avoir jamais connu l'état de grâce dont jouit normalement un chef de l'État fraîchement élu.
« Le moins que l'on puisse dire, c'est que son début de mandat est décevant », affirme Thomaz Favaro, du cabinet de consultants Control Risks. « Il y avait une fausse idée selon laquelle il bénéficiait d'une base de soutien solide, mais je crois qu'on s'aperçoit que cette base n'est pas aussi solide qu'on le pensait », ajoute-t-il. Bien que ses dérapages racistes et homophobes hérissent ses opposants, Jair Bolsonaro, 64 ans, a séduit des millions d'électeurs avec son discours sécuritaire et sa promesse d'éradiquer la corruption. Mais il s'est montré incapable de mettre en pratique son projet de gouverner sans compromis avec la myriade de partis qui composent le Congrès brésilien, très atomisé.
Des difficultés exacerbées ces dernières semaines, avec des débats houleux au Parlement et le manque de cohésion affiché dans ses rangs autour de la réforme des retraites considérée comme cruciale par les marchés. Le chef de l'État lui-même a défrayé la chronique en raison d'une prise de bec virulente avec le président de la Chambre des députés Rodrigo Maia, qui lui a reproché de « s'amuser à gouverner ». « Bolsonaro a montré ces dernières semaines un visage qui a justifié certaines craintes à son égard », explique William Jackson, analyste chez Capital Economics.
Des difficultés "à mettre en oeuvre ses réformes"
« Son manque d'expérience, la détérioration de ses relations avec le Congrès et ses difficultés à mettre en place une coalition ont entravé sa capacité à mettre en œuvre ses réformes », a-t-il aussi souligné. Jair Bolsonaro a toutefois tenté de montrer ces derniers jours un autre visage, plus conciliateur, en recevant notamment des leaders de partis du centre. « Pour lui, la réforme des retraites, ça passe ou ça casse », prévient David Fleischer, politologue de l'université de Brasília. « Si elle ne passe pas, son gouvernement n'aura plus de marge de manœuvre et sera à la dérive jusqu'à la fin de son mandat », en 2022. Le président d'extrême droite est tout de même parvenu à satisfaire son électorat avec un décret qui assouplit la détention d'armes.
Sur le plan économique, le succès des enchères récentes de concessions d'aéroports, de ports et de voies ferrées a montré que les investisseurs continuent de miser sur le Brésil et que son vaste plan de privatisations est bien sur les rails. Mais pour des réformes plus complexes comme celle des retraites, il a besoin du soutien du Congrès. Sa formation, le Parti social-libéral (PSL), a beau être une des mieux représentées à la Chambre des députés, elle ne dispose que de 54 sièges sur les 513.
Jair Bolsonaro espérait s'appuyer sur des lobbys parlementaires qui transcendent les partis, le fameux « BBB » (Bœuf, Balle et Bible), représentant les intérêts de l'agronégoce, de l'industrie des armes et des évangéliques, mais il s'est vite aperçu que la « vieille politique » des arrangements entre partis revenait au galop.
"Sa cote de popularité est en train de chuter"
Sans compter les tensions au sein de son propre gouvernement, entre le pragmatisme des militaires et l'impétuosité des ministres pressés de mettre en place une politique ultraconservatrice particulièrement clivante. « Il doit constamment jouer les funambules », dit Thomaz Favaro. « Il risque d'avoir de plus en plus de mal à former une coalition parlementaire parce que sa cote de popularité est en train de chuter », ajoute-t-il.
Le taux d'approbation de Jair Bolsonaro est passé de 67 % en janvier à 51 % en mars, le pire résultat pour un président brésilien après trois mois de mandat. Sa crédibilité a notamment été entamée par une certaine maladresse au moment d'aborder des sujets sensibles. En préconisant la semaine dernière des commémorations pour le 55e anniversaire du coup d'État militaire de 1964, il a été taxé de négationnisme. Un sentiment renforcé mardi, quand il a affiché sa conviction que le nazisme était de gauche, juste après une visite du musée de l'Holocauste à Jérusalem.
Son image a également été égratignée par des soupçons de malversations financières qui pèsent sur son fils aîné, tandis que l'influence grandissante de son cadet fait grincer des dents et a même fait tomber un ministre, après une passe d'armes sur Twitter.
(Le Point 07/04/2019)

Géopolitique : Nations unies : le pari européen au Conseil de sécurité

Avril 2019

Dans un ordre international disloqué, l’Europe peut faire entendre une voix singulière, analyse Marie Bourreau, correspondante du « Monde » aux Nations unies.
C’est une photo de famille désormais ordinaire. Qu’il s’agisse de la crise au Venezuela, du conflit israélo-palestinien, de l’Ukraine ou de l’Iran, les membres européens du Conseil de sécurité montent au créneau pour faire entendre leur voix et affirmer leurs différences.
Les ambassadeurs, les uns à côté des autres, lisent une déclaration négociée entre les représentants de la France, du Royaume-Uni et les membres non permanents : l’Allemagne, la Pologne et la Belgique. Les cinq ne perdent plus une occasion de montrer qu’ils s’émancipent des trois grands acteurs stratégiques actuels que sont les Etats-Unis, la Chine et la Russie.
Cette mutualisation des forces européennes répond à une réalité sous-jacente que le représentant français à l’ONU, François Delattre, définit comme « le grand retour de la géopolitique ». La montée en puissance spectaculaire de la Chine en miroir de la bascule américaine vers un retrait des affaires du monde offre l’occasion aux Européens de jouer un rôle de médiateur et de défenseur d’un multilatéralisme menacé par les tentations nationalistes et populistes. A condition de savoir rester unis et de résister aux pièges des divisions tendus par Washington, Moscou ou Pékin.
Cela ne va pas aller sans mal. La petite musique des dissensions s’est fait entendre plusieurs fois, notamment lors de l’adoption du pacte mondial pour une migration sûre, régulière et ordonnée en décembre 2018 : cela a conduit à l’éclatement, en Belgique, de la coalition entre les libéraux de Charles Michel et les régionalistes flamands de la N-VA et a fait voler en éclats le peu de solidarité qui subsistait parmi les Vingt-Huit sur ce sujet.
Au sein du Conseil de sécurité, les Européens vont devoir aussi cultiver leur relation avec les Etats africains – Guinée équatoriale, Afrique du Sud et Côte d’Ivoire –, qui affirment de plus en plus leur indépendance vis-à-vis de leurs anciennes colonies et n’hésitent plus à s'aligner sur Moscou et Pékin (...).
(Le Monde 08/04/2019)

Le point Energies et Efficacité Énergétique par Sandrine CAUVIN, Analyste-Gérante chez OTEA Capital.

Avril 2019

Nouvelle semaine de progression pour le pétrole, qui affichent une hausse de 2,0% pour le Brent à 68,39$ et de 1,9% pour le WTI à 60,14$. Les investisseurs étant toujours partagés entre d’un côté des inquiétudes sur le ralentissement de l’économie mondiale et de l’autre des signes évidents de tensions sur l’offre de brut. Les craintes sur le ralentissement de la croissance sont alimentées par la baisse des indices manufacturiers (PMI), de l’inversion de la courbe des taux aux Etats-Unis et du ton accommodant des banques centrales. Du côté de l’offre pétrolière, le Venezuela se retrouve à nouveau paralysé par une panne d’électricité, ce qui menace davantage sa production de pétrole, déjà touchée par le manque de moyens du pays pour entretenir et investir dans cette industrie et les sanctions américaines. La Chine profite de la situation et continue ses achats de pétrole « bon marché » en provenance du Venezuela et d’Iran, alors que d’autres pays ont arrêté de s’approvisionner auprès de ces producteurs compte tenu des sanctions. Soulignons que la demande de produit raffiné en Chine affiche une croissance de 7,5% sur un an, soit au-dessus des attentes. L’évolution de la courbe des futures, aussi bien sur le Brent que sur le WTI (écart entre le prix à 1 mois et le prix à 6 mois), montre que les marchés physiques se resserrent, ce qui indique une certaine raréfaction de l’offre par rapport à la demande. Dans ce contexte, le président Trump a de nouveau mis la pression sur l’OPEP, via un tweet, lui demandant d’augmenter sa production car les prix sont trop hauts. Cependant, ce tweet aura eu peu d’effet sur les cours qui sont momentanément baissé après l’intervention du président américain mais ce sont rapidement ressaisis alors que le marché a compris que l’OPEP ferait la sourde oreille. Alors que les dérogations sur les importations de brut iranien vont bientôt arriver à expiration, il semble très improbable que l’OPEP répète l’erreur de l’été dernier (augmentation de la production avant le démarrage des sanctions), et qu’elle attendra sûrement la décision de l’administration américaine avant d’agir.

Monde : Le Cac 40 progresse de plus de 1% grâce au sursaut de l’industrie chinoise.

Avril 2019

La Bourse de Paris est dopée par les signes de retour à la croissance de l’activité manufacturière en Chine. Les valeurs liées aux matières premières, à l’automobile et aux semi-conducteurs ont le vent en poupe. La Bourse de Paris entame le deuxième trimestre en hausse, les signes de reprise de l’économie chinoise venant épauler les commentaires favorables sur le dernier round de négociations commerciales sino-américaines avant la venue du vice-Premier ministre chinois Liu He à Washington mercredi. Le marché reste par ailleurs soutenu par le sentiment que les banques centrales des pays du G7 continueront à faire preuve de patience en matière de hausse des taux afin de relancer leurs économies. Le Bureau chinois des statistiques a annoncé dimanche que son indice PMI d’activité manufacturière avait rebondi à 50,5 en mars après 49,2 en février, renouant ainsi avec la croissance. Publié ce matin, l’indice PMI établi par Caixin Markit reflète également un retour à la croissance de l’activité manufacturière, à 50,8, son premier passage au-dessus du seuil critique des 50 en quatre mois, après 49,9 en février. A l’inverse, l’indice PMI IHS Markit d’activité manufacturière est tombé à 47,5 en données définitives (47,6 en première estimation) pour la zone euro, son plus bas niveau depuis avril 2013. Celui de la France a été révisé en baisse à 49,7, contre 49,8 en première approche et 51,5 en février, tandis que celui de l’Allemagne a également été réduit à 44,1, son plus bas niveau depuis juillet 2012, contre 44,7 en données flash et 47,6 en février. Les députés britanniques sont appelés à une nouvelle série de votes indicatifs ce lundi qui devraient porter sur les motions ayant recueilli le plus de suffrages la semaine dernière, comme le maintien du Royaume-Uni dans l’Union douanière européenne ou un second référendum. Le Parlement tentera ainsi à nouveau de trouver un consensus sur les différentes options qui se dessinent pour le Brexit. Certains évoquent même un éventuel quatrième vote sur l’accord de retrait proposé par Theresa May plus tard dans la semaine. (Les Echos Investir 01/04/2019)

US : Les multinationales américaines ont rapatrié 665 milliards l'an dernier.

Avril 2019

La réforme fiscale encourageait les entreprises américaines à ramener leur trésorerie stockée à l'étranger. La vague a été moins massive que ne l'espérait Donald Trump, mais les chiffres demeurent impressionnants. Sur les quelque 4.000 milliards de dollars de profits stockés à l'étranger par les entreprises américaines depuis trente ans, « seuls » 665 milliards de dollars ont été rapatriés aux Etats-Unis l'an dernier sous l'effet de la réforme fiscale. Soit quatre fois plus que l'année précédente, mais moins que les milliers de milliards de dollars attendus par l'administration Trump, qui espérait ainsi donner un coup de pouce à l'investissement.Les chiffres publiés par le Département du commerce il y a quelques jours montrent qu'après des flux massifs en direction des Etats-Unis en début d’année, les entreprises ont nettement ralenti la cadence des rapatriements. Près de la moitié de la totalité des milliards renvoyés sur l'année l'ont été au premier trimestre, soit juste après le vote de la loi en fin d'année 2017. Moins de 86 milliards de dollars ont été rapatriés au dernier trimestre 2018. « Le flux devrait continuer à se tarir en 2019, souligne Grégory Daco, économiste chez Oxford Economics. Les entreprises n'ont pas besoin de renvoyer toute leur trésorerie aux Etats-Unis. Bien qu'il soit difficile de tracer ces flux, on peut supposer qu'elles en ont rapatrié une partie pour payer leurs impôts, pour faire des rachats d'actions et pour des fusions acquisitions. Mais très peu l'ont fait pour financer des investissements ». Les rachats d'actions ont de fait dépassé les 1.000 milliards de dollars en 2018, un record. La réforme fiscale visait initialement à encourager les entreprises à rapatrier les profits réalisés à l'étranger qu'elles stockaient hors des Etats-Unis pour éviter de payer un impôt sur les sociétés américain longtemps parmi les plus élevés du monde (l'administration Trump l'a ramené de 35 % à 21 %). Elle a donc créé une taxe à un taux unique pour ces fonds (15,5 % pour les actifs liquides, 8 % pour les actifs non liquides), s'appliquant en une fois sur tous les profits accumulés à l'étranger depuis 1986. La taxe n'oblige toutefois pas les entreprises à rapatrier leurs fonds. Et les conditions de financement, qui demeurent attrayantes aux Etats-Unis malgré le durcissement monétaire, tendent à encourager les entreprises à emprunter, plutôt qu'à puiser dans leurs coffres offshore. (Les Echos 31/03/2019)

Europe : Le Brexit, une tragicomédie sans issue.

Avril 2019

La jeunesse britannique - qui n'avait pas ou peu voté en 2016 - se sent trahie par le Brexit. Mais le nouveau référendum qu'elle appelle de ses vœux poserait un problème de légitimité démocratique. Pour la troisième fois, Theresa May a subi vendredi une humiliante défaite. Sa recherche d'un compromis avec les « Bolcheviks du Brexit » s'est révélée vaine. D'une manière ou d'une autre, via de nouvelles élections ou un nouveau référendum, il faudra en revenir au peuple, ses représentants ayant échoué à produire un résultat. Pendant que le monde politique s'enferme dans ses contradictions, la société, elle, commence à bouger. Selon un sondage réalisé il y a quelques jours, 54 % des Britanniques se prononceraient aujourd'hui en faveur du « Remain ». Ils n'étaient que 48 % en 2016. D'après les auteurs de cette étude la différence entre les deux dates, tient à un facteur et un seul, la jeunesse. Ceux qui n'avaient pas voté en 2016, ou ceux qui n'étaient pas en âge de le faire, ont rallié massivement le camp du Remain. Pour le reste, et c'est sans doute le plus préoccupant, les forces en présence sont toujours les mêmes, traduisant les divisions profondes qui existent au sein de la société britannique. Le Brexit va-t-il, toutes proportions gardées, devenir pour la Grande-Bretagne l'équivalent de ce qu'est la question palestinienne pour Israël, un problème insoluble et indépassable ? La mobilisation spectaculaire de près d'un million de personnes derrière le drapeau européen le week-end dernier dans les rues de Londres traduisait pour partie ce sursaut de la jeunesse. Il pourrait logiquement conduire à un nouveau référendum. Ce que le peuple a défait, le peuple peut le reconstruire. Le pouvoir exécutif tout comme le pouvoir législatif ont montré leurs limites au cours des presque trois dernières années. Lorsqu'elle n'était que ministre de l'Intérieur, j'avais eu l'occasion de dîner au côté de Theresa May. Elle m'avait frappé par son énergie, sa clarté, mais à aucun moment je n'avais vu en elle une nouvelle Margaret Thatcher. Elle semble avoir été - et la Grande-Bretagne et l'Europe avec elle - victime du principe de Peters, selon lequel on atteint très vite son niveau d'incompétence. Elle a voulu, au long de ce qui apparaît rétrospectivement comme un chemin de croix, faire preuve de résilience. Mais l'histoire retiendra son arrogance et dénoncera son impuissance. Du côté de l'opposition, ce n'était pas mieux, en fait c'était pire. Le parti travailliste n'aurait jamais dû être pris en main par Jeremy Corbyn. Sa présence au sommet de son parti est la résultante d'une trahison familiale digne d'une tragédie de Shakespeare. Si Ed Milliband ne s'était pas dressé, de manière démagogique, face à son frère David, l'opposition travailliste aurait eu un leader digne de ce nom, en la personne de l'ancien ministre des Affaires étrangères de Gordon Brown. David Milliband aurait permis, peut-être, l'existence d'une bien nécessaire, « union des modérés » qui aurait su faire passer les intérêts supérieurs de la nation avant toute considération partisane ou idéologique. Maintenant il est trop tard. Selon un autre sondage, 80 % des Britanniques se sentent humiliés par l'évolution du Brexit. Ils sont à leurs yeux devenus la risée du monde et, pour avoir voulu reprendre le contrôle de leur histoire, ils en ont totalement perdu le fil. « Les hommes font l'histoire, mais ils ne savent pas l'histoire qu'ils font », écrivait Karl Marx dans « Le Dix-huit Brumaire de Louis Napoléon ». Rarement l'histoire, du seul fait des limites des hommes (et des femmes) en responsabilité, a-t-elle balbutié de manière aussi caricaturale. Verra-t-on demain dans le Brexit « la mère de toutes les défaites », pas seulement pour la « mère des démocraties », mais pour la démocratie représentative dans son ensemble ? Le spectacle que donne la Chambre des communes ressemble de plus en plus à un film des Monty Python. Jamais les scénaristes de la version initiale - anglaise - de la série télévisée « House of Cards » n'auraient osé imaginer un déroulé aussi « abracadabrantesque » que celui d'une Chambre qui passe son temps à voter, comme un coq à qui l'on aurait tranché la tête continue à marcher… quelques instants encore. Le spectacle que donne la Chambre des communes ressemble de plus en plus à un film des Monty Python. Ceux - ils sont toujours plus nombreux - qui ne voient d'autre solution qu'un appel à un nouveau référendum, ont le bon sens, les intérêts de la Grande-Bretagne et de l'Europe pour eux. Le Brexit a démontré qu'il était une prise de risque excessive, pour l'intégrité de la Grande-Bretagne, comme pour l'avenir des citoyens britanniques et de fait celui de l'ensemble des Européens, à commencer par les Irlandais. Le Brexit a été une prise de risque excessive, pour l'intégrité de la Grande-Bretagne, comme pour l'avenir des citoyens britanniques. Pourtant, la solution d'un deuxième référendum est loin d'être évidente, tant sur le plan de la légitimité démocratique que sur celui de la faisabilité émotionnelle. La polarisation de la société britannique s'est comme rigidifiée au fil du temps. Ce qui est en jeu, dans les deux camps, ce sont avant tout des perceptions identitaires. On ne fait pas le bonheur des gens sans eux, sans les associer à la définition de leur avenir, disaient hier les critiques des politiques impériales de la France et de la Grande-Bretagne. On n'évite pas davantage le malheur des gens sans leur consentement. Comment expliquer aux vainqueurs de 2016 qu'ils ont été trompés, qu'ils se sont trompés et que pour le bien-être de tous, il faut revenir aux urnes ? Cela supposerait des élites responsables, courageuses, éclairées qui sachent faire passer l'intérêt supérieur de la Grande-Bretagne et de l'Europe avant tout calcul partisan ou personnel. Theresa May a mis sa démission dans la balance beaucoup trop tard, pour pouvoir garder encore une forme de légitimité ou de crédibilité. Les 27 peuvent-ils encore contribuer à sauver la Grande-Bretagne d'elle-même ? Encourager les forces proeuropéennes est une tentation légitime. Mais c'est aussi une stratégie délicate à manier qui peut se retourner aisément contre le camp du « Remain ». Les Britanniques n'ont pas connu de guerre civile depuis le milieu du XVIIe siècle. Mais sans aller jusqu'à évoquer des scénarios catastrophes, dans un pays dont la vie politique est infiniment moins violente que la nôtre, il existe pourtant un risque bien réel d'explosion dans le pays. « Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée » disait Alfred de Musset. Il faudra bien que la Grande-Bretagne parte ou revienne, pleinement. (Les Echos 01/04/2019)

France : Remaniement : Ndiaye, Montchalin et O font leur entrée au gouvernement.

Avril 2019

Pour remplacer Benjamin Griveaux au porte-parolat du gouvernement et Mounir Mahjoubi au numérique, Emmanuel Macron a choisi le premier cercle avec Sibeth Ndiaye et Cédric O. La députée LREM Amélie de Montchalin, juppéiste, devient secrétaire d'Etat aux affaires européennes. Cette fois, les choses n'auront pas aussi longtemps traîné que pour le dernier remaniement. Et après avoir passé ce dimanche matin avec l'ancien président Nicolas Sarkozy sur le plateau des Glières, Emmanuel Macron annonce, comme lui, ses remaniements le dimanche soir via un communiqué de l'Elysée tombé peu après 20 heures. Surprise de ce mini-remaniement, c'est sa conseillère presse à l'Elysée, Sibeth Ndiaye, trente-neuf ans, fidèle d'entre les fidèles, présente depuis le début de son ascension politique - elle l'a rejoint à Bercy - qui devient, à la place de Benjamin Griveaux, parti pour les municipales à Paris, secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, porte-parole du gouvernement. Elle était pressentie jusqu'ici pour reprendre la communication du Château après le départ de Sylvain Fort. C'est un autre fidèle du chef de l'Etat, Cédric O, trentenaire, ex-HEC, issu de l'équipe des premiers « marcheurs », aussi conseiller d'Emmanuel Macron à Bercy, qui prend le poste de secrétaire d'Etat au numérique auprès du ministre de l'Economie et des Finances et du ministre de l'action et des comptes publics. Cédric O était depuis le début du quinquennat conseiller participations publiques et économie numérique au sein du pôle économie du cabinet d'Emmanuel Macron à l'Elysée. Il était aussi l'un de ces conseillers « partagés » avec Matignon. Enfin, alors que le nom de Clément Beaune, conseiller Europe et G20 d'Emmanuel Macron avait été envisagé, c'est la députée LREM Amélie de Montchalin, trentenaire, ex-HEC et Harvard Kennedy School, entrée chez En Marche en décembre 2016 après la défaite d'Alain Juppé à la primaire de la droite, qui devient secrétaire d'Etat aux affaires européennes auprès du ministre de l'Europe et des affaires étrangères, en remplacement de Nathalie Loiseau. Première vice-présidente du groupe LREM à l'Assemblée, ancienne « whip » de la commission des finances, son nom a été évoqué à chaque remaniement. « C'est la reconnaissance du travail accompli pour les trois », déclarait dimanche soir Matignon. « C'est le moyen de remuscler tout le dispositif », estime un proche du chef de l'Etat pour lequel « le porte-parolat du gouvernement tend à devenir aussi le porte-parolat du président. Cette articulation est essentielle », avance-t-il, mettant également en avant « le lien de confiance à 100 % avec le président » et le manque, ces derniers temps, « de récit politique de la gouvernance Macron. » « Elle est l'une des seules à dire à Macron franchement les choses. Et elle pourrait tuer pour lui », dit Christophe Castaner de Sibeth Ndiaye. De quoi illustrer sa détermination à porter la parole et défendre la ligne. Pour le chef de l'Etat, c'est sans aucun doute un choix rassurant par gros temps, alors que se profile l'atterrissage forcément compliqué du grand débat national, « l'acte 2 » de son quinquennat et une période électorale intense. Ce départ de l'Elysée, qui n'en est pas vraiment un, doit entraîner, dans un second temps, l'arrivée de « sang neuf » au Château. En attendant, ces trois nouveaux entrants vont vivre ce lundi matin leur premier conseil des ministres. (Les Echos 01/04/2019)

Émergents : L'ombre d'Eskom plane sur l'économie sud-africaine.

Avril 2019

À trois mois des élections, les coupures d'électricité qui plongent le pays dans l'obscurité illustrent la débâcle de ses entreprises publiques, au grand dam du gouvernement. Bien loin du Venezuela plongé lui aussi dans le noir, l'Afrique du Sud est confrontée depuis le 11 février à des coupures d'électricité sans précédent. Des délestages qui tombent au plus mal pour le pays qui s'apprête à voter pour des élections générales le 8 mai prochain. Jusqu'à mardi dernier, le gouvernement sud-africain s'est dit incapable de prévoir quand ces coupures prendront fin. En fait, pour éviter le black-out total du réseau, le géant public Eskom, qui fournit 90 % de l'électricité, plonge dans le noir, pendant plusieurs heures et à tour de rôle, des quartiers entiers du pays. En 2008 déjà, les délestages avaient été utilisés pour réduire la pression sur le réseau électrique. Même si le ministre des Entreprises publiques, Pravin Gordhan, a expliqué la semaine dernière que les autorités tentaient toujours de comprendre l'origine du problème – « Nous avons besoin de conclure ces enquêtes. Nous reviendrons vers vous dans les 10 à 14 prochains jours », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Johannesburg –, la réalité est que la crise est bien plus profonde. Eskom est pointé du doigt pour sa très mauvaise gestion depuis des années. Le groupe croule sous une dette abyssale de 420 milliards de rands (26 milliards d'euros). Et actuellement le réseau est affecté par le cyclone Idai qui a frappé à la mi-mars le Mozambique voisin, où Eskom s'approvisionne partiellement. Des pylônes électriques entre le barrage hydro-électrique de Cahora Bassa, dans l'ouest du Mozambique, et les centrales électriques en Afrique du Sud ont été endommagés. « Ce sont des temps difficiles », a reconnu Pravin Gordhan, « et les petites et grandes entreprises doivent travailler dans des conditions compliquées ». Le ministre a présenté ses excuses, en particulier auprès des entreprises paralysées par des pannes quotidiennes dans la première puissance industrielle du continent africain. Les conséquences sur les entreprises sont terribles, beaucoup fonctionnent au ralenti depuis plusieurs semaines. Au quotidien, les habitants sont impactés par les feux de circulation qui ne fonctionnent pas alors que les appareils électriques tombent régulièrement en panne. Pour beaucoup, l'ANC a « pillé » et « cassé Eskom », qui se retrouve « sur le point de s'effondrer », a dénoncé le principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique (DA). Pravin Gordhan a précisé qu'une équipe sud-africaine était chargée d'évaluer les dégâts. L'actuel président d'Eskom, qui a pris ses fonctions il y a un an, Jabu Mabuza, a déclaré à la commission d'enquête judiciaire sur la corruption sous l'ère Zuma (2009-2018) que des personnes extérieures à l'entreprise prenaient les décisions et les soumettaient simplement au conseil d'administration pour approbation. Le nouveau patron a décrit comment divers cadres supérieurs d'Eskom envoyaient des courriels contenant des renseignements confidentiels sur l'entreprise à des associés des frères Gupta, des hommes d'affaires d'origine indienne proches du président Zuma. Les informations étaient transmises pour aider les Gupta à obtenir un avantage déloyal lorsqu'ils soumissionnaient pour des contrats d'Eskom. La corruption présumée sous Jacob Zuma était organisée autour du siphonnage de millions de dollars par le gouvernement et les agences d'État qui accordaient des contrats frauduleux à des entreprises en échange de pots-de-vin. Dévastatrice sur le plan économique, la dégringolade d'Eskom inquiète aussi politiquement le président Cyril Ramaphosa et son parti, l'ANC, en pleine campagne pour les élections du 8 mai. Le président sud-africain et le ministre des Finances, Tito Mboweni, ont présenté deux propositions principales pour réparer le service public. Le premier est une importante injection de fonds. Mboweni a annoncé que le Trésor national fournirait à Eskom 23 milliards de rands en espèces par an pendant trois à dix ans. Cela s'ajoute au soutien financier en 2015, qui a dépassé 150 milliards de rands de coûts pour l'État. L'aide financière sera en grande partie financée par la réduction des autres dépenses de l'État ainsi que par une augmentation des emprunts. La deuxième annonce majeure est la division prochaine en trois composantes : la production, le transport et la distribution. En fin de semaine dernière, la Banque centrale a ramené de 1,7 à 1,3 % sa prévision de croissance pour cette année. (Le Point 01/04/2019)

Géopolitique : Elections européennes : l’immigration en embuscade.

Avril 2019

Editorial. Selon un sondage publié le 1er avril, dont « Le Monde » est partenaire, la question migratoire reste une préoccupation pour les Européens. La campagne des élections européennes de mai a beau commencer sans grand enthousiasme, elle recèle déjà une première surprise. Occupées à constituer leurs listes, les formations en lice semblent, sinon ignorer, du moins prendre leurs distances avec le sujet longtemps promis au premier rôle : l’immigration. Cette tendance peut encore évoluer, au regard de la montée des formations d’extrême droite, qui pourraient tirer parti du scrutin pour confirmer leur ancrage continental, après avoir instrumentalisé avec succès la crise migratoire de 2015. Cependant, une vaste enquête d’opinion menée pour le compte du think tank Conseil européen des relations internationales, porte à croire que ces partis ne sont, cette fois, pas en mesure de transformer le rendez-vous des européennes en un « référendum » contre l’immigration. Publiée lundi 1er avril par les journaux du réseau Europa, dont Le Monde, cette étude, menée dans 14 pays – équivalant à 80 % des sièges du Parlement européen –, montre qu’à peine 14 % des sondés considèrent l’immigration comme la « menace » principale pour l’Union européenne (UE). Ce sujet est cité par 23 % des personnes interrogées parmi les deux questions les plus importantes auxquelles leur pays serait confronté. Mais d’autres sujets prennent souvent le dessus, comme le coût de la vie en France (36 %), en écho au mouvement des « gilets jaunes », le chômage en Italie et en Espagne, ou la santé en Pologne et en Hongrie. En Europe centrale, mais aussi en Europe du Sud, les préoccupations se portent plus volontiers sur l’émigration, c’est-à-dire l’exode des populations. Finalement, l’immigration n’est en tête que dans les Etats qui se trouvaient en première ligne il y a quatre ans – l’Allemagne, la Suède et l’Autriche – pour accueillir la vague de demandeurs d’asile. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce phénomène. Après avoir battu des records en 2015, le nombre d’arrivées a considérablement reculé depuis, en raison des mesures prises par les gouvernements européens pour contrôler les frontières extérieures du continent : accord avec la Turquie, coopération controversée avec la Libye, montée en puissance de Frontex, l’agence européenne de garde-frontières. Les risques de dérapages subsistent néanmoins sur cette question sensible, comme l’ont montré les récentes divisions européennes au moment de l’adoption, fin 2018, du pacte mondial pour les migrations sûres, promu par l’ONU et dénoncé par les populistes. Bruxelles n’a toujours pas mis sur pied de politique commune d’immigration ni même d’asile. Quelle que soit la tournure de la campagne, les problématiques migratoires resteront l’une des principales priorités des dirigeants européens, tant les pays de l’UE ont été incapables ces dernières années de faire preuve d’assez de solidarité pour gérer collectivement une question qui ne peut avoir de solution nationale. L’oublier reviendrait à faire le jeu de l’extrême droite. (Le Monde 01/04/2019)

Les Publications Économiques de la Semaine

Avril 2019

Découvrez la nouvelle Newsletter Hebdomadaire OTEA Capital du 12 février 2019

Février 2019

https://twitter.com/OTEAcapital/status/1095355175445938182

OTEA Capital accompagne le Cabinet ACS Patrimoine à Brive pour sa première réunion d’information clients 2019

Février 2019

Le 7 février dernier, le cabinet ACS Patrimoine à Brive organisait sa première réunion d’informations 2019. Près d’une trentaine de clients et quelques prospects sont ainsi venus à la rencontre des équipes du cabinet réunies au grand complet.
Après un point de présentation de la société et de ses évolutions récentes, la parole a été confiée à Sandrine CAUVIN, Analyste-Gérante, et Jean-Baptiste BRETTE, Directeur de la Gestion Privée, qui représentaient la société OTEA Capital, afin de présenter un point marché et quelques exemples de valeurs dans lesquelles les fonds sont investis.
Ce fut l’occasion d’un échange constructif et instructif qui s’est conclu par le verre de l’amitié en cette belle région corrézienne.

OTEA Capital poursuit sa Tournée des Rendez-vous de la Gestion à Aix-en-Provence le 7 février 2019

Février 2019

La Tournée des Rendez-vous de la Gestion s’est poursuivie le 7 février à Aix-en-Provence dans le cadre convivial et chaleureux du Château La Pioline. 18 Conseils en Gestion de Patrimoine, ainsi qu’Aitab JAHOUER (Cardif), ont participé avec curiosité et pertinence aux échanges animés respectivement par OTEA Capital, Franklin Templeton Investments et Portzamparc Gestion. Ce fut l’occasion de traiter tant du bilan de l’année 2018 en matière de performance des différentes sociétés de gestion que de maitrise des risques et d’intérêt des différentes classes d’actif présentées. Ce furent surtout les perspectives 2019 qui furent à l’honneur au travers du thème central de la Tournée : 2019, début d’un nouveau cycle ?
Pierre FOURNIER, Directeur Commercial d’OTEA Capital, a pu apporter un éclairage particulier sur la gestion flexible et son intérêt dans des marchés où le couple rendement/risque est un facteur déterminant pour les investisseurs. Il a ensuite pu illustrer son propos au travers des fonds OTEA 1 et OTEA PEA qui ont reçu un très bon accueil des partenaires présents, ravis de mieux connaître ou découvrir les particularités de la société et de sa gamme de fonds. Le lancement récent du Fonds OTEA Energy a également pu être abordé.

OTEA Capital a entamé sa nouvelle Tournée des Rendez-vous de la Gestion à Clermont-Ferrand le 5 février 2019

Février 2019

La première réunion de la nouvelle tournée des Rendez-vous de la Gestion s’est déroulée le 5 février 2019 à Clermont-Ferrand. 16 CGP, ainsi que Agnès IROLLA (Generali), sont venus participer à cette rencontre organisée par les 3 sociétés de gestion pour débattre sur des thématiques complémentaires : le bilan de l’exercice 2018 qui fut particulièrement mouvementée sur les marchés financiers, mais surtout les perspectives 2019, début d’un nouveau cycle ? Pour tenir ces échanges, OTEA Capital s’est associée pour cette nouvelle tournée à Franklin Templeton Investments et Portzamparc Gestion, afin de proposer des visions complémentaires sur les sujets traités.
Ce fut aussi l’occasion pour Pierre FOURNIER, Directeur Commercial, de venir présenter la société, sa philosophie de gestion et les performances de ses fonds, dans le cadre d’un échange constructif et toujours instructif avec les CGP.

OTEA Capital à nouveau partenaire d’Alma Holding en 2019

Janvier 2019

Après une première année de collaboration en 2018 qui a permis à 245 CGP de bénéficier de 16 heures de formation éligible, OTEA Capital renouvelle son partenariat avec Alma Holding, la société de conseil créée et dirigée par Jean-Luc DESHORS. Cette année, ce sont 8 dates qui seront proposées aux CGP : les 17 et 18 avril à Paris, les 28 et 29 mai à Strasbourg, les 4 et 5 juin à Lille, les 18 et 19 septembre à Nice, les 8 et 9 octobre à Clermont-Ferrand, les 15 et 16 octobre à Aix-en-Provence, les 5 et 6 novembre à Lyon et enfin les 19 et 20 novembre à Nantes. Cette année, ce ne sont plus 11 mais 16 partenaires qui viendront à la rencontre des CGP pour accompagner Alma Holding dans ces formations délivrées par Juriscampus (Adequity, Amiral Gestion, Easy Buziness, Edouard Denis, Extendam, Fidelity, Histoire et Patrimoine, I Sélection, JP Morgan, La Française AM, Nue Pro Sélect, Groupe Océanic, OTEA Capital, Platinium, Sanso IS, Schelcher Prince). OTEA Capital sera présente pour sa part aux sessions de Strasbourg, Nice, Clermont-Ferrand, Lyon et Nantes.

Découvrez la nouvelle Newsletter Hebdomadaire OTEA Capital du 29 janvier 2019

Janvier 2019

Découvrez la nouvelle Newsletter OTEA capital avec Les Rendez-vous de Bercy 2019, Les formations Alma 2019, le point Macro Laurent Puget, le point Energies Sandrine Cauvin et vos rubriques habituelles https://lnkd.in/giTGVrS

OTEA Capital à l’écoute des Rendez-vous de Bercy 2019 #RDVBercy2019

Janvier 2019

Sous l’égide du Ministre de l’Économie et des Finances, Bruno LE MAIRE, et animée par Emmanuelle DUTEN, journaliste aux Echos et rédactrice en chef de Capital Finance, la deuxième édition des Rendez-vous de Bercy s’est déroulée le 22 janvier dernier dans la salle de conférence du Ministère sur le thème « Redéfinir le capitalisme au XXIe siècle : Plus de richesses, moins d’inégalités ». Après une introduction remarquée de Melinda GATES, philanthrope, femme d’affaires et défenseur des droits des femmes et des filles dans le monde, deux débats se sont succédés. Le premier portait sur « Libéralisme et nouvelles technologies : vers un modèle économique et social plus juste ? ». Le second portait sur « Face aux inégalités, quelle place l’entreprise doit-elle occuper dans la société ? » Entrecoupés d’interventions de Muhammad YUNUS, économiste et Prix Nobel de la Paix 2006, les échanges ont réunis experts de tous horizons et tendances alors que la France préside cette année le G7.
Pour retrouver l’intégralité de l’événement, cliquer sur le lien ci-dessous :
https://www.economie.gouv.fr/rendez-vous-de-bercy-2019

OTEA Capital voit ses encours progresser de 108% en 2018

Janvier 2019

Alors que ses encours ont progressé de près de 40 % en 2017 et ont plus que doublé en 2018 (+108%) pour atteindre les 310 millions d’euros, la société de gestion indépendante fondée par Laurent PUGET, Thierry LEVALOIS et Frédéric FANGIO, vient d’emménager dans ses nouveaux locaux au 58 rue Pierre Charron dans le 8ème arrondissement de Paris.
« Nous avons connu sur les marchés une année extrêmement compliquée. Après 10 années d’un cycle porteur et d’une aide sans précédent des banques centrales, la totalité des indices boursiers a connu des performances négatives. Malgré cela, nous avons pu augmenter nos encours sous gestion de manière significative chez OTEA Capital, confirme Laurent PUGET, le Président d’OTEA Capital. Nous avons pu compter sur la qualité de nos équipes de gestion qui ont maintenu le cap de notre stratégie et ont pu faire progresser, avec l’apport de nos distributeurs CGP, les encours de nos fonds de 8% sur un marché où la correction a été largement négative. Parallèlement, nous avons pu accroître ceux de notre gestion privée de manière très significative. »

OTEA Capital reçoit le Trophée de Bronze de Gestion de Fortune dans la catégorie des sociétés de gestion avec un encours inférieur à 1 Md€

Janvier 2019

Le 26ème Palmarès des Fournisseurs organisé par Gestion de Fortune a été dévoilé le 14 janvier dernier. Etabli chaque année, le classement est réalisé en fonction des moyennes du nombre de citations des 3 800 Conseillers en Gestion de Patrimoine interrogés et du taux de satisfaction exprimé par une note de 1 à 5 (5 étant la meilleure note) sur chacun des critères suivants : Qualité de la Gamme, Qualité de Service et Compétence de l’Equipe Commerciale.
Pour la seconde année consécutive, OTEA Capital a reçu le Trophée de Bronze pour sa 3ème place dans la catégorie des Sociétés de Gestion gérant un encours inférieur à 1 Md€ avec des notes de 4,08/5 pour la qualité de sa gamme de fonds (contre 4,02 en 2018), 4,07/5 pour sa qualité de service (contre 4,01 en 2018), et 4,12/5 pour la compétence de son équipe commerciale (contre 4,16 en 2018). Elle est ainsi la seule société à obtenir une note supérieure à 4 sur les 3 critères, ce qui lui permet d’obtenir 4 étoiles au classement général.
Comme le précise Didier DUGUÉ, Directeur Général d’OTEA Capital, « ce résultat est le fruit des efforts conjugués de l’ensemble des équipes de la société, tant de gestion que commerciales et administratives, au service des CGP que nous remercions vivement pour ce résultat dont ils nous gratifient à nouveau. Cela montre également la constance de nos équipes dans la gestion de notre gamme et la volonté de servir au mieux les clients qui nous font confiance ».

Découvrez la nouvelle Newsletter Hebdomadaire OTEA Capital du 15 janvier 2019

Janvier 2019

https://twitter.com/OTEAcapital/status/1085193618166407168

OTEA Capital poursuit son développement et passe le cap des 300 M€ d’encours en novembre 2018

Novembre 2018

Alors qu’OTEA Capital s’apprête à fêter ses 10 ans d’existence le mois prochain, la société passe ce mois de novembre le cap des 300 M€ d’encours sous gestion. Après avoir connu une hausse de 37% en 2017, elle enregistre en 2018 une nouvelle progression qui lui permet de plus que doubler ses actifs par rapport au 1er janvier de cette année (+111%).
Ces résultats sont le fruit combiné d’une stratégie de développement affirmée sur ses 3 piliers (que sont la gestion collective, la gestion privée et la commercialisation par le canal exclusif des Conseils en gestion de Patrimoine) et de la rigueur de gestion développée depuis la création de la société.
Il nous reste à continuer le travail entrepris depuis maintenant près de 10 ans sur la qualité de la gamme et la collaboration étroite avec les CGP pour accroître encore cette hausse constante des encours d’OTEA Capital.

OTEA 1 référencé chez Spirica et sur la plateforme UAF-Life Patrimoine

Novembre 2018

Nous avons l'immense plaisir de vous informer qu’OTEA Capital a été acceptée au dernier Comité de référencement de Spirica en novembre 2018.
Nous tenons tout particulièrement à remercier l’ensemble des CGP qui ont soutenu la candidature de la société en faisant part de leur volonté de coopération tripartite entre l‘assureur et la plateforme, leur cabinet et notre société. Nous adressons également toute notre sympathie et notre reconnaissance aux équipes conjointes de Spirica et UAF Life Patrimoine qui ont appuyé le dossier par l’intérêt porté à la qualité de nos fonds et de notre gestion.
Vous pouvez donc d’ores et déjà retrouver le fonds OTEA 1 parmi l’offre développée par ces deux partenaires de renom.
Nous allons pouvoir développer ensemble une excellente collaboration dans le cadre de ce nouveau Partenariat.

Le point Macroéconomique par Laurent PUGET, Président d’OTEA Capital

Novembre 2018

Toujours plus bas, les indices de sentiments européens continuent d’enfoncer des points bas. Le SENTIX qui a commencé l’année à 33 est tombé à 8,8. Il faut remonter à l’été 2016 et aux craintes d’un très fort ralentissement chinois pour retrouver de niveaux aussi faibles… Les Américains ont rejoint le bal des pessimistes, les indices de sentiment se sont repliés a une vitesse étonnante. L’indice Fear and Greed qui compile plusieurs indicateurs (Vix, spread bonds / stock returns, nombre de titres à un plus haut de 1 an / nombre de titres touchant un point bas 1 an, le spread Junk / IG bonds…) est à 8 sur 100, alors qu’il était à 44 il y a un an… C’est ce que les Anglo Saxons appellent « the point of maximum frustration », c’est-à-dire ce point où le marché décourage même les plus audacieux qui semblent abandonner tout espoir de rebond. C’est aussi le point où le marché capitule et où les investisseurs écœurés par une baisse trop prononcée décident de sortir des marchés financiers. Ce point reflète souvent un environnement de marché où les commentateurs ne trouvent plus de raisons pour le marché de se retourner, où il n’y a apparemment aucun catalyseur en vue qui pourrait inverser la tendance. C’est également le moment où les OPC doivent gérer l’inquiétude des souscripteurs et préserver la capacité de rebond du fonds tout en servant les investisseurs qui ont jeté l’éponge.
On touche là aux limites de notre stratégie. La dégradation du sentiment ouvre des perspectives de rebond mais elle met les nerfs des porteurs à rude épreuve et oblige à gérer le passif des fonds pour préserver la capacité du fonds à rebondir le cas échéant. Le marché nous semble excessivement pessimiste mais il peut le rester un moment… Comme dit Monsieur Buffet, c’est dans ces moments que le marché offre l’opportunité d’investir dans de très belles sociétés à prix réduit : « j’aime les hamburgers quand ils sont bon marché, j’en achète et j’en mange beaucoup. Ma consommation est plus faible lorsqu’ils sont chers mais je ne les aime pas moins… ». Ce mantra qui a fait sa légende n’est possible que parce que Monsieur Buffet contrôle son passif ou plus exactement n’a pas de passif à gérer. Monsieur Buffet n’a pas de porteurs ou de souscripteurs venant récupérer leurs souscriptions lorsque les marchés sont déprimés contraignant le gérant à vendre des positions pour les servir alors que la valorisation des actifs l’inciterait plutôt à acheter. C’est la raison pour laquelle il est si important pour un gérant de se ménager des marges de manœuvres, c’est le but de notre stratégie.

Découvrez la nouvelle Newsletter Hebdomadaire OTEA Capital du 20 novembre 2018

Novembre 2018

https://twitter.com/OTEAcapital/status/1064873197852639232

CARRÉ D’AS : DIDIER DUGUÉ

Octobre 2018

Découvrez l'interview de Didier DUGUÉ, Directeur Général d'OTEA Capital, réalisée par Frédéric LORENZINI, Directeur de la Publication N3D
https://twitter.com/OTEAcapital/status/1047044202117378048

Découvrez la nouvelle Newsletter OTEA Capital du 4 septembre 2018

Septembre 2018

https://twitter.com/OTEAcapital/status/1037017930704347141

Interview parue dans Profession CGP

Août 2018

Interview de rentrée au sujet d'Otea Capital avec Didier Dugué et Sandrine Cauvin https://lnkd.in/eTCKbHkhttps://twitter.com/OTEAcapital/status/1035158949727797248

Découvrez la nouvelle Newsletter OTEA Capital du 28 août 2018

Août 2018

https://twitter.com/OTEAcapital/status/1034435057404895235

Bonne rentrée à tous !

Août 2018

Alors que les derniers rayons de soleil estival continuent à pointer, l’heure de la rentrée a sonné pour nombre de CGP et pour l’ensemble des équipes OTEA Capital.
Votre lettre hebdomadaire reprend donc son rythme et vous invite à suivre l’activité de la société.
L’ensemble des équipes OTEA Capital en profite pour vous souhaiter une excellente rentrée et une reprise la plus productive possible !

Les encours d’OTEA Capital en progression de 14% sur 2018

Août 2018

Après une année 2017 record qui avait vu les encours de la société OTEA Capital progresser de 37%, l’année 2018 se poursuit sur un rythme quelque peu équivalent avec une progression au 31 juillet de 14% dont +19% sur la gamme de fonds gérés par la société.
En regardant dans le détail, cette progression est due en grande partie aux CGP partenaires d’OTEA Capital. En effet, la part A d’OTEA 1 voit ses encours augmenter de +48% depuis le 1er janvier et ceux de OTEA PEA de +17%. Dans un marché où les soubresauts et les incertitudes ont été nombreux sur les 7 premiers mois de l‘année, cela atteste de la capacité de résistance de la gamme et de la qualité de la relation développée avec le canal de distribution CGP qui reste l’axe majeur et exclusif choisi par la société.

Élargissement de la gamme des fonds OTEA Capital

Août 2018

L’été 2018 aura permis à la gamme de fonds OTEA Capital de s’étoffer en accueillant un nouveau venu : le fonds de fonds Septem Invest Global Macro R.
Le FCP a pour objectif de réaliser, sur la durée de placement recommandée, une performance supérieure à celle de son indicateur de référence, composé de 50% Eonia + 50% MSCI AC World (en Euros), dividendes réinvestis, au moyen d'une gestion discrétionnaire combinant une exposition aux marchés d'actions et de taux. Pour répondre à son objectif de gestion, les gérants (Sandrine CAUVIN et Thierry LEVALOIS) mènent une gestion discrétionnaire et investissent dans les titres suivants : Produits monétaires (de 0 à 100% de l’actif net) ; Titres de créances (de 0 à 100% de l’actif net) ; Actions (de 0 à 70% de l’actif net) ; Devises (de 0 à 50% de l’actif net) ; Futures négociés sur les marchés réglementés et/ou de gré à gré, sans surexposition. La gestion étant discrétionnaire, l’allocation d’actifs pourra différer significativement de celle de son indicateur de référence. SEPTEM INVESTMENT conseillera la gestion sur l’allocation d’actifs et la sélection des titres et OPCVM/Fonds d’investissement sous-jacents, qui feront l’objet d’échanges avec les gérants lors des comités de gestion. Les gérants demeurent cependant responsables de la sélection finale. Le FCP sera exposé de 0 à 100% de l’actif net aux marchés de taux via des titres en direct et/ou des OPCVM et fonds d’investissement à vocation générale taux. La poche taux sera discrétionnaire en termes de répartition dette publique/dette privée et de notations (y compris titres spéculatifs). Les émetteurs sélectionnés sont des émetteurs privés et publiques de toutes zones. Les supports taux seront constitués d’OPCVM et de fonds d’investissement de taux et diversifiés, titres de créance, instruments du marché monétaire et obligations en direct. Le FCP sera exposé de 0 à 70% de l’actif net aux marchés actions via des titres en direct et/ou OPCVM et fonds d’investissement actions. La gestion sera discrétionnaire en termes de répartition géographique (y compris pays émergents), sectorielle et de capitalisation boursière. Le FCP pourra donc être exposé aux actions de petite capitalisation boursière.
Créé en janvier 2014, le fonds est classé 5 étoiles Quantalys et affiche un SRRI 4.

OTEA 1 disponible chez Vie Plus à compter du 19 juillet 2018

Juillet 2018

Comme nous vous l’avions annoncé dans notre Lettre Hebdomadaire n°26 du 12 juin dernier, la société OTEA Capital a été référencée sur la Plateforme Vie Plus. Il restait à valider l’admission des fonds de la gamme sur l’extranet pour permette aux CGP partenaires d’intégrer ceux-ci dans leurs propositions d’allocations d’actifs.
C’est chose faite depuis le 19 juillet où le Fonds OTEA 1 a été mis en ligne sur l’extranet Oriadys !
Nous tenons une nouvelle fois à remercier l’ensemble qui ont soutenu la candidature de la société en faisant part de leur volonté de coopération tripartite entre la plateforme, leur cabinet et notre société. Nous adressons également toute notre sympathie et notre reconnaissance aux équipes de Vie Plus qui ont appuyé le dossier par l’intérêt porté à la qualité de nos fonds et de notre gestion.

Découvrez la nouvelle Newsletter OTEA Capital du 24 juillet 2018

Juillet 2018

https://twitter.com/OTEAcapital/status/1021782374978342913

Découvrez la nouvelle Newsletter OTEA Capital du 10 juillet 2018

Juillet 2018

https://twitter.com/OTEAcapital/status/1016614112242094080

OTEA Capital clôture sa tournée des Déjeuners de la Gestion à Rennes le 5 juillet 2018

Juillet 2018

Le 5 juillet, OTEA Capital, associé à ses deux confrères VEGA IM et BNPP AM dans sa tournée des Déjeuners de la Gestion du deuxième quadrimestre, a clôturé l’exercice à Rennes où 14 Conseils en Gestion de Patrimoine sont venus participer à l’événement. La tournée avait été entamée le 7 mars à Paris et s’est poursuivie en mars à Dijon et Lyon, en avril à Toulouse, Nice, Strasbourg et Biarritz, en mai à Lille et s’est terminée en juillet à Nantes et Rennes.
Ce fut l’occasion de rencontrer près de 150 CGP sur ces dix dates qui ont vu Didier DUGUÉ, Directeur Général, et surtout Pierre FOURNIER, Directeur Commercial, présenter la gamme de fonds et de services proposés par OTEA Capital aux CGP, canal de distribution exclusif de la société.
La prochaine tournée est déjà en préparation pour le dernier quadrimestre et le calendrier précis vous sera bientôt communiqué.

OTEA Capital poursuit sa tournée des Déjeuners de la Gestion à Nantes le 4 juillet 2018

Juillet 2018

La tournée des Déjeuners de la Gestion s’est poursuivie le 4 juillet à Nantes dans le cadre convivial et chaleureux du Domaine Les Crayères.
10 Conseils en Gestion de Patrimoine ont participé avec curiosité et pertinence aux échanges animés respectivement par OTEA Capital, VEGA IM et BNPP AM. Ce fut l’occasion de traiter tant du bilan du début d’année 2018 en matière de performance des différentes sociétés de gestion que de maitrise des risques et d’intérêt des différentes classes d’actif présentées.
Pierre FOURNIER, Directeur Commercial d’OTEA Capital, a pu apporter un éclairage particulier sur la gestion flexible et son intérêt dans des marchés où le couple rendement/risque est un facteur déterminant pour les investisseurs. Il a ensuite pu illustrer son propos au travers des fonds OTEA 1 et OTEA PEA qui ont reçu un très bon accueil des partenaires présents, ravis de mieux connaître ou découvrir les particularités de la société et de sa gamme de fonds. Le lancement récent du Fonds OTEA Energy a également pu être abordé.

Découvrez la nouvelle Newsletter OTEA Capital du 3 juillet 2018

Juillet 2018

https://twitter.com/OTEAcapital/status/1014150868105605120

Sandrine CAUVIN rejoint OTEA Capital le 2 juillet 2018 en qualité d’Analyste-Gérante

Juillet 2018

Sandrine CAUVIN a été analyste financier sell-side sur les actions européennes du secteur de l’énergie pendant plus de 10 ans chez différents brokers (HSBC, Kepler-Cheuvreux, Raymond James), puis est devenue gérante actions en 2010 sur la thématique de l’énergie.
Elle rejoint OTEA Capital en juillet 2018 en qualité d’Analyste Gérante et vient ainsi renforcer les équipes dirigées par Thierry LEVALOIS, Associé Fondateur et Directeur des Gestions et des Développements IT.
Sandrine est diplômée de l’I.E.A. Paris et du CIIA (SFAF)..

OTEA Capital partenaire D’Easy Buziness le 28 juin 2018

Juin 2018

Le 28 juin dernier, OTEA Capital s’est associé à la société Easy Buziness pour présenter le produit de cette dernière à une vingtaine de CGP d’Ile-de-France. Créée à l’initiative de Bruno ZUTTERLING, ancien gestionnaire de fonds chez Cardif et CDC Gestion et actuellement CGP lui-même, et de Claude CADEAU, CGP pendant plus de 20 ans, fondateur de l’outil O2S et accompagnateur de Startups digitales, la société a développé un outil digital innovant à destination des CGP.
Celui-ci répond en effet à 3 objectifs : proposer une analyse objective et indépendante des fonds d’investissement permettant de justifier au client une décision d’achat, des résultats compréhensibles par les clients au travers d’une notation familière, et enfin un outil porteur de valeur ajoutée pour le distributeur.
Après une présentation didactique de l’outil faite d’exemples et de cas concrets, Claude CADEAU a passé au crible de son outil les fonds OTEA, ce qui a permis à Didier DUGUÉ, Directeur Général, et Pierre FOURNIER, Directeur Commercial, de montrer la qualité de la gestion et les performances des équipes d’OTEA Capital.
L’outil a tellement répondu aux attentes des CGP présents que la moitié d’entre eux s’est déclaré potentiellement acheteur de cette solution digitale. OTEA Capital et Easy Buziness se tiennent à votre disposition pour une présentation détaillée et entameront à la rentrée une tournée en région auprès des CGP.

Evénement du mois

Juin 2018

Événement du mois @OTEAcapital : le lancement réussi à Rennes des formations validantes organisées par @almaholding et @Sud_Emotion permettant aux #CGP de bénéficier de 16 heures de formation sur 2 jours ! 5 nouvelles sessions à suivre dès septembre...

https://twitter.com/OTEAcapital/status/1011522958416900096

Découvrez la nouvelle Newsletter OTEA Capital du 26 juin 2018

Juin 2018

https://twitter.com/OTEAcapital/status/1011526457934442497

OTEA Capital partenaire d’ALMA Holding pour la mise en œuvre de formations validantes pour les CGP

Mai 2018

OTEA Capital partenaire d’ALMA Holding pour la mise en œuvre de formations validantes pour les CGP
A l’initiative de Jean-Luc DESHORS, dont la carrière et la réputation auprès des CGP sont reconnues par tous, la société ALMA holding qu’il dirige a décidé de mettre en place des formations validantes à destination des CGP. Alors que 2018 constitue une année charnière avec la mise en place de directives règlementaires majeures et des obligations de formation renforcées, il s’est adjoint le concours de 11 fournisseurs des CGP (dont bien évidement OTEA Capital) et de Juriscampus pour proposer 2 jours de formation permettant de valider ente 8 et 16 heures de formation selon les certifications. Ces journées sont organisées dans 5 villes : Rennes les 5 et 6 juin, Bordeaux les 19 et 20 septembre, Marseille les 2 et 3 octobre, Lyon les 5 et 6 novembre et Paris les 11 et 12 décembre. N’hésitez pas d’ores et déjà à vous inscrire en nous envoyant un mail à l’adresse : didier.dugue@otea-capital.com.
OTEA Capital est honoré et flatté de participer à cette initiative qui répond à un besoin crucial pour nos partenaires CGP.

Découvrez la nouvelle Newsletter OTEA Capital du 29 mai 2018

Mai 2018

https://twitter.com/OTEAcapital/status/1001389514894458880

Découvrez la Newsletter Hebdomadaire @OTEAcapital du 9 mai 2018

Mai 2018

https://twitter.com/OTEAcapital/status/994203538208116736

Découvrez la Newsletter Hebdomadaire @OTEAcapital du 2 mai 2018

Mai 2018

https://twitter.com/OTEAcapital/status/991684016980967424

Flash Gestion OTEA Capital du 25 avril 2018

Avril 2018

https://twitter.com/OTEAcapital/status/989117409041711104

OTEA CAPITAL POURSUIT SA TOURNÉE DES DÉJEUNERS DE LA GESTION À BIARRITZ

Avril 2018

12 Conseils en Gestion de Patrimoine sont venus participer à cette nouvelle rencontre où ont été abordés les thèmes complémentaires du développement durable et de l’investissement sur les marchés de l’environnement, de la gestion flexible comme moteur de performance et de tranquillité, ou bien encore de la sélection active des titres comme clé de la performance sur les taux comme sur les actions.
Generali, au travers de son représentant local, Géraldine JOSEPH, était également invitée et a pu valider l’intérêt des partenaires CGP pour des fonds complémentaires et permettant de mettre en exergue leur valeur ajoutée dans un contexte fortement concurrentiel.
Ce fut également l’occasion pour Pierre FOURNIER, Directeur Commercial d’OTEA Capital, d’initier un échange sur les performances (et notamment le couple rendement/risque) des fonds OTEA 1 et OTEA PEA, ainsi que d’un débat sur les évolutions majeures que va connaître l’industrie de la gestion de patrimoine indépendante en 2018. https://twitter.com/OTEAcapital/status/989120665734320128

Découvrez la Newsletter Hebdomadaire @OTEAcapital du 24 avril 2018

Avril 2018

https://twitter.com/OTEAcapital/status/988812169696481285

Découvrez la Newsletter Hebdomadaire @OTEAcapital du 17 avril 2018

Avril 2018

https://twitter.com/OTEAcapital/status/986519857477890049

Découvrez la Newsletter Hebdomadaire @OTEAcapital du 10 avril 2018

Avril 2018

https://twitter.com/OTEAcapital/status/983659776293957632

OTEA Capital reçue par la Commission de Référencement du Groupement FININDEP

Avril 2018

En 1993, Philippe OUANSON, Manuel FERREIRA, Patrick CALMET et Bernard COTTIN viennent de créer leurs Cabinets en région parisienne. Afin de mettre en commun leurs compétences tout en restant indépendants au sein de leurs Cabinets, ils ont l’idée de se rapprocher au sein d’une structure commune, FININDEP. Au fil des années, le groupement s’élargit et intègre de nouveaux cabinets à la fois en Province et en région parisienne. Plus de vingt ans après, certains Cabinets se regroupent et les plus jeunes commencent à reprendre les structures des fondateurs. FININDEP compte aujourd’hui 17 cabinets et une trentaine de personnes, associés ou collaborateurs, et constitue l’un des groupements les plus actifs, créatifs et dynamiques de la profession.
OTEA Capital a été reçue le 29 mars dernier par la Commission de Référencement du Groupement FININDEP, son Président François AUVILLAIN, son vice-président Jean-Luc HENRY, et une dizaine de membres actifs du groupement. Ce fut l’occasion pour Laurent PUGET, Président et Associé Fondateur, Thierry LEVALOIS, Directeur de la Gestion et Associé Fondateur, Didier DUGUÉ, Directeur Général, Pierre FOURNIER, Directeur Commercial, et Xavier LITTÉE, Gérant du fonds OAR, de présenter la société et de proposer un focus sur les deux fonds OTEA Absolute Return et OTEA 1.

Newsletter hebdomadaire OTEA Capital du 3 avril 2018

Avril 2018

Découvrez la nouvelle Newsletter OTEA du 3 avril 2018
https://twitter.com/OTEAcapital/status/981452218376294401

OTEA Capital poursuit sa Tournée des Déjeuners de la Gestion à Nice

Avril 2018

18 Conseils en Gestion de Patrimoine sont venus participer à cette nouvelle rencontre où ont été abordés les thèmes complémentaires du développement durable et de l’investissement sur les marchés de l’environnement, de la gestion flexible comme moteur de performance et de tranquillité, ou bien encore de la sélection active des titres comme clé de la performance sur les taux comme sur les actions.
AXA Théma, au travers de représentant local, Eric CARON, était également invitée et a pu valider l’intérêt des partenaires CGP pour des fonds complémentaires et permettant de mettre en exergue leur valeur ajoutée dans un contexte fortement concurrentiel.
Ce fut également l’occasion pour Pierre FOURNIER, Directeur Commercial d’OTEA Capital, d’initier un échange sur les performances (et notamment le couple rendement/risque) des fonds OTEA 1 et OTEA PEA, ainsi que d’un débat sur les évolutions majeures que va connaître l’industrie de la gestion de patrimoine indépendante en 2018.

OTEA Capital poursuit sa Tournée des Déjeuners de la Gestion à Toulouse

Avril 2018

La nouvelle tournée des Déjeuners de la Gestion s’est poursuivie le 3 avril 2018 à Toulouse, dans l’un des établissements gastronomiques de la ville. Alliant plaisir gastronomique et travail assidu, 18 CGP, ainsi que Eric PIJOAN (Vie Plus), sont venus participer à cette rencontre organisée par OTEA Capital, en collaboration avec BNP Paribas AM et VEGA IM, pour débattre sur des thématiques complémentaires : le développement durable ou comment investir sur les marchés de l’environnement avec la gestion ISR pour BNP Paribas AM, la gestion flexible comme moteur de performance et de tranquillité pour OTEA Capital, et la sélection active des titres comme clé de la performance sur les taux comme sur les actions pour VEGA IM.
Ce fut aussi l’occasion pour Pierre FOURNIER, Directeur Commercial, de venir présenter la société, sa philosophie de gestion et les performances de ses fonds, dans le cadre d’un échange constructif et toujours instructif avec les CGP.

OTEA Capital poursuit sa Tournée des Déjeuners de la Gestion à Lyon

Mars 2018

14 Conseils en Gestion de Patrimoine sont venus participer à cette nouvelle rencontre où ont été abordés les thèmes complémentaires du développement durable et de l’investissement sur les marchés de l’environnement, de la gestion flexible comme moteur de performance et de tranquillité, ou bien encore de la sélection active des titres comme clé de la performance sur les taux comme sur les actions.
Intencial Partenaires, au travers de sa Chargée de Relations Partenaires, Emmanuella PILLEUX, était également invitée et a pu valider l’intérêt des partenaires CGP pour des fonds complémentaires et permettant de mettre en exergue leur valeur ajoutée dans un contexte fortement concurrentiel.
Ce fut également l’occasion pour Pierre FOURNIER, Directeur Commercial d’OTEA Capital, d’initier un échange sur les performances (et notamment le couple rendement/risque) des fonds OTEA 1 et OTEA PEA, ainsi que d’un débat sur les évolutions majeures que va connaître l’industrie de la gestion de patrimoine indépendante en 2018.

OTEA Capital poursuit sa Tournée des Déjeuners de la Gestion à Dijon

Mars 2018

La nouvelle tournée des Déjeuners de la Gestion s’est poursuivie le 28 mars 2018 à Dijon, dans l’un des établissements les plus réputés de la ville. Alliant plaisir gastronomique et travail assidu, 15 CGP, ainsi que Sylvain BOUCHY (AGEAS Patrimoine), sont venus participer à cette rencontre organisée par OTEA Capital, en collaboration avec BNP Paribas AM et VEGA IM, pour débattre sur des thématiques complémentaires : le développement durable ou comment investir sur les marchés de l’environnement avec la gestion ISR pour BNP Paribas AM, la gestion flexible comme moteur de performance et de tranquillité pour OTEA Capital, et la sélection active des titres comme clé de la performance sur les taux comme sur les actions pour VEGA IM.
Ce fut aussi l’occasion pour Pierre FOURNIER, Directeur Commercial, de venir présenter la société, sa philosophie de gestion et les performances de ses fonds, dans le cadre d’un échange constructif et toujours instructif avec les CGP.

OTEA Capital présent au 21ème Congrès de la CNCGP

Mars 2018

OTEA Capital était présente au Congrès annuel de la CNCGP (Chambre nationale des Conseillers en Gestion de Patrimoine) le 27 mars dernier.Dans une année de profond bouleversement pour nos professions de la Gestion de Patrimoine Indépendante, il était impératif pour la société et ses représentants d’aller à la rencontre de leurs clients et partenaires. Alors que le stand a été fréquenté sans discontinuer sur l’ensemble de la journée, l’occasion a été donnée aux équipes commerciales et de gestion de dialoguer avec les CGP présents et avec les plateformes auprès des quels les fonds de la société sont référencés ou ont vocation à l’être. La veille déjà, la réception organisée à la Maison des Polytechniciens par le Conseil d’Administration de la CNCGP avait déjà permis un échange cordial et néanmoins professionnel avec ses membres et leurs représentants, lequel s’est poursuivi sur le stand et dans les travées du Palais des Congrès le lendemain.

OTEA Capital présent dans le Livre Blanc 2018 d'APREDIA

Mars 2018

Pour la première fois, OTEA Capital est présent dans le Livre Blanc établi chaque année par APREDIA depuis 17 ans. Cette étude, véritable référence de la profession des Conseillers en Gestion de Patrimoine, dresse le panorama exhaustif de profession et de son évolution, apportant une vision synthétique (évolution du réseau de cabinets, implantation géographique et dynamique, forme juridique, capital social et actionnariat…) et économique (activités et répartition du chiffre d’affaires aussi bien que résultats et actifs confiés et collectés), du métier mais également dynamique par la structuration du métier tout autant que les points de vue des associations professionnelles et de partenaires des CGP.
Dans cette édition, Didier DUGUÉ, Directeur Général, a pu préciser les convictions d’OTEA Capital sur l’évolution de la profession, répondant à diverses questions sur le statut de CIF, la concentration ou l’élargissement du nombre de cabinets, les évolutions réglementaires et leur impact sur les CGP, les atouts de ces derniers face aux changements de paradigmes actuels et aux disruptions en cours, mais surtout sur les éléments de valeur ajoutée que nos partenaires Conseillers en Gestion de Patrimoine peuvent apporter à leur clientèle en constante mutation.

OTEA Capital à l'honneur dans le supplément week-end des Echos du 2 février 2018

Février 2018

@OTEAcapital à l'honneur dans le dernier supplément week-end de @LesEchos
https://twitter.com/OTEAcapital/status/960826408611270656

Découvrez la Newsletter Hebdomadaire @OTEAcapital du 30 janvier 2018

Janvier 2018

https://twitter.com/OTEAcapital/status/958285109890871298

OTEA Capital primé au Palmarès de Gestion de Fortune

Janvier 2018

Le Palmarès des Fournisseurs organisé par Gestion de Fortune fêtait le 10 janvier dernier ses 25 ans. Etabli chaque année, le classement est réalisé en fonction des moyennes du nombre de citations des 3 800 Conseillers en Gestion de Patrimoine interrogés et du taux de satisfaction exprimé par une note de 1 à 5 (5 étant la meilleure note) sur chacun des critères suivants : Qualité de la Gamme, Qualité de Service et Compétence de l’Equipe Commerciale.

OTEA Capital a reçu le Trophée de Bronze pour sa 3ème place dans la catégorie des Sociétés de Gestion gérant un encours inférieur à 1 Md€ avec des notes de 4,02/5 pour la qualité de sa gamme de fonds, 4,01/5 pour sa qualité de service et 4,16/5 pour la compétence de son équipe commerciale.

Comme le précise Laurent PUGET, Président d’OTEA Capital, « ce résultat est le fruit des efforts conjugués de l’ensemble des équipes de la société, tant de gestion que commerciales et administratives, au service des CGP que nous remercions vivement pour ce résultat dont ils nous gratifient ».

Nos performances 2017

Janvier 2018

Une année 2017 qui aura marqué de son empreinte pour @OTEAcapital. Merci à toutes les équipes et à nos partenaires pour leur concours actif et productif !
https://twitter.com/OTEAcapital/status/950685480168951808

15 novembre 2017 : Première réunion du Club A.C.O. initié par OTEA Capital

Novembre 2017

#MIF2, #Priips, #DDA : une 1ère réunion du Club A.C.O. très réussie ! Retour en images...
https://twitter.com/Club_Patrimoine/status/933717659178405889

Troisième prix dans la catégorie Diversifiés Européens pour OTEA Capital

Novembre 2017

Récompense du travail des équipes de gestion de OTEA Capital
https://twitter.com/AgefiEvenements/status/933427763230531584

Performances du mois d'Octobre 2017

Novembre 2017

Les fonds #OTEA ont connu un mois d'octobre encourageant dans un environnement fluctuant. Merci aux #CGPI et partenaires @OTEAcapital
https://twitter.com/OTEAcapital/status/930385305588457474

Coup de cœur du mois

Septembre 2017

Belle performance du distributeur de fruits et légumes frais Total Produce (+15,5% YTD) grâce à sa politique de croissance externe maîtrisée
https://twitter.com/OTEAcapital/status/910417433525092352

Déjeuners de la Gestion

Juillet 2017

Fin de la Tournée des Déjeuners de la Gestion : merci aux 85 partenaires #CGPI et aux inspecteurs de plateformes qui nous ont accompagnés

Déjeuners de la Gestion

Juin / Juillet 2017

OTEA organise, avec ETHENEA et PHILIPPE HOTTINGUER et CIE GESTION, les déjeuners de la gestion du 13 juin au 12 juillet.

Performances Mai 2017

Les fonds #OTEA poursuivent leur progression au mois de mai. Merci aux #CGPI et partenaires @OTEAcapital pour leur confiance !

Une élection favorable aux actions ?

Mai 2017

Une élection présidentielle favorable aux actions? OTEA profite de la hausse depuis le 23/04 : +2% OTEA 1 (+7% YTD) +9% OTEA PEA (+19% YTD)

Ateme

Mai 2017

Avec +166% YTD, le spécialiste français de la compression vidéo ATEME contribue amplement à la performance du fonds OTEA PEA (+17,47% YTD).

Performances Avril 2017

Avril 2017

Les performances des fonds OTEA se confirment sur le mois d'avril. Profitez-en et rejoignez les CGPI et partenaires OTEA !

Tour Auto 2017

Avril 2017

Hier soir OTEA capital recevait ses partenaires et clients sur le stand Ferrari au Grand Palais à l'occasion du départ du Tour Auto 2017 !

Performances Mars 2017

Mars 2017

Une stratégie payante au 1er trimestre 2017 pour OTEA capital : performances + maîtrise du risque = encours en hausse de 26% ! Poursuivons nos efforts

Congrès CNCGP

Mars 2017

OTEA capital était présente à l'évènement annuel de la chambre de la CNCGP le mardi 21 mars 2017 au Palais des Congrès de la Porte Maillot à Paris. Merci à tous les CGPI et nos partenaires pour ces échanges productifs !

Bonne année !

Janvier 2017

Nous vous présentons nos meilleurs voeux pour cette année 2017 !

Otea Absolute Return

PARTIE 1

Otea Absolute Return connait une année épouvantable, qui pourrait bien s’achever prématurément. Nous avons promis dans le contrat que nous avons passé avec les souscripteurs d’OAR que le draw down du fonds serait strictement limité à 5% par an. Cette limite est désormais en ligne de mire et nous nous devons de revenir vers vous avec des explications et une perspective pour la suite.

Le levier du fonds est aujourd’hui de 0, 5 (les positions en portefeuille représentent 50% de l’encours du fonds les reste est investi en produits monétaires ou de taux IG de – de 1 an) c’est le résultat de la gestion du draw down et de la limite stricte des 5% de perte maximale. Plus la limite approche plus le fonds déboucle ses positions pour atteindre 0% si la limite des -5% est atteinte.

Le draw down encaissé par le fonds (proche de 5% donc….) représente une sous performance très importante du modèle d’OAR en raison de sa construction même. Un tel draw down peut avoir deux origines :

    - Une sous performance massive d’une ou deux stratégies qui malgré la décorrélation avec les autres entraine le modèle en territoire négatif.
    - Une conjonction de deux facteurs : une corrélation inhabituellement durable des modèles alors qu’ils perdent de l’argent.

    La première hypothèse (une ou plusieurs stratégies qui dévissent fort), qui est le risque qui vient à l’esprit immédiatement est très rare car le ou les modèles générant des pertes atteignent leurs propres limites de draw down assez vite et sont débranchés permettant au fonds de rebondir grâce aux moteurs que constituent les autres stratégies décolérées.

    La seconde hypothèse (facteurs négatifs impactant durablement des stratégies en temps normal décorrélées) est celle qui prévaut depuis quelques mois et qui explique qu’OAR soit aujourd’hui aux limites de son draw down. Les trois familles de stratégies ont souffert de facteurs de marché habituellement non corrélés comme une volatilité faible, un changement des thématiques d’investissement long terme, une sous performance des capitalisations moyennes

    Il nous semble que le modèle d’OAR continue d’être attractif malgré cette contre-performance récente car il est très peu probable que la corrélation négative décrite soit le nouveau paradigme durable des marchés.
    Les marchés financiers sont par nature une alternance de périodes d’excès ou de polarisation et de périodes de retour à la « norme » ; C’est cette respiration que capte le modèle d’OAR et que nous ne croyons pas remise fondamentalement en cause.

Pour aller plus loin...

PARTIE 2

Le fonds est composé de 3 familles de stratégies

• Stratégies dites «mean reverting » ou « de retour à la moyenne »
• Stratégies de tendances thématiques
• Stratégies de facteurs statiques


La combinaison des stratégies d’OAR génèrent un portefeuille décorellé sur le long terme.
Sur des périodes plus courtes (quelques semaines à quelques mois), certains facteurs négatifs peuvent impacter simultanément les performances générant des périodes anormalement longues de performances négatives.
Si on détaille la sensibilité de chaque stratégie à ces facteurs de marché, on a le schéma suivant :


• Les stratégies de retour à la moyenne préfèrent un environnement où les marchés actions sont volatiles, avec une forte incertitude des investisseurs et des analystes sur le choix des valeurs. Un niveau élevé d’incertitudes entraine un nombre plus important de comportements irrationnels augmentant les opportunités d’arbitrages.
Ce niveau de risque est généralement suivi par la volatilité du marché actions. Sur les trois derniers mois cet indicateur s’est effondré à des niveaux historiquement bas. Les opportunités d’arbitrage liées à des comportements irrationnels se sont donc raréfiées, provoquant de mauvais signaux d’investissement.

• Les stratégies de tendance prospèrent dans un environnement où les thématiques d’investissement recherchées par les investisseurs sont claires et durables.
Ces thématiques sont décrites à partir de différentes caractéristiques observées sur les actions. Exemples : « Forts dividendes vs Faibles dividendes » , « Value », « Endettement élevé vs peu d’endettement », « forte corrélation EUR/Dollars vs faible » etc.
Ces derniers mois, plusieurs tendances de long terme ont disparu, voire ont changé de direction. Comme ces stratégies réagissent sur des tendances de moyen-long terme, les positions n’ont pas permis de générer de la performance.

• Les stratégies de facteurs statiques utilisent des méthodes quantitatives de sélection de valeurs basées sur des scores calculés à partir de différents ratios financiers et prévisions d’analystes (PE, ROE, PB, Dividend Yield, etc…). Chaque action se voit attribuer un score qui totalise son attractivité.
Un portefeuille acheteur des meilleures valeurs est alors constitué et est couvert par la vente de futurs sur indices actions. (Eurostoxx50, FTSE100, etc…) .
L’univers de sélection de valeurs étant les 600 plus grandes capitalisations européennes, par construction le portefeuille est constitué de valeurs de tailles moyennes et plutôt vendeur de grandes capitalisations (à travers la couverture par la vente de futurs sur indices actions).

Ce dernier mois une sous performance de plus de -4% a été observée entre les petites et grandes capitalisations, impactant négativement ces stratégies.

Live chat !

Octobre 2016

Nous avons équipé notre site internet d'un tout nouveau live chat afin d'améliorer encore plus la communication avec nos internautes. Après une phase d'essai de 2 mois très satisfaisante et de nombreuses conversations effectuées par cette nouvelle messagerie instantanée, nous conservons donc cet outil qui s'inscrit résolument dans la digitalisation des activités de gestion.

OTEA PEA - Un fonds actions parmi les premiers de sa catégorie !

Septembre 2016

A ce jour, notre fonds OTEA PEA se classe en première position de sa catégorie (actions Europe) sur le mois et en quatrième position sur 654 fonds depuis le début de l'année !

https://www.quantalys.com/fonds/70086/Synthese_FR0010738153_OTEA_PEA_AC.aspx

Suivez-nous sur Twitter !

Mai 2016

Pour rester au plus proche de ses clients et accroître la communication, vous pouvez maintenant suivre OTEA capital sur son tout nouveau compte Twitter !

Entre Luxe & Prestige

Mars 2016

Article d’OTEA capital qui anime la rubrique « Gestion de patrimoine » de ce magazine lifestyle haut de gamme.
Sujet traité : "Uberisation, néologisme d'une pratique barbare ou visionnaire ?".

Lire l'article.

OTEA 1 rentre dans l'Observatoire de la gestion flexible de Quantalys

Février 2016

Quantalys publie régulièrement une étude sur les fonds flexibles : "l'observatoire". OTEA 1 a été sélectionné pour participer à cette étude.

A retenir : bonne volatilité, premier quart pour la résistance aux pertes, pour la performance à 1 an, pour le coefficient de décorrélation, première moitié pour la quasi totalité des autres critères, très bon ratio de Sharpe à 1 an (14e/80).

Petit-déjeuner trimestriel d'OTEA capital

4 février 2016

L’occasion de faire le point sur les performances et de rencontrer les gérants autour d’un café et de quelques viennoiseries. Prochaine date, le jeudi 12 mai.

Cocktail Christmas Party

10 décembre 2015

Bel événement qui a réuni clients et partenaires autour de deux passions largement répandues : les voitures, puisque nous étions à l'Atelier 46 avec sa collection impressionnante de GT so 60's, et les grands vins de Bourgogne, grâce à la dégustation proposée par Aurore Devillard, propriétaire de vins des domaines de la Garenne, de la Perdrix et du Château de Chamirey.

Voir les photos.

Petit-déjeuner trimestriel d’OTEA capital

26 novembre 2015

L’occasion de faire le point sur les performances et de rencontrer les gérants autour d’un café et de quelques viennoiseries.

Investissement conseils

Novembre 2015

Article de Thierry Levalois et Laurent Puget sur la gestion d'OTEA capital. Gestion growth ou value ?

Entre Luxe & Prestige

Novembre 2015

Article d’OTEA capital qui anime la rubrique « Gestion de patrimoine » de ce magazine lifestyle haut de gamme.
Sujet traité : « Le mini krach estival ». Dans ce numéro, edito de Laurent Puget.

Lire l'article.

Soirée so parisian

19 novembre 2015

Les clients et partenaires d’OTEA capital qui avaient bravé la pluie se sont retrouvés dans l'ambiance cosy de la boutique Chopard pour une soirée so parisian " Vendanges au féminin". L'occasion de déguster quelques nectars délicats pour célébrer la sortie du nouveau numéro de notre partenaire Entre Luxe & Prestige (Figaro).

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Conférence "Gestion de trésorerie et investissements"

29 octobre 2015

"Trésorerie d’entreprise, des opportunités existent ! Ayez une vision patrimoniale de l’entreprise." Telle était l'accroche de cette conférence à destination des experts-comptables concernés par ce sujet.
OTEA capital, représentée par Laurent Puget et Anne-Laure Bouet, est venue en débattre avec deux experts-comptables engagés : Denis Barbarossa, Président de la section IFEC Paris Ile-de-France et Thierry Polack, membre du conseil de gestion de la section IFEC Paris Ile-de-France. Si cette problématique vous intéresse, contactez-nous.

Petit-déjeuner trimestriel d’OTEA capital

10 septembre 2015

L’occasion de faire le point sur les performances et de rencontrer les gérants autour d’un café et de quelques viennoiseries.

Soirée Bucherer

Septembre 2015

Partenaire du magazine Entre luxe & prestige, OTEA capital a fêté la première bougie de ce magazine lifestyle haut de gamme avec son parrain Olivier Dassault et tous les autres partenaires. Première parution en kiosque !

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Voir la vidéo de la soirée

Site OTEA capital en cours de (re)construction

Septembre 2015

A découvrir début septembre.

Entre Luxe et Prestige

Septembre 2015

Article d’OTEA capital qui anime la rubrique « Gestion de patrimoine » de ce magazine lifestyle haut de gamme.
Sujet traité : « Les voitures de collection ont-elles la cote ? ».

Lire l’article.

Investissement conseils

Juillet/Août 2015

Article de Thierry Levalois et Laurent Puget sur les fonds OTEA 1 et OTEA Absolute Return.

Lire l’article.

Cocktail estival, showroom Ferrari

Juin 2015

Pour fêter ce premier semestre 2015 avant les grands départs en vacances, les invités d’OTEA capital ont profité de ce cadre fabuleux pour évoluer, une coupe à la main, entre la centaine de voitures hébergées à la concession historique de Charles Pozzi.

Entre Luxe & Prestige

Juin 2015

Article d’OTEA capital qui anime la rubrique « Gestion de patrimoine » de ce magazine trimestriel lifestyle haut de gamme distribué au portage avec le Figaro.

Lire l’article.

Petit-déjeuner trimestriel d’OTEA capital

28 Mai 2015

L’occasion de faire le point sur les performances et de rencontrer les gérants autour d’un café et de quelques viennoiseries (prochaine date le jeudi 10 septembre).

La Tribune

Avril 2015

Article de Franck Lauri, responsable gestion alternative chez OTEA capital sur le thème « La gestion alternative dans un environnement de taux exceptionnellement bas, voire négatifs ».

Télécharger l’article en pdf.

Arrivée d’un analyste en gestion fondamentale chez OTEA capital

Avril 2015

Charles Tayrac, après un stage de fin d’étude à la Financière de l’Echiquier et fraîchement diplômé d’un Master en Management, spécialisation finance de marché, à l’INSEEC et d’un Master Spécialisé International Wealth Management à l’ESCP Europe a rejoint OTEA capital pour accompagner les gérants dans leur recherche fondamentale.

Le Tour auto 2015

Avril 2015

Sponsor d’une Ferrari 308 GT, OTEA capital a participé au mythique rallye des voitures anciennes entre le 20 et 25 avril 2015. Un tour de France entre Paris et Biarritz qui fut l’occasion d’inviter clients et proches aux différentes étapes.

Les images du Tour auto au Grand Palais en cliquant ici.
Les images du Tour auto aux étapes de Toulouse et Pau en cliquant ici.

Congrès CNCGP

Mars 2015

Pour la deuxième année consécutive, OTEA capital est présent auprès des CGP de la CNCGP (ex-CIP). L’occasion de retrouver nos clients et de rencontrer les acteurs de la profession. RDV en 2016 !

Arrivée de la Responsable du développement chez OTEA capital

Mars 2015

Anne-Laure Bouet, précédemment dans une association professionnelle de CGP a rejoint OTEA capital pour l’accompagner dans son développement.

Sortie Belles bagnoles

Mars 2015

Afin de procéder aux essais nécessaires avant sa participation au Tour auto, la Ferrari 308 GT IV sponsorisée par OTEA capital a profité de la sortie Belles bagnoles au circuit de Magny cours.

Photos à l'appui

Monde : Pleins feux sur Publicis et Vivendi, avant Goldman Sachs et Citigroup

Avril 2019

La Bourse de Paris est attendue stable, voire en légère hausse, dans un marché centré sur les publications de Vivendi et Publicis, qui a par ailleurs confirmé le rachat d’Epsilon, ainsi que sur les résultats de Citigroup et Goldman Sachs.
Les marchés asiatiques ont entamé la semaine en hausse, toujours soutenus par des indicateurs rassurants en provenance de Chine, ainsi que par des nouvelles favorables sur le front des discussions commerciales sino-américaines. Les marchés européens devraient suivre, avec en ligne de mire la croissance du chiffre d’affaires trimestriel de Vivendi, le rachat d’Epsilon par Publicis et la publication des résultats trimestriels de Citigroup et Goldman Sachs.
Le S&P 500 à 1% de son record
Vendredi, le S&P 500 a clôturé au-dessus du seuil des 2.900 pour la première fois depuis octobre pour revenir à environ 1% de son record du 21 septembre. L’indice favori des gérants a notamment bénéficié des résultats meilleurs que prévu de JPMorgan Chase et du record de Disney, qui s’apprête à concurrencer Netflix avec le prochain lancement de sa plateforme de streaming. Après le rebond des exportations chinoises en mars, accompagné de la progression nettement plus forte que prévu du marché du crédit, les investisseurs surveilleront tout particulièrement, mercredi, les chiffres du PIB du premier trimestre de la deuxième économie mondiale. Dans le même temps, le marché espère que la saison des résultats qui débute confirmera la résilience des entreprises américaines. Les banques Citigroup et Goldman Sachs seront sur les rangs ce lundi.
Mnuchin optimiste sur un accord sino-américain
Le marché salue également les commentaires du secrétaire américain au Trésor concernant les discussions commerciales avec la Chine. Steven Mnuchin a en effet déclaré samedi que l’accord sino-américain pourrait aller « bien au-delà » des précédents efforts déployés en vue d’ouvrir le marché chinois aux entreprises américaines. Il a également dit espérer que les deux pays se rapprochent désormais du round final des négociations, ajoutant que des mécanismes de contrôle de la mise en place des accords pourraient fonctionner « des deux côtés ».
« Nous nous attendons à un accord sino-américain relativement favorable au marché », écrit Ethan Harris, analyste chez Bank of America Merrill Lynch dans une note citée par Reuters. « Selon nous, les marchés et les craintes politiques vont permettre de contenir les tensions futures. Il faut penser en termes d’escarmouches plutôt que d’affrontements majeurs », ajoute-t-il.
Du côté des valeurs, Vivendi a publié un chiffre d’affaires supérieur aux attentes des analystes au titre du premier trimestre, tiré par sa principale division Universal Music Group (UMG) dont il a lancé le processus d’ouverture du capital. Les revenus ont progressé de 10,7% à 3,46 milliards d’euros en données publiées et de 5,7% à taux de change et périmètre constants. Selon Factset, les analystes anticipaient en moyenne un chiffre d'affaires de 3,36 milliards d'euros.
Publicis a annoncé la signature d’un accord en vue d’acquérir la société américaine de data Epsilon auprès de sa maison mère Alliance Data Systems pour 4,4 milliards de dollars. Le groupe français a par ailleurs fait état d’un chiffre d'affaires de 2,12 milliards d’euros au titre du premier trimestre, en repli de 1,8% à données comparables.
(Les Echos 15/04/2019)

US : Washington met fin aux exemptions permettant l'achat de pétrole iranien

Avril 2019

Les États-Unis durcissent leurs sanctions contre l'Iran. La Maison Blanche vient de confirmer qu’il n'y aura pas de nouvelle dérogation pour les importateurs de pétrole iranien à partir du 2 mai. Les huit pays qui avaient bénéficié d'un délai depuis le mois de novembre seront donc soumis au régime de sanctions américaines.
Le président Donald Trump entend « porter à zéro les exportations » de brut iranien et « priver le régime de sa principale source de revenus ». La presse américaine en faisait déjà part avant que la Maison Blanche ne le confirme, ce qui explique le bond des prix du pétrole à plus de 74 dollars ce lundi 22 avril. Les États-Unis mettent ainsi fin au régime d'exemption de six mois qu'ils avaient accordé à huit pays très dépendants du pétrole iranien.
Dans l'intervalle, l'Italie, la Grèce et Taïwan ont mis fin à leurs achats auprès de Téhéran. Le Japon et la Corée du Sud les ont réduits au minimum. Mais la Chine, l'Inde et la Turquie sont restées de très gros clients de l'Iran, ils s'exposent désormais aux sanctions américaines. Cette mesure s'annonce particulièrement délicate pour l'Inde, troisième importateur mondial de pétrole, dont environ un dixième des achats vient d'Iran.
Des sanctions « illégales », selon Téhéran
Après s'être retiré il y a près d'un an de l'accord international de 2015, Washington a rétabli en novembre des sanctions économiques contre l’Iran. La Maison Blanche a accompagné sa décision de la menace de mesures punitives contre les pays qui continueraient malgré tout d'échanger avec l'Iran. L'interdiction d'acheter du pétrole iranien était la principale de ces sanctions.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé la décision américaine en affirmant que l'ensemble des sanctions décidées par Washington contre l'Iran sont « illégales ». Mais il a reconnu que la nouvelle décision américaine va probablement augmenter les effets négatifs des sanctions sur l'économie iranienne.
Il a ajouté que l'Iran annoncera très bientôt sa réaction sans donner plus de détail, rapporte notre correspondant Siavosh Ghazi. Depuis la sortie des États-Unis de l'accord nucléaire et le retour progressif des sanctions américaines, les exportations pétrolières ont baissé de plus de 50% et sont inférieures à un million de barils par jour.
Selon Jean-Pierre Favennec, professeur à l'IFP School, les clients asiatiques et en particulier l'Inde, vont en tout cas devoir se plier à cette nouvelle décision, malgré leurs liens avec l'Iran.
La Chine ne devrait pas céder aux nouvelles sanctions américaines
Pour Philippe Sébille-Lopez, expert du cabinet Géopolia, il s'agit d'une annonce politique plus que d'un objectif réalisable. La Chine, le plus gros client de l'Iran, ne cèdera pas, selon lui, aux nouvelles sanctions américaines.
Pas question de porter seul l’étendard de la lutte contre « l’hégémonisme américain », explique notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde : la Chine espère une réponse coordonnée.
« La Chine s’oppose aux sanctions unilatérales imposées par les États-Unis, a indiqué la diplomatie chinoise. Notre coopération avec l’Iran est ouverte, transparente, légale et légitime. Notre gouvernement est déterminé à défendre les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises et à jouer un rôle constructif dans le maintien de la stabilité du marché mondial de l’énergie. » La question est stratégique pour la deuxième économie du monde, boulimique en énergie.
Selon les douanes chinoises, la Chine a importé 1,6 million de tonnes de brut iranien en février dernier. Difficile d’imaginer réduire de tels approvisionnements dans un délai aussi court.
Ryad va « stabiliser » le marché
« Les États-Unis, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, trois des plus grands producteurs d'énergie au monde, avec nos amis et alliés, s'engagent à faire en sorte que les marchés mondiaux du pétrole restent suffisamment approvisionnés », a affirmé la Maison Blanche dans son communiqué.
Donald Trump a renchéri sur Twitter en promettant que Riyad et d'autres pays de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole feraient « plus que compenser » la baisse de l'offre.
Le gouvernement saoudien s'est aussitôt dit prêt à « stabiliser » le marché, dont les cours se sont inscrits en forte hausse dès que les informations sur la future fin des exemptions américaines ont circulé dans la presse.
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a salué une décision « d'une importance capitale pour renforcer la pression sur le régime terroriste iranien ». Mais la Turquie, directement concernée par cette décision, a déclaré qu'elle refusait « des sanctions unilatérales et des contraintes sur la manière » dont elle gère ses relations avec ses voisins, selon les mots du ministre des Affaires étrangères.
(RFI 23/04/2019)

Europe : Elections européennes 2019 en direct : les partis europhiles contiennent la poussée des europhobes

Mai 2019

Selon la dernière enquête de la Fed sur la santé économique des ménages, plus d'un quart des adultes américains auraient besoin d'emprunter ou de vendre un bien pour faire face à une dépense imprévue de 400 dollars. Et 12 % ne pourraient pas du tout y faire face.
Les partis proeuropéens sont parvenus à contenir la poussée des eurosceptiques lors des Elections européennes, qui se sont terminées dimanche, mais la dispersion des voix augure des négociations délicates entre les groupes pour former des alliances au sein du Parlement.
A qui la victoire, à qui les postes ?
D’après les projections fondées sur les résultats partiels provisoires, aucune des grandes formations europhiles ne peut revendiquer une victoire.
Le bloc de centre droit, constitué du Parti populaire européen (PPE), avec 174 sièges estimés, et des sociaux-démocrates (153), ont perdu leur majorité pour la première fois depuis 1979.
Le processus de désignation du président de la Commission européenne et des principaux postes, qui débute dès aujourd’hui à Bruxelles, devrait en être bouleversé, sans permettre aux Libéraux et aux centristes réunis au sein de l’ALDE (106 sièges) de s’installer aux commandes, ou aux Verts (68) de jouer les faiseurs de roi.
Eurosceptiques et populistes en hausse
Ces forces sortent renforcées du scrutin. Mais leurs divisions profondes risquent d’entraver leur capacité à former une coalition homogène dans le nouvel hémicycle.
En France, le Rassemblement national arrive en tête avec 23,4 % des voix. En Italie, la Ligue de Matteo Salvini devance largement les autres listes avec 33,6 % des voix. Au Royaume-Uni, le Parti du Brexit de Nigel Farage recueille 31,7 % des suffrages. En Hongrie, le parti souverainiste Fidesz du Hongrois Viktor Orban est crédité d’une victoire écrasante avec 56 % des voix.
Une poussée verte
Les Verts allemands ont quasi doublé leur score à 20,7 %, tandis qu’en France, la liste Europe-Ecologie-Les Verts devient la troisième force du pays, rassemblant 13,4 % des voix. En Finlande, les écologistes sont la formation qui a le plus progressé avec près de 15 % des voix.
Une participation en forte hausse
Déjouant les pronostics, les électeurs européens se sont massivement rendus aux urnes : la participation atteindrait 51 % dans l’Union, selon les chiffres du Parlement.
En Allemagne, elle a bondi de 11 points par rapport à 2014 à 59 % et, en France, avec 50,7 %, elle a dépassé de sept à dix points celle du dernier scrutin de 2014 – soit le taux le plus élevé depuis 1994.
Plusieurs autres pays étaient sur la même ligne : autour de 35 % en Espagne contre 24 % en 2014 ; 15 % en Pologne contre un peu plus de 7 % ; ou encore 17 % en Hongrie contre 11,5 % au dernier scrutin européen. Auparavant, la participation, en baisse régulière au fil des consultations, était tombée à 42 % lors de la dernière consultation en 2014.
(Le Monde 27/05/2019)

Émergents : Le projet de pacte mondial pour l'environnement stoppé net à Nairobi

Mai 2019

Les négociations préparatoires à un futur traité international garantissant les droits fondamentaux de l'environnement ont accouché d'un texte sans substance. Une poignée de pays, dont les Etats-Unis, le Brésil et la Russie, ont fait barrage à l'adoption de principes juridiques contraignants..
C'est un mauvais signal pour la protection de la planète qui vient d'être envoyé depuis Nairobi. Les négociateurs des près de 120 pays réunis au sein du groupe de travail mandaté par l'ONU dans la capitale kényane pour trancher sur l'opportunité de mettre en oeuvre un pacte mondial pour l'environnement se sont entendus sur bien peu de choses. Le contenu du texte examiné jeudi n'avait plus aucune substance par rapport au « papier » initial sur lequel les discussions s'étaient engagées lundi.
Au point qu'il était impossible d'aller plus loin et de préparer la suite, à savoir la préparation immédiate d'un comité préparatoire à l'organisation d'une conférence internationale fondatrice de ce pacte en 2021. «On a loupé une occasion. On en retrouvera pas d'autre avant cinq ou six ans », déplore Yann Aguila, avocat à Paris et co-artisan de ce projet repris par Laurent Fabius, ancien président de la conférence de Paris sur le climat, et défendu par Emmanuel Macron sur la scène internationale.
Un projet à valeur universelle
Dans l'idée de ses initiateurs, un réseau international de juristes , il s'agit de garantir à la nature des droits fondamentaux universellement reconnus, à l'image des droits de l'homme. Les juridictions de chaque pays, mais aussi leurs législateurs et les ONG, auraient la possibilité de s'appuyer sur les principes édictés dans ce pacte pour faire avancer la cause de l'environnement de façon très pertinente. Beaucoup plus que ne peut le faire la déclaration de Rio de 1992.
Le texte à l'étude égraine ainsi 20 principes déjà en vigueur en totalité ou en partie dans différents pays. Y figurent notamment les principes de précaution, de pollueur-payeur, d'information du public, de résilience, de prévention ou encore de réparation des dommages causés à l'environnement.
Six Etats hostiles
Une démarche à laquelle une centaine de pays ont déclaré vouloir adhérer mais qui ne fait pas l'unanimité, comme il est de règle dans les délibérations des assemblées onusiennes. A Nairobi, les représentants de six Etats s'y sont opposés en tête desquels les Etats-Unis, notamment suivis par le Brésil, la Russie et l'Egypte, « souvent avec virulence », regrette Yann Aguila. A force de le torpiller à coup de formules édulcorantes, ces pays ont fini par faire couler le projet de pacte dans son essence même. Au final, les discussions ont débouché sur une déclaration politique, sans réelle portée.
Le renflouement de cette initiative ambitieuse n'est cependant pas chose impossible. Elle pourrait commencer à refaire surface dans le cadre des grandes conférences sur l'environnement que les Nations-Unies organisent tous les 10 ans (Stockholm en 1972, Rio en 1992, Johannesburg en 2002, Rio + 20 en 2012). La prochaine doit se tenir en 2022.
(Les Echos 26/05/2019)

Géopolitique : Saisie d'un tanker britannique par Téhéran : réunion de crise à Londres

Juillet 2019

Le gouvernement britannique devrait annoncer des représailles lundi, suite à l'arraisonnement d'un pétrolier battant pavillon britannique vendredi dans le détroit d'Ormuz.
Trump contre l'Iran. Le détroit d'Ormuz au coeur du conflit
Londres s'est plaint à l'ONU suite à la saisie, vendredi, d'un pétrolier battant pavillon britannique par les Gardiens iraniens de la révolution dans le détroit d'Ormuz. Cet arraisonnement du « Stena Impero » a suscité une légère poussée de fièvre des cours du pétrole en Asie samedi et illustre le degré actuel de tensions dans cette artère par laquelle transite un cinquième du pétrole consommé dans le monde.
Surtout, ce nouvel épisode de la « guerre des tankers », ouverte par le sabotage de trois pétroliers dans les eaux émiraties le 12 mai, menace de porter le coup de grâce à l'accord JCPOA de juillet 2015 sur le nucléaire iranien, sans exclure même une crise diplomatique ou militaire plus large…
Les Pasdarans à la manœuvre
« Nous ne cherchons pas la confrontation avec l'Iran. Mais il est inacceptable de menacer un navire qui mène ses affaires légitimes dans des corridors reconnus internationalement », a écrit l'ambassadeur adjoint du Royaume-Uni à l'ONU, Jonathan Allen, au président du conseil de sécurité et au secrétaire général. « L'enquête dépend de la coopération des membres d'équipage du vaisseau et aussi de notre accès aux preuves nécessaires », a déclaré de son côté Allah-Morad Afifipour, directeur général de l'Autorité portuaire et maritime de Bandar Abbas, qui retient le tanker. Les captifs « sont en bonne santé », a-t-il ajouté.
La Première ministre britannique Theresa May présidera lundi matin une réunion interministérielle de crise. La dirigeante, qui quittera ses fonctions mercredi, fera le point sur la situation avec les membres de son gouvernement, et abordera la question « du maintien de la sécurité de navigation dans le Golfe », indique l'exécutif britannique dans un communiqué, précisant que la réunion de crise (COBR) débuterait vers 09H30 GMT.
Le ministre britannique des affaires étrangères, Jeremy Hunt, annoncera ensuite au Parlement les mesures prises. Le secrétaire d'Etat à la Défense, Tobias Ellwood, a évoqué dimanche une « série d'options envisagées », sans autres précisions. La presse britannique évoquait le gel d'actifs iraniens, bien qu'il n'en existe apparemment plus domiciliés au Royaume-Uni.
Sauver l'accord JCPOA
Londres pourrait aussi plaider pour un rétablissement immédiat par l'Europe des sanctions levées dans le cadre de l'accord JCPOA, mais Tobias Ellwood a souligné que la priorité était à la « désescalade » et au rétablissement de la sécurité de navigation pour les navires britanniques.
Londres exige aussi la libération du « Stena imperio ». Ce qui semble peu probable puisqu'il a été saisi par les Pasdarans, un corps militaire considéré comme le plus anti-occidental au sein du régime iranien et qui miserait sur une crise ouverte. Les Pasdarans, qui ne répondent qu'au Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, ont ainsi arrêté récemment une chercheuse franco-iranienne, alors que Paris s'efforce de sauver le JCPOA, comme Londres.
L'accord a été dénoncé en mai 2018 par l'administration Trump et depuis lors à peu près aucune firme occidentale n'ose faire commerce avec l'Iran, de peur de se voir fermer le vaste marché américain. Les exportations iraniennes de pétrole, qui fournissent habituellement 90 % de ses recettes en devises, sont tombées à 0.8 million de barils par jour (Mbj), contre 2.6 Mbj début 2018.
La question des escortes
Téhéran a déclaré que le « Stena Impero » avait menacé la sécurité maritime et naviguait dans ses eaux, alors que Londres affirme qu'il se trouvait dans les eaux du sultanat d'Oman, par lesquelles transitent en effet habituellement les pétroliers sortant du Golfe Persique. Londres a recommandé aux navires britanniques de rester « en dehors de la zone » du détroit d'Ormuz pour une « période provisoire ». La marine britannique était intervenue le 11 juillet pour protéger un tanker harcelé par des vedettes iraniennes. Les Pasdarans ont diffusé une vidéo de l'arraisonnement du « Stena Impero », cerné par des vedettes et sur lequel un commando descend depuis un hélicoptère. Washington a appelé ses partenaires occidentaux à faire escorter leurs pétroliers, au risque qu'ils soient impliqués dans des incidents avec les Pasdarans.
L'Allemagne, la France, et l'Union européenne ont exprimé leur « solidarité » avec le Royaume-Uni et sommé l'Iran de relâcher le « Stena Impero » et ses vingt-trois marins, essentiellement indiens et russes. Pour Jeremy Hunt, la saisie du « Stena Impero » est une mesure de représailles à celle d'un pétrolier iranien, « Grace 1 », début juillet, à Gibraltar, pour contrebande de pétrole avec la Syrie, sauf que « le Stena Impero a été saisi dans les eaux omanaises en violation flagrante du droit international ».
Retour des soldats américains en Arabie saoudite
Des unités militaires américaines vont être déployées en Arabie saoudite pour la première fois depuis leur retrait en 2003, a annoncé Riyad vendredi. Elles étaient arrivées en 1991 dans le cadre de la guerre du Golfe, ce qui avait suscité une vive émotion dans les cercles islamistes en raison du caractère sacré du sol de l'Arabie. Il s'agirait selon des médias américains de 500 soldats qui seraient stationnés sur la base aérienne Prince Sultan. Ce déploiement pourrait aussi constituer une démonstration de force américaine et de soutien au régime saoudien, rival de l'Iran.
(Les Echos 21/07/2019)